AGROCLIMATOLOGIE : Comprendre le sol comme un réservoir d’eau, de carbone, de nutriments et de biodiversité

DIAGNOSTIC DES SOLS

Comprendre le sol comme un réservoir d’eau, de carbone, de nutriments et de biodiversité

Dans la méthode Omakëya™, le sol n’est jamais considéré comme un simple support sur lequel planter.

Il constitue une infrastructure biologique, hydraulique, chimique et mécanique.

Un même climat, une même pluie et une même plante peuvent produire des résultats radicalement différents selon le sol.

Deux parcelles distantes de quelques dizaines de mètres peuvent ainsi présenter :

  • des réserves en eau très différentes ;
  • des vitesses d’infiltration différentes ;
  • des températures différentes ;
  • des niveaux de fertilité différents ;
  • des communautés biologiques différentes ;
  • des capacités de stockage du carbone différentes ;
  • des sensibilités différentes à la sécheresse.

Le diagnostic pédologique constitue donc une étape préalable à toute conception sérieuse.

Avant de planter, il faut comprendre dans quoi les racines vont vivre.


I. LE SOL : UNE INFRASTRUCTURE VIVANTE

Un sol peut être représenté comme l’association de plusieurs compartiments :

                    SOL                     │       ┌─────────────┼─────────────┐       ↓             ↓             ↓    MINÉRAL       ORGANIQUE      VIVANT       │             │             │ argiles/sables    humus       bactéries limons            résidus     champignons graviers          carbone     vers       │             │             │       └─────────────┼─────────────┘                     ↓              STRUCTURE DU SOL                     │        ┌────────────┼────────────┐        ↓            ↓            ↓      EAU           AIR        RACINES

Le fonctionnement du sol résulte donc de l’interaction entre :

minéraux + matière organique + eau + air + organismes vivants + racines.


II. DIAGNOSTIQUER LA TEXTURE

La texture décrit la proportion relative de :

  • sable ;
  • limon ;
  • argile.

À ces fractions principales peuvent s’ajouter :

  • graviers ;
  • cailloux ;
  • éléments grossiers.

1. Les sols sableux

Le sable possède généralement :

  • une forte macroporosité ;
  • une infiltration rapide ;
  • une faible capacité de stockage de l’eau ;
  • un drainage important ;
  • un risque de dessiccation rapide.

Schématiquement :

○       ○    ○○          ○

Les pores sont relativement grands.

L’eau circule rapidement.


2. Les sols argileux

Les argiles présentent des particules beaucoup plus fines.

Elles peuvent avoir :

  • une forte capacité de rétention d’eau ;
  • une forte surface spécifique ;
  • une CEC élevée pour de nombreux minéraux argileux ;
  • une infiltration parfois faible lorsque la structure est dégradée ;
  • des phénomènes de retrait-gonflement pour certaines argiles.

Mais :

un sol argileux n’est pas nécessairement un sol hydrologiquement mauvais.

Une bonne structure peut créer des macropores et permettre une circulation importante de l’eau.


3. Les sols limoneux

Les sols limoneux peuvent présenter :

  • une bonne réserve en eau ;
  • une sensibilité à la battance ;
  • une sensibilité à l’érosion ;
  • une structure parfois fragile.

La gestion de la couverture du sol est donc particulièrement importante.


III. LE TRIANGLE TEXTURAL

Une analyse granulométrique permet de positionner le sol dans un triangle de texture.

                 ARGILE                   ▲                  / \                 /   \                /     \               /       \              /         \             /           \            /             \       LIMON ───────────── SABLE

Cette classification est beaucoup plus informative qu’une simple appellation telle que :

« terre lourde »

ou

« terre légère ».

Le diagnostic professionnel doit rechercher des données mesurables.


IV. LA STRUCTURE : LE PARAMÈTRE SOUVENT OUBLIÉ

La texture ne suffit pas.

Deux sols ayant une texture proche peuvent avoir des comportements complètement différents en raison de leur structure.

La structure décrit l’organisation des particules en agrégats.

BONNE STRUCTURE  ● ●     ●     ● ● ●       ●    ● ●→ pores connectés→ air→ eau→ racines→ organismes

À l’inverse :

SOL COMPACTÉ████████████████████████████████████████████████→ peu de pores→ mauvaise circulation→ racines limitées

La structure dépend notamment :

  • de la matière organique ;
  • de l’activité biologique ;
  • des racines ;
  • des cycles humidification-dessiccation ;
  • du travail du sol ;
  • du tassement ;
  • de la texture.

V. LES AGRÉGATS DU SOL

Les agrégats constituent de petites unités structurales.

Ils peuvent être stabilisés par :

  • matière organique ;
  • exsudats racinaires ;
  • hyphes fongiques ;
  • activité microbienne ;
  • organismes du sol.

Les vers de terre jouent également un rôle important dans la création et la redistribution de structures et de pores.

La stabilité structurale influence directement :

  • infiltration ;
  • ruissellement ;
  • érosion ;
  • aération ;
  • développement racinaire.

VI. LA MATIÈRE ORGANIQUE

La matière organique constitue l’un des piliers du fonctionnement du sol.

Elle provient notamment :

  • des feuilles ;
  • des racines mortes ;
  • des exsudats racinaires ;
  • des organismes morts ;
  • des déjections ;
  • des résidus végétaux.

Elle évolue continuellement :

BIOMASSE   ↓RÉSIDUS   ↓DÉCOMPOSITION   ↓MATIÈRE ORGANIQUE   ↓HUMIFICATION / MINÉRALISATION   ↓NUTRIMENTS + CARBONE DU SOL

Il faut cependant distinguer matière organique du sol, carbone organique du sol et différentes fractions de matière organique.


VII. MATIÈRE ORGANIQUE ET EAU

La matière organique peut contribuer à améliorer certaines propriétés hydriques du sol, notamment dans les sols pauvres en carbone organique.

Elle participe à :

  • l’agrégation ;
  • la porosité ;
  • la capacité de rétention ;
  • l’activité biologique ;
  • la stabilité structurale.

Mais il faut éviter une simplification fréquente :

« ajouter du carbone augmente toujours proportionnellement la réserve en eau ».

La réponse dépend fortement :

  • de la texture ;
  • du type de matière organique ;
  • de son degré de décomposition ;
  • de la structure initiale ;
  • de la profondeur ;
  • du contexte climatique.

VIII. DIAGNOSTIQUER LA VIE BIOLOGIQUE

Un sol vivant est un écosystème.

Il contient notamment :

Microorganismes

  • bactéries ;
  • champignons ;
  • archées ;
  • protozoaires.

Mésofaune

  • collemboles ;
  • acariens ;
  • petits arthropodes.

Macrofaune

  • vers de terre ;
  • larves ;
  • carabes ;
  • fourmis ;
  • autres organismes du sol.

Et surtout :

les racines constituent elles-mêmes une composante majeure du système vivant.


IX. OBSERVER LA BIOLOGIE DU SOL

Un diagnostic simple peut commencer par l’observation :

  • nombre de vers de terre ;
  • présence de racines fines ;
  • odeur du sol ;
  • couleur ;
  • présence de mycélium ;
  • décomposition des feuilles ;
  • galeries ;
  • agrégats ;
  • croûtes superficielles.

Mais l’observation visuelle ne remplace pas les analyses biologiques lorsqu’une caractérisation scientifique est nécessaire.


X. LE TEST DE LA BÊCHE

Un outil extraordinairement simple reste :

ouvrir une fosse pédologique.

Il faut observer verticalement le profil.

SURFACE────────────────────       LITIÈRE────────────────────       HORIZON A    racines fines  activité biologique────────────────────       HORIZON B    accumulation────────────────────       HORIZON C   matériau parental────────────────────        ROCHE

On observe :

  • profondeur ;
  • horizons ;
  • racines ;
  • cailloux ;
  • humidité ;
  • couleur ;
  • structure ;
  • compaction ;
  • traces d’hydromorphie.

XI. DIAGNOSTIQUER LA COMPACTION

La compaction est l’un des principaux problèmes des sols aménagés.

Elle peut provenir :

  • des engins ;
  • des véhicules ;
  • du piétinement ;
  • du stockage de matériaux ;
  • du travail du sol dans de mauvaises conditions ;
  • de la circulation répétée.

Ses conséquences peuvent être importantes :

COMPACTION    ↓POROSITÉ ↓    ↓INFILTRATION ↓    ↓RUISSELLEMENT ↑    ↓OXYGÈNE DU SOL ↓    ↓RACINES LIMITÉES    ↓RÉSILIENCE ↓

XII. MESURER LA COMPACTION

Plusieurs méthodes sont possibles :

  • pénétromètre ;
  • mesure de densité apparente ;
  • observation du profil ;
  • résistance à la pénétration ;
  • analyse de la porosité.

Le pénétromètre permet notamment de repérer des horizons présentant une résistance élevée à la pénétration.

Mais la mesure doit être interprétée en fonction de l’humidité du sol : un sol sec peut présenter une résistance mécanique beaucoup plus importante qu’un sol humide.


XIII. FERTILITÉ DU SOL

La fertilité ne correspond pas simplement à :

« combien d’engrais peut-on mettre ? »

Elle désigne la capacité du sol à fournir les conditions nécessaires au développement des plantes.

Elle comprend notamment :

Fertilité physique

  • structure ;
  • porosité ;
  • profondeur ;
  • circulation de l’eau ;
  • aération.

Fertilité chimique

  • azote ;
  • phosphore ;
  • potassium ;
  • calcium ;
  • magnésium ;
  • soufre ;
  • oligoéléments ;
  • pH ;
  • CEC.

Fertilité biologique

  • microorganismes ;
  • champignons ;
  • faune ;
  • activité enzymatique ;
  • matière organique.

XIV. LE pH

Le pH influence notamment :

  • disponibilité de certains éléments ;
  • activité biologique ;
  • croissance des plantes ;
  • solubilité de certains composés.

Mais il ne faut pas rechercher systématiquement un « pH idéal » universel.

Chaque plante et chaque écosystème possède des exigences différentes.

Le diagnostic doit donc croiser :

pH + texture + CEC + matière organique + espèces présentes.


XV. LA CEC

La capacité d’échange cationique, ou CEC, représente la capacité du sol à retenir et échanger des cations.

Elle est particulièrement influencée par :

  • argiles ;
  • matière organique ;
  • nature minéralogique des argiles.

Parmi les cations concernés figurent :

  • Ca²⁺ ;
  • Mg²⁺ ;
  • K⁺ ;
  • Na⁺ ;
  • NH₄⁺.

La CEC constitue donc un indicateur important de la dynamique chimique du sol.


XVI. LA RÉSERVE UTILE

La réserve utile (RU) est fondamentale pour l’agroclimatologie.

Elle correspond, dans une définition simplifiée, à l’eau du sol disponible pour les plantes entre deux états hydriques de référence :

  • capacité au champ ;
  • point de flétrissement permanent.

On peut schématiser :

EAU DU SOL│├── eau gravitaire│      ↓│   rapidement drainée│├── RÉSERVE UTILE│      ↓│   accessible aux plantes│└── eau fortement retenue       ↓   difficilement disponible

XVII. CALCUL SIMPLIFIÉ DE LA RÉSERVE UTILE

On peut approximer : RU=(θCC​−θPFP​)×Z

où :

  • RU = réserve utile volumique sur la profondeur considérée ;
  • θCC​ = teneur en eau à la capacité au champ ;
  • θPFP​ = teneur en eau au point de flétrissement ;
  • Z = profondeur explorée par les racines.

Pour une surface A : VRU​=A(θCC​−θPFP​)Z


XVIII. EXEMPLE

Supposons :

  • surface : 1 000 m² ;
  • profondeur racinaire : 0,60 m ;
  • différence de teneur en eau utilisable : 0,18 m³/m³.

Alors : VRU​=1000×0,18×0,60 VRU​=108 m3

Le sol peut donc représenter une réserve hydrique potentielle de l’ordre de :

108 m³

sur cette profondeur et cette surface.

Il s’agit d’un exemple de calcul ; la valeur réelle doit provenir de données pédologiques et hydriques adaptées au site.


XIX. POURQUOI DEUX SOLS VOISINS STOCKENT-ILS DES QUANTITÉS D’EAU DIFFÉRENTES ?

C’est une question centrale de l’agroclimatologie.

Deux sols peuvent recevoir exactement :

100 mm de pluie

mais ne pas stocker la même quantité.

Sol A

Sol profondBonne structureMatière organique élevéeRéseau racinaire important→ infiltration élevée→ stockage important→ évapotranspiration durable

Sol B

Sol compactéFaible profondeurStructure dégradéeFaible activité biologique→ ruissellement élevé→ infiltration limitée→ stockage réduit

Ainsi :

la quantité de pluie ne suffit jamais à connaître la quantité d’eau réellement disponible pour la plante.


XX. LE CARBONE DU SOL

Le sol constitue un important réservoir de carbone.

Le carbone organique provient notamment :

  • des plantes ;
  • des racines ;
  • des microorganismes ;
  • des résidus organiques.

Une représentation simplifiée est :

CO₂ ATMOSPHÉRIQUE       ↓PHOTOSYNTHÈSE       ↓BIOMASSE VÉGÉTALE       ↓RACINES / LITIÈRE       ↓SOL       ↓CARBONE ORGANIQUE       ↓┌───────────────┐│ décomposition ││ stabilisation │└───────────────┘

Une partie du carbone retourne à l’atmosphère sous forme de CO₂, tandis qu’une autre peut être stabilisée dans le sol pendant des durées variables.


XXI. STOCKAGE DU CARBONE : NE PAS CONFONDRE STOCK ET FLUX

C’est un point scientifique fondamental.

Stock

Quantité totale de carbone présente dans le sol.

Flux

Quantité de carbone entrant ou sortant par unité de temps.

Un sol peut posséder :

un stock important

tout en ayant :

un flux net faible.

Le diagnostic doit donc distinguer : Stock de C

de Flux net de C


XXII. CALCULER UN STOCK DE CARBONE

Une approximation peut utiliser : Cstock​=Cmassique​×ρb​×Z×A

où :

  • Cmassique​ = concentration massique de carbone ;
  • ρb​ = densité apparente du sol ;
  • Z = profondeur ;
  • A = surface.

Il faut être particulièrement prudent avec les comparaisons lorsque la densité apparente ou la profondeur d’échantillonnage diffèrent.


XXIII. LA PROFONDEUR EST ESSENTIELLE

Mesurer uniquement les premiers centimètres peut donner une vision incomplète.

Il peut être pertinent d’analyser plusieurs horizons :

0–10 cm10–30 cm30–60 cm60–100 cm

selon :

  • type de sol ;
  • système racinaire ;
  • objectif de l’étude ;
  • profondeur du sol.

Pour un arbre, analyser uniquement les 10 premiers centimètres n’est évidemment pas suffisant.


XXIV. LE PROFIL PÉDOLOGIQUE OMAKËYA™

Pour chaque site, on peut créer une fiche standard :

ParamètreMesureImportance
Texturesable/limon/argile★★★★★
Profondeurcm★★★★★
Structuredescription / score★★★★★
Densité apparenteg/cm³★★★★☆
CompactionMPa★★★★☆
pHunité pH★★★★☆
CECcmol(+)/kg★★★★☆
Matière organique%★★★★★
Carbone organiqueg/kg★★★★★
Azoteg/kg★★★★☆
Phosphoreanalyse adaptée★★★☆☆
Potassiumanalyse adaptée★★★☆☆
RUmm★★★★★
Activité biologiqueindicateurs★★★★★
Racinesprofondeur/densité★★★★★

XXV. LE PROTOCOLE OMAKËYA™ DE DIAGNOSTIC DES SOLS

Étape 1 — Cartographier

Identifier :

  • topographie ;
  • usages passés ;
  • zones remaniées ;
  • zones cultivées ;
  • zones compactées ;
  • zones humides.

Étape 2 — Ouvrir

Réaliser plusieurs observations de profil.

Étape 3 — Échantillonner

Prélever à plusieurs profondeurs et dans plusieurs zones homogènes.

Étape 4 — Analyser

Mesurer notamment :

  • texture ;
  • pH ;
  • matière organique ;
  • CEC ;
  • éléments nutritifs ;
  • densité apparente ;
  • carbone.

Étape 5 — Tester l’eau

Déterminer :

  • infiltration ;
  • capacité de rétention ;
  • RU ;
  • drainage.

Étape 6 — Observer le vivant

Rechercher :

  • racines ;
  • vers ;
  • champignons ;
  • activité biologique.

Étape 7 — Cartographier

Créer une carte des unités pédologiques.


XXVI. LA CARTE DES SOLS

Un projet Omakëya™ devrait idéalement aboutir à une carte indiquant :

┌──────────────────────────────────────┐│             PARCELLE                 ││                                      ││  AAAAAAAA       BBBBBBB              ││  AAAAAAAA       BBBBBBB              ││                                      ││       CCCCCCCCCCCCC                  ││       CCCCCCCCCCCCC                  ││                    DDDDD             ││                    DDDDD             ││                         ↓            ││                     ZONE HUMIDE      │└──────────────────────────────────────┘

Chaque unité peut ensuite recevoir une fiche :

Sol A

  • profond ;
  • limono-argileux ;
  • bonne structure ;
  • RU élevée.

Sol B

  • sableux ;
  • drainage rapide ;
  • RU faible.

Sol C

  • argileux ;
  • structure à surveiller ;
  • RU potentiellement élevée.

Sol D

  • hydromorphe ;
  • saturation temporaire ;
  • végétation adaptée nécessaire.

XXVII. DU DIAGNOSTIC À LA CONCEPTION

Le diagnostic du sol conditionne directement les choix futurs.

DiagnosticConséquence possible
Sol sableuxespèces tolérant la sécheresse, stockage accru
Sol argileux compactérestauration structurale
Sol profondarbres à enracinement profond
Sol superficielespèces adaptées, limitation des plantations exigeantes
RU élevéepotentiel hydrique important
RU faiblestratégie d’économie d’eau
CEC élevéeforte capacité de rétention des cations
Matière organique faiblerestauration progressive du carbone
Forte compactionlimitation des circulations / décompactage adapté
Hydromorphieespèces tolérant l’engorgement
Biodiversité élevéeconservation prioritaire

XXVIII. LE SOL COMME « BATTERIE HYDRAULIQUE »

Une manière particulièrement intéressante de présenter le concept Omakëya™ consiste à comparer le sol à une batterie hydraulique biologique.

                 PLUIE                   ↓             ┌───────────┐             │   SOL     │             │           │             │   STOCK   │             │   D'EAU   │             └───────────┘               ↑       ↓          recharge   racines                       ↓                    PLANTES                       ↓                    ATMOSPHÈRE

Un sol résilient ne cherche pas nécessairement à retenir toute l’eau.

Il doit pouvoir :

recevoir → infiltrer → stocker → distribuer → restituer.


XXIX. LE SOL COMME BATTERIE CARBONE

La même logique peut être appliquée au carbone :

ATMOSPHÈRE    ↓PHOTOSYNTHÈSE    ↓PLANTE    ↓RACINES    ↓SOL    ↓CARBONE ORGANIQUE    ↓STABILISATION

Le système fonctionne toutefois avec des flux biologiques complexes et des temps de résidence très variables.

L’objectif scientifique n’est donc pas de promettre une quantité fixe de carbone stockée, mais de mesurer et suivre l’évolution réelle du stock.


XXX. SYNTHÈSE — LES 10 QUESTIONS DU DIAGNOSTIC DES SOLS

Avant de concevoir un écosystème Omakëya™, il faut pouvoir répondre à dix questions :

  1. Quelle est la texture du sol ?
  2. Quelle est sa structure ?
  3. Quelle est sa profondeur exploitable ?
  4. Quelle quantité de matière organique contient-il ?
  5. Quelle est son activité biologique ?
  6. Est-il compacté ?
  7. Quelle est sa fertilité chimique ?
  8. Quelle quantité d’eau peut-il stocker et restituer ?
  9. Quel est son stock de carbone ?
  10. Comment ses propriétés évoluent-elles dans le temps ?

XXXI. LA GRANDE IDÉE OMAKËYA™

Le diagnostic des sols révèle une réalité fondamentale :

Un écosystème résilient ne commence pas avec une plante. Il commence avec un sol capable d’accueillir, nourrir, hydrater et protéger ses racines.

Le sol constitue simultanément :

un réservoir hydraulique

un réacteur biologique

un échangeur chimique

un support mécanique

un habitat

un stock de carbone

une interface avec l’atmosphère.

La conception Omakëya™ doit donc chercher non pas simplement à « améliorer la terre », mais à construire progressivement un système sol-plante-eau-biologie cohérent avec le climat futur.

Et cette connaissance devient ensuite une donnée essentielle pour le chapitre suivant :

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE — MESURER LE VIVANT, LES INTERACTIONS ET LA BIODIVERSITÉ

car un sol ne peut être pleinement compris sans comprendre les organismes qui le construisent et le font fonctionner.