
PHYSIQUE DES MICROCLIMATS
Comprendre, mesurer et modéliser la fabrication locale du climat
De l’ombre au vent, de l’eau au stockage thermique : les lois physiques qui permettent de construire des microclimats résilients
Le climat n’est pas le même partout
Lorsque l’on parle du climat d’un territoire, on utilise généralement des données provenant de stations météorologiques :
- température ;
- précipitations ;
- humidité ;
- vent ;
- rayonnement.
Mais une station météorologique mesure rarement ce qui se passe à quelques mètres du sol, sous un arbre, derrière une haie, près d’une mare ou contre un bâtiment.
Or, c’est précisément à cette échelle que vivent :
- les plantes ;
- les animaux ;
- les microorganismes ;
- les cultures ;
- les humains.
Entre une pelouse exposée au soleil et une zone située sous une canopée, plusieurs mètres seulement peuvent suffire à produire des conditions thermiques et hydriques très différentes.
Un jardin peut ainsi contenir simultanément :
- une zone chaude ;
- une zone fraîche ;
- une zone sèche ;
- une zone humide ;
- une zone ventilée ;
- une zone abritée ;
- une zone exposée ;
- une zone protégée.
Le jardin possède donc son propre climat.
Ce climat n’est pas créé arbitrairement.
Il résulte des interactions entre :
rayonnement + topographie + végétation + eau + sol + bâtiments + vent + humidité + temps.
La physique des microclimats consiste précisément à comprendre ces interactions.
I. DU CLIMAT AU MICROCLIMAT
On peut distinguer plusieurs niveaux.
| Échelle | Ordre de grandeur | Exemple |
|---|---|---|
| Climat global | milliers de km | circulation atmosphérique |
| Macroclimat | centaines de km | climat régional |
| Mésoclimat | quelques km à dizaines de km | vallée, plateau, agglomération |
| Microclimat | mètres à centaines de mètres | forêt, quartier, jardin |
| Climat local | centimètres à mètres | sous une feuille, au sol |
La difficulté devient considérable lorsque l’on descend en échelle.
À quelques mètres, la température peut dépendre de :
- l’ombre ;
- l’humidité du sol ;
- la nature du revêtement ;
- la végétation ;
- la circulation de l’air ;
- la proximité d’un mur ;
- la présence d’eau.
II. UN MICROCLIMAT EST UN BILAN DE FLUX
On peut représenter le microclimat comme un système dans lequel plusieurs flux interagissent :
SOLEIL
↓
RAYONNEMENT
↓
┌─────────────────────┐
│ SURFACE │
└─────────────────────┘
↓ ↓ ↓
CHALEUR EAU AIR
↓ ↓ ↓
SOL VAPEUR VENT
↓ ↓ ↓
STOCKAGE / TRANSFERT
↓
MICROCLIMAT
Le microclimat est donc moins une « température » qu’un état dynamique résultant de plusieurs transferts.
III. LES CINQ GRANDES FONCTIONS MICROCLIMATIQUES
La Vision Omakëya™ peut organiser la conception autour de cinq grandes fonctions :
1. Créer de l’ombre
Réduire le rayonnement reçu.
2. Créer de la fraîcheur
Réduire les flux de chaleur sensible et/ou augmenter les flux latents.
3. Organiser la ventilation
Diriger, ralentir ou accélérer les mouvements d’air.
4. Gérer l’humidité
Conserver, transférer ou dissiper l’eau.
5. Stocker l’énergie
Utiliser sol, eau, biomasse et matériaux comme réservoirs thermiques.
Ces cinq fonctions sont fortement couplées.
IV. CRÉER DE L’OMBRE
1. L’ombre comme première technologie climatique
L’ombre est probablement le mécanisme microclimatique le plus simple à comprendre.
Lorsqu’un arbre intercepte le rayonnement solaire :
SOLEIL
↓↓↓↓↓↓↓↓↓
🌳🌳🌳🌳🌳
↓ ↓ ↓ ↓
zone ombragée
Le sol reçoit moins de rayonnement direct.
La température des surfaces peut alors être fortement différente de celle d’une surface exposée.
Mais l’ombre ne signifie pas automatiquement :
température de l’air beaucoup plus faible.
Son effet principal peut être encore plus important sur :
le rayonnement reçu par les surfaces et par le corps humain.
V. MODÉLISER L’OMBRE
La conception peut intégrer :
- latitude ;
- date ;
- heure ;
- orientation ;
- hauteur du soleil ;
- azimut solaire ;
- hauteur de l’arbre ;
- largeur de la canopée.
Pour un bâtiment, l’arbre devient ainsi une véritable protection solaire géométrique dynamique.
On peut simuler :
8 h → ombre courte
12 h → ombre différente
17 h → ombre projetée dans une autre direction
et répéter le calcul pour :
- solstice d’été ;
- équinoxes ;
- solstice d’hiver.
VI. L’ARBRE COMME « STORE SOLAIRE VIVANT »
Un arbre caduc possède une caractéristique particulièrement intéressante.
En été :
feuillage → protection solaire.
En hiver :
chute du feuillage → transmission solaire accrue.
Il devient donc une protection solaire :
- saisonnière ;
- dynamique ;
- autonome ;
- auto-organisée.
La conception doit néanmoins tenir compte de la croissance de l’arbre.
Un arbre n’est pas une pièce fixe.
C’est une infrastructure qui grandit.
VII. CRÉER DE LA FRAÎCHEUR
La fraîcheur peut provenir de plusieurs mécanismes.
Ombre
Réduction du rayonnement.
Évaporation
Transformation de l’eau liquide en vapeur.
Transpiration
Évacuation de chaleur par les plantes.
Ventilation
Transport de chaleur vers d’autres zones.
Inertie
Stockage temporaire de chaleur.
Eau
Réservoir thermique et hydrologique.
Sol
Tampon thermique.
La fraîcheur Omakëya™ est donc une combinaison de mécanismes, pas un dispositif unique.
VIII. L’ÉVAPORATION COMME MACHINE THERMIQUE NATURELLE
Le changement d’état de l’eau nécessite de l’énergie.
On peut écrire : Q=mLv
où :
- Q = énergie consommée ;
- m = masse d’eau évaporée ;
- Lv = chaleur latente de vaporisation.
Pour environ 1 kg d’eau évaporée à température courante, l’énergie mobilisée est de l’ordre de plusieurs mégajoules.
Ainsi, une quantité importante d’eau évaporée peut représenter un flux thermique significatif.
Mais une condition essentielle doit être rappelée :
sans eau disponible, il n’y a pas de refroidissement évaporatif durable.
La stratégie climatique doit donc toujours être couplée à la stratégie hydrologique.
IX. LA VÉGÉTATION COMME SYSTÈME DE REFROIDISSEMENT
Un arbre possède :
- feuilles ;
- stomates ;
- xylème ;
- racines ;
- système hydraulique.
L’eau absorbée par les racines est transportée vers les feuilles.
Une partie est utilisée dans les processus physiologiques.
Une autre partie est transpirée.
L’énergie nécessaire à cette vaporisation est prélevée sur le système.
On obtient :
SOL
↓
EAU
↓
RACINES
↓
XYLÈME
↓
FEUILLES
↓
STOMATES
↓
VAPEUR D'EAU
↓
DISSIPATION D'ÉNERGIE
La physiologie végétale devient ainsi directement liée au génie climatique.
X. LE STRESS HYDRIQUE : LA LIMITE DU CLIMATISEUR VÉGÉTAL
Un point fondamental doit être intégré dans toute modélisation.
Lorsque l’eau devient insuffisante :
- les stomates peuvent se fermer ;
- la transpiration diminue ;
- l’évapotranspiration baisse ;
- le refroidissement latent diminue.
Un arbre peut alors conserver son eau au détriment de son potentiel de refroidissement.
C’est pourquoi :
un paysage climatique doit être conçu comme un système thermo-hydrique couplé.
Planter des arbres sans sécuriser durablement leur accès à l’eau peut conduire à une perte progressive de la fonction climatique recherchée.
XI. VENTILATION : CONSTRUIRE LES FLUX D’AIR
Le vent n’est pas uniquement une contrainte.
Il peut devenir un outil de conception.
On peut :
- ralentir le vent ;
- l’accélérer ;
- le canaliser ;
- le dévier ;
- créer des zones protégées.
XII. LES COULOIRS D’AIR
Imaginez deux rangées végétales :
VENT
→→→→→→→→→→→
█████ █████
█████ █████
█████ █████
↓
COULOIR D'AIR
↓
La géométrie du système influence les flux.
Dans une conception réelle, il faut prendre en compte :
- direction dominante ;
- vitesse ;
- hauteur des obstacles ;
- porosité ;
- relief ;
- bâtiments ;
- température.
XIII. L’EFFET VENTURI
Lorsqu’un écoulement est contraint de traverser une section plus réduite, sa vitesse peut augmenter dans certaines conditions.
Cela peut être utilisé pour comprendre certains comportements entre :
- bâtiments ;
- haies ;
- murs ;
- talus ;
- passages étroits.
Mais il faut éviter une simplification fréquente :
un passage étroit ne produit pas automatiquement un flux utile.
La pression, les pertes de charge, la turbulence et la géométrie tridimensionnelle doivent être considérées.
XIV. TURBULENCE ET VÉGÉTATION
La végétation constitue une structure poreuse.
Elle produit :
- frottements ;
- dissipation d’énergie ;
- turbulence ;
- redistribution des vitesses.
La hauteur et la densité de la végétation influencent fortement les flux.
Une haie peut donc être considérée comme une interface aérodynamique biologique.
XV. CRÉER DES ZONES PROTÉGÉES
La végétation peut réduire l’exposition au vent.
Cela peut être intéressant pour :
- personnes ;
- animaux ;
- cultures ;
- jeunes arbres ;
- espaces de repos.
Mais une protection excessive peut également réduire la ventilation et favoriser :
- humidité excessive ;
- stagnation de l’air ;
- maladies dans certaines cultures.
Le principe devient donc :
protéger sans enfermer.
XVI. HUMIDIFICATION : LE RÔLE DE L’EAU
L’eau peut intervenir sous différentes formes :
- mare ;
- bassin ;
- sol humide ;
- noue ;
- rivière ;
- brumisation ;
- irrigation ;
- végétation.
Mais chaque dispositif possède un comportement différent.
Une mare :
- stocke ;
- évapore ;
- influence localement les échanges thermiques.
Une brumisation :
- augmente directement la surface d’échange air-eau ;
- dépend fortement de l’humidité et de la ventilation.
Une irrigation :
- humidifie d’abord le sol ;
- peut ensuite alimenter l’évaporation et la transpiration.
Il faut donc distinguer :
apport d’eau
de
refroidissement réellement obtenu.
XVII. LE POINT DE ROSÉE
L’humidification de l’air ne peut pas être pensée indépendamment de la température.
Lorsque l’air atteint son point de saturation : RH→100%
la condensation devient possible.
Cela peut produire :
- rosée ;
- brouillard ;
- condensation sur surfaces.
Un système de refroidissement évaporatif devient donc moins efficace lorsque l’air est déjà très humide.
C’est une contrainte fondamentale.
XVIII. LE STOCKAGE THERMIQUE
Le microclimat peut être stabilisé par des réservoirs thermiques.
On peut utiliser :
Eau
forte capacité thermique.
Sol
grande masse disponible.
Pierre
inertie importante.
Béton
forte masse thermique.
Biomasse
stockage énergétique et structurel.
L’objectif est de ralentir les variations de température.
XIX. LE DÉPHASAGE THERMIQUE
Une masse thermique ne se contente pas de stocker de l’énergie.
Elle peut également décaler dans le temps la réponse thermique.
Une surface peut recevoir un apport de chaleur à midi et restituer une partie de cette énergie plusieurs heures plus tard.
Le phénomène dépend de :
- conductivité ;
- diffusivité ;
- capacité thermique ;
- épaisseur ;
- conditions aux limites.
Cela devient particulièrement important dans :
- bâtiments ;
- murs ;
- sols ;
- bassins ;
- infrastructures paysagères.
XX. LES PUITS DE FRAÎCHEUR
Un puits de fraîcheur peut être conçu comme la combinaison de plusieurs mécanismes :
CANOPÉE
🌳🌳🌳🌳🌳
↓
OMBRE
↓
SOL PROTÉGÉ
↓
HUMIDITÉ DU SOL
↓
EAU
↓
ÉVAPOTRANSPIRATION
↓
REFROIDISSEMENT
Si une circulation d’air adaptée existe :
zone fraîche
↓
→→→→→→→→
le refroidissement peut être transporté vers une autre zone.
On passe alors de :
production de fraîcheur
à :
distribution de fraîcheur.
XXI. LES MICROCLIMATS EN CASCADE
Une conception particulièrement intéressante consiste à enchaîner plusieurs fonctions.
Par exemple :
arbre
→ ombre
→ sol plus frais
→ humidité mieux conservée
→ évapotranspiration
→ air modifié
→ circulation vers une zone de repos.
On obtient une cascade : structure→rayonnement→eau→eˊnergie→air→confort
C’est une logique fondamentale de la conception Omakëya™.
XXII. LA TOPOGRAPHIE COMME MACHINE MICROCLIMATIQUE
Le relief influence :
- exposition solaire ;
- écoulement de l’eau ;
- accumulation d’air froid ;
- circulation des vents ;
- drainage ;
- humidité des sols.
Une petite différence d’altitude peut parfois créer des conditions écologiques différentes.
XXIII. LES INVERSIONS THERMIQUES
Pendant certaines nuits calmes et radiatives :
- le sol perd de la chaleur ;
- l’air proche du sol se refroidit ;
- l’air froid, plus dense, peut s’accumuler dans les points bas.
On peut alors avoir :
air plus chaud
────────────────────────
air plus froid
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
↓ ↓ ↓
dépression
C’est particulièrement important pour :
- vergers ;
- vignobles ;
- cultures sensibles au gel ;
- jardins.
Le relief devient donc un outil de gestion du risque climatique.
XXIV. LA MARE COMME ÉLÉMENT MICROCLIMATIQUE
Une mare possède plusieurs fonctions simultanées :
Hydrologique
stockage de l’eau.
Thermique
stockage d’énergie.
Biologique
habitat.
Évaporative
transfert d’eau vers l’atmosphère.
Paysagère
création d’une diversité spatiale.
Mais l’effet de refroidissement local ne doit jamais être supposé automatiquement important.
Il dépend notamment :
- de la surface ;
- de la profondeur ;
- de la température ;
- du vent ;
- de l’humidité ;
- de l’ensoleillement ;
- de l’environnement.
XXV. MODÉLISER CHAQUE PHÉNOMÈNE
C’est ici que la Vision Omakëya™ peut devenir une véritable méthode d’ingénierie.
Chaque fonction doit pouvoir être associée à :
une variable
→ une équation
→ une mesure
→ un modèle
→ une décision.
Tableau de modélisation
| Fonction | Phénomènes dominants | Variables principales | Modélisation possible |
|---|---|---|---|
| Ombre | géométrie solaire | hauteur solaire, azimut, hauteur arbre | modèle solaire 3D |
| Fraîcheur | énergie + évapotranspiration | Rn, ET, température | bilan énergétique |
| Ventilation | mécanique des fluides | vitesse, pression, rugosité | CFD / modèle aérodynamique |
| Humidification | transfert de masse | RH, température, débit d’eau | psychrométrie |
| Stockage | thermique | masse, cp, conductivité | modèle thermique transitoire |
| Sol | conduction + eau | humidité, texture, température | modèle thermo-hydrique |
| Mare | eau + énergie | volume, température, surface | bilan hydrique et thermique |
| Végétation | physiologie | LAI, stomates, ET | modèle de canopée |
| Confort | thermique humain | Ta, MRT, RH, vent | indice de confort |
| Eau | hydrologie | pluie, infiltration, stockage | modèle hydrologique |
XXVI. MODÈLE CONCEPTUEL OMAKËYA™
On peut représenter le système sous forme d’un graphe :
RAYONNEMENT
↓
┌───────────┐
│ VÉGÉTAL │
└───────────┘
↓ ↓ ↓
OMBRE ET VENT
↓ ↓ ↓
└────┼────┘
↓
MICROCLIMAT
↑
┌───────────┼───────────┐
│ │ │
EAU SOL RELIEF
│ │ │
└───────────┼───────────┘
↓
BÂTIMENT
↓
USAGER
Ce schéma est fondamental.
Le microclimat n’est pas produit par un seul élément.
Il émerge du couplage de plusieurs systèmes.
XXVII. DU MODÈLE SIMPLE AU JUMEAU NUMÉRIQUE
On peut imaginer quatre niveaux de modélisation.
Niveau 1 — Empirique
Mesurer :
- température ;
- humidité ;
- vent ;
- rayonnement.
Niveau 2 — Physique
Calculer :
- bilan énergétique ;
- bilan hydrique ;
- transferts thermiques.
Niveau 3 — Numérique
Simuler :
- ombres ;
- écoulements ;
- température ;
- humidité.
Niveau 4 — Jumeau numérique
Coupler :
- météo réelle ;
- capteurs ;
- modèle 3D ;
- végétation ;
- hydrologie ;
- bâtiment ;
- IA.
XXVIII. INSTRUMENTATION DU MICROCLIMAT
Pour vérifier les modèles, il faut mesurer.
Une station microclimatique peut intégrer :
- température de l’air ;
- humidité relative ;
- pression ;
- vitesse du vent ;
- direction du vent ;
- rayonnement ;
- pluie ;
- température du sol ;
- humidité du sol ;
- température de surface.
On peut également ajouter :
- caméra thermique ;
- capteurs de flux ;
- capteurs de sève ;
- dendromètres ;
- capteurs de potentiel hydrique ;
- LiDAR.
Le principe devient :
mesurer → modéliser → comparer → corriger.
XXIX. LA CARTE MICROCLIMATIQUE DU JARDIN
Un jardin pourrait être cartographié selon plusieurs variables :
Température
ROUGE → zones chaudes
BLEU → zones fraîches
Humidité
SEC → HUMIDE
Vent
→→→→
Ombre
████ zones ombragées
Eau
réseau hydrologique
On obtient alors une véritable :
cartographie climatique opérationnelle.
XXX. LE MICROCLIMAT COMME MATRICE DE CONCEPTION
Avant de planter, on pourrait produire :
| Zone | Température | Vent | Humidité | Rayonnement | Fonction |
|---|---|---|---|---|---|
| A | élevée | fort | faible | fort | zone sèche |
| B | modérée | faible | moyenne | faible | repos |
| C | basse | faible | élevée | faible | zone humide |
| D | modérée | moyen | moyenne | moyen | culture |
| E | élevée | moyen | faible | fort | solaire |
Puis décider :
- où planter ;
- où créer une mare ;
- où installer une pergola ;
- où conserver une clairière ;
- où créer un bosquet ;
- où installer une zone de repos.
XXXI. LE MICROCLIMAT COMME INFRASTRUCTURE
Cette approche conduit à une idée majeure :
Le paysage peut être conçu comme un réseau de microclimats.
Au lieu de chercher à uniformiser un espace, on peut créer une mosaïque :
┌──────────┬──────────┬──────────┐
│ SOLEIL │ OMBRE │ SOLEIL │
│ SEC │ FRAIS │ CHAUD │
├──────────┼──────────┼──────────┤
│ BOSQUET │ MARE │ PRAIRIE │
│ ABRITÉ │ HUMIDE │ VENTILÉE │
├──────────┼──────────┼──────────┤
│ VERGER │ POTAGER │ FORÊT │
│ TEMPÉRÉ │ PRODUCT. │ FRAÎCHE │
└──────────┴──────────┴──────────┘
Chaque zone possède une fonction.
Et les interfaces entre zones deviennent elles-mêmes importantes.
XXXII. LE CONCEPT DE « MICROCLIMAT EN RÉSEAU »
C’est une extension particulièrement intéressante de la Vision Omakëya™.
Un jardin ne serait plus considéré comme :
une surface plantée.
Mais comme :
un réseau de cellules climatiques connectées.
Chaque cellule peut avoir :
- un bilan énergétique ;
- un bilan hydrique ;
- une dynamique de température ;
- un régime de vent ;
- une biodiversité spécifique.
Les flux entre cellules déterminent ensuite le comportement global.
XXXIII. VERS UNE THERMODYNAMIQUE DU PAYSAGE
Cette approche permet de poser de nouvelles questions d’ingénierie :
Combien d’énergie solaire est interceptée par une canopée ?
Quelle quantité d’eau doit être évaporée pour produire un refroidissement donné ?
Quelle quantité de chaleur peut stocker une mare ?
Comment une haie modifie-t-elle le profil de vitesse du vent ?
Quelle est l’influence d’un arbre sur la température radiante d’une façade ?
Quelle configuration produit le meilleur confort thermique ?
Quel est le coût hydrique du refroidissement obtenu ?
On passe alors d’une approche descriptive à une approche :
quantitative et prédictive.
XXXIV. LE PRINCIPE FONDAMENTAL : CHAQUE SERVICE CLIMATIQUE A UN COÛT PHYSIQUE
C’est un point essentiel pour une ingénierie rigoureuse.
Créer de la fraîcheur par évapotranspiration nécessite de l’eau.
Créer de l’ombre nécessite une structure végétale.
Créer une ventilation nécessite un gradient de pression ou de température et une géométrie adaptée.
Stocker de l’énergie nécessite une masse thermique.
Maintenir une végétation active nécessite des ressources.
Il faut donc éviter les promesses simplistes.
La bonne question devient :
Quel service climatique souhaite-t-on obtenir, avec quelles ressources et quelles contraintes ?
XXXV. VERS UNE INGÉNIERIE DES MICROCLIMATS
La méthode Omakëya™ peut finalement être structurée ainsi :
1. Observer
Lire le terrain.
2. Mesurer
Quantifier le climat existant.
3. Cartographier
Identifier les gradients.
4. Modéliser
Comprendre les flux.
5. Concevoir
Créer les structures.
6. Dimensionner
Calculer les besoins.
7. Installer
Mettre en place végétation, eau, sol et architecture.
8. Instrumenter
Mesurer les performances.
9. Comparer
Modèle contre réalité.
10. Adapter
Faire évoluer le système.
CONSTRUIRE LE CLIMAT PLUTÔT QUE LE SUBIR
La physique des microclimats ouvre une nouvelle manière de concevoir les jardins, les bâtiments et les territoires.
Il ne s’agit plus simplement de demander :
Quelles plantes vont survivre ici ?
Mais :
Quel microclimat voulons-nous créer, et par quels mécanismes physiques, biologiques et hydrologiques pouvons-nous le construire ?
Un arbre peut créer de l’ombre.
Une haie peut modifier le vent.
Une mare peut stocker de l’eau et de l’énergie.
Un sol vivant peut améliorer l’infiltration et la disponibilité hydrique.
Une pergola peut contrôler le rayonnement.
Une butte peut modifier les écoulements et les expositions.
Un bosquet peut créer une zone protégée.
Une forêt-jardin peut produire une mosaïque de microclimats.
Un bâtiment peut être intégré à cette infrastructure.
Et des capteurs peuvent mesurer le résultat.
Enfin, les modèles numériques et l’IA peuvent permettre de simuler les interactions.
On obtient alors une nouvelle chaîne de conception :
CLIMAT
↓
MESURE
↓
PHYSIQUE
↓
MODÉLISATION
↓
PAYSAGE
↓
MICROCLIMATS
↓
VIVANT
↓
CONFORT ET RÉSILIENCE
La Vision Omakëya™ peut ainsi être comprise comme une démarche de construction raisonnée des microclimats.
Non pas pour fabriquer artificiellement un climat indépendant du climat régional, ce qui serait irréaliste, mais pour exploiter intelligemment les degrés de liberté offerts par :
l’ombre, l’eau, le sol, la végétation, le relief, l’air, les matériaux et l’architecture.
Le climat régional constitue la condition initiale.
Le paysage constitue l’architecture du microclimat.
Et l’ingénierie agroclimatique consiste à organiser les flux pour transformer cette condition initiale en un environnement plus résilient.
C’est là que la physique des microclimats devient l’un des fondements scientifiques les plus puissants de la Vision Omakëya™.
- TOME « SUPP » AGROCLIMATOLOGIE : pour aller plus loin …
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- TOME 14 AGROCLIMATOLOGIE : Économie, Gouvernance et Transition Écologique
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- TOME 10 AGROCLIMATOLOGIE : Modélisation, Simulation et Intelligence Artificielle
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- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
- AGROCLIMATOLOGIE : De la biologie des sols à l’intelligence artificielle, comprendre, concevoir et faire évoluer les jardins, vergers, fermes et paysages capables de résister au climat du futur.