AGROCLIMATOLOGIE : LA VILLE VÉGÉTALE

LA VILLE VÉGÉTALE

Arbres urbains — Forêts urbaines — Jardins partagés — Façades végétalisées — Toitures végétales

La ville de demain ne pourra probablement pas être seulement une ville dans laquelle quelques espaces verts sont ajoutés entre les bâtiments, les routes et les parkings.

Elle devra devenir une ville végétale.

Cette expression ne désigne pas simplement une ville plus esthétique, plus fleurie ou plus verte. Elle désigne une transformation beaucoup plus profonde : considérer la végétation comme une infrastructure urbaine à part entière, au même titre que les réseaux d’eau, d’énergie, de transport ou d’assainissement.

Un arbre peut produire de l’ombre, intercepter les précipitations, favoriser l’infiltration, évapotranspirer, stocker du carbone, abriter des organismes vivants, réduire certaines contraintes thermiques et améliorer les conditions d’usage d’un espace public.

Une forêt urbaine peut constituer un véritable système climatique local.

Un jardin partagé peut devenir simultanément un espace alimentaire, social, pédagogique, biologique et hydrologique.

Une façade végétalisée peut modifier localement les échanges thermiques et protéger une enveloppe bâtie.

Une toiture végétale peut ralentir une partie des écoulements pluviaux, améliorer certaines performances thermiques et créer un habitat supplémentaire.

La question n’est donc plus :

Comment ajouter du végétal à la ville ?

Mais :

Comment organiser la végétation pour qu’elle participe au fonctionnement climatique, hydrologique, biologique, alimentaire et social de la ville ?


1. De la ville minérale à la ville végétale

La ville moderne a progressivement remplacé une partie importante des surfaces vivantes par des surfaces minérales.

Routes, parkings, trottoirs, bâtiments, places, réseaux et infrastructures ont permis le développement urbain, mais cette minéralisation a également modifié profondément les flux de chaleur et d’eau.

La pluie tombe désormais sur des surfaces qui ne peuvent plus l’absorber directement.

Le rayonnement solaire chauffe les matériaux.

La végétation est souvent confinée dans des espaces résiduels.

Les sols sont fragmentés, compactés ou totalement supprimés.

L’eau est rapidement collectée puis évacuée.

La ville devient alors dépendante de systèmes techniques destinés à compenser les fonctions autrefois assurées en partie par les sols, la végétation et les écosystèmes.

La ville végétale cherche à inverser cette logique.

Elle ne consiste pas à supprimer la ville minérale.

Elle consiste à réintroduire les fonctions biologiques là où elles peuvent réellement contribuer au fonctionnement urbain.


2. Le végétal comme infrastructure

Une infrastructure est généralement définie par la fonction qu’elle assure.

Un réseau d’eau transporte et distribue l’eau.

Un réseau électrique transporte l’énergie.

Une route permet les déplacements.

Une infrastructure végétale peut également assurer plusieurs fonctions simultanées :

  • ombrage ;
  • évapotranspiration ;
  • interception des pluies ;
  • ralentissement du ruissellement ;
  • infiltration ;
  • stockage de carbone ;
  • production de biomasse ;
  • habitat ;
  • continuité écologique ;
  • production alimentaire ;
  • amélioration du confort extérieur ;
  • protection contre le vent ;
  • amélioration paysagère ;
  • création d’espaces sociaux ;
  • amélioration de certaines conditions microclimatiques.

La différence fondamentale est qu’une infrastructure végétale continue de fonctionner biologiquement et d’évoluer dans le temps.

Elle grandit.

Elle se reproduit.

Elle vieillit.

Elle se régénère.

Elle peut mourir.

Elle doit donc être conçue comme une infrastructure dynamique.


3. L’arbre urbain comme machine climatique

L’arbre est probablement l’un des éléments les plus puissants de la ville végétale.

Mais il faut éviter de réduire son rôle à celui d’un simple producteur d’ombre.

Un arbre agit simultanément sur plusieurs flux.

3.1 Le rayonnement

Le feuillage intercepte une partie du rayonnement solaire.

L’effet produit dépend :

  • de la hauteur ;
  • de la densité du feuillage ;
  • de la saison ;
  • de l’orientation ;
  • de la structure de la couronne ;
  • de la position du soleil ;
  • de la surface ombragée.

Un arbre caduc peut ainsi fournir une protection solaire importante pendant la saison chaude tout en laissant davantage de rayonnement atteindre les bâtiments en hiver.

3.2 L’eau

Une partie des précipitations est interceptée par le feuillage.

L’eau peut ensuite :

  • s’évaporer ;
  • ruisseler le long des branches et du tronc ;
  • atteindre progressivement le sol.

L’arbre modifie donc la dynamique temporelle de la pluie.

3.3 L’évapotranspiration

Lorsque l’eau est disponible, l’évapotranspiration permet de transférer une partie de l’énergie du système vers l’atmosphère sous forme de chaleur latente.

Mais ce mécanisme possède une condition essentielle :

Le rafraîchissement végétal dépend de la disponibilité en eau.

Un arbre fortement stressé par la sécheresse ne possède pas les mêmes capacités de fonctionnement qu’un arbre correctement alimenté.

La stratégie urbaine doit donc associer :

arbre + sol + eau + volume racinaire + infiltration + protection du sol.


4. Planter un arbre ne suffit pas

L’une des erreurs classiques consiste à considérer la plantation comme l’objectif final.

En réalité, planter n’est que le début.

Il faut assurer :

  • un volume de sol suffisant ;
  • une bonne structure du sol ;
  • une disponibilité en eau ;
  • une alimentation minérale adaptée ;
  • une protection contre le compactage ;
  • une compatibilité avec les réseaux ;
  • une distance suffisante par rapport aux bâtiments ;
  • un espace pour le développement de la couronne ;
  • un espace pour les racines ;
  • une gestion adaptée à l’âge de l’arbre ;
  • une diversité suffisante.

Un arbre urbain peut être biologiquement vivant mais fonctionner très mal si son système racinaire est enfermé dans un volume minuscule.

La conception doit donc porter davantage sur l’environnement de l’arbre que sur l’arbre lui-même.


5. Le sol urbain comme infrastructure racinaire

La ville végétale commence sous terre.

Un arbre ne peut pas être durablement séparé de son sol.

Il faut donc cartographier :

  • les volumes de sol disponibles ;
  • les sols artificialisés ;
  • les sols compactés ;
  • les sols dégradés ;
  • les sols fertiles ;
  • les zones d’infiltration ;
  • les réseaux enterrés ;
  • les continuités racinaires possibles.

L’objectif n’est pas simplement de multiplier les fosses de plantation.

Il est de créer une infrastructure pédologique continue.

Lorsque plusieurs arbres peuvent partager un volume de sol suffisamment important, leurs possibilités de développement augmentent considérablement.

La ville végétale doit donc penser simultanément :

surface visible + volume souterrain.


6. Les arbres en alignement

Les arbres d’alignement constituent l’une des formes les plus classiques de végétalisation urbaine.

Ils peuvent transformer profondément une rue.

Ils peuvent :

  • créer une voûte végétale ;
  • ombrager les trottoirs ;
  • réduire l’exposition solaire directe ;
  • améliorer l’expérience piétonne ;
  • structurer les perspectives ;
  • participer à la continuité écologique ;
  • modifier localement les conditions thermiques.

Mais un alignement uniforme présente également une vulnérabilité.

Si toutes les plantations appartiennent à une seule espèce, une maladie, un ravageur ou une évolution climatique défavorable peut affecter une grande partie du système.

La diversité devient donc une stratégie de résilience.


7. La diversité des arbres urbains

La diversité ne signifie pas simplement multiplier les espèces au hasard.

Il faut rechercher une diversité :

  • spécifique ;
  • génétique ;
  • fonctionnelle ;
  • architecturale ;
  • phénologique ;
  • hydrique ;
  • climatique.

Deux espèces différentes peuvent remplir une fonction très similaire.

À l’inverse, plusieurs espèces peuvent produire des fonctions complémentaires.

Une stratégie robuste cherchera donc à diversifier les fonctions critiques :

  • ombrage ;
  • résistance à la sécheresse ;
  • habitat ;
  • floraison ;
  • production de fruits ;
  • structure verticale ;
  • stockage de biomasse ;
  • adaptation aux sols urbains.

La ville végétale doit ainsi éviter de remplacer une monoculture minérale par une monoculture végétale.


8. Les forêts urbaines

La forêt urbaine représente un changement d’échelle.

Elle ne correspond pas nécessairement à une forêt naturelle implantée au milieu de la ville.

Elle peut prendre de nombreuses formes :

  • grands boisements ;
  • parcs arborés ;
  • friches évolutives ;
  • bosquets ;
  • anciennes emprises industrielles renaturées ;
  • corridors boisés ;
  • grands jardins ;
  • ensembles d’arbres connectés.

L’intérêt principal est de créer une masse végétale suffisamment importante pour générer des interactions entre végétation, sol, eau et atmosphère.

Une forêt urbaine peut également fournir une continuité entre plusieurs espaces végétalisés isolés.


9. La forêt urbaine comme système vertical

Une forêt n’est pas simplement une collection d’arbres.

Elle possède plusieurs strates :

  • canopée ;
  • arbres intermédiaires ;
  • arbustes ;
  • herbacées ;
  • couvre-sol ;
  • litière ;
  • bois mort ;
  • système racinaire ;
  • organismes du sol.

Cette organisation augmente la complexité biologique.

Elle crée également plusieurs niveaux d’habitat.

Une ville végétale mature doit donc éviter de transformer tous ses espaces verts en pelouses uniformes.

La pelouse peut avoir une fonction.

Mais elle ne doit pas devenir le modèle universel de l’espace vert urbain.


10. Les îlots boisés et les micro-forêts

Tous les territoires urbains ne disposent pas de plusieurs hectares disponibles.

La logique de forêt urbaine peut cependant être déclinée à différentes échelles :

  • petit bosquet ;
  • îlot arboré ;
  • jardin forestier ;
  • corridor boisé ;
  • parc ;
  • forêt périurbaine.

La question essentielle devient alors celle de la connectivité.

Un petit espace végétal isolé n’a pas la même fonction qu’un petit espace relié à plusieurs autres.


11. Les corridors végétaux

Les corridors végétaux permettent de relier différents espaces.

Ils peuvent suivre :

  • les rues ;
  • les berges ;
  • les voies ferrées ;
  • les anciens chemins ;
  • les vallées ;
  • les parcs ;
  • les jardins ;
  • les infrastructures hydrauliques.

Ils peuvent également fonctionner comme corridors climatiques, biologiques ou paysagers.

Un corridor efficace n’est pas forcément une bande verte continue.

Il peut être constitué de :

réservoirs + corridors + relais + refuges.


12. Les jardins partagés

Le jardin partagé introduit une autre dimension dans la ville végétale : la fonction sociale.

Il peut associer :

  • production alimentaire ;
  • biodiversité ;
  • compostage ;
  • récupération de l’eau ;
  • transmission des connaissances ;
  • lien social ;
  • pédagogie ;
  • activité physique ;
  • expérimentation.

Le jardin partagé devient alors une petite infrastructure agroécologique.

Sa valeur ne se mesure pas uniquement en kilogrammes de légumes produits.

Elle se mesure aussi par les fonctions sociales, biologiques, hydrologiques et pédagogiques qu’il remplit.


13. Le jardin partagé comme laboratoire urbain

Un jardin partagé peut devenir un véritable laboratoire.

On peut y observer :

  • les températures ;
  • l’humidité du sol ;
  • les besoins hydriques ;
  • les espèces ;
  • les rendements ;
  • les pollinisateurs ;
  • les périodes de floraison ;
  • les effets du paillage ;
  • les effets de l’ombrage ;
  • les effets des différents modes d’irrigation.

Ces espaces peuvent donc participer à la production de données locales.

Ils deviennent des stations d’observation agroclimatique citoyennes.


14. Les jardins nourriciers

La ville végétale peut également devenir partiellement productive.

Les espaces concernés peuvent inclure :

  • jardins partagés ;
  • vergers urbains ;
  • potagers ;
  • petits fruits ;
  • plantes aromatiques ;
  • plantes pérennes ;
  • jardins-forêts ;
  • cultures sur certaines toitures ;
  • espaces agricoles périurbains.

L’objectif n’est pas nécessairement l’autonomie alimentaire totale.

Il peut s’agir de créer une redondance alimentaire locale.

Plusieurs sources complémentaires diminuent la dépendance à un système unique.


15. Les façades végétalisées

Les façades représentent une surface considérable dans les villes.

Elles peuvent être végétalisées selon plusieurs systèmes.

Végétation grimpante

Les plantes peuvent utiliser :

  • treillages ;
  • câbles ;
  • structures verticales ;
  • pergolas ;
  • dispositifs d’accrochage.

Systèmes de façade plantée

Ils peuvent intégrer :

  • substrat ;
  • irrigation ;
  • modules ;
  • supports ;
  • végétation spécialisée.

Ces systèmes sont cependant très différents en termes de coûts, d’entretien, de consommation d’eau et de durabilité.

Il faut donc éviter de parler de « façade végétalisée » comme s’il s’agissait d’une technologie unique.


16. La façade végétale comme interface climatique

Une façade végétalisée constitue une interface entre :

atmosphère ↔ végétation ↔ bâtiment.

Elle peut modifier :

  • l’exposition solaire ;
  • les échanges thermiques ;
  • la vitesse locale de l’air ;
  • les conditions de surface ;
  • l’humidité locale ;
  • la perception du confort.

Mais son efficacité dépend fortement :

  • de l’orientation ;
  • de l’espèce ;
  • de la disponibilité en eau ;
  • du substrat ;
  • de la ventilation ;
  • de la structure du bâtiment ;
  • de l’entretien.

La végétalisation verticale ne doit donc pas être utilisée comme solution universelle.


17. Les toitures végétales

Les toitures constituent une autre grande surface potentiellement végétalisable.

Elles peuvent être :

  • extensives ;
  • semi-intensives ;
  • intensives ;
  • productives ;
  • biodiversifiées.

Le choix dépend de la structure du bâtiment, de la profondeur de substrat, de la capacité de charge, de l’entretien et des objectifs.

Une toiture végétale peut notamment :

  • protéger partiellement la membrane ;
  • créer un habitat ;
  • retenir une partie des précipitations ;
  • modifier les échanges thermiques ;
  • participer au paysage ;
  • créer des espaces productifs dans certains cas.

18. Toiture végétale et gestion des pluies

La toiture végétalisée ne supprime pas la pluie.

Elle peut modifier sa dynamique.

Une partie de l’eau peut être :

  • temporairement stockée dans le substrat ;
  • utilisée par la végétation ;
  • évaporée ;
  • retardée avant évacuation.

L’effet dépend notamment :

  • de l’épaisseur du substrat ;
  • de son état hydrique ;
  • de la végétation ;
  • de la saison ;
  • de l’intensité de la pluie ;
  • de la configuration de la toiture.

Il faut donc raisonner en hydrologie dynamique, et non en simple volume théorique de rétention.


19. La ville végétale et le cycle de l’eau

Les cinq grandes infrastructures végétales étudiées ici peuvent participer au cycle urbain de l’eau :

arbres → interception

sols vivants → infiltration

jardins → stockage temporaire

toitures végétales → ralentissement

forêts urbaines → interception + infiltration + évapotranspiration

Le système devient particulièrement intéressant lorsque ces éléments sont connectés.

Une toiture peut alimenter une citerne.

Une citerne peut alimenter un jardin.

Le jardin peut favoriser l’infiltration.

Le sol peut alimenter les arbres.

Les arbres peuvent produire de l’ombre.

L’ombre réduit certaines contraintes thermiques.

La ville devient alors un système de flux plutôt qu’une juxtaposition d’espaces verts.


20. Végétation et îlot de chaleur urbain

L’effet d’îlot de chaleur urbain est lié à plusieurs facteurs :

  • géométrie urbaine ;
  • matériaux ;
  • rayonnement ;
  • stockage thermique ;
  • ventilation ;
  • anthropisation ;
  • végétation ;
  • humidité disponible.

La végétation constitue donc une composante importante, mais elle ne peut pas être isolée des autres.

Planter un arbre dans une rue extrêmement minérale sans traiter le sol, l’eau et les surfaces adjacentes peut limiter son potentiel.

La meilleure stratégie est souvent combinatoire :

désimperméabiliser + planter + infiltrer + ombrer + ventiler + gérer l’eau.


21. L’ombre comme infrastructure urbaine

Dans un climat plus chaud, l’ombre devient une infrastructure de confort.

Elle peut provenir :

  • des arbres ;
  • des pergolas ;
  • des bâtiments ;
  • des auvents ;
  • des structures textiles ;
  • des façades ;
  • des dispositifs temporaires.

La végétation présente cependant un avantage majeur : elle peut combiner ombre + évapotranspiration + habitat + paysage.

Il faut donc cartographier l’ombre à différentes heures et saisons.


22. La végétation et la ventilation

La végétation peut modifier les écoulements d’air.

Mais « planter partout » n’améliore pas nécessairement la ventilation.

Une végétation trop dense peut réduire certains flux d’air.

À l’inverse, une implantation bien structurée peut :

  • filtrer certains vents ;
  • créer des espaces protégés ;
  • accompagner certains corridors ;
  • réduire les turbulences à certaines échelles ;
  • favoriser des gradients thermiques locaux.

La végétation doit donc être pensée comme un organisateur des flux d’air, et non simplement comme un obstacle au vent.


23. Les parcs comme infrastructures climatiques

Un parc urbain peut être conçu comme une véritable infrastructure climatique.

Il peut associer :

  • arbres ;
  • plans d’eau ;
  • sols vivants ;
  • zones ombragées ;
  • prairies ;
  • bosquets ;
  • zones humides ;
  • chemins ;
  • espaces de repos.

Le parc devient alors une pièce du système climatique urbain.

Il ne doit plus être considéré comme un espace vide entre les bâtiments.


24. Les rues végétales

La rue représente souvent l’une des unités les plus importantes de transformation.

Une rue végétale peut associer :

  • arbres ;
  • bandes plantées ;
  • noues ;
  • sols perméables ;
  • jardins de pluie ;
  • stationnements végétalisés ;
  • mobilier ombragé ;
  • façades végétales.

L’objectif est de transformer la rue :

d’un simple corridor de circulation

en

un corridor climatique, hydrologique, écologique et social.


25. Les places végétales

La place minérale constitue souvent un point critique pendant les épisodes chauds.

Une place végétale peut intégrer :

  • grands arbres ;
  • fosses plantées ;
  • sols perméables ;
  • jardins ;
  • eau ;
  • ombrages ;
  • espaces de repos.

La transformation doit néanmoins conserver les fonctions nécessaires :

  • circulation ;
  • accessibilité ;
  • sécurité ;
  • événements ;
  • maintenance.

La végétalisation n’est donc pas une suppression de la fonction urbaine.

Elle est une reconfiguration multifonctionnelle.


26. Désimperméabiliser avant de végétaliser

Une erreur consiste à planter sans traiter le sol.

Lorsque cela est techniquement possible, il est souvent pertinent de considérer la séquence :

désimperméabiliser → décompacter → restaurer le sol → gérer l’eau → planter.

Un arbre installé dans un environnement racinaire dégradé ne possède pas les mêmes perspectives qu’un arbre bénéficiant d’un sol fonctionnel.

La ville végétale commence donc souvent par une ville désimperméabilisée.


27. La continuité entre espaces privés et publics

Une ville végétale ne peut pas reposer uniquement sur les espaces publics.

Elle doit également mobiliser :

  • jardins privés ;
  • cours ;
  • copropriétés ;
  • balcons ;
  • terrasses ;
  • murs ;
  • toitures ;
  • jardins d’entreprises ;
  • établissements scolaires.

La somme de petites surfaces peut constituer une infrastructure écologique importante.

Le territoire urbain devient alors une mosaïque de propriétés différentes mais de fonctions écologiques complémentaires.


28. Les écoles comme infrastructures végétales

Les établissements scolaires constituent des lieux particulièrement intéressants.

Une cour peut intégrer :

  • arbres ;
  • sols perméables ;
  • jardins pédagogiques ;
  • potagers ;
  • zones d’ombre ;
  • récupération d’eau ;
  • prairies ;
  • habitats pour insectes.

Elle devient simultanément :

espace d’apprentissage + refuge climatique + infrastructure écologique.

L’enfant n’apprend alors plus seulement la nature dans un livre.

Il l’observe directement.


29. La ville végétale et la biodiversité

La biodiversité urbaine ne dépend pas uniquement du nombre d’arbres.

Il faut créer une diversité d’habitats :

  • arbres ;
  • arbustes ;
  • prairies ;
  • mares ;
  • sols nus ponctuels ;
  • bois mort ;
  • feuilles mortes ;
  • haies ;
  • murs ;
  • fissures ;
  • jardins ;
  • zones humides.

La ville végétale doit donc être pensée comme un réseau d’habitats.


30. La ville végétale et les pollinisateurs

Les pollinisateurs nécessitent plus qu’une succession de fleurs.

Ils ont besoin de :

  • ressources alimentaires ;
  • sites de reproduction ;
  • refuges ;
  • continuités ;
  • matériaux de nidification ;
  • absence ou réduction de certaines perturbations.

Une ville favorable aux pollinisateurs doit donc travailler sur l’ensemble du cycle biologique.

La diversité florale doit être répartie dans le temps.

L’objectif devient :

une continuité de ressources plutôt qu’un pic de floraison ponctuel.


31. La végétation et les animaux urbains

Les arbres, haies, jardins et bâtiments végétalisés peuvent participer à la création d’habitats pour :

  • oiseaux ;
  • chauves-souris ;
  • insectes ;
  • petits mammifères ;
  • reptiles ;
  • amphibiens.

Mais il faut également éviter les pièges écologiques.

Une végétalisation peut être attractive tout en étant dangereuse si elle augmente certains risques ou crée des habitats inadaptés.

La conception écologique doit donc être spécifique aux espèces et au contexte.


32. Choisir les végétaux pour le climat futur

Le choix d’une espèce doit dépasser le climat actuel.

Il faut considérer :

  • températures futures ;
  • sécheresses ;
  • vagues de chaleur ;
  • pluies extrêmes ;
  • durée de végétation ;
  • gel ;
  • vents ;
  • nature du sol ;
  • disponibilité en eau ;
  • ravageurs ;
  • maladies ;
  • évolution de l’environnement urbain.

Une espèce parfaitement adaptée aujourd’hui peut devenir moins pertinente dans plusieurs décennies.

La plantation doit donc être conçue pour une trajectoire climatique.


33. L’arbre de 2100 commence en 2026

Un arbre planté aujourd’hui peut vivre plusieurs décennies.

La décision de plantation constitue donc une décision d’aménagement à long terme.

Il faut imaginer :

  • sa taille future ;
  • sa couronne ;
  • ses racines ;
  • ses besoins en eau ;
  • son interaction avec les bâtiments ;
  • les réseaux ;
  • les futurs usages de la rue ;
  • le climat futur.

La question n’est pas :

« Est-ce que cet arbre convient aujourd’hui ? »

Mais :

« Est-ce que cet arbre et son environnement pourront fonctionner ensemble dans plusieurs décennies ? »


34. Concevoir une mosaïque végétale

La ville végétale ne doit pas devenir uniforme.

Elle doit rechercher une mosaïque :

TypeFonction dominante
Arbres d’alignementOmbre et confort
BosquetsHabitat et microclimat
Forêts urbainesInfrastructure écologique
Jardins partagésProduction et lien social
Vergers urbainsProduction alimentaire
HaiesBiodiversité et filtration
Façades végétalesInterface bâtiment-climat
Toitures végétalesEau, habitat, thermique
PrairiesBiodiversité et sobriété
MaresEau et biodiversité
Noues végétaliséesGestion hydrologique
Cours végétaliséesConfort et pédagogie

La robustesse vient de la complémentarité.


35. Mesurer la ville végétale

Une ville végétale doit pouvoir être mesurée.

On peut suivre :

Indicateurs végétaux

  • couverture arborée ;
  • surface végétalisée ;
  • diversité spécifique ;
  • mortalité ;
  • croissance ;
  • âge des arbres ;
  • continuité des habitats.

Indicateurs hydrologiques

  • surface désimperméabilisée ;
  • infiltration ;
  • stockage ;
  • ruissellement ;
  • volumes gérés localement.

Indicateurs climatiques

  • température de l’air ;
  • température de surface ;
  • température radiante ;
  • humidité ;
  • vitesse du vent ;
  • durée d’exposition solaire.

Indicateurs sociaux

  • accès à l’ombre ;
  • distance aux espaces verts ;
  • fréquentation ;
  • usages ;
  • accessibilité ;
  • perception du confort.

36. Vers un indice de fonctionnalité végétale

Il peut être intéressant de dépasser le simple indicateur de « surface verte ».

Une surface végétalisée peut être grande mais peu fonctionnelle.

À l’inverse, un petit espace peut fournir plusieurs fonctions.

On peut donc conceptualiser :

[
F_v=f(B,H,E,A,W,S,C)
]

où :

  • (B) = biodiversité ;
  • (H) = ombrage ;
  • (E) = évapotranspiration ;
  • (A) = alimentation ;
  • (W) = fonction hydrologique ;
  • (S) = fonction sociale ;
  • (C) = connectivité.

Cette relation est un cadre conceptuel, pas un indice universel.


37. Cartographier l’infrastructure végétale

La ville peut être cartographiée selon plusieurs couches :

  1. arbres ;
  2. canopée ;
  3. arbustes ;
  4. herbacées ;
  5. sols vivants ;
  6. toitures végétales ;
  7. façades végétales ;
  8. jardins ;
  9. parcs ;
  10. corridors ;
  11. réservoirs biologiques ;
  12. zones d’ombre ;
  13. zones de chaleur ;
  14. zones de ruissellement ;
  15. zones de déficit hydrique.

Le croisement de ces couches permet de produire une carte stratégique de végétalisation.


38. Identifier les zones prioritaires

Toutes les surfaces urbaines ne doivent pas être végétalisées de la même manière.

Les priorités peuvent être les secteurs cumulant :

  • forte chaleur ;
  • forte minéralisation ;
  • faible couverture arborée ;
  • forte fréquentation ;
  • populations vulnérables ;
  • déficit d’espaces verts ;
  • ruissellement important ;
  • potentiel de désimperméabilisation.

La végétalisation devient alors une politique de réduction ciblée des vulnérabilités.


39. Le concept de refuge climatique urbain

Certains espaces peuvent devenir des refuges pendant les épisodes extrêmes.

Un refuge climatique urbain peut associer :

  • ombre ;
  • végétation ;
  • eau disponible ;
  • faible température radiante ;
  • ventilation adaptée ;
  • accessibilité ;
  • bancs ;
  • fontaines ;
  • équipements publics.

Il peut être :

  • un parc ;
  • une cour d’école ;
  • une médiathèque entourée de végétation ;
  • une place arborée ;
  • un jardin ;
  • un espace public ombragé.

Le réseau de refuges devient une véritable infrastructure d’adaptation.


40. La ville végétale et l’équité territoriale

La végétalisation ne doit pas bénéficier uniquement aux quartiers les plus favorisés.

Il faut analyser la distribution spatiale :

chaleur + pauvreté + vieillissement + densité + manque de végétation.

Les secteurs cumulant plusieurs vulnérabilités doivent être prioritaires.

La ville végétale devient ainsi également un outil de justice climatique.


41. Entretien : la partie souvent oubliée

Une infrastructure végétale nécessite de l’entretien.

Mais l’entretien doit être conçu dès le départ.

Il faut prévoir :

  • arrosage de plantation ;
  • taille éventuelle ;
  • suivi sanitaire ;
  • renouvellement ;
  • gestion des sols ;
  • gestion des feuilles ;
  • gestion du bois mort ;
  • surveillance des structures ;
  • maintenance des systèmes d’irrigation.

Un projet végétal qui ne peut pas être entretenu correctement n’est pas nécessairement un projet résilient.


42. Sobriété végétale

La ville végétale ne signifie pas nécessairement une consommation massive d’eau et d’entretien.

Il faut rechercher :

  • espèces adaptées ;
  • sols fonctionnels ;
  • paillage ;
  • récupération d’eau ;
  • végétation pérenne ;
  • diversité ;
  • irrigation temporaire lorsque nécessaire ;
  • autonomie progressive.

La meilleure végétation urbaine n’est pas celle qui exige constamment des ressources techniques pour survivre.

C’est celle qui fonctionne avec les ressources disponibles.


43. Concevoir par strates

Une stratégie végétale complète peut associer :

strate arborée

strate arbustive

strate herbacée

couvre-sol

sol vivant

système racinaire

Cette organisation permet d’utiliser davantage de dimensions disponibles.

Elle doit cependant rester compatible avec :

  • la lumière ;
  • l’eau ;
  • la circulation ;
  • la sécurité ;
  • la visibilité ;
  • l’entretien ;
  • les usages.

La stratification n’est pas une règle absolue.


44. La ville végétale comme système connecté

L’objectif final n’est pas d’avoir :

  • quelques arbres ;
  • quelques parcs ;
  • quelques jardins ;
  • quelques toitures végétales.

L’objectif est de connecter ces éléments.

On obtient alors :

toiture végétale → façade → jardin → rue arborée → parc → corridor → forêt urbaine → périphérie agricole → espace naturel.

La ville devient une partie du réseau écologique régional.


45. Le réseau vert et bleu

La ville végétale doit également être associée au réseau hydrologique.

Le réseau vert comprend :

  • arbres ;
  • haies ;
  • parcs ;
  • jardins ;
  • forêts ;
  • corridors.

Le réseau bleu comprend :

  • rivières ;
  • mares ;
  • noues ;
  • zones humides ;
  • bassins ;
  • fossés ;
  • canaux.

Leur association crée une infrastructure verte et bleue multifonctionnelle.


46. Le réseau vert, bleu et alimentaire

À cette infrastructure peut être ajoutée une troisième dimension :

le réseau alimentaire.

Il peut relier :

  • jardins partagés ;
  • vergers ;
  • fermes urbaines ;
  • fermes périurbaines ;
  • marchés ;
  • composteurs ;
  • plateformes de distribution locale.

La ville végétale devient alors progressivement une ville capable de produire une partie de ses ressources biologiques.


47. La ville végétale comme métabolisme

Nous retrouvons ici le concept développé dans les premiers chapitres du tome.

Une ville végétale possède des flux :

Entrées

  • eau ;
  • énergie ;
  • matière organique ;
  • plantes ;
  • graines ;
  • matériaux.

Transformation

  • croissance ;
  • production alimentaire ;
  • évapotranspiration ;
  • compostage ;
  • infiltration ;
  • stockage.

Stocks

  • biomasse ;
  • eau ;
  • carbone ;
  • sol organique ;
  • graines ;
  • biodiversité.

Sorties

  • récoltes ;
  • biomasse ;
  • déchets ;
  • chaleur ;
  • eau ;
  • matières exportées.

La végétalisation devient alors une composante du métabolisme territorial.


48. Le jumeau numérique de la ville végétale

À mesure que les données deviennent disponibles, il devient possible de construire un modèle numérique du système végétal.

Le jumeau numérique peut intégrer :

  • cartographie des arbres ;
  • âge ;
  • espèce ;
  • état sanitaire ;
  • hauteur ;
  • diamètre ;
  • volume de couronne ;
  • sol ;
  • humidité ;
  • température ;
  • données météorologiques ;
  • hydrologie ;
  • occupation du sol ;
  • scénarios climatiques.

Il peut permettre de simuler :

  • croissance ;
  • ombrage ;
  • besoins hydriques ;
  • mortalité potentielle ;
  • évolution de la canopée ;
  • corridors ;
  • priorités de plantation.

49. L’intelligence artificielle au service de la ville végétale

L’intelligence artificielle peut contribuer à :

  • détecter les arbres en stress hydrique ;
  • analyser des images aériennes ;
  • détecter certaines maladies ;
  • estimer la couverture végétale ;
  • identifier les îlots de chaleur ;
  • optimiser l’irrigation ;
  • simuler différents scénarios ;
  • prioriser les plantations ;
  • suivre l’évolution des espaces végétalisés.

Mais l’IA ne doit pas remplacer l’observation de terrain.

Elle doit devenir un outil d’aide à la décision intégré au diagnostic écologique, climatique et hydrologique.


50. Concevoir la ville végétale jusqu’en 2100

La ville végétale doit être pensée comme une infrastructure évolutive.

Horizon 2030

  • planter ;
  • désimperméabiliser ;
  • identifier les îlots de chaleur ;
  • protéger les arbres existants ;
  • créer les premiers corridors.

Horizon 2050

  • développer les forêts urbaines ;
  • connecter les espaces ;
  • adapter les espèces ;
  • renforcer les infrastructures hydrologiques ;
  • développer les refuges climatiques.

Horizon 2080

  • gérer les migrations climatiques des espèces ;
  • renouveler certaines populations végétales ;
  • adapter les structures urbaines ;
  • maintenir les continuités écologiques.

Horizon 2100

La question devient celle de la capacité du système à continuer à fonctionner malgré des conditions climatiques différentes de celles du XXIᵉ siècle actuel.


51. Méthode Omakëya™ — Concevoir une ville végétale

La méthode peut être structurée en 20 étapes.

ÉtapeAction
1Cartographier la ville
2Identifier les îlots de chaleur
3Cartographier les sols
4Cartographier l’eau
5Cartographier la végétation existante
6Identifier les arbres remarquables
7Cartographier les habitats
8Identifier les corridors
9Cartographier les déficits d’ombre
10Identifier les populations vulnérables
11Identifier les surfaces désimperméabilisables
12Identifier les espaces publics prioritaires
13Définir les espèces et fonctions
14Concevoir le réseau végétal
15Concevoir le réseau hydrologique associé
16Concevoir les sols
17Définir les jardins et espaces productifs
18Définir les indicateurs
19Construire le scénario 2030–2100
20Mettre en place le suivi adaptatif

52. Matrice de la ville végétale

InfrastructureClimatEauBiodiversitéAlimentationSocialRésilience
Arbres urbains★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★
Forêts urbaines★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★
Jardins partagés★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★
Façades végétales★★★★★★★★★★★★★★
Toitures végétales★★★★★★★★★★★★★★★★★★★
Haies★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★
Noues végétalisées★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★
Vergers urbains★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★★

Cette matrice ne constitue pas une notation scientifique universelle. Elle sert à visualiser la multifonctionnalité relative des différentes infrastructures.


53. Les erreurs à éviter

Erreur 1 — Planter sans sol

Un arbre a besoin d’un volume racinaire fonctionnel.

Erreur 2 — Planter sans eau

Le végétal ne peut pas fournir durablement des fonctions climatiques sans ressource hydrique suffisante.

Erreur 3 — Utiliser une seule espèce

La monoculture augmente certains risques systémiques.

Erreur 4 — Végétaliser sans penser au futur

Une plantation doit être compatible avec sa trajectoire climatique.

Erreur 5 — Confondre surface verte et fonctionnalité

Un hectare de végétation n’a pas automatiquement la même valeur écologique ou climatique qu’un autre hectare.

Erreur 6 — Oublier les racines

L’infrastructure végétale possède une partie invisible.

Erreur 7 — Oublier l’entretien

Une infrastructure vivante nécessite une stratégie de maintenance.

Erreur 8 — Planter partout

Certaines fonctions urbaines nécessitent des espaces libres.

Erreur 9 — Créer une végétation trop uniforme

La diversité augmente la capacité d’adaptation.

Erreur 10 — Oublier l’eau

Le climat végétal est indissociable du système hydrologique.


54. Principe fondamental

Une ville végétale n’est pas une ville décorée de plantes. C’est une ville dans laquelle la végétation, les sols, l’eau, les bâtiments et les espaces publics sont organisés comme une infrastructure climatique, hydrologique, écologique, alimentaire et sociale.


55. La ville comme forêt habitée

La Vision Omakëya™ pousse cette idée encore plus loin.

Il ne s’agit pas de transformer littéralement toutes les villes en forêts.

Il s’agit de comprendre certaines propriétés fondamentales du vivant :

  • diversité ;
  • stratification ;
  • complémentarité ;
  • stockage ;
  • circulation ;
  • régénération ;
  • adaptation ;
  • connexion.

La ville peut alors devenir une sorte de mosaïque d’écosystèmes habités.

Une rue peut devenir un corridor.

Une place peut devenir un refuge climatique.

Un parking peut devenir une infrastructure hydrologique.

Une toiture peut devenir un habitat.

Une façade peut devenir une interface climatique.

Un jardin peut devenir une petite ferme.

Un parc peut devenir un réservoir biologique.

Une forêt urbaine peut devenir une infrastructure climatique majeure.


56. Passer de la ville verte à la ville vivante

La ville végétale représente une évolution importante du concept d’espace vert.

La question n’est plus seulement :

combien d’arbres avons-nous ?

Elle devient :

quelles fonctions ces arbres assurent-ils ?

La question n’est plus seulement :

combien d’hectares sont végétalisés ?

Elle devient :

comment ces espaces sont-ils connectés ?

La question n’est plus seulement :

quelle espèce planter ?

Elle devient :

quelle communauté végétale pourra fonctionner dans les conditions climatiques futures ?

Et surtout, la ville végétale ne peut pas être séparée des autres infrastructures.

Elle doit être reliée :

  • aux sols ;
  • à l’eau ;
  • aux bâtiments ;
  • aux mobilités ;
  • à l’énergie ;
  • à l’agriculture ;
  • à la biodiversité ;
  • aux habitants.

C’est cette intégration qui permet de passer d’une simple politique de végétalisation à une véritable ingénierie végétale territoriale.

La ville du XXIᵉ siècle devra probablement apprendre à fonctionner non pas malgré le vivant, mais avec lui.

Protéger les arbres existants. Restaurer les sols. Ralentir l’eau. Créer de l’ombre. Connecter les habitats. Produire localement. Diversifier les végétaux. Mesurer. Adapter. Régénérer.

C’est ainsi que la ville peut commencer à devenir une véritable infrastructure écologique.


Transition — De la ville végétale au territoire vivant

La ville ne constitue cependant qu’une partie du territoire.

Autour d’elle existent des villages, des terres agricoles, des vergers, des forêts, des rivières, des zones humides, des friches, des infrastructures de transport et des espaces naturels.

Les arbres urbains doivent pouvoir rejoindre les corridors périurbains.

Les jardins doivent pouvoir dialoguer avec l’agriculture.

Les rivières doivent traverser les villes sans perdre leur continuité écologique.

Les forêts urbaines doivent pouvoir s’inscrire dans les réseaux forestiers régionaux.

Les infrastructures vertes et bleues doivent dépasser les limites communales.

Le prochain niveau de réflexion consiste donc à passer :

de la ville végétale

à

la ville connectée au territoire vivant.

La question devient alors :

Comment organiser les paysages agricoles, forestiers, urbains et naturels pour former une seule infrastructure écologique, climatique, hydrologique et alimentaire à l’échelle du territoire ?