AGROCLIMATOLOGIE — Avant toute plantation : connaître le terrain avant de le transformer

L’INGÉNIERIE DES ÉCOSYSTÈMES

Diagnostic complet d’un site

Avant toute plantation : connaître le terrain avant de le transformer

On ne plante pas un écosystème. On commence par comprendre celui qui existe déjà.

Dans la Vision Omakëya™, le diagnostic constitue la première véritable étape d’ingénierie.

Avant de choisir une essence, de creuser une mare, de créer une haie, d’installer un potager ou de dimensionner une irrigation, il faut comprendre le fonctionnement réel du site.

Un terrain n’est jamais une surface vide.

Il possède déjà :

  • une histoire géologique ;
  • une topographie ;
  • un climat local ;
  • des écoulements ;
  • des sols ;
  • une végétation ;
  • une faune ;
  • des microorganismes ;
  • des usages ;
  • des infrastructures ;
  • des contraintes ;
  • des ressources ;
  • des potentialités.

Le diagnostic consiste donc à transformer un terrain apparemment complexe en système compréhensible, cartographiable et modélisable.


I. LE PRINCIPE FONDAMENTAL

Une erreur fréquente consiste à commencer directement par :

« Quelles plantes allons-nous installer ? »

La méthode Omakëya™ inverse la démarche :

OBSERVATION
     ↓
DIAGNOSTIC
     ↓
MESURE
     ↓
COMPRÉHENSION
     ↓
MODÉLISATION
     ↓
CONCEPTION
     ↓
DIMENSIONNEMENT
     ↓
PLANTATION

La plantation arrive donc relativement tard.

Cette séquence permet notamment d’éviter des erreurs coûteuses :

  • planter une espèce mal adaptée ;
  • créer une zone trop humide ;
  • installer un arbre dans un couloir de vent ;
  • placer un potager dans une zone froide ;
  • dimensionner une mare sans connaître son bassin versant ;
  • irriguer un sol incapable de stocker efficacement l’eau ;
  • supprimer une végétation spontanée pourtant indicatrice d’un fonctionnement écologique intéressant.

II. LE DIAGNOSTIC COMME ÉTAT INITIAL

Le diagnostic doit établir un état zéro.

Il constitue la référence à laquelle les futures évolutions pourront être comparées.

On peut distinguer :

État physique

  • relief ;
  • géologie ;
  • sols ;
  • hydrologie ;
  • climat.

État biologique

  • végétation ;
  • faune ;
  • champignons ;
  • microorganismes ;
  • biodiversité.

État anthropique

  • bâtiments ;
  • voiries ;
  • réseaux ;
  • usages ;
  • pratiques d’entretien.

État climatique

  • température ;
  • rayonnement ;
  • vent ;
  • humidité ;
  • précipitations.

État fonctionnel

  • production ;
  • confort ;
  • eau ;
  • biodiversité ;
  • énergie ;
  • usages humains.

III. DIAGNOSTIQUER LE CONTEXTE DU SITE

Avant même d’entrer dans la parcelle, il faut comprendre son environnement.

1. Le contexte géographique

Analyser :

  • latitude ;
  • altitude ;
  • climat régional ;
  • proximité de la mer ;
  • relief régional ;
  • exposition générale ;
  • occupation du sol ;
  • environnement urbain ou rural.

Un terrain ne peut pas être dissocié de son territoire.


2. Le contexte climatique

Il faut rechercher les données disponibles concernant :

  • températures ;
  • précipitations ;
  • vents ;
  • gel ;
  • sécheresses ;
  • canicules ;
  • neige ;
  • rayonnement ;
  • humidité.

Mais les données d’une station météorologique régionale ne décrivent pas nécessairement le microclimat de la parcelle.

C’est précisément pourquoi le diagnostic local est indispensable.


IV. LECTURE TOPOGRAPHIQUE

3. Le relief

Le relief contrôle une grande partie du fonctionnement hydrologique et climatique.

Il faut relever :

  • altitude ;
  • pente ;
  • orientation ;
  • ruptures de pente ;
  • talwegs ;
  • crêtes ;
  • cuvettes ;
  • terrasses naturelles.

Une différence de quelques mètres peut modifier considérablement :

  • l’écoulement de l’eau ;
  • l’accumulation d’air froid ;
  • l’exposition solaire ;
  • l’érosion ;
  • la profondeur de sol.

4. Les pentes

La pente influence : R→f(P,I,S,C)

où le ruissellement dépend notamment de :

  • pente ;
  • intensité de pluie ;
  • nature du sol ;
  • couverture végétale.

Une pente forte peut favoriser :

  • ruissellement ;
  • érosion ;
  • perte de sol.

Une pente faible peut favoriser :

  • infiltration ;
  • stockage ;
  • stagnation.

Mais tout dépend de la structure réelle du sol et des conditions hydrologiques.


V. L’EXPOSITION SOLAIRE

5. Cartographier le soleil

Le rayonnement solaire est une ressource fondamentale.

Il faut analyser :

  • orientation ;
  • azimut ;
  • hauteur solaire ;
  • saison ;
  • durée d’ensoleillement ;
  • ombres des bâtiments ;
  • ombres des arbres ;
  • ombres du relief.

Une zone plein sud en hiver peut être très différente de cette même zone en été.


6. Les ombres saisonnières

Une erreur classique consiste à réaliser une carte d’ombre uniquement à une date.

Il faut étudier au minimum :

  • hiver ;
  • équinoxes ;
  • été.

Idéalement, on produit une simulation horaire.

HIVER
☀ → faible hauteur solaire
       ↓
ombres longues

ÉTÉ
☀ → forte hauteur solaire
       ↓
ombres plus courtes

Le futur jardin doit être pensé dans le temps.


VI. ANALYSE DES VENTS

7. Identifier les vents dominants

Rechercher :

  • direction dominante ;
  • vitesse ;
  • saisonnalité ;
  • vents froids ;
  • vents chauds ;
  • vents desséchants ;
  • vents humides.

Puis identifier les obstacles :

  • bâtiments ;
  • murs ;
  • haies ;
  • forêts ;
  • talus ;
  • relief.

8. Les couloirs de vent

Un passage étroit entre deux obstacles peut accélérer localement le vent.

À l’inverse, une structure végétale peut :

  • ralentir ;
  • dévier ;
  • filtrer ;
  • redistribuer les flux d’air.

Il ne faut cependant pas chercher à supprimer systématiquement le vent.

Le bon objectif est :

créer le bon niveau de ventilation au bon endroit.


VII. CARTOGRAPHIER LES MICROCLIMATS

Une parcelle peut contenir plusieurs climats locaux.

On recherche :

Zones chaudes

  • murs exposés ;
  • surfaces minérales ;
  • zones plein sud ;
  • sols secs.

Zones froides

  • cuvettes ;
  • zones ombragées ;
  • fonds de vallons ;
  • zones peu ventilées.

Zones humides

  • dépressions ;
  • sources ;
  • bas de pente ;
  • sols hydromorphes.

Zones sèches

  • crêtes ;
  • sols filtrants ;
  • zones très exposées.

VIII. DIAGNOSTIC HYDROLOGIQUE

9. Où arrive l’eau ?

Il faut identifier :

  • pluie directe ;
  • ruissellement amont ;
  • toitures ;
  • voiries ;
  • drains ;
  • fossés ;
  • sources ;
  • cours d’eau.

10. Où va l’eau ?

Cartographier :

  • ruissellement ;
  • infiltration ;
  • stagnation ;
  • évacuation ;
  • drainage ;
  • recharge potentielle.

Le site doit être considéré comme une unité hydrologique.


IX. LE BASSIN VERSANT DU PROJET

Une parcelle ne contrôle pas nécessairement toute l’eau qu’elle reçoit.

Une partie peut venir de l’amont.

Il faut donc identifier :

        AMONT
          ↓
   ┌──────────────┐
   │ BASSIN       │
   │ VERSANT      │
   └──────┬───────┘
          ↓
       PARCELLE
          ↓
        AVAL

Cette analyse devient essentielle avant de concevoir :

  • mare ;
  • bassin ;
  • noue ;
  • fossé ;
  • terrasse ;
  • swale ;
  • système de récupération des eaux.

X. DIAGNOSTIC DES SOLS

11. Le sol comme infrastructure

Il faut déterminer :

  • profondeur ;
  • texture ;
  • structure ;
  • porosité ;
  • compaction ;
  • pH ;
  • matière organique ;
  • calcaire ;
  • salinité si pertinente ;
  • drainage ;
  • capacité de rétention ;
  • activité biologique.

12. La texture

Identifier les proportions relatives de :

  • sable ;
  • limon ;
  • argile.

Deux terrains distants de quelques dizaines de mètres peuvent présenter des comportements hydriques radicalement différents.


13. Les horizons

Une fosse pédologique permet d’observer :

Surface
──────────────
Horizon organique
──────────────
Horizon travaillé
──────────────
Horizon d'accumulation
──────────────
Roche altérée
──────────────
Roche mère

La profondeur réellement exploitable par les racines est souvent plus importante que la simple analyse de surface.


XI. DIAGNOSTIC DE LA STRUCTURE DU SOL

Deux sols possédant une texture similaire peuvent avoir des comportements très différents.

La structure dépend notamment :

  • agrégation ;
  • matière organique ;
  • racines ;
  • microorganismes ;
  • vers de terre ;
  • cycles humectation-dessiccation ;
  • compaction.

Il faut rechercher :

  • semelle de compaction ;
  • zones asphyxiantes ;
  • croûte superficielle ;
  • fissures ;
  • agrégats ;
  • macroporosité.

XII. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

14. La végétation spontanée comme indicateur

La flore existante constitue une véritable archive écologique du terrain.

Elle peut renseigner sur :

  • humidité ;
  • fertilité ;
  • pH ;
  • perturbation ;
  • compaction ;
  • salinité ;
  • exposition ;
  • succession écologique.

Une plante spontanée n’est donc pas nécessairement une « mauvaise herbe ».

Elle peut être une donnée biologique.


XIII. INVENTAIRE DE LA FLORE

Identifier :

  • arbres ;
  • arbustes ;
  • herbacées ;
  • graminées ;
  • plantes aquatiques ;
  • plantes invasives ;
  • espèces remarquables.

Mais également :

  • âge approximatif ;
  • état sanitaire ;
  • structure ;
  • régénération naturelle ;
  • capacité de reproduction.

XIV. DIAGNOSTIC DE LA FAUNE

Rechercher :

Insectes

  • pollinisateurs ;
  • prédateurs ;
  • décomposeurs.

Oiseaux

  • espèces résidentes ;
  • migrateurs ;
  • espèces nicheuses.

Mammifères

  • présence ;
  • traces ;
  • passages.

Amphibiens

Particulièrement intéressants dans les systèmes comportant des zones humides.

Reptiles

Présence de zones thermiques, refuges et corridors.


XV. DIAGNOSTIC DU SOL VIVANT

La biodiversité souterraine doit également être observée.

On peut rechercher :

  • vers de terre ;
  • collemboles ;
  • acariens ;
  • mycéliums ;
  • racines fines ;
  • galeries ;
  • agrégats biologiques.

La question n’est plus seulement :

« Quel est le pH du sol ? »

mais :

« Comment ce sol fonctionne-t-il biologiquement ? »


XVI. DIAGNOSTIC DES INFRASTRUCTURES

Le site doit également être étudié comme une infrastructure.

Cartographier :

  • bâtiments ;
  • murs ;
  • clôtures ;
  • routes ;
  • chemins ;
  • réseaux enterrés ;
  • réseaux électriques ;
  • eau potable ;
  • assainissement ;
  • drainage ;
  • irrigation ;
  • équipements techniques.

Une racine peut être écologiquement bénéfique tout en étant incompatible avec un réseau enterré.

L’ingénierie écologique doit donc rester une ingénierie.


XVII. DIAGNOSTIC DES USAGES

15. L’humain fait partie du système

Il faut analyser :

  • qui utilise le site ;
  • quand ;
  • pourquoi ;
  • comment ;
  • où les personnes circulent ;
  • où elles s’arrêtent ;
  • quelles zones sont évitées.

Un écosystème destiné à un jardin privé n’a pas les mêmes contraintes qu’un site :

  • scolaire ;
  • hospitalier ;
  • industriel ;
  • touristique ;
  • patrimonial.

XVIII. DIAGNOSTIC DES CONTRAINTES

Chaque projet doit identifier ses contraintes.

Physiques

  • pente ;
  • sol ;
  • climat ;
  • eau.

Réglementaires

  • urbanisme ;
  • servitudes ;
  • protection du patrimoine ;
  • environnement ;
  • risques.

Techniques

  • réseaux ;
  • accès ;
  • engins ;
  • maintenance.

Économiques

  • investissement ;
  • fonctionnement ;
  • entretien.

Humaines

  • accessibilité ;
  • sécurité ;
  • usages ;
  • acceptabilité.

XIX. DIAGNOSTIC DES RISQUES

Avant de concevoir, il faut identifier les risques.

Risques climatiques

  • sécheresse ;
  • canicule ;
  • gel ;
  • tempête ;
  • incendie ;
  • grêle.

Risques hydrologiques

  • inondation ;
  • ruissellement ;
  • érosion ;
  • saturation ;
  • remontée de nappe.

Risques biologiques

  • maladies ;
  • ravageurs ;
  • espèces invasives.

Risques techniques

  • réseaux ;
  • chutes d’arbres ;
  • instabilité ;
  • conflit avec infrastructures.

XX. LE DIAGNOSTIC TEMPOREL

Un terrain n’est pas identique toute l’année.

Il faut observer :

Printemps

  • reprise végétative ;
  • eau ;
  • floraison.

Été

  • stress hydrique ;
  • chaleur ;
  • ombres ;
  • évapotranspiration.

Automne

  • ruissellement ;
  • chute des feuilles ;
  • humidité.

Hiver

  • gel ;
  • stagnation ;
  • drainage ;
  • ensoleillement.

Un diagnostic réalisé en une seule saison peut être incomplet.


XXI. LES OUTILS DE DIAGNOSTIC

La méthode Omakëya™ peut combiner plusieurs niveaux d’investigation.

NiveauOutils
Observationterrain, photographie, carnet
CartographieSIG, cadastre, orthophotos
TopographieGPS, station, drone, Lidar
Climatstation météo, capteurs
Solsondages, fosses, analyses
Eaujauges, pluviométrie, analyses
Biologieinventaires, pièges photographiques, observations
Thermiquethermographie, capteurs
Végétationinventaires, photographie, télédétection
IAclassification, détection, prédiction
ModélisationSIG, 3D, hydraulique, microclimat

XXII. LA CARTE DU DIAGNOSTIC OMAKËYA™

À terme, toutes les informations peuvent être réunies dans un SIG.

┌─────────────────────────────────────┐
│       CARTE SYSTÉMIQUE DU SITE     │
├─────────────────────────────────────┤
│ 🌡 Microclimats                     │
│ 💧 Hydrologie                       │
│ 🪨 Sols                             │
│ 🌳 Végétation                       │
│ 🦋 Biodiversité                     │
│ 🌬 Vents                            │
│ ☀ Rayonnement                       │
│ 🏠 Bâtiments                        │
│ 🚶 Usages                           │
│ ⚠ Risques                           │
│ 🔌 Réseaux                          │
└─────────────────────────────────────┘

Chaque couche peut ensuite être croisée avec les autres.


XXIII. LA MATRICE DE DIAGNOSTIC

DomaineQuestions principalesDonnées
ClimatOù fait-il chaud, froid, humide, sec ?mesures météo
SoleilOù et quand le soleil arrive-t-il ?simulation solaire
VentOù circulent les masses d’air ?mesures + topographie
EauOù arrive et où va l’eau ?topographie + hydrologie
SolQue peut stocker le sol ?analyses + sondages
VégétationQue pousse-t-il déjà ?inventaire
FauneQuels habitats existent ?observations
InfrastructuresQuels réseaux et ouvrages existent ?plans + relevés
UsagesComment le site est-il utilisé ?observation
RisquesQuelles perturbations sont possibles ?étude de risques

XXIV. LE DIAGNOSTIC COMME MODÈLE NUMÉRIQUE INITIAL

Le diagnostic peut finalement produire un modèle numérique de l’état actuel.

Il peut intégrer :

  • modèle numérique de terrain ;
  • bâtiments ;
  • végétation ;
  • sols ;
  • réseaux hydrauliques ;
  • zones d’ombre ;
  • écoulements ;
  • données climatiques ;
  • biodiversité ;
  • usages.

Ce modèle constitue le jumeau numérique initial.


XXV. AVANT / APRÈS : UNE RÈGLE FONDAMENTALE

Avant toute transformation :

mesurer l’état initial.

Après transformation :

mesurer l’état nouveau.

On peut alors comparer :

IndicateurAvantProjetÉvolution
Température maximaleXYΔT
Volume ruisseléXYΔV
Eau stockéeXYΔV
Surface ombragéeXYΔS
BiodiversitéXYΔB
ProductionXYΔP
CarboneXYΔC
Consommation d’eauXYΔE

Cette logique transforme le projet paysager en projet mesurable.


XXVI. LE SCORE DE MATURITÉ DU DIAGNOSTIC

Une première grille peut être utilisée :

NiveauDiagnostic
0aucune donnée
1observation générale
2diagnostic physique
3diagnostic physique + biologique
4mesures instrumentées
5modèle numérique
6suivi dynamique
7jumeau numérique prédictif

L’objectif n’est pas forcément d’atteindre le niveau maximal pour chaque projet.

Le niveau d’étude doit être proportionné aux enjeux, aux risques et à la complexité du site.


XXVII. LE DIAGNOSTIC NE DOIT PAS ÊTRE UNE SIMPLE PHOTOGRAPHIE

La véritable ambition est plus importante.

Il faut comprendre :

où est le site aujourd’hui ;

comment il fonctionne ;

pourquoi il fonctionne ainsi ;

comment il réagit aux perturbations ;

vers quoi il pourrait évoluer.

Le diagnostic devient donc une étude de trajectoire.

PASSÉ
  ↓
ÉTAT ACTUEL
  ↓
FONCTIONNEMENT
  ↓
CONTRAINTES
  ↓
POTENTIALITÉS
  ↓
SCÉNARIOS
  ↓
FUTUR

XXVIII. LA FICHE DIAGNOSTIQUE OMAKËYA™

Avant toute conception, on peut établir une fiche standardisée :

1. Identité du site

  • localisation ;
  • superficie ;
  • altitude ;
  • usages.

2. Climat

  • températures ;
  • pluies ;
  • vents ;
  • rayonnement ;
  • événements extrêmes.

3. Topographie

  • altitude ;
  • pentes ;
  • orientations ;
  • relief.

4. Hydrologie

  • bassin versant ;
  • ruissellement ;
  • infiltration ;
  • stockage ;
  • drainage.

5. Sols

  • géologie ;
  • texture ;
  • structure ;
  • profondeur ;
  • matière organique ;
  • biologie.

6. Végétation

  • espèces ;
  • structures ;
  • état sanitaire ;
  • régénération.

7. Biodiversité

  • habitats ;
  • espèces ;
  • corridors.

8. Infrastructures

  • bâtiments ;
  • réseaux ;
  • voiries ;
  • ouvrages.

9. Usages

  • personnes ;
  • flux ;
  • activités.

10. Risques

  • climatiques ;
  • hydrologiques ;
  • biologiques ;
  • techniques.

11. Potentialités

  • zones favorables ;
  • ressources ;
  • opportunités.

12. Contraintes

  • interdictions ;
  • limites ;
  • coûts ;
  • sécurité.

XXIX. LA GRANDE RÈGLE OMAKËYA™

Le diagnostic conduit à une règle simple :

Ne jamais concevoir contre le fonctionnement naturel du site lorsqu’il est possible de concevoir avec lui.

Une pente peut devenir :

→ une infrastructure gravitaire de gestion de l’eau.

Une dépression peut devenir :

→ une zone humide ou une mare, si les conditions hydrologiques et réglementaires le permettent.

Une zone chaude peut devenir :

→ un espace productif adapté au rayonnement.

Une zone froide peut devenir :

→ un réservoir de fraîcheur ou un habitat spécifique.

Un vent dominant peut devenir :

→ une source de ventilation ou être filtré par une structure végétale.

Une végétation spontanée peut devenir :

→ un indicateur de conception.

Une eau de pluie peut devenir :

→ une ressource plutôt qu’un déchet à évacuer.


Le diagnostic complet d’un site constitue le socle de toute ingénierie des écosystèmes.

Avant de planter, il faut donc :

observer

cartographier

mesurer

analyser

comprendre

modéliser.

Seulement ensuite vient la question :

Que devons-nous concevoir ?

La Vision Omakëya™ transforme ainsi le diagnostic paysager en une véritable étude d’ingénierie agroclimatique.

Le terrain devient un système de données.

Le sol devient un réservoir.

L’eau devient un flux.

La végétation devient une infrastructure biologique.

Le relief devient un outil hydraulique et climatique.

La biodiversité devient une composante fonctionnelle.

Et le temps devient une dimension de conception.

Avant de planter un arbre, il faut comprendre le terrain qui devra le nourrir pendant plusieurs décennies.

C’est cette philosophie qui permet ensuite de passer au chapitre suivant :

Cartographier les flux : eau, énergie, chaleur, carbone, biodiversité et usages humains.