
Méthode Omakëya™ : les 10 étapes pour concevoir un jardin, une ferme ou un paysage résilient au climat futur
Découvrez la méthodologie Omakëya™ en 10 étapes : observer, comprendre, mesurer, modéliser, concevoir, planifier, planter, accompagner, mesurer et faire évoluer. Une méthode d’ingénierie des écosystèmes résilients fondée sur l’agroclimatologie, l’hydrologie, la botanique, les sols vivants, l’IA et le génie climatique végétal.
On ne plante pas un écosystème, on le construit progressivement
Concevoir un jardin, un verger, une ferme, une forêt-jardin ou même un quartier résilient ne consiste pas à choisir une liste de plantes et à les installer sur un terrain.
C’est une erreur fondamentale.
Un écosystème possède :
- une histoire ;
- une structure ;
- des flux ;
- des interactions ;
- des contraintes ;
- des ressources ;
- des cycles ;
- une dynamique temporelle.
Il évolue continuellement.
Un projet véritablement résilient doit donc être conçu non comme un objet terminé, mais comme une trajectoire écologique.
C’est précisément le rôle de la méthodologie Omakëya™.
Elle propose de passer d’une logique :
« Je dessine → je plante → j’entretiens »
à une logique beaucoup plus complète :
« J’observe → je comprends → je mesure → je modélise → je conçois → je planifie → je plante → j’accompagne → je mesure → je fais évoluer. »
Cette boucle constitue le cœur méthodologique de l’ingénierie des écosystèmes Omakëya™.
La méthode Omakëya™ en une seule vision
┌────────────────┐
│ 1. OBSERVER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 2. COMPRENDRE │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 3. MESURER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 4. MODÉLISER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 5. CONCEVOIR │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 6. PLANIFIER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 7. PLANTER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 8. ACCOMPAGNER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│ 9. MESURER │
└───────┬────────┘
↓
┌────────────────┐
│10. ÉVOLUER │
└───────┬────────┘
│
└──────────────→ retour à l'observation
Le processus est donc cyclique.
L’étape 10 ramène naturellement à l’étape 1.
Un écosystème n’est jamais réellement terminé.
PARTIE I – LES FONDEMENTS DE LA MÉTHODE OMAKËYA™
1. Pourquoi une méthodologie ?
Sans méthode, la conception d’un paysage dépend essentiellement :
- de l’expérience ;
- de l’intuition ;
- des habitudes ;
- des catalogues végétaux ;
- des tendances paysagères.
Ces approches peuvent produire de beaux jardins.
Mais elles ne garantissent pas nécessairement :
- la résilience climatique ;
- l’autonomie hydrique ;
- la stabilité biologique ;
- la résistance aux événements extrêmes ;
- la pérennité économique.
La méthode Omakëya™ introduit une logique d’ingénierie.
2. Concevoir avec le vivant plutôt que contre lui
L’objectif n’est pas de forcer le terrain à correspondre à un plan.
Il s’agit de comprendre ce que le terrain peut naturellement produire.
Un sol argileux n’est pas simplement un problème.
Une pente n’est pas simplement une contrainte.
Une zone humide n’est pas nécessairement une surface inutilisable.
Une friche n’est pas nécessairement un espace à nettoyer.
Une végétation spontanée n’est pas nécessairement une mauvaise herbe.
Chaque élément peut être considéré comme une information.
3. Les trois niveaux de la méthode
La méthodologie peut être organisée en trois grands niveaux.
Niveau 1 – Diagnostic
Observer → Comprendre → Mesurer
On cherche à connaître le système existant.
Niveau 2 – Ingénierie
Modéliser → Concevoir → Planifier
On transforme les informations en projet.
Niveau 3 – Évolution
Planter → Accompagner → Mesurer → Faire évoluer
On transforme le projet en écosystème vivant.
PARTIE II – ÉTAPE 1 : OBSERVER
Avant de concevoir, regarder.
La première erreur d’un projet d’aménagement consiste à dessiner trop rapidement.
La première compétence Omakëya™ est donc l’observation.
4. Observer le terrain
Il faut regarder :
- relief ;
- pente ;
- orientation ;
- végétation ;
- eau ;
- sol ;
- bâtiments ;
- vents ;
- ombres ;
- usages.
Mais également ce qui semble invisible.
5. Observer les traces de l’eau
Après une pluie importante, le terrain raconte son fonctionnement.
On recherche :
- zones de ruissellement ;
- stagnations ;
- ravines ;
- dépôts ;
- zones d’infiltration.
Une simple observation peut parfois révéler la structure hydraulique d’un terrain mieux qu’un plan théorique.
6. Observer les plantes spontanées
La flore spontanée constitue une information biologique.
Certaines espèces peuvent indiquer :
- humidité ;
- sécheresse ;
- acidité ;
- richesse en azote ;
- compactage ;
- perturbation.
Les plantes deviennent ainsi des bio-indicateurs.
7. Observer les animaux
Il faut rechercher :
- oiseaux ;
- insectes ;
- vers de terre ;
- amphibiens ;
- reptiles ;
- mammifères.
Un terrain vivant possède déjà une infrastructure écologique.
Il serait absurde de la détruire avant même de l’avoir comprise.
PARTIE III – ÉTAPE 2 : COMPRENDRE
Observer fournit des informations. Comprendre permet de relier les informations.
Le terrain doit être interprété comme un système.
8. Comprendre le climat local
Deux terrains situés à quelques centaines de mètres peuvent présenter des conditions différentes.
Il faut donc comprendre :
- température ;
- rayonnement ;
- humidité ;
- vent ;
- brouillard ;
- rosée ;
- évapotranspiration.
9. Comprendre le relief
Une pente influence :
- l’écoulement ;
- l’érosion ;
- l’exposition solaire ;
- la température ;
- la disponibilité de l’eau.
L’altitude et l’orientation modifient également le microclimat.
10. Comprendre le sol
Il faut identifier :
- texture ;
- structure ;
- porosité ;
- matière organique ;
- profondeur ;
- réserve utile ;
- activité biologique.
Le sol n’est pas seulement un support mécanique.
C’est un réservoir hydrique, biologique et chimique.
11. Comprendre les interactions
Un arbre influence :
- le vent ;
- l’ombre ;
- l’humidité ;
- le sol ;
- la biodiversité.
La mare influence :
- l’humidité ;
- les amphibiens ;
- les insectes ;
- la température locale.
La haie influence :
- le vent ;
- les oiseaux ;
- les pollinisateurs.
Tout est connecté.
PARTIE IV – ÉTAPE 3 : MESURER
L’observation devient science lorsqu’elle peut être quantifiée.
La méthode Omakëya™ ne repose pas uniquement sur l’intuition.
Elle utilise la mesure.
12. Mesurer le climat
On peut utiliser :
- station météorologique ;
- thermomètres ;
- hygromètres ;
- anémomètres ;
- pluviomètres ;
- pyranomètres.
13. Mesurer le sol
Selon les objectifs :
- pH ;
- conductivité ;
- texture ;
- matière organique ;
- humidité ;
- température ;
- densité apparente.
Des analyses biologiques peuvent également compléter le diagnostic.
14. Mesurer l’eau
On peut mesurer :
- volumes ;
- débits ;
- niveaux ;
- infiltration ;
- qualité.
Le bilan hydrique devient alors quantifiable.
15. Mesurer la topographie
Les outils modernes permettent :
- relevés GNSS ;
- drones ;
- photogrammétrie ;
- LiDAR ;
- modèles numériques de terrain.
Le terrain peut être reconstruit en trois dimensions.
PARTIE V – ÉTAPE 4 : MODÉLISER
Comprendre le réel pour construire son jumeau numérique.
C’est ici qu’apparaît l’ingénierie numérique Omakëya™.
16. Le modèle numérique du terrain
Il peut intégrer :
- relief ;
- bâtiments ;
- végétation ;
- eau ;
- sols.
Le modèle constitue une représentation virtuelle du système.
17. Modéliser le soleil
On peut calculer :
- trajectoires solaires ;
- ombres ;
- rayonnement ;
- exposition saisonnière.
Cela permet de déterminer les meilleurs emplacements pour :
- arbres ;
- potagers ;
- serres ;
- panneaux solaires.
18. Modéliser l’eau
On peut simuler :
pluie → ruissellement → stockage → infiltration → redistribution.
Cette approche permet de dimensionner :
- mares ;
- bassins ;
- noues ;
- fossés ;
- réservoirs.
19. Modéliser le vent
La modélisation peut identifier :
- couloirs ;
- zones protégées ;
- turbulences ;
- zones d’accélération.
Le paysage devient alors une infrastructure climatique.
20. Modéliser la croissance
Chaque arbre possède une trajectoire.
Il faut donc simuler :
- hauteur ;
- diamètre ;
- couronne ;
- ombre ;
- système racinaire.
Le jardin doit être pensé à :
1 an + 5 ans + 10 ans + 20 ans + 50 ans.
21. Modéliser le changement climatique
La conception Omakëya™ doit intégrer plusieurs futurs possibles.
Par exemple :
- climat actuel ;
- scénario chaud ;
- scénario très chaud ;
- sécheresse récurrente ;
- augmentation des pluies extrêmes.
La question devient :
Le système fonctionnera-t-il encore dans trente ans ?
PARTIE VI – ÉTAPE 5 : CONCEVOIR
Le diagnostic devient architecture écologique.
La conception ne consiste plus à placer des plantes.
Elle consiste à organiser les fonctions.
22. Concevoir les grandes structures
Commencer par :
- eau ;
- relief ;
- arbres ;
- haies ;
- forêt ;
- chemins ;
- bâtiments.
Puis seulement :
- arbustes ;
- vivaces ;
- potager ;
- cultures.
23. Concevoir les flux
Un jardin doit organiser :
Eau
Capturer → stocker → infiltrer → redistribuer.
Air
Protéger → canaliser → refroidir.
Énergie
Capturer → stocker → utiliser.
Carbone
Capturer → transformer → stocker.
Biodiversité
Nourrir → abriter → connecter.
24. Concevoir les microclimats
Chaque élément doit pouvoir remplir plusieurs fonctions.
Un arbre peut fournir :
- ombre ;
- refroidissement ;
- carbone ;
- habitat ;
- nourriture.
Une mare :
- eau ;
- biodiversité ;
- régulation thermique ;
- paysage.
Une haie :
- vent ;
- biodiversité ;
- carbone ;
- production.
25. Concevoir la résilience
Un système résilient ne dépend pas d’un seul élément.
Il possède :
- diversité ;
- redondance ;
- réserves ;
- alternatives.
Par exemple :
si une espèce disparaît, une autre doit pouvoir assurer une partie de sa fonction.
PARTIE VII – ÉTAPE 6 : PLANIFIER
Un écosystème ne se construit pas en une journée.
La planification doit intégrer le temps.
26. Le plan de plantation
On détermine :
- espèces ;
- densités ;
- espacements ;
- périodes de plantation ;
- associations.
27. Le plan hydraulique
Il précise :
- récupération ;
- stockage ;
- infiltration ;
- irrigation.
28. Le calendrier écologique
Il peut être organisé sur plusieurs années.
Année 0
Diagnostic.
Année 1
Structures principales.
Années 2–3
Plantations complémentaires.
Années 4–10
Accompagnement.
Années 10–20
Maturation.
29. Prioriser les investissements
Tout ne doit pas être réalisé immédiatement.
On peut prioriser :
- eau ;
- sol ;
- arbres structurants ;
- protection contre le vent ;
- production ;
- biodiversité ;
- infrastructures secondaires.
PARTIE VIII – ÉTAPE 7 : PLANTER
Planter n’est pas terminer. C’est commencer.
La plantation doit respecter le fonctionnement écologique.
30. Préparer le sol
Selon le contexte :
- décompactage raisonné ;
- apport de matière organique ;
- couverture ;
- restauration biologique.
L’objectif est de créer des conditions favorables aux racines.
31. Planter selon les microclimats
Une même espèce peut être adaptée à un endroit et mal adaptée à quelques mètres de distance.
On utilise donc :
- zones froides ;
- zones chaudes ;
- zones humides ;
- zones sèches ;
- zones ventées ;
- zones protégées.
32. Planter par strates
La conception peut intégrer :
- canopée ;
- arbres moyens ;
- arbustes ;
- vivaces ;
- couvre-sol ;
- racines ;
- grimpantes.
On exploite ainsi verticalement l’espace.
PARTIE IX – ÉTAPE 8 : ACCOMPAGNER
Le jardin vivant n’est pas abandonné après plantation.
Les premières années sont essentielles.
33. Accompagner l’eau
Il faut surveiller :
- humidité du sol ;
- stress hydrique ;
- besoins d’irrigation.
L’arrosage doit progressivement diminuer lorsque le système devient autonome.
34. Accompagner la croissance
On peut intervenir sur :
- taille ;
- formation ;
- concurrence ;
- densité.
L’objectif n’est pas de contrôler entièrement la nature.
Il consiste à l’accompagner.
35. Accompagner la biodiversité
Il faut parfois simplement :
- laisser une zone sauvage ;
- conserver du bois mort ;
- créer des refuges ;
- maintenir des fleurs.
L’entretien écologique consiste parfois à ne pas intervenir.
PARTIE X – ÉTAPE 9 : MESURER
Ce qui n’est pas mesuré ne peut pas être véritablement évalué.
La deuxième phase de mesure est différente de la première.
Au début, on mesure pour comprendre.
Après réalisation, on mesure pour vérifier.
36. Comparer prévision et réalité
Le modèle annonçait :
- telle consommation d’eau ;
- telle croissance ;
- telle température.
La réalité est-elle conforme ?
Si non :
pourquoi ?
37. Indicateurs climatiques
On peut suivre :
- température ;
- humidité ;
- durée d’ombrage ;
- température du sol.
38. Indicateurs hydrologiques
- volume récupéré ;
- infiltration ;
- consommation ;
- réserve disponible.
39. Indicateurs biologiques
- diversité végétale ;
- insectes ;
- oiseaux ;
- vers de terre ;
- champignons.
40. Indicateurs carbone
On peut suivre :
- biomasse ;
- croissance des arbres ;
- matière organique des sols.
PARTIE XI – ÉTAPE 10 : FAIRE ÉVOLUER
C’est l’étape qui transforme un jardin en écosystème.
Un projet Omakëya™ n’est jamais figé.
Il apprend.
41. Adapter les plantations
Si une espèce :
- souffre ;
- dépérit ;
- consomme trop d’eau ;
il faut comprendre pourquoi.
Elle peut être remplacée.
42. Modifier les flux d’eau
Une mare peut être :
- agrandie ;
- déplacée ;
- connectée à une noue.
Une zone sèche peut recevoir davantage de matière organique ou de couverture.
43. Adapter les strates végétales
Une forêt-jardin évolue naturellement.
Certaines espèces deviennent dominantes.
D’autres disparaissent.
Le concepteur peut accompagner cette évolution.
44. Apprendre des événements extrêmes
Une sécheresse est une expérience.
Une canicule est une expérience.
Une pluie extrême est une expérience.
Une tempête est une expérience.
Chaque événement révèle les forces et les faiblesses du système.
PARTIE XII – LA BOUCLE D’APPRENTISSAGE OMAKËYA™
La méthodologie devient alors :
OBSERVATION
↓
COMPRÉHENSION
↓
MESURE
↓
MODÈLE
↓
CONCEPTION
↓
RÉALISATION
↓
OBSERVATION
↓
MESURE
↓
APPRENTISSAGE
↓
ADAPTATION
↓
NOUVELLE CONCEPTION
C’est une boucle d’amélioration continue.
45. La méthode Omakëya™ comme système cybernétique écologique
Il existe ici une analogie intéressante avec les systèmes de contrôle.
Un système classique :
capteur → contrôleur → actionneur → système → capteur.
Un écosystème Omakëya™ peut être représenté par :
observation → analyse → décision → intervention → évolution → observation.
L’IA peut renforcer cette boucle sans remplacer les processus biologiques.
46. L’intelligence artificielle dans la méthode Omakëya™
L’IA peut intervenir à chaque niveau.
| Étape | Application IA |
|---|---|
| Observer | Analyse d’images, drones, satellites |
| Comprendre | Croisement des données |
| Mesurer | Détection d’anomalies |
| Modéliser | Jumeau numérique |
| Concevoir | Optimisation |
| Planifier | Scénarios |
| Planter | Aide au choix des espèces |
| Accompagner | Pilotage irrigation |
| Mesurer | Analyse automatique |
| Évoluer | Recommandations adaptatives |
47. Une méthode multi-échelle
La méthode peut être utilisée à différentes échelles.
Balcon
Quelques mètres carrés.
Jardin
Quelques centaines de mètres carrés.
Ferme
Plusieurs hectares.
Domaine
Dizaines ou centaines d’hectares.
Quartier
Plusieurs dizaines d’hectares.
Ville
Centaines ou milliers d’hectares.
Territoire
Bassin versant ou région.
La logique reste la même.
48. Une méthode applicable à presque tous les paysages
La même méthodologie peut être appliquée à :
- jardin ;
- verger ;
- forêt-jardin ;
- exploitation agricole ;
- parc ;
- entreprise ;
- campus ;
- école ;
- quartier ;
- zone industrielle ;
- friche.
Ce qui change, ce sont :
- les données ;
- les échelles ;
- les contraintes ;
- les objectifs.
49. Le tableau de bord Omakëya™
Un projet mature peut être suivi grâce à un tableau de bord.
Climat
Température moyenne.
Température maximale.
Humidité.
Eau
Consommation.
Stock.
Infiltration.
Sol
Matière organique.
Humidité.
Activité biologique.
Végétation
Croissance.
Survie.
Biomasse.
Biodiversité
Espèces observées.
Pollinisateurs.
Oiseaux.
Carbone
Stock estimé.
Évolution annuelle.
50. Les niveaux de maturité d’un écosystème Omakëya™
On peut imaginer cinq niveaux.
Niveau 1 – Jardin conventionnel
Fonctions essentiellement décoratives.
Niveau 2 – Jardin écologique
Biodiversité et réduction des intrants.
Niveau 3 – Jardin résilient
Autonomie partielle en eau et adaptation climatique.
Niveau 4 – Écosystème conçu
Flux intégrés et fonctions multiples.
Niveau 5 – Écosystème adaptatif
Mesuré, modélisé, piloté et capable d’évoluer.
51. La notion fondamentale : la trajectoire écologique
Un projet Omakëya™ ne doit pas uniquement définir :
où planter quoi.
Il doit définir :
vers quel écosystème voulons-nous évoluer ?
C’est une différence fondamentale.
Le plan devient une feuille de route écologique.
52. Exemple : trajectoire d’une forêt-jardin
Année 0
Sol dégradé.
Année 1
Plantation structurante.
Année 3
Première strate arbustive.
Année 5
Première production significative.
Année 10
Canopée intermédiaire.
Année 20
Écosystème mature.
Année 30+
Autonomisation progressive.
Le projet initial doit anticiper toutes ces phases.
53. Concevoir pour le climat de demain
La plantation doit également tenir compte du climat futur.
Une essence parfaitement adaptée aujourd’hui peut devenir moins adaptée dans plusieurs décennies.
Il faut donc rechercher :
- diversité ;
- plasticité ;
- complémentarité ;
- résistance à la sécheresse ;
- tolérance thermique.
La résilience vient rarement d’une seule espèce miracle.
Elle vient de l’architecture du système.
54. La résilience comme propriété émergente
Un écosystème résilient n’est pas nécessairement constitué d’espèces individuellement invulnérables.
Il peut être résilient parce que ses composants sont :
- diversifiés ;
- redondants ;
- connectés ;
- complémentaires.
C’est une propriété émergente du système.
55. La méthode Omakëya™ : une nouvelle ingénierie
Cette méthodologie rapproche plusieurs disciplines :
Climatologie
Hydrologie
Pédologie
Botanique
Écologie
Agronomie
Génie climatique
Paysage
SIG
IA
=
Ingénierie des écosystèmes résilients.
Concevoir une trajectoire plutôt qu’un jardin
La méthode Omakëya™ propose finalement une idée très simple :
Un écosystème ne se dessine pas seulement. Il se construit, se mesure, s’observe et évolue.
Les dix étapes constituent une boucle :
1. OBSERVER
↓
2. COMPRENDRE
↓
3. MESURER
↓
4. MODÉLISER
↓
5. CONCEVOIR
↓
6. PLANIFIER
↓
7. PLANTER
↓
8. ACCOMPAGNER
↓
9. MESURER
↓
10. FAIRE ÉVOLUER
↓
RECOMMENCER
VISION OMAKËYA™ – L’ÉCOSYSTÈME COMME PROJET VIVANT
La force de cette méthodologie réside finalement dans son dernier principe :
Faire évoluer.
Une conception traditionnelle cherche à atteindre un état final.
La Vision Omakëya™ cherche à créer les conditions permettant au système de continuer à évoluer favorablement.
C’est une différence philosophique, mais surtout technique.
Un jardin n’est pas une construction figée.
Une forêt n’est jamais terminée.
Un sol vivant se transforme.
Une mare évolue.
Une communauté biologique se réorganise.
Le climat change.
Les usages changent.
Les espèces changent.
La méthode doit donc changer elle aussi.
C’est pourquoi l’étape 10 ramène volontairement à l’étape 1.
Observer à nouveau.
Le terrain a changé.
Comprendre à nouveau.
Les interactions ont changé.
Mesurer à nouveau.
Les données ont changé.
Modéliser à nouveau.
Les modèles doivent être actualisés.
Concevoir à nouveau.
De nouvelles interventions deviennent pertinentes.
Ainsi naît un système d’apprentissage écologique continu.
Le véritable objectif d’Omakëya™ n’est donc pas de créer le jardin parfait.
Il est de créer un jardin capable de devenir progressivement meilleur.
Un jardin capable d’apprendre de la pluie.
D’apprendre de la sécheresse.
D’apprendre de la chaleur.
D’apprendre de ses arbres.
D’apprendre de ses sols.
D’apprendre de sa biodiversité.
D’apprendre de ses erreurs.
Et demain, grâce aux capteurs, aux SIG, au jumeau numérique et à l’intelligence artificielle, d’apprendre également de ses propres données.
C’est ici que se dessine une nouvelle génération d’aménagement :
l’écosystème adaptatif.
Un système conçu par l’humain, mais dont le fonctionnement repose de plus en plus sur les mécanismes du vivant.
Un système où l’ingénieur ne cherche plus à tout contrôler, mais construit les conditions permettant à l’écosystème de s’organiser, de se régénérer et de s’adapter.
Et c’est probablement là que se trouve le véritable cœur de l’ingénierie des écosystèmes résilients Omakëya™ :
Ne pas concevoir un paysage pour qu’il reste identique. Concevoir un paysage pour qu’il puisse continuer à vivre, apprendre et s’adapter.
- TOME « SUPP » AGROCLIMATOLOGIE : pour aller plus loin …
- TOME 15 AGROCLIMATOLOGIE : Le Grand Traité de l’Agroclimatologie
- TOME 14 AGROCLIMATOLOGIE : Économie, Gouvernance et Transition Écologique
- TOME 13 AGROCLIMATOLOGIE ! Les Retours d’Expérience
- TOME 12 AGROCLIMATOLOGIE : Mesurer, Diagnostiquer et Piloter les Écosystèmes
- TOME 11 AGROCLIMATOLOGIE ; Les Territoires Résilients
- TOME 10 AGROCLIMATOLOGIE : Modélisation, Simulation et Intelligence Artificielle
- TOME 9 AGROCLIMATOLOGIE : Concevoir les Jardins, Vergers et Fermes Résilients
- TOME 8 AGROCLIMATOLOGIE : Les Plantes du Climat de Demain
- TOME 7 AGROCLIMATOLOGIE : Les Sols Vivants et l’Hydrologie Régénérative
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 6 – Les applications : mise en œuvre de la méthode Omakëya™ à toutes les échelles, du balcon au territoire.
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
- AGROCLIMATOLOGIE : De la biologie des sols à l’intelligence artificielle, comprendre, concevoir et faire évoluer les jardins, vergers, fermes et paysages capables de résister au climat du futur.