
Écoquartiers, lotissements, campus, écoles, parcs et zones commerciales : transformer la ville en infrastructure climatique vivante
Quartier résilient et îlot de fraîcheur : comment concevoir les écoquartiers Omakëya™ du futur
Découvrez comment concevoir des quartiers résilients face au changement climatique grâce à l’eau, aux arbres, aux sols vivants, à la mobilité douce et aux îlots de fraîcheur.
Le prochain jardin ne sera peut-être plus individuel
Après avoir imaginé la maison, la villa, l’immeuble, le commerce et l’usine comme des systèmes climatiques intégrés à leur environnement, une nouvelle échelle apparaît naturellement :
le quartier.
C’est à cette échelle que les principes de la Vision Omakëya™ prennent une dimension nouvelle.
Un arbre peut rafraîchir son environnement immédiat.
Un jardin peut créer un microclimat.
Une mare peut modifier localement les conditions hydrologiques.
Mais plusieurs milliers d’arbres, des sols perméables, des corridors végétalisés, des bassins, des parcs et des bâtiments bioclimatiques peuvent transformer le fonctionnement climatique de tout un quartier.
Le quartier devient alors plus qu’un ensemble de bâtiments.
Il devient :
- un système hydrologique ;
- un système thermique ;
- un système biologique ;
- un système énergétique ;
- un système de mobilité ;
- un système social ;
- un système écologique.
La Vision Omakëya™ consiste à concevoir ces systèmes comme un seul organisme territorial.
1. Le changement d’échelle
On peut représenter les différentes échelles de conception :
balcon
↓
jardin
↓
parcelle
↓
bâtiment
↓
îlot
↓
quartier
↓
ville
↓
territoire
À chaque changement d’échelle apparaissent de nouvelles interactions.
Un arbre n’est plus seulement un arbre.
À l’échelle du quartier, il devient une composante d’un réseau de fraîcheur.
Une mare n’est plus seulement une réserve d’eau.
Elle devient un élément du réseau hydrologique.
Une haie devient un corridor écologique.
Un parc devient un régulateur climatique.
Une rue devient potentiellement un corridor de ventilation et de biodiversité.
2. Le quartier conventionnel
Le quartier classique a souvent été organisé autour de fonctions séparées :
- logements ;
- voiries ;
- parkings ;
- commerces ;
- équipements ;
- espaces verts.
Les infrastructures sont généralement pensées séparément.
La voirie gère la circulation.
Le réseau d’eau gère l’eau.
Le réseau électrique gère l’énergie.
Les bâtiments gèrent le confort.
Les espaces verts gèrent le paysage.
La Vision Omakëya™ propose de faire converger ces fonctions.
3. Le quartier comme écosystème
Dans une approche systémique :
L’eau
est une ressource.
Les arbres
sont des infrastructures climatiques.
Les sols
sont des réservoirs.
Les espaces verts
sont des systèmes biologiques.
Les rues
sont des corridors.
Les bâtiments
sont des interfaces climatiques.
Les habitants
sont des acteurs du système.
Le quartier devient ainsi un :
écosystème urbain pilotable.
4. Les cinq piliers du quartier Omakëya™
La conception repose sur cinq grands systèmes.
1. Hydrologie
Gérer l’eau à la source.
2. Végétation
Créer une infrastructure végétale continue.
3. Mobilité
Réduire les surfaces imperméables et favoriser les mobilités sobres.
4. Climat
Créer des microclimats.
5. Confort
Créer des espaces réellement habitables.
Ces cinq dimensions doivent être conçues ensemble.
5. Premier objectif : créer des îlots de fraîcheur
Le terme « îlot de fraîcheur » désigne un espace urbain où les conditions thermiques sont plus favorables que dans les espaces environnants.
Mais un véritable îlot de fraîcheur Omakëya™ ne doit pas être seulement :
quelques arbres sur une place.
Il doit être pensé comme un système combinant :
- ombre ;
- végétation ;
- sol ;
- eau ;
- ventilation ;
- matériaux ;
- usages.
6. L’îlot de fraîcheur comme système
On peut représenter :
☀
↓
ARBRES + OMBRE
↓
TEMPÉRATURE DE SURFACE
réduite
↓
🌿 SOL VIVANT + 💧 EAU
↓
ÉVAPOTRANSPIRATION
↓
FRAÎCHEUR
↓
CONFORT HUMAIN
Mais il faut ajouter une dimension essentielle :
le vent.
7. L’importance de l’aéraulique urbaine
Un quartier possède sa propre géométrie.
Les bâtiments forment :
- canyons urbains ;
- couloirs ;
- zones protégées ;
- zones accélérées ;
- zones de turbulence.
La végétation modifie également l’écoulement.
Il faut donc étudier :
- vents dominants ;
- brises locales ;
- effets de vallée ;
- différences de température ;
- hauteur des bâtiments ;
- densité végétale.
Le quartier devient un problème de :
mécanique des fluides appliquée au paysage urbain.
8. Les rues comme corridors climatiques
Une rue peut avoir plusieurs fonctions.
Fonction 1
Transporter les personnes.
Fonction 2
Transporter les véhicules.
Fonction 3
Transporter l’eau.
Fonction 4
Transporter la biodiversité.
Fonction 5
Permettre la circulation de l’air.
La rue Omakëya™ devient donc une infrastructure multifonctionnelle.
9. La rue climatique
Une rue climatique pourrait associer :
- arbres d’alignement ;
- noues ;
- trottoirs perméables ;
- pistes cyclables ;
- cheminements piétons ombragés ;
- bandes végétales ;
- mobilier ;
- éclairage sobre ;
- récupération des eaux.
Elle devient une véritable :
épine dorsale écologique du quartier.
10. L’eau : du réseau d’évacuation au réseau vivant
Le quartier traditionnel cherche souvent à évacuer rapidement les eaux pluviales.
La stratégie Omakëya™ cherche d’abord à :
ralentir → stocker → infiltrer → réutiliser → évapotranspirer.
Le réseau hydraulique devient un système distribué.
11. Le quartier comme bassin versant
Avant de dessiner les bâtiments, il faut comprendre :
- les points hauts ;
- les points bas ;
- les axes d’écoulement ;
- les zones d’accumulation ;
- la nature des sols ;
- la nappe ;
- les zones inondables.
Le relief devient une infrastructure.
12. Les noues urbaines
Une noue peut :
- ralentir les ruissellements ;
- stocker temporairement l’eau ;
- favoriser l’infiltration lorsque les conditions le permettent ;
- végétaliser l’espace public.
Elle devient une infrastructure hydraulique et paysagère.
13. Les bassins et mares
À l’échelle du quartier, les bassins peuvent remplir plusieurs fonctions :
- rétention ;
- biodiversité ;
- paysage ;
- stockage ;
- soutien à certains usages ;
- participation au microclimat.
Ils doivent toutefois être dimensionnés selon les contraintes hydrologiques et sanitaires locales.
14. Le principe de la « ville-éponge »
Le quartier Omakëya™ reprend une logique fondamentale :
faire pénétrer l’eau dans le quartier plutôt que de la considérer immédiatement comme un déchet.
Cela implique :
- sols perméables ;
- noues ;
- jardins de pluie ;
- bassins ;
- zones humides ;
- végétation ;
- récupération des toitures.
15. Les parkings
Le parking est souvent l’une des surfaces les plus problématiques.
Il concentre :
- rayonnement solaire ;
- matériaux minéraux ;
- ruissellement ;
- véhicules ;
- chaleur stockée.
Le parking Omakëya™ doit donc devenir :
parking + arbre + eau + ombre + biodiversité + énergie.
16. Le parking climatique
Une stratégie peut associer :
- arbres à grand développement lorsque l’espace le permet ;
- sols perméables adaptés au contexte ;
- noues ;
- récupération des eaux ;
- ombrières photovoltaïques ;
- cheminements ombragés.
Le parking cesse d’être une simple surface de stationnement.
17. Les arbres comme infrastructure urbaine
À l’échelle d’un quartier, les arbres remplissent de nombreuses fonctions :
- ombrage ;
- interception des précipitations ;
- évapotranspiration ;
- habitat ;
- continuités écologiques ;
- stockage de carbone ;
- réduction de certaines températures de surface ;
- qualité paysagère.
Ils deviennent des équipements urbains vivants.
18. Mais planter n’est pas suffisant
Un arbre urbain doit disposer de :
- volume de sol ;
- eau ;
- espace racinaire ;
- lumière ;
- protection ;
- entretien ;
- compatibilité avec les réseaux.
Le véritable enjeu n’est donc pas seulement :
combien d’arbres planter ?
Mais :
combien de mètres cubes de sol vivant leur donner ?
19. Le sol urbain
Le sol est souvent la partie oubliée de l’urbanisme.
Pourtant, il conditionne :
- infiltration ;
- croissance racinaire ;
- stockage d’eau ;
- activité biologique ;
- santé des arbres.
Le quartier Omakëya™ doit considérer le sol comme une infrastructure.
20. La trame arborée
Au lieu d’avoir des arbres isolés, il faut créer une continuité :
arbre
↓
alignement
↓
bosquet
↓
parc
↓
corridor
↓
forêt urbaine.
La ville commence alors à fonctionner comme un paysage connecté.
21. La trame verte
Une trame verte efficace peut relier :
- jardins ;
- parcs ;
- friches ;
- haies ;
- boisements ;
- cours d’école ;
- cimetières ;
- espaces agricoles.
Elle favorise les déplacements de nombreuses espèces.
22. La trame bleue
La trame bleue relie :
- rivières ;
- mares ;
- bassins ;
- zones humides ;
- fossés ;
- noues.
Le véritable quartier Omakëya™ associe :
trame verte + trame bleue.
23. Le réseau vert et bleu
On peut alors construire une architecture territoriale :
🌳────🌳────🌳
│ │
│ 💧 │
│ MARE │
│ │
🌳────🌿────🌳
│
💧
│
RIVIÈRE
Les réseaux écologiques et hydrologiques se superposent.
24. Les écoles
L’école est un site particulièrement intéressant.
Elle peut devenir :
- îlot de fraîcheur ;
- jardin pédagogique ;
- laboratoire climatique ;
- refuge de biodiversité ;
- potager ;
- verger ;
- système de récupération d’eau.
L’école devient une infrastructure éducative et écologique.
25. La cour d’école Omakëya™
La cour minérale peut progressivement devenir :
- arbres ;
- pergolas ;
- sols perméables ;
- jardins ;
- zones d’ombre ;
- espaces de biodiversité.
Elle peut ainsi répondre simultanément à :
confort + éducation + biodiversité + hydrologie.
26. Les campus
Un campus possède une caractéristique remarquable :
il constitue souvent un véritable quartier miniature.
Il comprend :
- bâtiments ;
- logements ;
- restauration ;
- parkings ;
- espaces verts ;
- réseaux ;
- voiries.
Il constitue donc un excellent laboratoire Omakëya™.
27. Le campus climatique
On peut y créer :
- corridors ombragés ;
- jardins ;
- bassins ;
- vergers ;
- potagers ;
- toitures végétales ;
- mobilités douces ;
- espaces de biodiversité.
Le campus devient une petite ville expérimentale.
28. Les parcs
Le parc ne doit pas être considéré comme une simple pelouse.
Un parc climatique peut intégrer :
- canopée ;
- sous-bois ;
- prairies ;
- mares ;
- zones humides ;
- chemins ;
- clairières.
Cette diversité augmente la diversité des microclimats.
29. Le parc comme climatiseur urbain
Il faut rester précis :
un parc ne fonctionne pas comme une machine frigorifique homogène.
Son effet dépend de :
- surface ;
- végétation ;
- eau disponible ;
- vent ;
- humidité ;
- morphologie urbaine.
Mais il peut créer des zones locales de confort amélioré.
30. Les zones commerciales
Les zones commerciales représentent un immense potentiel de transformation.
On y trouve :
- grandes toitures ;
- parkings ;
- voiries ;
- espaces résiduels.
Tout cela peut devenir :
- photovoltaïque ;
- végétation ;
- infiltration ;
- ombrage ;
- biodiversité.
31. Transformer une zone commerciale
Avant
████████████████
PARKING MINÉRAL
████████████████
🏢
Après
🌳 🌳 🌳 🌳
━━ chemin ━━━━━
🌿 💧 🌿
🏢
🌳 🌳 🌳
L’objectif n’est pas seulement esthétique.
Il est climatique, hydraulique et écologique.
32. Les lotissements
Le lotissement constitue une autre échelle stratégique.
Plutôt que de traiter chaque parcelle isolément, il faut concevoir :
- voirie ;
- haies ;
- fossés ;
- bassins ;
- arbres ;
- jardins ;
- espaces communs
comme un système.
33. Le lotissement-éponge
Chaque parcelle peut contribuer au système collectif.
toiture
↓
récupération
↓
jardin
↓
infiltration
↓
nappe / sol
ou
stockage
↓
réutilisation.
Le réseau collectif devient moins dépendant d’une logique d’évacuation rapide.
34. Les espaces publics
L’espace public doit être pensé selon la question :
Où les habitants pourront-ils réellement vivre lorsque la température deviendra extrême ?
Il faut donc identifier :
- zones ombragées ;
- bancs ;
- points d’eau ;
- cheminements ;
- espaces frais ;
- accès PMR ;
- zones de repos.
Le confort climatique devient un critère d’aménagement.
35. La ville à hauteur d’arbre
Pendant longtemps, la ville a été pensée à hauteur de bâtiment.
La Vision Omakëya™ propose de penser également :
à hauteur de canopée.
Il faut cartographier :
- hauteur des arbres ;
- largeur des houppiers ;
- ombre ;
- continuité végétale ;
- température de surface.
36. Cartographier la fraîcheur
Une cartographie climatique peut représenter :
- température de surface ;
- température de l’air ;
- humidité ;
- ombrage ;
- végétation ;
- imperméabilisation.
On peut alors identifier :
points chauds
et
points frais.
37. Les zones prioritaires
Les interventions doivent prioriser :
- écoles ;
- maisons de retraite ;
- hôpitaux ;
- zones très minérales ;
- places ;
- arrêts de transport ;
- quartiers fortement exposés.
La stratégie devient ainsi fondée sur le risque.
38. L’indicateur Omakëya™ de fraîcheur
On pourrait imaginer un indice composite prenant en compte :
- couverture arborée ;
- ombrage ;
- végétation ;
- perméabilité ;
- disponibilité d’eau ;
- exposition ;
- température ;
- ventilation.
Cet indice permettrait de comparer les quartiers.
39. La mobilité
Le quartier résilient doit également repenser les déplacements.
Objectif :
moins de surfaces dédiées exclusivement aux voitures.
Mais surtout :
des déplacements plus confortables pendant les épisodes chauds.
40. Le cheminement climatique
Un parcours piéton peut être conçu comme une succession :
ombre
→
ombre
→
espace frais
→
place arborée
→
transport collectif
Le confort devient une infrastructure de mobilité.
41. Les pistes cyclables climatiques
Une piste cyclable peut intégrer :
- arbres ;
- bandes végétales ;
- sols adaptés ;
- séparation physique ;
- points de repos.
L’objectif est de rendre la mobilité active compatible avec les conditions climatiques futures.
42. Les transports collectifs
Les arrêts doivent eux aussi devenir des microclimats.
Un arrêt peut intégrer :
- ombrage ;
- végétation ;
- ventilation ;
- eau ;
- matériaux adaptés.
Le transport collectif devient ainsi plus résilient aux canicules.
43. Le quartier productif
La Vision Omakëya™ ne limite pas la végétation au décor.
Le quartier peut produire :
- fruits ;
- aromatiques ;
- biodiversité ;
- biomasse ;
- eau stockée ;
- énergie solaire.
On passe de :
quartier consommateur
à :
quartier partiellement productif.
44. Le quartier nourricier
On peut intégrer :
- vergers ;
- jardins partagés ;
- petits fruits ;
- potagers ;
- plantes aromatiques.
Les habitants participent alors directement au fonctionnement du paysage.
45. La biodiversité
Un quartier résilient doit fournir :
- nourriture ;
- refuges ;
- corridors ;
- zones de reproduction ;
- points d’eau.
La biodiversité n’est donc pas un élément périphérique.
Elle devient une composante du système.
46. Les quartiers et la résilience
La résilience ne signifie pas :
empêcher toute perturbation.
Elle signifie :
absorber les perturbations, maintenir les fonctions essentielles et retrouver un fonctionnement satisfaisant.
Le quartier doit donc être capable de faire face à :
- canicule ;
- sécheresse ;
- pluie intense ;
- tempête ;
- pollution ;
- panne énergétique.
47. Le quartier comme système redondant
Une infrastructure résiliente possède plusieurs solutions.
Par exemple :
Eau
réseau + récupération + stockage + infiltration.
Énergie
réseau + photovoltaïque + stockage éventuel.
Fraîcheur
ombre + ventilation + végétation + bâtiments performants + CVC.
Biodiversité
plusieurs habitats.
La redondance augmente la robustesse.
48. L’IA climatique du quartier
Le quartier peut être instrumenté.
Capteurs :
- température ;
- humidité ;
- vent ;
- pluie ;
- sol ;
- eau.
Données :
- satellites ;
- stations météo ;
- cartographie ;
- modèles climatiques.
L’IA peut ensuite contribuer à :
- détecter les zones chaudes ;
- prévoir les besoins hydriques ;
- optimiser l’arrosage ;
- simuler les plantations ;
- prévoir les risques.
49. Le jumeau numérique du quartier
La prochaine étape consiste à créer :
un jumeau numérique climatique du quartier.
Il représente :
- bâtiments ;
- arbres ;
- sols ;
- réseaux ;
- eau ;
- voiries ;
- mobilier.
On peut alors simuler différents scénarios.
50. Exemple de simulation
Scénario A
Quartier actuel.
Scénario B
+ 1 000 arbres.
Scénario C
+ 1 000 arbres + désimperméabilisation.
Scénario D
- arbres + eau + sols vivants + ventilation.
On compare :
- températures ;
- ombrage ;
- ruissellement ;
- confort ;
- biodiversité.
La conception devient expérimentale et quantitative.
51. Concevoir à 10, 30 et 100 ans
Un arbre planté aujourd’hui n’a pas le même rôle dans :
5 ans
20 ans
50 ans
100 ans.
Le quartier doit donc posséder un plan d’évolution.
52. Le quartier Omakëya™ à 2050
Il faut anticiper :
- températures plus élevées ;
- épisodes de sécheresse ;
- pluies extrêmes ;
- évolution des espèces ;
- besoins de fraîcheur.
Le quartier doit être conçu non pas pour le climat historique, mais pour :
le climat dans lequel il vivra réellement.
53. Le quartier comme forêt urbaine
Lorsque la canopée devient suffisamment importante, le quartier peut progressivement présenter certaines caractéristiques d’une forêt :
- plusieurs strates ;
- ombrage ;
- humidité locale ;
- sols biologiquement actifs ;
- habitats ;
- cycles de matière.
Il ne devient évidemment pas une forêt naturelle.
Mais il peut devenir :
un écosystème urbain complexe.
54. L’architecture des sept couches
La logique des sept couches Omakëya™ peut être adaptée à la ville :
- canopée ;
- arbres moyens ;
- arbustes ;
- vivaces ;
- couvre-sols ;
- racines ;
- grimpantes.
Cette structure augmente la complexité écologique.
55. La gestion de l’eau à l’échelle du quartier
Un schéma global peut être :
TOITURES
↓
RÉCUPÉRATION
↓
STOCKAGE
↓
NOUES
↓
MARES / BASSINS
↓
INFILTRATION
↓
SOL
↓
VÉGÉTATION
↓
ÉVAPOTRANSPIRATION
↓
ATMOSPHÈRE
↓
PLUIE
Le quartier devient une boucle hydrologique partiellement fermée.
56. Les matériaux
La résilience climatique passe également par les surfaces.
Il faut analyser :
- albédo ;
- capacité thermique ;
- perméabilité ;
- rugosité ;
- température de surface.
Mais il faut éviter les solutions simplistes.
Un matériau « clair » n’est pas automatiquement optimal dans toutes les situations.
Il faut considérer l’ensemble du système.
57. Désimperméabiliser
La désimperméabilisation permet potentiellement :
- réduction du ruissellement ;
- infiltration accrue lorsque le sol le permet ;
- développement racinaire ;
- végétalisation ;
- réduction de certaines températures de surface.
Elle constitue un levier majeur de transformation urbaine.
58. Les cours et placettes
Une place minérale peut devenir :
place climatique.
On peut introduire :
- arbres ;
- ombrage ;
- végétation ;
- eau ;
- matériaux adaptés ;
- assises.
L’objectif est de conserver une véritable fonction sociale tout en améliorant le confort.
59. Le quartier comme réseau de refuges climatiques
Il ne suffit pas de créer un grand parc.
Il faut créer une multitude de petits espaces.
Par exemple :
jardin
→
cour
→
square
→
parc
→
corridor
→
forêt urbaine.
Cette distribution augmente l’accessibilité de la fraîcheur.
60. Le principe de proximité
Un îlot de fraîcheur n’est véritablement utile que si les habitants peuvent y accéder.
Il faut donc réfléchir :
- distance ;
- cheminement ;
- accessibilité ;
- horaires ;
- sécurité ;
- confort.
La résilience climatique est aussi une question d’aménagement social.
61. L’écoquartier Omakëya™
Un écoquartier réellement résilient devrait idéalement intégrer simultanément :
Eau
gestion locale.
Sol
désimperméabilisation.
Végétation
canopée + strates.
Mobilité
marche + vélo + transport collectif.
Énergie
sobriété + production.
Bâtiments
bioclimatiques.
Biodiversité
corridors.
Données
mesure.
Gouvernance
gestion collective.
62. Le quartier comme organisme
On retrouve alors l’analogie :
Routes
→ système circulatoire.
Réseau hydraulique
→ circulation de l’eau.
Réseau énergétique
→ métabolisme énergétique.
Arbres
→ système photosynthétique.
Sols
→ système digestif et de stockage.
Biodiversité
→ microbiome.
Capteurs
→ système sensoriel.
IA
→ système d’aide à la décision.
Le quartier devient un :
organisme urbain hybride.
63. Les indicateurs de performance Omakëya™
Un quartier pourrait être évalué selon :
| Domaine | Indicateurs |
|---|---|
| Climat | température, ombrage, confort |
| Eau | infiltration, stockage, ruissellement |
| Sol | perméabilité, matière organique |
| Végétation | couverture arborée, diversité |
| Biodiversité | habitats, continuités |
| Mobilité | marche, vélo, transport collectif |
| Énergie | consommation, production |
| Social | accessibilité, usages |
| Résilience | capacité d’adaptation |
| Numérique | instrumentation, données |
64. Avant / après
Quartier conventionnel
- forte minéralisation ;
- ruissellement ;
- parkings chauds ;
- faible canopée ;
- espaces verts fragmentés ;
- forte dépendance aux équipements.
Quartier Omakëya™
- canopée ;
- sols vivants ;
- eau infiltrée ;
- corridors écologiques ;
- espaces ombragés ;
- bâtiments bioclimatiques ;
- mobilité confortable ;
- instrumentation.
65. La méthode de transformation
Pour un quartier existant :
Étape 1 — Observer
Cartographier.
Étape 2 — Mesurer
Température, eau, sol, vent.
Étape 3 — Diagnostiquer
Identifier les vulnérabilités.
Étape 4 — Modéliser
Créer le jumeau numérique.
Étape 5 — Concevoir
Définir les interventions.
Étape 6 — Prioriser
Agir là où l’effet est maximal.
Étape 7 — Réaliser
Planter, désimperméabiliser, aménager.
Étape 8 — Mesurer
Comparer avant/après.
Étape 9 — Corriger
Adapter.
Étape 10 — Faire évoluer
Laisser le système mûrir.
66. Une nouvelle conception de l’urbanisme
L’urbanisme Omakëya™ ne commence donc pas par :
Où placer les bâtiments ?
Il commence par :
Comment fonctionnent le climat, l’eau, le sol, le vivant et les flux du site ?
Puis seulement :
Où placer les bâtiments ?
C’est un renversement fondamental.
67. Le quartier climatique du futur
On peut imaginer un quartier où :
- chaque toiture récupère l’eau ;
- chaque rue possède une fonction hydraulique ;
- chaque espace public possède une fonction climatique ;
- chaque arbre possède une fonction ;
- chaque sol possède une capacité d’infiltration ;
- chaque bâtiment participe au système ;
- chaque déplacement peut être réalisé dans un environnement confortable.
Le quartier n’est plus une somme de parcelles.
Il devient une infrastructure écologique distribuée.
68. La Vision Omakëya™ à l’échelle du quartier
Le véritable objectif n’est pas simplement de créer :
des écoquartiers.
Il s’agit de créer :
des quartiers capables de produire leur propre résilience.
Des quartiers qui :
- stockent une partie de leur eau ;
- produisent une partie de leur énergie ;
- produisent de la fraîcheur ;
- accueillent la biodiversité ;
- réduisent leurs besoins ;
- s’adaptent au climat ;
- évoluent dans le temps.
Créer des quartiers qui respirent
Le quartier du futur ne pourra plus être conçu uniquement comme une juxtaposition de bâtiments, de rues et de parkings.
Il devra être pensé comme un système.
Un système où :
l’eau circule,
l’air circule,
les racines circulent,
les espèces circulent,
les habitants circulent,
l’énergie circule,
le carbone circule.
Le rôle de l’aménageur, de l’architecte, de l’ingénieur, du paysagiste et de l’agronome devient alors de comprendre ces flux et de les organiser.
La Vision Omakëya™ propose une ambition simple :
Faire de chaque quartier une infrastructure climatique vivante.
Le grand schéma Omakëya™
CLIMAT
↓
┌─────────────┐
│ QUARTIER │
└─────────────┘
↙ ↓ ↘
EAU VÉGÉTAL AIR
↓ ↓ ↓
SOLS ← BIODIVERSITÉ
↓ ↓
FRAÎCHEUR + CONFORT
↓
HABITANTS
↓
USAGES SOCIAUX
↓
RÉSILIENCE
Et cette logique peut encore être prolongée.
Balcon → jardin → bâtiment → îlot → quartier → ville → territoire.
C’est cette continuité des échelles qui constitue l’une des idées fondamentales de l’agroclimatologie appliquée :
on ne construit pas seulement des espaces verts dans la ville.
On construit une infrastructure climatique, hydrologique et biologique capable de fonctionner avec la ville.
Et lorsque les milliers d’arbres, jardins, toitures, mares, noues, parcs, cours, bâtiments et sols vivants commencent à fonctionner ensemble, la ville elle-même peut progressivement devenir :
un immense organisme vivant.
- TOME « SUPP » AGROCLIMATOLOGIE : pour aller plus loin …
- TOME 15 AGROCLIMATOLOGIE : Le Grand Traité de l’Agroclimatologie
- TOME 14 AGROCLIMATOLOGIE : Économie, Gouvernance et Transition Écologique
- TOME 13 AGROCLIMATOLOGIE ! Les Retours d’Expérience
- TOME 12 AGROCLIMATOLOGIE : Mesurer, Diagnostiquer et Piloter les Écosystèmes
- TOME 11 AGROCLIMATOLOGIE ; Les Territoires Résilients
- TOME 10 AGROCLIMATOLOGIE : Modélisation, Simulation et Intelligence Artificielle
- TOME 9 AGROCLIMATOLOGIE : Concevoir les Jardins, Vergers et Fermes Résilients
- TOME 8 AGROCLIMATOLOGIE : Les Plantes du Climat de Demain
- TOME 7 AGROCLIMATOLOGIE : Les Sols Vivants et l’Hydrologie Régénérative
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 6 – Les applications : mise en œuvre de la méthode Omakëya™ à toutes les échelles, du balcon au territoire.
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
- AGROCLIMATOLOGIE : De la biologie des sols à l’intelligence artificielle, comprendre, concevoir et faire évoluer les jardins, vergers, fermes et paysages capables de résister au climat du futur.