AGROCLIMATOLOGIE : Concevoir, dimensionner et piloter le cycle complet de l’eau selon la Vision Omakëya™

L’INGÉNIERIE DES ÉCOSYSTÈMES

Le génie hydraulique écologique

Concevoir, dimensionner et piloter le cycle complet de l’eau selon la Vision Omakëya™

L’eau constitue probablement le système de flux le plus déterminant d’un écosystème.

Elle transporte :

  • énergie ;
  • nutriments ;
  • sédiments ;
  • matière organique ;
  • organismes ;
  • polluants éventuels.

Elle façonne les sols, alimente les plantes, recharge les nappes, crée les zones humides, soutient la biodiversité et participe directement au microclimat.

Dans un projet Omakëya™, l’objectif n’est donc pas simplement de « gérer les eaux pluviales ».

Il s’agit de reconstruire autant que possible un cycle hydrologique fonctionnel, adapté au site et à ses contraintes.

Recevoir → ralentir → stocker → infiltrer → évapotranspirer → réutiliser → restituer.


I. PASSER DU DRAINAGE À L’HYDROLOGIE ÉCOLOGIQUE

Le modèle traditionnel consiste souvent à :

PLUIE ↓CANALISATION ↓ÉVACUATION ↓RIVIÈRE

Cette logique peut être efficace pour évacuer rapidement l’eau, mais elle peut également :

  • accélérer le ruissellement ;
  • augmenter les débits de pointe ;
  • réduire l’infiltration locale ;
  • favoriser l’érosion ;
  • diminuer la recharge des nappes ;
  • transférer le problème vers l’aval.

La logique Omakëya™ cherche au contraire à créer une succession de fonctions :

                 PLUIE                   ↓              INTERCEPTION             🌳 🌿 🌳 🌿                   ↓              RALENTISSEMENT                   ↓                NOUE                   ↓              INFILTRATION                   ↓          ┌────────┴────────┐          ↓                 ↓       SOL VIVANT          MARE          ↓                 ↓       NAPPE             BIODIVERSITÉ          ↓                 ↓          └──────→ RESTITUTION

Le paysage devient ainsi un réseau hydraulique vivant.


II. LE PRINCIPE FONDAMENTAL : NE PAS TRAITER L’EAU EN UN SEUL POINT

Une stratégie robuste consiste à multiplier les petites fonctions hydrologiques plutôt qu’à concentrer toute l’eau dans un seul ouvrage.

On peut rechercher :

1. Intercepter

par :

  • végétation ;
  • sols ;
  • couvertures ;
  • paillages.

2. Ralentir

par :

  • haies ;
  • bandes végétalisées ;
  • noues ;
  • fossés ;
  • seuils.

3. Stocker

dans :

  • mares ;
  • bassins ;
  • réservoirs ;
  • sols ;
  • zones humides.

4. Infiltrer

par :

  • sols perméables ;
  • zones d’infiltration ;
  • noues ;
  • dépressions végétalisées.

5. Réutiliser

pour :

  • irrigation ;
  • alimentation de certains usages compatibles ;
  • arrosage des plantations.

6. Restituer

progressivement vers :

  • sol ;
  • nappe ;
  • cours d’eau ;
  • atmosphère.

III. LE BILAN HYDROLOGIQUE DU SITE

Le premier outil d’un ingénieur hydraulique écologique est le bilan hydrologique.

On peut écrire :P+Aext​=ET+R+I+ΔS

avec :

  • P = précipitations ;
  • Aext​ = apports extérieurs ;
  • ET = évapotranspiration ;
  • R = ruissellement sortant ;
  • I = infiltration/percolation selon le système considéré ;
  • ΔS = variation des stocks d’eau.

Cette équation constitue une première représentation du système.

Mais un projet réel doit distinguer les différents compartiments :

  • interception ;
  • stockage superficiel ;
  • stockage dans le sol ;
  • nappe ;
  • plans d’eau ;
  • réservoirs artificiels.

IV. CARTOGRAPHIER LE CHEMIN DE L’EAU

Avant de construire un ouvrage hydraulique, il faut répondre à une question fondamentale :

Où va l’eau naturellement ?

Il faut identifier :

  • points hauts ;
  • points bas ;
  • pentes ;
  • talwegs ;
  • ruptures de pente ;
  • zones d’accumulation ;
  • surfaces imperméables ;
  • sols infiltrants ;
  • zones saturables ;
  • exutoires.

Le SIG et le modèle numérique de terrain deviennent particulièrement utiles.


V. LE BASSIN VERSANT

Un ouvrage ne doit pas être dimensionné uniquement selon sa surface propre.

Il faut connaître son bassin versant contributif.

       🌧️ 🌧️ 🌧️    ↘     ↓     ↙      ↘   ↓   ↙        ↘ ↓ ↙      ┌────────┐      │  NOUE  │      └────────┘           ↓          MARE

La surface contributive peut être très supérieure à la surface de l’ouvrage.


VI. CALCULER LE VOLUME DE RUISSELLEMENT

Une première approximation peut utiliser :V=P×A×C

avec :

  • V = volume ruisselé ;
  • P = hauteur de pluie ;
  • A = surface contributive ;
  • C = coefficient de ruissellement.

Exemple

Supposons :A=1000 m2P=40 mm=0,04 mC=0,6

Alors :V=0,04×1000×0,6V=24 m3

Le volume à prendre en compte serait donc de l’ordre de 24 m³ pour cette hypothèse simplifiée.

Pour un dimensionnement réel, il faut notamment tenir compte de la distribution temporelle de la pluie, des pertes initiales, de l’état hydrique du sol et de la dynamique du bassin versant.


VII. CALCULER LE DÉBIT DE POINTE

Le volume n’est pas suffisant.

Un ouvrage peut avoir suffisamment de volume mais être incapable d’absorber le débit entrant instantané.

Une approche simplifiée peut utiliser la méthode rationnelle :Q=CiA

où :

  • Q = débit de pointe ;
  • C = coefficient de ruissellement ;
  • i = intensité de pluie ;
  • A = surface contributive.

Il faut veiller à la cohérence des unités.

Cette méthode est surtout adaptée aux petits bassins et à certaines conditions d’application. Les bassins plus complexes nécessitent des modèles hydrologiques plus complets.


VIII. LES TEMPS DE RETOUR

Un ouvrage hydraulique ne doit pas seulement être dimensionné pour une pluie « moyenne ».

Il faut considérer des événements de différentes probabilités.

Par exemple :

ÉvénementFonction possible
pluie fréquentefonctionnement courant
pluie décennaleévénement de projet courant
pluie plus raresécurité renforcée
événement extrêmegestion de crise / surverse

Un temps de retour de 10 ans signifie statistiquement un événement dont la probabilité annuelle d’être dépassé est de l’ordre de 10 %, dans le cadre des hypothèses statistiques retenues.

Ce n’est pas une périodicité garantie.


IX. LA NOUE

La noue est l’un des outils emblématiques du génie hydraulique écologique.

Elle peut assurer simultanément :

  • ralentissement ;
  • stockage temporaire ;
  • infiltration ;
  • filtration ;
  • végétalisation ;
  • biodiversité.

Schéma simplifié :

Terrain───────────────╲      ╱───────────────                ╲____╱                  ↑              NOUE VÉGÉTALE

X. DIMENSIONNER UNE NOUE

Il faut déterminer :

  • longueur ;
  • largeur ;
  • profondeur ;
  • pente longitudinale ;
  • pente des talus ;
  • volume utile ;
  • capacité d’infiltration ;
  • débit entrant ;
  • débit sortant ;
  • fréquence de débordement.

Le volume géométrique approximatif peut être calculé à partir de la section :V=As​×L

où :

  • As​ = section transversale ;
  • L = longueur.

Pour une noue trapézoïdale :As​=h2b+B​

avec :

  • h = profondeur ;
  • b = largeur du fond ;
  • B = largeur en surface.

XI. LES SWALES

Les swales, ou fossés d’infiltration en courbe de niveau selon les contextes, recherchent principalement :

le ralentissement et la répartition de l’eau sur le terrain.

Ils sont particulièrement intéressants sur certains terrains en pente.

PENTE\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\──────────── SWALE       ↓     infiltration──────────── SWALE       ↓     infiltration──────────── SWALE       ↓     infiltration

Mais ils ne doivent pas être implantés automatiquement : la géologie, la stabilité des sols, les risques de saturation et les enjeux de glissement doivent être analysés.


XII. LES FOSSÉS

Le fossé peut avoir plusieurs fonctions :

  • collecte ;
  • transfert ;
  • ralentissement ;
  • infiltration ;
  • drainage.

Il faut distinguer :

Fossé de transport

L’eau doit principalement circuler.

Fossé d’infiltration

L’eau doit principalement pénétrer dans le sol.

Fossé multifonctionnel

Il combine transport, stockage temporaire et infiltration.

Le choix dépend du diagnostic hydrologique.


XIII. LES MARES

La mare est une infrastructure écologique particulièrement intéressante.

Elle peut fournir :

  • stockage ;
  • biodiversité ;
  • abreuvement de certains animaux selon les conditions ;
  • humidité locale ;
  • habitat ;
  • ralentissement hydraulique ;
  • intérêt pédagogique et paysager.

Mais une mare n’est pas simplement un trou rempli d’eau.

Il faut considérer :

  • alimentation ;
  • niveau d’eau ;
  • étanchéité ;
  • profondeur ;
  • pentes ;
  • végétation ;
  • qualité de l’eau ;
  • sécurité ;
  • évaporation.

XIV. DIMENSIONNER UNE MARE

Le dimensionnement dépend de la fonction.

Mare biodiversité

Priorité :

  • diversité des profondeurs ;
  • berges ;
  • végétation ;
  • zones refuges.

Mare hydraulique

Priorité :

  • volume ;
  • débit entrant ;
  • surverse ;
  • stockage temporaire.

Mare paysagère

Priorité :

  • visibilité ;
  • intégration ;
  • sécurité ;
  • qualité esthétique.

Mare multifonctionnelle

Il faut optimiser simultanément ces objectifs.


XV. LES BASSINS

Un bassin peut être :

  • bassin de rétention ;
  • bassin d’infiltration ;
  • bassin écologique ;
  • réserve d’irrigation ;
  • bassin tampon.

Le volume utile doit être séparé du volume de sécurité.

On peut représenter :

          SURVERSE───────────────┐               │       VOLUME DE SÉCURITÉ───────────────┤       VOLUME UTILE───────────────┤       VOLUME MORT───────────────┘

XVI. LES TERRASSES HYDRAULIQUES

Sur terrain pentu, les terrasses peuvent :

  • réduire la longueur de pente ;
  • ralentir le ruissellement ;
  • limiter l’érosion ;
  • favoriser l’infiltration ;
  • créer des surfaces cultivables.

Mais leur dimensionnement relève aussi de la géotechnique.

Il faut contrôler :

  • stabilité ;
  • drainage ;
  • pression interstitielle ;
  • risques de glissement ;
  • matériaux ;
  • surcharge végétale.

Une terrasse hydraulique est aussi un ouvrage géotechnique.


XVII. LES ZONES HUMIDES

Les zones humides constituent des infrastructures naturelles particulièrement complexes.

Elles peuvent :

  • stocker temporairement l’eau ;
  • ralentir les écoulements ;
  • abriter une biodiversité importante ;
  • contribuer à certains cycles biogéochimiques ;
  • participer à l’atténuation de certains pics hydrologiques.

Leur fonctionnement dépend fortement de la durée et de la fréquence de saturation.


XVIII. LE SOL COMME RÉSERVOIR

L’erreur classique consiste à considérer uniquement :

  • cuves ;
  • bassins ;
  • mares.

Or le plus grand réservoir du jardin peut être :

le sol.

Un sol riche en matière organique, bien structuré et non compacté peut stocker une quantité importante d’eau utilisable par les plantes, selon sa texture, sa profondeur et son état hydrique.

Le dimensionnement hydraulique doit donc inclure :Stocktotal​=Stocksurface​+Stocksol​+Stockreˊservoir​+Stocknappe​


XIX. LA RÉSERVE UTILE DU SOL

La réserve utile est généralement associée à la différence entre l’eau retenue à la capacité au champ et celle restant après atteinte du point de flétrissement, dans les conditions et conventions utilisées.

On peut schématiser :

SATURATION││ eau gravitaire│├──────────────│ CAPACITÉ AU CHAMP││       RÉSERVE UTILE│├──────────────│ POINT DE FLÉTRISSEMENT││ eau fortement retenue│└──────────────

Cette notion est essentielle pour dimensionner :

  • irrigation ;
  • paillage ;
  • profondeur de sol ;
  • densité végétale ;
  • autonomie hydrique.

XX. CRÉER LE CYCLE COMPLET DE L’EAU

La Vision Omakëya™ cherche à reconnecter les différents compartiments :

                 ☁️             CONDENSATION                 ↓               🌧️                 ↓        ┌──── INTERCEPTION ────┐        ↓                      ↓      🌳🌿                  RUISSELLEMENT        ↓                      ↓     TRANSPIRATION           NOUE        ↓                      ↓    ATMOSPHÈRE              MARE                               ↓                           INFILTRATION                               ↓                             SOL                               ↓                           PERCOLATION                               ↓                             NAPPE                               ↓                         SOURCE / RIVIÈRE                               ↓                            OCÉAN                               ↓                           ÉVAPORATION                               ↺

Le jardin devient ainsi une petite maille du cycle hydrologique régional.


XXI. LE CYCLE DE L’EAU ET LA VÉGÉTATION

La végétation intervient à plusieurs niveaux :

Interception

Les feuilles captent une partie des précipitations.

Infiltration

Les racines et la structure du sol peuvent favoriser l’infiltration.

Stockage

Le sol et la biomasse retiennent une partie de l’eau.

Transpiration

Les plantes transfèrent de l’eau vers l’atmosphère.

Ombre

La végétation réduit le rayonnement reçu par le sol.

Évapotranspiration

Elle contribue aux échanges énergétiques et hydriques.

La végétation devient donc un composant hydraulique et climatique.


XXII. L’EAU COMME FLUX ÉNERGÉTIQUE

L’évaporation consomme de l’énergie.

La chaleur latente de vaporisation de l’eau est de l’ordre de :Lv​≈2,45 MJ/kg

autour de températures usuelles.

Ainsi, vaporiser :1 kg≈1 L

d’eau nécessite environ :2,45 MJ

dans cet ordre de grandeur.

Cela correspond à environ :0,68 kWh

d’énergie.

Cette énergie est prélevée sur le bilan énergétique du système.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’eau et la végétation doivent être étudiées simultanément avec le génie climatique végétal.


XXIII. LE LIEN ENTRE HYDRAULIQUE ET MICROCLIMAT

Une infrastructure hydraulique peut avoir plusieurs effets :

EAU ↓ÉVAPORATION ↓ÉCHANGES D'ÉNERGIE ↓HUMIDITÉ ↓MICROCLIMAT

Mais il faut éviter l’affirmation simpliste selon laquelle une mare « refroidit automatiquement » tout son environnement.

L’effet dépend notamment :

  • de la surface ;
  • de la température de l’eau ;
  • du rayonnement ;
  • du vent ;
  • de l’humidité ;
  • de la végétation ;
  • de la configuration spatiale.

La mesure et la modélisation permettent de quantifier réellement l’effet.


XXIV. GÉRER LES CRUES

Une stratégie écologique peut chercher à réduire le débit de pointe :Qaval​<Qamont​

grâce à :

  • ralentissement ;
  • stockage ;
  • infiltration ;
  • débordements contrôlés ;
  • végétation ;
  • zones d’expansion.

L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer tout écoulement.

Il s’agit souvent de :

désynchroniser et ralentir les flux.


XXV. LA CHAÎNE HYDRAULIQUE OMAKËYA™

On peut formaliser le système ainsi :

Niveau 1 — Toiture

Récupération.

Niveau 2 — Sols

Infiltration.

Niveau 3 — Noues

Ralentissement.

Niveau 4 — Mares

Stockage écologique.

Niveau 5 — Bassins

Stockage hydraulique.

Niveau 6 — Zones humides

Écrêtement + biodiversité.

Niveau 7 — Nappe

Stockage souterrain.

Niveau 8 — Cours d’eau

Restitution.


XXVI. LA PYRAMIDE HYDRAULIQUE

              🌧️               │        ┌──────┴──────┐        │ INTERCEPTER │        └──────┬──────┘               ↓          RALENTIR               ↓           INFILTRER               ↓            STOCKER               ↓           RÉUTILISER               ↓            RESTITUER

Le principe général peut être résumé :

retenir l’eau le plus près possible de l’endroit où elle tombe, lorsque les conditions du site le permettent.


XXVII. DIMENSIONNEMENT DES SÉCHERESSES

Le système hydraulique doit également fonctionner lorsque la pluie disparaît.

Il faut calculer :

  • demande hydrique ;
  • réserve initiale ;
  • recharge ;
  • évapotranspiration ;
  • pertes ;
  • durée de sécheresse.

On peut définir une autonomie :A=Demande journalieˋreStock disponible​

Mais, pour un écosystème, la demande doit idéalement être dynamique :D=f(T,RH,Rayonnement,Vent,Veˊgeˊtation,Sol)


XXVIII. LE « BUDGET EAU »

Chaque projet peut disposer d’un budget hydrique annuel :

FluxVolume
Pluie+
Récupération toiture+
Ruissellement entrant+
Irrigation+
Évapotranspiration
Infiltration profonde
Débordement
Consommation
Stock final=

L’objectif est de comprendre où va réellement chaque litre.


XXIX. LE JUMEAU NUMÉRIQUE HYDROLOGIQUE

Le génie hydraulique écologique peut être intégré au jumeau numérique Omakëya™.

Entrées

  • topographie ;
  • sols ;
  • pluie ;
  • température ;
  • occupation du sol ;
  • végétation ;
  • surfaces imperméables ;
  • ouvrages.

Calculs

  • ruissellement ;
  • infiltration ;
  • stockage ;
  • évapotranspiration ;
  • écoulements ;
  • recharge.

Sorties

  • volumes ;
  • débits ;
  • zones inondables ;
  • niveau des mares ;
  • autonomie ;
  • déficit hydrique.

XXX. SIMULER AVANT DE CONSTRUIRE

Le modèle peut tester plusieurs scénarios :

Scénario A

Climat actuel.

Scénario B

Année très humide.

Scénario C

Sécheresse prolongée.

Scénario D

Pluie intense.

Scénario E

Climat 2050.

Scénario F

Climat 2100.

On peut alors comparer :

ScénarioEau stockéeDébit de pointeDéficitDébordement
actuel
humide
sécheresse
extrême
2050
2100

Les valeurs sont obtenues à partir du modèle et des données locales : elles ne doivent pas être prédéfinies arbitrairement.


XXXI. LE RÉSEAU HYDRAULIQUE VIVANT

À l’échelle d’un jardin :

TOITURE   ↓CUVE   ↓NOUES   ↓MARE   ↓VERGER   ↓PRAIRIE HUMIDE   ↓BASSIN   ↓EXUTOIRE

À l’échelle d’une ferme :

BÂTIMENTS ↓BASSINS ↓HAIES ↓SWales ↓VERGERS ↓ZONES HUMIDES ↓RIVIÈRE

À l’échelle d’un territoire :

VILLE ↓BASSIN VERSANT ↓ZONES HUMIDES ↓RIVIÈRE ↓ESTUAIRE ↓OCÉAN

La même logique s’applique à plusieurs échelles.


XXXII. TABLEAU DE SYNTHÈSE DU GÉNIE HYDRAULIQUE OMAKËYA™

InfrastructureFonction principaleFonctions secondairesDimensionnement clé
Noueralentissementinfiltration, biodiversitésection + volume + débit
Swaleralentissementinfiltration, anti-érosionpente + section + espacement
Fossétransfertstockage, infiltrationdébit + section
Marestockage écologiquebiodiversité, paysagesurface + profondeur + alimentation
Bassinstockage hydrauliquebiodiversitévolume + débit + surverse
Terrasseralentissementagriculture, anti-érosionpente + stabilité
Zone humidestockage temporairebiodiversitésurface + régime hydrique
Cuvestockageirrigationvolume + demande
Sol vivantstockage diffusfertilitéprofondeur + porosité + RU
Haieralentissementbiodiversitéhauteur + longueur + densité

XXXIII. LE DIMENSIONNEMENT MULTI-ÉCHELLE

Le véritable intérêt apparaît lorsque tous les ouvrages fonctionnent ensemble.

Une noue isolée a une capacité limitée.

Mais :

toiture → noue → mare → sol → verger → zone humide

forme un système beaucoup plus puissant.

On peut alors considérer :Performanceglobale​=∑Performanceouvrages​

car les interactions entre ouvrages peuvent produire des effets de système.

L’hydrologie devient une architecture du paysage.


XXXIV. LE GÉNIE HYDRAULIQUE ÉCOLOGIQUE COMME DISCIPLINE

Cette approche croise :

hydrologie

hydraulique

hydrogéologie

pédologie

écologie

botanique

agroclimatologie

génie civil

géotechnique

génie climatique

SIG / modélisation

IA.

Le bassin n’est plus seulement un ouvrage.

La mare n’est plus seulement un élément paysager.

La noue n’est plus seulement un fossé végétalisé.

Chaque élément devient un composant d’un système hydrologique intégré.


XXXV. LA VISION OMAKËYA™ : RECONSTRUIRE LE CYCLE

L’objectif ultime peut être représenté ainsi :

                         ATMOSPHÈRE                             ↑                      ÉVAPOTRANSPIRATION                             │                             │🌧️ PRÉCIPITATIONS ──→ 🌳 VÉGÉTATION        │                    │        ↓                    ↓   INTERCEPTION          TRANSPIRATION        │        ↓     NOUES        │   ┌────┴────┐   ↓         ↓ INFIL.     MARES   ↓         ↓  SOL     ZONES HUMIDES   ↓         ↓ NAPPE ←────┘   │   ↓ SOURCES / RIVIÈRES   │   ↓ OCÉAN   │   └────────→ ÉVAPORATION ────────→ ATMOSPHÈRE

Le projet Omakëya™ ne cherche donc pas simplement à évacuer l’eau.

Il cherche à :

comprendre son parcours, ralentir ses flux, augmenter les stockages utiles, favoriser l’infiltration lorsque le contexte le permet, limiter les dommages liés aux extrêmes, soutenir le vivant et organiser sa restitution.


XXXVI. L’EAU COMME COLONNE VERTÉBRALE DE L’ÉCOSYSTÈME

Dans un écosystème résilient, l’eau ne doit plus être considérée comme un déchet à évacuer rapidement.

Elle devient une ressource à gérer comme un flux dynamique.

La Vision Omakëya™ propose ainsi une véritable chaîne d’ingénierie :

Observer → cartographier → mesurer → calculer → ralentir → stocker → infiltrer → réutiliser → restituer → mesurer → adapter.

La noue, la mare, le bassin, le fossé, la terrasse, la zone humide, le sol vivant et la végétation deviennent alors les différentes pièces d’une même machine écologique.

Une machine sans moteur mécanique.

Une machine alimentée par :

la pluie, la gravité, le soleil, le sol et le vivant.

Et c’est précisément là que le génie hydraulique écologique rejoint l’ambition centrale du Tome 5 :

concevoir des paysages qui fonctionnent comme des infrastructures, mais dont les infrastructures sont vivantes.

Le prochain niveau consiste alors à relier ce réseau hydraulique au réseau climatique : arbres, ombre, évapotranspiration, ventilation naturelle, bâtiments et sols, afin de construire un véritable système CVC écologique à l’échelle du paysage.