AGROCLIMATOLOGIE : ÉCONOMIE TERRITORIALE RÉGÉNÉRATIVE

ÉCONOMIE TERRITORIALE RÉGÉNÉRATIVE

Emplois verts — Circuits courts — Économie circulaire — Transformer les ressources locales en résilience économique

Produire de la résilience économique

Un territoire peut disposer d’une forêt, de terres agricoles, d’eau, de soleil, de bâtiments, d’entreprises, de savoir-faire et d’habitants compétents sans pour autant être résilient.

Il peut être riche en ressources mais dépendant.

Il peut produire beaucoup mais importer l’essentiel de ses intrants.

Il peut disposer d’une agriculture productive tout en dépendant d’engrais, de carburants, de semences, de machines, de transformation et de marchés éloignés.

Il peut produire de l’énergie renouvelable tout en restant vulnérable à une panne de réseau.

Il peut recycler une partie de ses déchets tout en continuant à importer massivement des matières premières.

La résilience territoriale ne peut donc pas être uniquement écologique.

Elle doit également être économique, productive, sociale et organisationnelle.

C’est ici qu’apparaît le concept d’économie territoriale régénérative.

L’objectif n’est pas simplement de produire davantage de richesse dans un territoire.

Il est de construire une économie capable de :

  • créer des emplois utiles ;
  • maintenir les compétences localement ;
  • réduire certaines dépendances critiques ;
  • valoriser les ressources disponibles ;
  • raccourcir certains flux ;
  • réutiliser les matières ;
  • restaurer les sols et les écosystèmes ;
  • produire de l’alimentation ;
  • produire et économiser de l’énergie ;
  • entretenir les infrastructures ;
  • financer la transition ;
  • transmettre les savoir-faire ;
  • et conserver une capacité d’adaptation lorsque les conditions changent.

L’économie devient alors une composante du métabolisme territorial.

PRINCIPE OMÄKËYA™ — Une économie territoriale résiliente ne cherche pas seulement à extraire de la valeur du territoire. Elle cherche à maintenir ou augmenter la capacité du territoire à produire de la valeur, des ressources, des emplois et des fonctions essentielles dans le temps.


1. De l’économie extractive à l’économie régénérative

1.1. Une économie fonctionne comme un système de flux

Toute économie transforme des flux.

Elle reçoit :

  • matières premières ;
  • énergie ;
  • eau ;
  • informations ;
  • capitaux ;
  • compétences ;
  • travail.

Elle produit :

  • biens ;
  • services ;
  • alimentation ;
  • énergie ;
  • déchets ;
  • émissions ;
  • connaissances ;
  • revenus ;
  • infrastructures.

On peut représenter très simplement ce fonctionnement :

Ressources → transformation → production → consommation → retours

Dans une économie linéaire, les flux sont souvent organisés selon :

extraire → fabriquer → consommer → jeter.

Dans une économie circulaire :

extraire → fabriquer → utiliser → réemployer → réparer → recycler → réintroduire.

Dans une économie territoriale régénérative, une étape supplémentaire devient fondamentale :

restaurer → régénérer → améliorer la capacité productive future.

Le système devient donc :

Ressources → production → usages → récupération → transformation → réutilisation → régénération → nouvelle production.


1.2. La différence entre circulaire et régénératif

Une économie circulaire cherche principalement à réduire les pertes de matières et d’énergie.

Une économie régénérative cherche également à restaurer les capacités du système.

Recycler une matière évite par exemple qu’elle devienne un déchet.

Mais restaurer un sol dégradé peut également augmenter sa capacité future à :

  • infiltrer l’eau ;
  • stocker de la matière organique ;
  • soutenir des plantes ;
  • accueillir des organismes ;
  • produire de l’alimentation.

La logique n’est donc pas identique.

Économie linéaire :

consommer une ressource.

Économie circulaire :

conserver la ressource dans le système.

Économie régénérative :

conserver la ressource et améliorer progressivement la capacité du système à la renouveler ou à remplir sa fonction.


2. Le territoire comme système économique vivant

2.1. Des ressources, des acteurs et des infrastructures

Un territoire économique possède plusieurs catégories de capitaux.

On peut distinguer :

Capital territorialExemples
Naturelsols, eau, forêts, biodiversité
Humaincompétences, connaissances, savoir-faire
Socialassociations, réseaux, confiance
Productifentreprises, ateliers, exploitations
Énergétiqueproduction, stockage, réseaux
Alimentaireterres, fermes, transformation
Matérielbâtiments, machines, routes
Numériquedonnées, SIG, capteurs
Financierépargne, investissements, budgets
Culturelpatrimoine, traditions, savoir-faire

La résilience apparaît lorsque ces différents capitaux peuvent fonctionner ensemble.


2.2. Le capital naturel comme infrastructure économique

Une rivière fonctionnelle n’est pas seulement un élément écologique.

Elle peut participer à :

  • la régulation hydrologique ;
  • la biodiversité ;
  • l’agriculture ;
  • les paysages ;
  • les loisirs ;
  • la qualité de vie.

Une forêt n’est pas seulement une réserve de bois.

Elle peut également fournir :

  • du bois ;
  • des habitats ;
  • de l’ombrage ;
  • une régulation microclimatique ;
  • des ressources ;
  • des paysages ;
  • des fonctions hydrologiques.

Un sol vivant n’est pas seulement un support agricole.

Il constitue une infrastructure biologique permettant notamment :

  • l’enracinement ;
  • l’infiltration ;
  • le stockage de matière organique ;
  • la disponibilité de nutriments ;
  • la production végétale.

La question économique devient alors :

Combien coûte la destruction d’une fonction territoriale et combien coûte sa restauration ?


3. Créer des emplois verts

3.1. L’emploi comme infrastructure de résilience

Un territoire peut disposer de technologies performantes et rester vulnérable s’il ne possède plus les compétences nécessaires pour les entretenir.

La résilience dépend donc aussi des personnes.

Il faut pouvoir trouver localement ou régionalement :

  • des agriculteurs ;
  • des forestiers ;
  • des paysagistes ;
  • des hydrauliciens ;
  • des artisans ;
  • des mécaniciens ;
  • des techniciens énergétiques ;
  • des ingénieurs ;
  • des spécialistes de l’eau ;
  • des spécialistes du bâtiment ;
  • des réparateurs ;
  • des transformateurs alimentaires ;
  • des spécialistes du numérique ;
  • des gestionnaires de données ;
  • des animateurs territoriaux.

L’emploi vert ne doit donc pas être limité à quelques métiers directement associés aux énergies renouvelables.


3.2. Les métiers de la restauration écologique

La transition climatique crée un immense besoin de restauration.

Cela concerne :

  • les zones humides ;
  • les rivières ;
  • les haies ;
  • les sols ;
  • les forêts ;
  • les corridors écologiques ;
  • les friches ;
  • les zones urbaines artificialisées ;
  • les espaces agricoles dégradés.

Cette restauration nécessite de la main-d’œuvre et des compétences.

Elle peut donc devenir une activité économique structurante.


3.3. Les métiers de l’eau

Le changement climatique augmente la valeur stratégique de la gestion de l’eau.

De nouveaux besoins apparaissent autour de :

  • la récupération des eaux pluviales ;
  • la réutilisation ;
  • la désimperméabilisation ;
  • la restauration hydrologique ;
  • l’entretien des noues ;
  • les bassins ;
  • les mares ;
  • les zones humides ;
  • l’irrigation efficiente ;
  • les réseaux ;
  • les capteurs ;
  • la surveillance des nappes.

L’eau devient ainsi un domaine d’ingénierie, d’entretien, de recherche et d’emploi.


4. Les métiers de la réparation et de la maintenance

4.1. Réparer plutôt que remplacer

La réparation constitue une forme particulièrement intéressante d’économie circulaire.

Elle conserve :

  • la matière ;
  • l’énergie déjà investie ;
  • les compétences ;
  • une partie de la valeur économique.

Elle nécessite :

  • des ateliers ;
  • des techniciens ;
  • des pièces ;
  • des diagnostics ;
  • des outils ;
  • des formations.

Un territoire qui sait réparer possède une capacité supplémentaire à fonctionner en période de perturbation logistique.


4.2. Maintenance des infrastructures écologiques

Il existe également une maintenance souvent oubliée :

la maintenance du vivant.

Une haie doit être entretenue.

Une noue doit rester fonctionnelle.

Une mare peut nécessiter une gestion.

Une ripisylve doit être suivie.

Un réseau d’irrigation doit être contrôlé.

Une forêt doit être surveillée.

Un système agroforestier doit évoluer.

La résilience n’est donc pas seulement une question d’investissement initial.

Elle dépend de la capacité économique à maintenir les systèmes dans le temps.


5. Les circuits courts

5.1. Réduire certaines dépendances

Un circuit court rapproche :

production → transformation → distribution → consommation.

Cela peut concerner :

  • l’alimentation ;
  • le bois ;
  • certains matériaux ;
  • l’énergie ;
  • les services ;
  • la réparation.

Réduire la distance peut diminuer certaines dépendances logistiques.

Mais proximité ne signifie pas automatiquement résilience.

Un circuit local peut rester vulnérable si :

  • il dépend d’une seule ferme ;
  • il dépend d’une seule entreprise ;
  • il dépend d’une seule machine ;
  • il dépend d’un seul transporteur ;
  • il dépend d’un seul fournisseur externe.

Le véritable objectif est donc plutôt :

proximité + diversité + redondance + capacité de stockage + compétences.


6. Les circuits alimentaires territoriaux

6.1. Produire n’est pas suffisant

Un territoire agricole peut produire des légumes sans posséder :

  • de conserverie ;
  • de chambre froide ;
  • de moulin ;
  • de séchoir ;
  • de plateforme logistique ;
  • d’abattoir ;
  • d’atelier de transformation.

Il possède alors une capacité productive mais pas nécessairement une véritable autonomie fonctionnelle.

Un système alimentaire territorial doit donc intégrer :

production → collecte → transformation → stockage → distribution → consommation → retour des matières organiques.


6.2. Les infrastructures alimentaires locales

Il devient pertinent d’envisager :

  • légumeries ;
  • conserveries ;
  • boulangeries ;
  • moulins ;
  • ateliers de transformation ;
  • chambres froides ;
  • séchoirs ;
  • plateformes logistiques ;
  • cuisines collectives ;
  • marchés ;
  • magasins coopératifs.

Ces équipements peuvent transformer une production dispersée en véritable infrastructure alimentaire territoriale.


7. L’économie circulaire territoriale

7.1. Transformer les déchets en ressources

Le principe est simple :

ce qui est un déchet pour une activité peut devenir une ressource pour une autre.

Exemples :

  • déchets verts → compost ;
  • résidus agricoles → matière organique ou énergie selon les usages ;
  • chaleur fatale → chauffage ;
  • eaux traitées → usages compatibles ;
  • bois local → matériaux ou énergie selon les priorités ;
  • déchets alimentaires → compostage ou méthanisation selon le système ;
  • matériaux de démolition → réemploi ou recyclage.

Mais une circularité réelle nécessite de regarder :

  • la qualité ;
  • la contamination ;
  • la distance ;
  • l’énergie nécessaire ;
  • le coût ;
  • la réglementation ;
  • la disponibilité ;
  • la demande.

8. Les boucles territoriales de matière

On peut représenter une économie territoriale par plusieurs boucles.

Boucle organique

Agriculture → alimentation → déchets organiques → traitement → sol → agriculture

Boucle bois

Forêt → bois → construction → réemploi → recyclage → énergie en dernier recours

Boucle eau

Précipitations → stockage → usages → traitement → réutilisation → milieu

Boucle énergétique

Production → consommation → stockage → récupération → nouvelle utilisation

Boucle chaleur

Industrie → chaleur fatale → réseau thermique → bâtiments → stockage

Ces boucles ne doivent toutefois pas être forcées.

Une circularité techniquement possible peut être économiquement ou écologiquement mauvaise.


9. L’écologie industrielle territoriale

9.1. Connecter les entreprises

L’écologie industrielle consiste notamment à rechercher des complémentarités entre activités.

Une entreprise peut produire :

  • une chaleur inutilisée ;
  • un sous-produit ;
  • une eau pouvant être traitée ;
  • une matière secondaire ;
  • un service logistique.

Une autre entreprise peut en avoir besoin.

On peut alors créer des réseaux :

entreprise A → ressource → entreprise B

au lieu de :

entreprise A → déchet → élimination.


9.2. Cartographier les flux

Le SIG territorial devient un outil économique.

On peut cartographier :

  • les producteurs ;
  • les consommateurs ;
  • les flux de matières ;
  • les flux d’eau ;
  • les flux énergétiques ;
  • les déchets ;
  • les capacités de stockage ;
  • les ateliers ;
  • les transports ;
  • les terres agricoles ;
  • les ressources forestières.

Le territoire devient alors une gigantesque carte des flux.


10. L’économie locale de l’énergie

Les chapitres précédents ont montré que l’énergie doit être pensée comme un système.

Une économie territoriale régénérative peut relier :

production → consommation → stockage → flexibilité → récupération.

Les entreprises peuvent devenir :

  • productrices ;
  • consommatrices ;
  • stockeuses ;
  • flexibles ;
  • fournisseuses de chaleur ;
  • récupératrices de matières.

Les bâtiments peuvent devenir eux-mêmes des infrastructures énergétiques.


11. L’économie de la sobriété

11.1. La sobriété crée également de l’activité

Une erreur fréquente consiste à considérer la sobriété comme une diminution mécanique de l’activité économique.

Or réduire certaines consommations nécessite souvent :

  • rénovation ;
  • réparation ;
  • entretien ;
  • optimisation ;
  • isolation ;
  • changement d’équipements ;
  • ingénierie ;
  • formation.

Économiser une ressource peut donc créer une activité économique autour de cette économie.


11.2. Le paradoxe de la valeur

Un territoire peut créer davantage de valeur en consommant moins de ressources.

Par exemple :

moins d’énergie consommée + meilleur bâtiment + meilleur confort

peut représenter davantage de valeur d’usage qu’un bâtiment consommant beaucoup d’énergie.

La mesure pertinente n’est donc pas seulement :

combien consomme-t-on ?

mais aussi :

quel service obtenons-nous avec cette consommation ?


12. La valeur du temps long

L’économie traditionnelle fonctionne souvent avec des horizons relativement courts.

L’écologie territoriale fonctionne avec :

  • 5 ans ;
  • 10 ans ;
  • 20 ans ;
  • 50 ans ;
  • 100 ans.

Un arbre planté aujourd’hui peut devenir une infrastructure climatique future.

Une haie peut demander plusieurs années avant d’atteindre sa pleine fonction.

Une restauration de sol peut nécessiter plusieurs cycles agricoles.

Une rivière restaurée évolue sur plusieurs décennies.

Une économie territoriale régénérative doit donc intégrer la temporalité.


13. Investir dans les fonctions plutôt que dans les objets

Un investissement peut être évalué selon l’objet acheté.

Mais il peut également être évalué selon la fonction obtenue.

Par exemple :

plantation d’arbres

peut fournir :

  • ombrage ;
  • production ;
  • habitat ;
  • paysage ;
  • stockage de biomasse ;
  • protection contre le vent.

La question devient :

combien de fonctions territoriales cet investissement permet-il de renforcer ?

Cette approche favorise les infrastructures multifonctionnelles.


14. Le coût global territorial

Le prix initial n’est qu’une partie du coût.

On peut considérer :

[
C_{global}=C_{investissement}+C_{exploitation}+C_{maintenance}+C_{énergie}+C_{ressources}+C_{risque}
]

Cette relation est volontairement conceptuelle.

Elle rappelle qu’un équipement très bon marché à construire peut devenir extrêmement coûteux à exploiter.

Inversement, une infrastructure plus coûteuse initialement peut réduire les coûts futurs.


15. Les emplois générés par les infrastructures écologiques

Une transformation territoriale importante peut générer simultanément plusieurs familles d’emplois.

InfrastructureActivités associées
Haiespépinières, plantation, taille, valorisation
Forêtssylviculture, suivi, transformation, entretien
Zones humidesrestauration, suivi, gestion
Agriculture régénérativeconseil, production, transformation
Eauingénierie, maintenance, capteurs
Énergieinstallation, maintenance, pilotage
Bâtimentsrénovation, isolation, ventilation
Réemploicollecte, tri, réparation
Alimentationtransformation, stockage, distribution
NumériqueSIG, capteurs, données, modélisation

La transition devient alors un système productif.


16. Les pépinières comme infrastructures économiques

Les pépinières prennent une importance stratégique.

Elles peuvent produire :

  • arbres ;
  • arbustes ;
  • plantes alimentaires ;
  • plantes mellifères ;
  • espèces adaptées aux conditions locales ;
  • matériel végétal expérimental.

Elles peuvent également participer à :

  • la sélection ;
  • la multiplication ;
  • l’expérimentation ;
  • la conservation génétique ;
  • la production de plants adaptés au climat futur.

Une pépinière devient ainsi une infrastructure économique, écologique et stratégique.


17. Le territoire comme portefeuille économique

Un territoire ne devrait pas dépendre d’une seule activité.

Une économie diversifiée peut associer :

  • agriculture ;
  • transformation ;
  • forêt ;
  • tourisme ;
  • artisanat ;
  • industrie ;
  • énergie ;
  • services ;
  • numérique ;
  • réparation ;
  • construction ;
  • restauration écologique.

Cette diversité joue un rôle comparable à celui de la diversification dans un système écologique.

Elle ne supprime pas les risques.

Elle évite cependant qu’un seul choc détruise toutes les fonctions économiques.


18. Redondance économique

La redondance est essentielle.

Un territoire alimentaire dépendant d’une seule entreprise de transformation possède un point critique.

Un territoire énergétique dépendant d’un seul équipement possède un autre point critique.

Un territoire industriel dépendant d’un seul fournisseur possède une vulnérabilité.

Il devient donc intéressant d’identifier :

  • fournisseurs alternatifs ;
  • entreprises complémentaires ;
  • compétences multiples ;
  • stocks stratégiques ;
  • infrastructures de secours ;
  • solutions temporaires ;
  • circuits alternatifs.

La résilience économique est en partie une question de réseaux et de redondance.


19. Les monnaies et mécanismes économiques locaux

Certains territoires peuvent expérimenter :

  • monnaies locales ;
  • systèmes d’échange ;
  • coopératives ;
  • sociétés citoyennes ;
  • fonds territoriaux ;
  • achats groupés ;
  • plateformes mutualisées.

Ces outils peuvent faciliter certains échanges locaux.

Ils ne remplacent cependant ni la monnaie nationale, ni les marchés régionaux, ni les financements classiques.

Ils constituent des outils complémentaires.


20. Les coopératives territoriales

La coopérative est particulièrement intéressante lorsqu’un équipement bénéficie à plusieurs acteurs.

Elle peut concerner :

  • énergie ;
  • alimentation ;
  • matériel agricole ;
  • transformation ;
  • stockage ;
  • mobilité ;
  • bâtiments ;
  • forêt ;
  • outils.

Le principe est :

mutualiser un investissement que chaque acteur aurait du mal à porter seul.


21. Mutualiser plutôt que posséder systématiquement

Une économie territoriale résiliente peut parfois privilégier :

l’accès à une fonction plutôt que la possession de l’objet.

Exemples :

  • atelier partagé ;
  • matériel agricole partagé ;
  • chambre froide collective ;
  • broyeur partagé ;
  • outils de réparation ;
  • véhicules mutualisés ;
  • plateformes logistiques.

Cette mutualisation peut améliorer l’utilisation des équipements.

Mais elle nécessite :

  • gouvernance ;
  • réservation ;
  • maintenance ;
  • assurance ;
  • financement ;
  • responsabilité.

22. Les circuits courts industriels

Les circuits courts ne concernent pas uniquement l’alimentation.

Ils peuvent également concerner :

  • matériaux ;
  • bois ;
  • pierre ;
  • terre ;
  • textile ;
  • métaux recyclés ;
  • mobilier ;
  • construction ;
  • équipements réparables.

Une partie de la matière utilisée dans un territoire peut ainsi provenir de ressources secondaires régionales.


23. Le réemploi dans la construction

Le secteur du bâtiment possède un potentiel important de circularité.

Un bâtiment déconstruit peut fournir :

  • bois ;
  • briques ;
  • pierres ;
  • menuiseries ;
  • équipements ;
  • matériaux métalliques.

Le principe devient :

déconstruire → diagnostiquer → trier → stocker → réemployer.

Cela nécessite une nouvelle chaîne économique.


24. Les banques de matériaux

On peut imaginer des plateformes territoriales recensant :

  • matériaux disponibles ;
  • quantités ;
  • qualité ;
  • localisation ;
  • dimensions ;
  • historique ;
  • compatibilité ;
  • disponibilité.

Le bâtiment devient alors une sorte de mine urbaine.

Mais cette mine doit être connue, cartographiée et organisée.


25. L’économie de la biomasse

La biomasse est une ressource importante mais limitée.

Elle peut provenir :

  • des forêts ;
  • de l’agriculture ;
  • des déchets verts ;
  • de l’industrie ;
  • de l’élevage.

Mais elle possède plusieurs fonctions concurrentes :

sol → alimentation → biodiversité → matériau → énergie

Retirer toute la biomasse disponible pour produire de l’énergie peut dégrader le système.

La question n’est donc pas :

combien de biomasse pouvons-nous brûler ?

mais :

quelle quantité de biomasse pouvons-nous prélever durablement sans dégrader les fonctions du système ?


26. La valeur économique des sols

Un sol dégradé peut continuer à produire pendant un certain temps.

Mais sa dégradation peut augmenter :

  • les besoins d’irrigation ;
  • les besoins d’intrants ;
  • l’érosion ;
  • les risques de ruissellement ;
  • les coûts de restauration.

La restauration des sols doit donc être considérée comme un investissement productif à long terme.


27. L’économie de l’eau

L’eau peut également être analysée comme un capital territorial.

Un territoire peut investir dans :

  • réduction des fuites ;
  • récupération ;
  • stockage ;
  • recharge ;
  • réutilisation ;
  • irrigation efficiente ;
  • restauration des sols ;
  • zones humides.

Une partie des investissements hydrologiques produit simultanément :

  • sécurité ;
  • économie ;
  • agriculture ;
  • biodiversité ;
  • adaptation climatique.

28. Les marchés publics comme levier de transformation

Les collectivités disposent d’un outil économique puissant :

la commande publique.

Elles peuvent intégrer dans leurs marchés :

  • réemploi ;
  • matériaux locaux lorsque pertinent ;
  • maintenance ;
  • biodiversité ;
  • gestion de l’eau ;
  • performance énergétique ;
  • réparabilité ;
  • durabilité ;
  • formation ;
  • insertion ;
  • suivi dans le temps.

Le marché public devient alors un levier de transformation économique.


29. Mesurer l’économie territoriale régénérative

Le PIB local ne suffit pas à mesurer la résilience.

Un tableau de bord peut intégrer :

Économie

  • emplois locaux ;
  • valeur ajoutée locale ;
  • diversité des entreprises ;
  • dépendance aux importations ;
  • investissements.

Ressources

  • consommation d’eau ;
  • consommation énergétique ;
  • matières premières ;
  • taux de réemploi ;
  • déchets.

Agriculture

  • surface productive ;
  • diversité des productions ;
  • transformation locale ;
  • stockage alimentaire.

Écologie

  • sols restaurés ;
  • haies ;
  • zones humides ;
  • biodiversité ;
  • continuités écologiques.

Résilience

  • nombre de fournisseurs ;
  • redondance des infrastructures ;
  • stocks stratégiques ;
  • compétences disponibles ;
  • capacité de fonctionnement en mode dégradé.

30. Un indicateur conceptuel de dépendance économique

On peut définir, à titre de modèle simplifié :

[
D_e=\frac{R_{ext}}{R_{tot}}
]

où :

  • (R_{ext}) représente les ressources critiques dépendant de l’extérieur ;
  • (R_{tot}) représente l’ensemble des ressources nécessaires à la fonction étudiée.

Plus (D_e) est élevé, plus la fonction dépend de ressources externes.

Mais cet indicateur doit être interprété avec prudence.

Une dépendance extérieure n’est pas nécessairement mauvaise.

Le commerce et les échanges sont fondamentaux pour les économies modernes.

Le véritable problème apparaît lorsque :

une dépendance devient critique, concentrée et difficilement substituable.


31. Cartographier les dépendances

Le SIG territorial peut représenter :

ressource → fournisseur → transformation → transport → utilisateur.

On découvre alors des chaînes parfois surprenantes.

Une ferme peut dépendre :

  • du carburant ;
  • des engrais ;
  • des pièces ;
  • de l’électricité ;
  • de la logistique ;
  • de la transformation.

Une ville peut dépendre :

  • de l’eau ;
  • de l’énergie ;
  • de l’alimentation ;
  • des matériaux ;
  • des réseaux numériques.

Une entreprise peut dépendre :

  • d’une matière première ;
  • d’un fournisseur unique ;
  • d’un logiciel ;
  • d’un réseau énergétique ;
  • d’une infrastructure de transport.

La cartographie permet d’identifier les points critiques.


32. Le numérique au service de l’économie territoriale

Le numérique peut connecter :

  • ressources ;
  • entreprises ;
  • flux ;
  • producteurs ;
  • consommateurs ;
  • stocks ;
  • compétences.

Un jumeau numérique territorial pourrait intégrer :

  • agriculture ;
  • eau ;
  • énergie ;
  • bâtiments ;
  • entreprises ;
  • déchets ;
  • matières ;
  • transports.

On pourrait alors tester :

Que se passe-t-il si une ressource disparaît ?

Que se passe-t-il si l’énergie devient rare ?

Que se passe-t-il si une récolte échoue ?

Que se passe-t-il si une route est coupée ?

Que se passe-t-il si une entreprise stratégique ferme ?

L’économie devient alors modélisable comme un système complexe.


33. L’intelligence artificielle comme outil économique

L’IA peut contribuer à :

  • prévoir la demande ;
  • optimiser les flux ;
  • détecter les anomalies ;
  • identifier des ressources secondaires ;
  • mettre en relation producteurs et consommateurs ;
  • optimiser les stocks ;
  • prévoir les besoins de maintenance ;
  • simuler des scénarios.

Mais elle ne crée pas automatiquement une économie circulaire.

Il faut d’abord :

mesurer → structurer → comprendre → décider → expérimenter → vérifier.

L’IA vient ensuite renforcer certaines capacités.


34. Les risques de l’économie circulaire

La circularité n’est pas automatiquement vertueuse.

Une boucle peut être :

  • trop énergivore ;
  • trop coûteuse ;
  • trop éloignée ;
  • contaminée ;
  • difficile à maintenir ;
  • dépendante d’une technologie unique.

Il faut donc comparer les solutions selon plusieurs critères :

CritèreQuestion
MatièreQuelle ressource est économisée ?
ÉnergieCombien faut-il d’énergie ?
EauQuels besoins ?
TransportQuelle distance ?
BiodiversitéQuels effets ?
SolQuel impact ?
ÉconomieQuel coût global ?
EmploiQuelles compétences ?
RésilienceQuelles dépendances nouvelles ?
MaintenanceQui entretient ?

35. Ne pas tout relocaliser

Une économie résiliente n’est pas nécessairement une économie totalement locale.

Certaines ressources doivent rester échangées :

  • technologies spécialisées ;
  • composants électroniques ;
  • médicaments ;
  • machines complexes ;
  • matériaux spécifiques ;
  • connaissances scientifiques.

L’objectif est plutôt de distinguer :

ce qui doit être localisé,

ce qui peut être régionalisé,

ce qui doit rester interterritorial,

et ce qui doit être diversifié à l’échelle internationale.

La résilience est donc une architecture multi-échelle.


36. L’économie territoriale comme réseau

Un territoire peut être représenté comme un graphe :

nœuds :

  • fermes ;
  • entreprises ;
  • ateliers ;
  • bâtiments ;
  • stations ;
  • forêts ;
  • plateformes.

liaisons :

  • matières ;
  • énergie ;
  • eau ;
  • argent ;
  • informations ;
  • compétences.

Plus le réseau possède :

  • de connexions ;
  • de chemins alternatifs ;
  • de fournisseurs ;
  • de compétences ;
  • de stocks ;

plus certaines fonctions peuvent être capables de résister à une rupture.

Mais trop de complexité peut également augmenter les coûts et les dépendances.

La résilience consiste donc à rechercher une complexité maîtrisée.


37. Les territoires ruraux

Dans les territoires ruraux, l’économie régénérative peut articuler :

  • agriculture ;
  • élevage ;
  • forêt ;
  • transformation alimentaire ;
  • énergie ;
  • tourisme ;
  • artisanat ;
  • restauration écologique ;
  • construction ;
  • réparation.

L’objectif n’est pas de transformer chaque commune en territoire autosuffisant.

Il s’agit plutôt de construire des réseaux de complémentarité entre territoires voisins.


38. Les villes

Une ville peut développer une économie régénérative autour de :

  • rénovation ;
  • végétalisation ;
  • alimentation ;
  • réparation ;
  • réemploi ;
  • mobilité ;
  • énergie ;
  • eau ;
  • gestion des déchets ;
  • économie sociale ;
  • agriculture périurbaine.

La ville devient alors un marché pour les services de transformation écologique du territoire.


39. Les territoires industriels

L’industrie peut également devenir un acteur de régénération.

Une zone industrielle peut chercher à :

  • récupérer la chaleur ;
  • mutualiser l’énergie ;
  • mutualiser l’eau ;
  • réutiliser certains sous-produits ;
  • partager des infrastructures ;
  • réduire les déchets ;
  • restaurer les sols ;
  • développer des corridors écologiques.

L’objectif n’est pas de rendre l’industrie « naturelle ».

Il est de rendre son métabolisme plus efficace, plus circulaire et moins vulnérable.


40. Financer la transformation

Une économie régénérative nécessite des investissements.

Ils peuvent provenir :

  • des collectivités ;
  • des entreprises ;
  • des banques ;
  • des coopératives ;
  • des investisseurs ;
  • des citoyens ;
  • de financements publics ;
  • de partenariats.

Mais l’investissement doit être évalué sur plusieurs horizons.

Un projet peut être peu rentable à court terme mais réduire fortement un risque à long terme.

Inversement, un projet rentable rapidement peut augmenter une dépendance future.


41. Le coût de l’inaction

L’économie territoriale doit également intégrer le coût potentiel de la non-adaptation :

  • dégâts liés aux inondations ;
  • pertes agricoles ;
  • incendies ;
  • canicules ;
  • sécheresses ;
  • dégradation des infrastructures ;
  • rupture des chaînes logistiques ;
  • hausse des coûts énergétiques.

Il ne s’agit pas de prédire exactement ces coûts.

Il s’agit de les intégrer dans les scénarios de décision.


42. Construire une stratégie économique territoriale

Une stratégie peut suivre douze étapes :

1. Observer

Identifier les activités et ressources.

2. Cartographier

Représenter les flux.

3. Mesurer

Quantifier consommations et dépendances.

4. Identifier

Repérer les ressources critiques.

5. Diagnostiquer

Identifier les vulnérabilités.

6. Relier

Chercher les complémentarités.

7. Diversifier

Créer plusieurs fournisseurs et activités.

8. Boucler

Réutiliser les matières et l’énergie.

9. Investir

Financer les infrastructures.

10. Former

Développer les compétences.

11. Mesurer

Évaluer les résultats.

12. Adapter

Modifier progressivement le système.


43. Une matrice territoriale de transformation économique

DomaineDépendancePotentiel localEmploisCircularitéRésilience
Alimentationélevée/moyenne/faiblevariableélevéélevéélevée
Énergievariablevariableélevémoyenne/élevéeélevée
Eauvariablevariableélevéélevéetrès élevée
Constructionélevéevariabletrès élevéélevéeélevée
Réparationvariableélevéeélevétrès élevéeélevée
Agriculturevariableélevéeélevéélevéetrès élevée
Forêtvariableélevéemoyen/élevéélevéeélevée
Numériqueélevéemoyenneélevémoyennevariable

Cette matrice n’est pas une notation universelle.

Elle sert à organiser le diagnostic local.


44. Vers un nouveau contrat économique territorial

L’économie régénérative modifie progressivement la question fondamentale.

Il ne s’agit plus seulement de demander :

Combien cela rapporte-t-il ?

Mais également :

Combien d’emplois cela crée-t-il ?

Quelle dépendance cela réduit-il ?

Quelle ressource cela économise-t-il ?

Quelle fonction territoriale cela restaure-t-il ?

Quelle capacité productive future cela renforce-t-il ?

Que se passe-t-il si cette infrastructure tombe en panne ?

Qui peut l’entretenir ?

Peut-elle être réparée ?

Existe-t-il une solution de secours ?

Peut-elle fonctionner en mode dégradé ?

L’économie rejoint alors directement la résilience.


45. Vers 2050–2100 : l’économie comme infrastructure d’adaptation

Au cours des prochaines décennies, les territoires devront probablement gérer simultanément :

  • changement climatique ;
  • vieillissement de certaines infrastructures ;
  • transition énergétique ;
  • transformation agricole ;
  • tension sur certaines ressources ;
  • évolution démographique ;
  • transformation des chaînes logistiques ;
  • raréfaction de certaines compétences ;
  • besoin croissant de maintenance.

Les territoires capables de produire localement une partie de leurs compétences, de leurs services essentiels, de leur alimentation, de leur énergie et de leurs capacités de réparation disposeront d’une marge d’adaptation supplémentaire.

Cela ne signifie pas qu’ils seront totalement autonomes.

Cela signifie qu’ils pourront absorber davantage de perturbations sans perdre immédiatement leurs fonctions essentielles.


46. L’économie régénérative comme boucle d’apprentissage

Le modèle Omakëya™ peut finalement être appliqué à l’économie :

OBSERVEr → CARTOGRAPHIER → MESURER → COMPRENDRE → IDENTIFIER LES DÉPENDANCES → CONNECTER → DIVERSIFIER → CIRCULARISER → INVESTIR → FORMER → MESURER → APPRENDRE → ADAPTER

Le territoire économique devient ainsi un système apprenant.


47. Le véritable objectif : produire de la capacité

Une économie territoriale régénérative ne cherche pas seulement à produire :

  • de l’argent ;
  • des biens ;
  • des services.

Elle cherche également à produire de la capacité.

Capacité à :

  • produire ;
  • réparer ;
  • transformer ;
  • stocker ;
  • recycler ;
  • restaurer ;
  • apprendre ;
  • coopérer ;
  • remplacer ;
  • s’adapter.

Cette capacité est parfois invisible dans les statistiques économiques classiques.

Elle constitue pourtant une composante fondamentale de la résilience.


48. Le territoire comme écosystème économique

Nous pouvons maintenant représenter le territoire comme un immense organisme économique :

Sols → agriculture → alimentation

Forêts → matériaux → construction

Soleil → énergie → activités

Eau → usages → production

Entreprises → emplois → revenus

Déchets → matières secondaires

Compétences → innovation → nouvelles activités

Investissements → infrastructures → nouvelles capacités

Chaque élément peut soutenir plusieurs autres éléments.

C’est cette interconnexion qui transforme une juxtaposition d’activités en système territorial.


49. Le principe de régénération économique

Une économie territoriale est réellement régénérative lorsqu’une partie de la valeur créée revient renforcer les capacités du territoire.

On peut représenter conceptuellement :

[
V_{future}=V_{actuelle}+I_{régénération}-D_{dégradation}
]

où :

  • (V_{actuelle}) représente les capacités actuelles ;
  • (I_{régénération}) représente les investissements qui renforcent les capacités futures ;
  • (D_{dégradation}) représente les pertes de capital naturel, humain, matériel ou social.

Cette relation n’est pas un indicateur économique normalisé.

Elle sert à poser une question essentielle :

L’activité économique d’aujourd’hui laisse-t-elle davantage ou moins de capacité productive pour demain ?


50. Ne pas seulement faire circuler la richesse : faire circuler les capacités

L’économie territoriale régénérative ne consiste pas à fermer les frontières économiques d’un territoire.

Elle ne consiste pas non plus à remplacer toute activité industrielle par de petites activités locales.

Elle consiste à comprendre le territoire comme un système de ressources, d’acteurs, d’entreprises, de compétences, d’infrastructures et de flux.

Elle cherche à raccourcir certains circuits lorsque cela augmente la résilience.

À conserver certaines chaînes longues lorsqu’elles sont nécessaires.

À diversifier les fournisseurs.

À créer des emplois utiles.

À développer les compétences.

À réparer.

À réemployer.

À transformer les déchets en ressources lorsque cela est réellement pertinent.

À restaurer les sols, les eaux et les écosystèmes.

À créer des infrastructures multifonctionnelles.

À financer la maintenance.

À préparer les générations futures.

La richesse territoriale ne doit donc plus être considérée uniquement comme un flux financier.

Elle comprend également :

les sols, l’eau, les forêts, les compétences, les entreprises, les réseaux, les savoir-faire, les infrastructures, les stocks, les relations et la capacité d’apprendre.

Et peut-être que la question économique fondamentale du territoire du futur sera finalement celle-ci :

Que restera-t-il demain de la capacité que nous avons créée aujourd’hui ?

PRINCIPE OMÄKËYA™

NE CHERCHEZ PAS SIMPLEMENT À CRÉER DE LA RICHESSE DANS LE TERRITOIRE. CHERCHEZ À CRÉER DES EMPLOIS, DES COMPÉTENCES, DES CIRCUITS, DES RÉSEAUX, DES RESSOURCES, DES INFRASTRUCTURES ET DES CAPACITÉS QUI AUGMENTENT LA POSSIBILITÉ DU TERRITOIRE À PRODUIRE, À RÉPARER, À COOPÉRER ET À S’ADAPTER DEMAIN.

La gouvernance organise les acteurs.

La planification organise l’espace.

La participation construit une partie de l’intelligence collective.

L’économie organise les ressources, les investissements, les emplois et les échanges.

Mais une question demeure : comment transformer toutes ces capacités en une véritable stratégie territoriale de long terme, capable d’investir aujourd’hui pour protéger et renforcer les fonctions essentielles de 2050, 2080 et 2100 ?

C’est la question du financement, de l’investissement et de la trajectoire économique de la résilience territoriale.