AGROCLIMATOLOGIE : DIAGNOSTIC COMPLET D’UN SOL ET DE SON FONCTIONNEMENT

DIAGNOSTIC COMPLET D’UN SOL ET DE SON FONCTIONNEMENT

Observer, mesurer, cartographier et modéliser avant d’intervenir

Dans la méthode Omakëya™, le diagnostic constitue la phase zéro de toute restauration.

Il ne s’agit pas simplement de faire analyser un échantillon de terre en laboratoire. Un sol est un système tridimensionnel, vivant et dynamique, connecté :

  • à l’atmosphère ;
  • à la végétation ;
  • à l’eau ;
  • à la roche mère ;
  • aux nappes ;
  • au relief ;
  • au climat ;
  • aux organismes vivants ;
  • aux activités humaines.

Le diagnostic complet doit donc croiser observation, mesure, cartographie, analyses et modélisation.

L’objectif est de répondre à une question fondamentale :

Comment fonctionne réellement ce sol, aujourd’hui, dans son environnement, et quelles sont ses trajectoires possibles ?


1. Le principe général du diagnostic Omakëya™

La démarche peut être organisée en neuf niveaux :

        TERRITOIRE
            ↓
       CLIMAT / RELIEF
            ↓
        HYDROLOGIE
            ↓
       PROFIL DU SOL
            ↓
     PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
            ↓
     PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
            ↓
     BIOLOGIE DU SOL
            ↓
       VÉGÉTATION
            ↓
      FLUX ET FONCTIONS

Puis :

OBSERVATIONS
      ↓
MESURES
      ↓
ANALYSES
      ↓
CARTOGRAPHIES
      ↓
MODÈLES
      ↓
DIAGNOSTIC
      ↓
SCÉNARIOS

2. Ne jamais commencer par le laboratoire

Une analyse de laboratoire fournit une information sur un échantillon.

Elle ne dit pas directement :

  • où circule l’eau ;
  • où se trouve la compaction ;
  • où les racines peuvent descendre ;
  • où le sol est biologiquement actif ;
  • où se produisent les ruissellements ;
  • comment évolue la parcelle.

Il faut donc commencer par une lecture globale du site.


3. Étape 1 — Collecte des données existantes

Avant toute campagne de terrain, rechercher :

  • cartes pédologiques ;
  • cartes géologiques ;
  • cartes topographiques ;
  • occupation du sol ;
  • données climatiques ;
  • historiques agricoles ;
  • anciennes photographies aériennes ;
  • données hydrologiques ;
  • données cadastrales ;
  • données forestières ;
  • données de pollution lorsqu’elles existent.

L’historique peut être particulièrement révélateur.

Un sol aujourd’hui dégradé peut avoir été :

  • prairie ;
  • forêt ;
  • verger ;
  • culture ;
  • zone humide ;
  • chantier ;
  • parking ;
  • dépôt de matériaux.

4. Étape 2 — Cartographie du site

La première cartographie doit représenter :

  • limites ;
  • altitude ;
  • pente ;
  • exposition ;
  • bâtiments ;
  • chemins ;
  • végétation ;
  • cours d’eau ;
  • fossés ;
  • mares ;
  • zones humides ;
  • surfaces imperméables.

Une carte unique peut ensuite être enrichie par couches successives.


5. Le SIG comme colonne vertébrale

Le SIG permet de superposer :

          RELIEF
             +
          HYDROLOGIE
             +
       TYPE DE SOL
             +
       VÉGÉTATION
             +
        COMPACTION
             +
       HUMIDITÉ
             +
       CARBONE
             +
       BIOLOGIE

On passe ainsi d’une carte descriptive à une carte fonctionnelle du sol.


6. Modèle numérique de terrain

Le relief est déterminant.

À partir d’un MNT, on peut calculer :

  • altitude ;
  • pente ;
  • exposition ;
  • courbure ;
  • lignes de crête ;
  • talwegs ;
  • bassins versants ;
  • chemins préférentiels de l’eau.

Une différence de quelques mètres d’altitude peut parfois modifier fortement :

  • humidité ;
  • température ;
  • gel ;
  • exposition ;
  • végétation.

7. Cartographie hydrologique

Il faut identifier :

Où l’eau arrive

  • pluie ;
  • ruissellement amont ;
  • drainage ;
  • cours d’eau.

Où elle circule

  • fossés ;
  • talwegs ;
  • zones de concentration.

Où elle disparaît

  • infiltration ;
  • évaporation ;
  • évapotranspiration ;
  • drainage ;
  • nappe.

Où elle s’accumule

  • cuvettes ;
  • mares ;
  • horizons imperméables ;
  • nappes temporaires.

8. Carte des écoulements

Une carte particulièrement intéressante est : Direction des eˊcoulements​

complétée par : Accumulation des eˊcoulements​

On obtient alors une représentation du fonctionnement hydrologique réel du terrain.


9. Cartographie de l’érosion

Identifier :

  • zones de départ ;
  • zones de transport ;
  • zones de dépôt.

On peut distinguer :

AMONT
  ↓
érosion
  ↓
transport
  ↓
dépôt
  ↓
AVAL

Cette lecture permet d’éviter une erreur fréquente : traiter uniquement la zone où les dégâts sont visibles alors que leur cause se situe en amont.


10. Étape 3 — Reconnaissance de terrain

Avant de prélever quoi que ce soit, parcourir le site.

Observer :

  • couleur ;
  • structure ;
  • végétation ;
  • fissures ;
  • croûtes ;
  • flaques ;
  • ravines ;
  • traces d’engins ;
  • galeries ;
  • racines ;
  • zones de dépôts.

La photographie géolocalisée devient alors un véritable outil de diagnostic.


11. La fosse pédologique

La fosse pédologique permet d’observer le sol verticalement.

Elle révèle :

  • horizons ;
  • épaisseur ;
  • transitions ;
  • racines ;
  • cailloux ;
  • structures ;
  • zones compactées ;
  • hydromorphie ;
  • traces biologiques.

Une fosse est souvent beaucoup plus informative qu’une simple analyse superficielle.


12. Les sondages

Lorsque la fosse n’est pas possible, utiliser :

  • tarière pédologique ;
  • carottier ;
  • pénétromètre ;
  • sondage manuel ;
  • sondage mécanique.

L’objectif est de reconstituer la variabilité verticale du sol.


13. Plan d’échantillonnage

Il ne faut pas prendre :

« un échantillon au milieu du terrain ».

Une parcelle peut présenter plusieurs unités fonctionnelles.

On peut créer des zones :

A — haut de pente
B — milieu de pente
C — bas de pente
D — zone humide
E — zone cultivée
F — zone compactée

Chaque zone peut faire l’objet d’un échantillonnage distinct.


14. Échantillonnage en profondeur

Selon l’objectif :

  • 0–10 cm ;
  • 10–30 cm ;
  • 30–60 cm ;
  • 60–100 cm ;
  • davantage si nécessaire.

Le profil vertical est essentiel pour comprendre :

  • stockage ;
  • enracinement ;
  • drainage ;
  • compaction ;
  • accumulation de matière organique.

15. Analyses physiques

Le diagnostic physique peut comprendre :

Texture

  • sable ;
  • limon ;
  • argile.

Structure

  • agrégats ;
  • stabilité.

Densité apparente

ρb​=VMs​​

Porosité

n=1−ρs​ρb​​

Compaction

  • pénétrométrie ;
  • densité ;
  • observation structurale.

16. Conductivité hydraulique

La conductivité hydraulique renseigne sur la capacité du sol à transmettre l’eau.

Elle dépend notamment :

  • texture ;
  • structure ;
  • porosité ;
  • fissures ;
  • racines ;
  • biopores ;
  • saturation.

Il faut distinguer les conditions saturées et non saturées.


17. Réserve utile

La réserve utile doit être évaluée à partir :

  • capacité au champ ;
  • point de flétrissement ;
  • profondeur exploitable.

On peut schématiquement écrire : RU≈(θCC​−θPF​)×Z

avec les précautions nécessaires sur les unités et la profondeur réellement exploitable par les racines.


18. Analyses chimiques

Selon le contexte :

  • pH ;
  • CEC ;
  • carbone organique ;
  • matière organique ;
  • azote ;
  • phosphore ;
  • potassium ;
  • calcium ;
  • magnésium ;
  • soufre ;
  • oligoéléments.

19. Diagnostic des risques chimiques

Selon l’histoire du site, rechercher également :

  • hydrocarbures ;
  • métaux lourds ;
  • pesticides ;
  • solvants ;
  • sels ;
  • contaminants industriels.

Cette étape devient indispensable sur :

  • friches industrielles ;
  • anciennes zones de stockage ;
  • remblais ;
  • jardins urbains à historique inconnu ;
  • anciennes activités minières.

20. Analyse biologique

Le diagnostic biologique peut rechercher :

Microorganismes

  • bactéries ;
  • champignons ;
  • protozoaires.

Mésofaune

  • collemboles ;
  • acariens ;
  • nématodes.

Macrofaune

  • lombrics ;
  • larves ;
  • insectes.

Symbioses

  • mycorhizes ;
  • rhizosphère.

21. Le test des lombrics

Un protocole simple consiste à standardiser :

  • surface ;
  • profondeur ;
  • humidité ;
  • période ;
  • durée d’observation.

On mesure :

  • nombre ;
  • biomasse ;
  • catégories fonctionnelles.

Le résultat doit être interprété en fonction du type de sol et de l’usage.


22. Respiration du sol

La respiration fournit une indication de l’activité biologique.

Elle peut être exprimée comme un flux de : CO2​

produit par unité de surface ou de masse de sol et par unité de temps.

Elle doit être interprétée avec :

  • température ;
  • humidité ;
  • matière organique ;
  • saison.

23. Biomasse microbienne

Elle permet d’aller plus loin que la simple présence de microorganismes.

On peut étudier :

  • carbone microbien ;
  • azote microbien ;
  • respiration ;
  • activité enzymatique.

Ces mesures deviennent particulièrement intéressantes dans les études scientifiques ou les projets expérimentaux.


24. Diagnostic des racines

Les racines sont l’un des meilleurs indicateurs du fonctionnement du sol.

Observer :

  • profondeur ;
  • densité ;
  • diamètre ;
  • ramification ;
  • nécroses ;
  • mycorhization ;
  • obstacles.

Un sol peut sembler excellent en surface mais présenter un horizon compact empêchant les racines de descendre.


25. Cartographie de la végétation

Identifier :

  • espèces ;
  • densité ;
  • couverture ;
  • biomasse ;
  • état sanitaire.

La flore spontanée peut être utilisée comme bioindicateur du fonctionnement du sol.


26. Étape 4 — Capteurs

Le diagnostic moderne peut être instrumenté.

Humidité

  • sondes capacitives ;
  • TDR ;
  • FDR.

Température

  • sol ;
  • air ;
  • surface.

Atmosphère

  • humidité relative ;
  • pression ;
  • rayonnement ;
  • vent.

Eau

  • niveau ;
  • débit ;
  • conductivité ;
  • température.

27. Réseau de capteurs

Un site complexe peut être instrumenté selon :

        STATION MÉTÉO
              │
     ┌────────┼────────┐
     ↓        ↓        ↓
 humidité   sol T°   pluie
     │        │        │
     └────────┼────────┘
              ↓
        passerelle IoT
              ↓
          base de données
              ↓
             SIG
              ↓
              IA

28. Mesurer l’humidité en profondeur

Une seule sonde à 10 cm est souvent insuffisante.

Une installation peut comporter :

  • 10 cm ;
  • 30 cm ;
  • 60 cm ;
  • 90 cm.

On obtient alors un profil temporel de l’eau.

Cela permet d’observer :

  • infiltration ;
  • consommation racinaire ;
  • drainage ;
  • recharge.

29. Mesurer la température du sol

La température peut être suivie à plusieurs profondeurs.

Cela permet d’étudier :

  • inertie thermique ;
  • effet du paillage ;
  • effet de l’ombrage ;
  • amplitude jour/nuit ;
  • stress thermique.

30. Mesurer les pluies

Une station pluviométrique permet de connaître : P(t)

et donc de relier les événements :

pluie → infiltration → humidité → drainage → évapotranspiration.

Cette chaîne est fondamentale pour l’hydrologie régénérative.


31. Les mesures événementielles

Certaines mesures sont particulièrement intéressantes après :

  • pluie intense ;
  • sécheresse ;
  • gel ;
  • canicule ;
  • travail du sol ;
  • épisode de ruissellement.

Le sol doit être observé en dynamique, pas uniquement au repos.


32. Étape 5 — Télédétection

Les satellites permettent d’observer :

  • végétation ;
  • humidité de surface ;
  • température ;
  • occupation du sol ;
  • évolution temporelle.

Les indices spectraux peuvent aider à détecter les variations de végétation.


33. Drones

Les drones permettent une résolution beaucoup plus fine.

Ils peuvent produire :

  • orthophotographies ;
  • modèles 3D ;
  • MNT ;
  • cartes de végétation ;
  • détection de zones stressées.

Avec des capteurs adaptés :

  • RGB ;
  • multispectral ;
  • thermique ;
  • éventuellement LiDAR.

34. Thermographie

Une caméra thermique peut révéler :

  • zones plus sèches ;
  • zones plus humides ;
  • effets de l’ombrage ;
  • différences de végétation ;
  • anomalies.

Il faut cependant interpréter les températures en fonction :

  • rayonnement ;
  • vent ;
  • heure ;
  • couverture ;
  • température de l’air.

35. Spectroscopie

Dans les applications avancées, les techniques spectrales peuvent aider à estimer certaines propriétés :

  • matière organique ;
  • texture ;
  • humidité ;
  • minéraux.

Elles doivent être calibrées sur des mesures de terrain.


36. LiDAR

Le LiDAR est particulièrement intéressant pour :

  • microtopographie ;
  • arbres ;
  • canopée ;
  • fossés ;
  • talus ;
  • ravines ;
  • structures.

Il permet de révéler des formes invisibles à l’œil.


37. Étape 6 — Intelligence artificielle

L’IA ne doit pas remplacer le diagnostic.

Elle doit servir à : augmenter la capaciteˊ d’analyse​


38. IA pour classer les zones

À partir de :

  • altitude ;
  • pente ;
  • humidité ;
  • végétation ;
  • texture ;
  • température ;
  • historique ;

l’IA peut identifier des unités fonctionnelles.

Par exemple :

Zone 1 : sèche / sableuse
Zone 2 : intermédiaire
Zone 3 : humide / argileuse
Zone 4 : compactée
Zone 5 : riche biologiquement

39. IA pour détecter les anomalies

L’IA peut rechercher :

  • évolution anormale de l’humidité ;
  • dépérissement végétal ;
  • modification thermique ;
  • apparition d’une zone de ruissellement ;
  • baisse de croissance.

On passe alors d’un diagnostic ponctuel à un diagnostic continu.


40. IA et séries temporelles

Supposons que l’on mesure : H(t)

humidité du sol, P(t)

précipitations, ET(t)

évapotranspiration, T(t)

température.

L’IA peut rechercher les relations : H(t+Δt)=f[H(t),P,T,ET,sol,veˊgeˊtation]

afin de construire des modèles prédictifs.


41. IA et prévision hydrologique

L’objectif peut devenir :

« Si une pluie de 50 mm tombe demain, quelles zones vont saturer, ruisseler ou rester sèches ? »

Le modèle peut combiner :

  • MNT ;
  • occupation du sol ;
  • texture ;
  • humidité initiale ;
  • pluie ;
  • réseau hydraulique.

42. Jumeau numérique du sol

Pour les grands projets, on peut construire un :

Jumeau numérique agroclimatique

Il associe :

SIG
+
MNT
+
sol
+
eau
+
végétation
+
climat
+
capteurs
+
historique
+
modèles

Il devient une représentation dynamique du territoire.


43. Le diagnostic devient prédictif

Le diagnostic classique répond :

Que se passe-t-il ?

Le diagnostic instrumenté répond :

Pourquoi ?

Le modèle numérique répond :

Que va-t-il probablement se passer ?

Le système Omakëya™ vise finalement :

Quelle action produira le meilleur résultat ?


44. Croisement des données

La puissance vient du croisement.

Exemple :

Humidité faible

  • végétation stressée
  • température élevée
  • sol compacté
  • infiltration faible

→ diagnostic probable :

déficit hydrique amplifié par limitation de l’infiltration et de l’enracinement.


45. Un autre exemple

Humidité élevée

  • végétation faible
  • température faible
  • horizon compact

→ hypothèse :

drainage limité / hydromorphie / asphyxie racinaire.

L’analyse doit ensuite confirmer ou infirmer cette hypothèse.


46. Matrice de diagnostic

FonctionIndicateursOutils
physiquedensité, structurefosse, pénétromètre
hydrologiqueinfiltrationinfiltromètre
chimiquepH, CEClaboratoire
biologiquelombricsterrain
racinaireprofondeurfosse
climatiqueT°, HRstation
végétalebiomasseterrain/drone
reliefpenteSIG/MNT
eauniveaucapteurs
carboneC organiquelaboratoire

47. Indice synthétique de fonctionnement

Pour les projets Omakëya™ avancés, on peut construire un indice composite.

Par exemple : ISF=wP​P+wH​H+wB​B+wC​C+wR​R

avec :

  • P = fonction physique ;
  • H = fonction hydrologique ;
  • B = fonction biologique ;
  • C = fonction chimique/carbone ;
  • R = fonction racinaire.

Les coefficients wi​ doivent être explicitement définis et normalisés.

Cet indice ne remplace pas les mesures brutes : il sert à suivre une trajectoire globale.


48. Carte des fonctions du sol

L’objectif final n’est plus seulement :

« voici les types de sols ».

Mais :

« voici ce que chaque zone est capable de faire ».

On peut cartographier :

  • infiltration ;
  • stockage ;
  • production ;
  • enracinement ;
  • biodiversité ;
  • carbone ;
  • risque d’érosion ;
  • vulnérabilité à la sécheresse.

49. Carte des vulnérabilités

Une carte particulièrement utile pour Omakëya™ pourrait représenter :

Risque sécheresse

Risque érosion

Risque compactage

Risque hydromorphie

Risque thermique

Risque perte de carbone

Puis calculer une carte globale de vulnérabilité.


50. Carte des potentiels

À l’inverse :

  • potentiel d’infiltration ;
  • potentiel de stockage ;
  • potentiel agricole ;
  • potentiel forestier ;
  • potentiel écologique ;
  • potentiel de restauration.

Le diagnostic devient ainsi directement utilisable pour la conception.


51. De la carte au plan d’action

La chaîne complète devient :

DONNÉES
   ↓
DIAGNOSTIC
   ↓
CARTOGRAPHIE
   ↓
UNITÉS FONCTIONNELLES
   ↓
PROBLÈMES
   ↓
POTENTIELS
   ↓
SCÉNARIOS
   ↓
CONCEPTION

52. Les cinq niveaux de diagnostic

Pour rendre la méthode reproductible, Omakëya™ peut définir :

Niveau 1 — Observation

Accessible à tous.

Niveau 2 — Diagnostic terrain

Tests et mesures.

Niveau 3 — Diagnostic scientifique

Laboratoire + sondages.

Niveau 4 — Diagnostic instrumenté

Capteurs + SIG + télédétection.

Niveau 5 — Diagnostic prédictif

Modélisation + IA + jumeau numérique.


53. Diagnostic d’un balcon

Sur quelques mètres carrés, inutile de déployer une infrastructure lourde.

On peut mesurer :

  • exposition ;
  • température ;
  • humidité ;
  • volume des pots ;
  • drainage ;
  • substrat ;
  • végétation.

54. Diagnostic d’un jardin de 300 m²

Ajouter :

  • cartographie ;
  • tests d’infiltration ;
  • sondages ;
  • analyse de sol ;
  • température ;
  • humidité ;
  • observation biologique.

55. Diagnostic d’une ferme

Ajouter :

  • SIG ;
  • MNT ;
  • cartographie des sols ;
  • hydrologie ;
  • réseau de capteurs ;
  • drone ;
  • station météo ;
  • suivi des rendements.

56. Diagnostic d’un bassin versant

Changer complètement d’échelle :

  • MNT haute résolution ;
  • réseau hydrographique ;
  • pluviométrie ;
  • occupation des sols ;
  • sols ;
  • débits ;
  • nappes ;
  • télédétection ;
  • modélisation hydrologique.

57. La notion d’échelle

Un diagnostic doit toujours préciser : eˊchelle spatiale​

et : eˊchelle temporelle​

Un phénomène visible sur :

1 m²

peut être invisible à :

1 km².

Inversement, un problème de bassin versant peut être impossible à comprendre en observant une seule parcelle.


58. La notion de profondeur

Même principe verticalement.

Il faut considérer :

surface
│
0–10 cm
│
10–30 cm
│
30–60 cm
│
60–100 cm
│
1–2 m
│
nappe

selon le système étudié.


59. Le diagnostic comme photographie dynamique

Un diagnostic complet n’est donc pas :

une analyse réalisée un mardi.

C’est : un eˊtat initial + une dynamique + une trajectoire​

Il faut connaître :

  • état ;
  • évolution ;
  • variabilité ;
  • réponse aux événements ;
  • capacité de récupération.

60. Le rapport de diagnostic Omakëya™

Un rapport complet pourrait comporter :

  1. contexte ;
  2. historique ;
  3. climat ;
  4. topographie ;
  5. géologie ;
  6. hydrologie ;
  7. pédologie ;
  8. physique du sol ;
  9. chimie ;
  10. biologie ;
  11. végétation ;
  12. carbone ;
  13. risques ;
  14. cartographies ;
  15. instrumentation ;
  16. analyse des données ;
  17. modélisation ;
  18. vulnérabilités ;
  19. potentiels ;
  20. scénarios ;
  21. recommandations.

61. La conclusion du diagnostic

Le diagnostic complet doit finalement permettre de répondre à six questions :

1. Où sommes-nous ?

Structure, sol, climat, relief.

2. Comment fonctionne le système ?

Eau, carbone, énergie, biologie.

3. Où sont les problèmes ?

Compaction, érosion, sécheresse, saturation, perte de fertilité.

4. Où sont les potentiels ?

Stockage, infiltration, biodiversité, production.

5. Que se passera-t-il demain ?

Sécheresse, pluie intense, canicule, changement climatique.

6. Que devons-nous faire ?

Restaurer, protéger, transformer ou simplement laisser évoluer.


Principe fondamental Omakëya™

On ne restaure pas un sol que l’on ne comprend pas. On ne peut pas comprendre un sol en regardant uniquement sa surface. Et on ne peut pas piloter durablement un écosystème sans mesurer ses flux, ses stocks, ses réponses et leur évolution dans le temps.

Le diagnostic complet constitue donc le pont entre la science du sol et l’ingénierie écologique : observer → mesurer → cartographier → analyser → modéliser → décider.