
FORÊTS MULTIFONCTIONNELLES
Carbone — Eau — Biodiversité — Loisirs — Concevoir des forêts capables de remplir plusieurs fonctions simultanément
Une forêt n’est jamais seulement un ensemble d’arbres.
Elle produit de la biomasse, stocke une partie du carbone, intercepte les précipitations, ralentit certains ruissellements, protège les sols, héberge des organismes vivants, influence les microclimats, fournit parfois du bois, des fruits ou d’autres ressources, offre des espaces de promenade et peut constituer un patrimoine paysager, culturel et scientifique.
Mais ces fonctions ne sont ni indépendantes, ni toujours compatibles.
Une forêt très dense peut stocker beaucoup de biomasse à un moment donné, mais connaître une forte concurrence pour l’eau. Une ouverture du couvert peut améliorer certaines conditions de régénération ou de biodiversité, mais modifier le microclimat et l’évaporation. Une zone très fréquentée peut devenir un excellent espace de loisirs tout en créant des perturbations pour certaines espèces. Une gestion destinée à réduire le combustible peut modifier la structure des habitats. Une intervention favorable à une fonction peut donc réduire temporairement, ou parfois durablement, une autre fonction.
La question n’est donc pas :
« Comment produire le maximum d’un seul service forestier ? »
mais plutôt :
« Comment concevoir une forêt capable de fournir simultanément plusieurs services essentiels, tout en conservant suffisamment de diversité et de capacité d’adaptation pour continuer à fonctionner lorsque les conditions changent ? »
C’est ici qu’apparaît la notion de forêt multifonctionnelle.
Dans la Vision Omakëya™, cette forêt n’est pas simplement une forêt à laquelle on aurait ajouté plusieurs usages.
Elle est conçue dès le départ comme une infrastructure écologique multifonctionnelle, capable de produire des fonctions différentes dans l’espace, dans le temps et parfois dans les mêmes peuplements.
1. Passer de la forêt spécialisée à la forêt multifonctionnelle
Pendant longtemps, l’aménagement forestier a souvent été organisé autour d’une fonction dominante :
- production de bois ;
- protection contre l’érosion ;
- conservation de la biodiversité ;
- protection d’une ressource en eau ;
- chasse ;
- paysage ;
- loisirs.
Cette spécialisation peut être pertinente dans certaines situations.
Une zone de captage particulièrement sensible peut nécessiter des règles spécifiques. Une réserve naturelle peut avoir pour priorité la conservation de certains habitats. Une plantation destinée à produire une matière première peut être conçue selon des objectifs économiques précis.
Mais à l’échelle d’un territoire, une spécialisation généralisée peut également créer une mosaïque de fonctions séparées.
La forêt multifonctionnelle cherche au contraire à organiser une coexistence raisonnée des fonctions.
Elle peut associer :
- production ;
- stockage du carbone ;
- protection de l’eau ;
- conservation de la biodiversité ;
- prévention des risques ;
- loisirs ;
- recherche ;
- pédagogie ;
- paysage ;
- patrimoine ;
- ressources locales.
La multifonctionnalité n’est donc pas nécessairement :
une parcelle qui fait tout.
Elle peut être :
un territoire forestier dont les différentes composantes se complètent pour assurer plusieurs fonctions.
Cette distinction est fondamentale.
2. Une forêt possède plusieurs couches de fonctions
On peut représenter une forêt multifonctionnelle selon plusieurs dimensions.
Dimension verticale
Du sol jusqu’à la canopée :
- horizon organique ;
- sol minéral ;
- racines ;
- végétation herbacée ;
- arbustes ;
- jeunes arbres ;
- arbres adultes ;
- arbres âgés ;
- canopée ;
- espace aérien.
Chaque couche peut participer à différentes fonctions.
Le sol intervient dans :
- l’infiltration ;
- le stockage d’eau ;
- le cycle des nutriments ;
- le stockage du carbone ;
- l’habitat souterrain.
La strate arbustive intervient dans :
- la biodiversité ;
- la protection du sol ;
- la structure du combustible ;
- certains corridors.
La canopée intervient notamment dans :
- l’interception du rayonnement ;
- le microclimat ;
- l’habitat ;
- la production de biomasse ;
- les interactions avec l’atmosphère.
Dimension horizontale
Une forêt peut également être organisée en :
- massifs ;
- clairières ;
- lisières ;
- ripisylves ;
- zones humides ;
- mares forestières ;
- peuplements matures ;
- peuplements jeunes ;
- zones de régénération ;
- corridors ;
- zones de quiétude ;
- secteurs de fréquentation.
Dimension temporelle
La multifonctionnalité existe également dans le temps.
Une même parcelle peut remplir des fonctions différentes selon :
- son âge ;
- la saison ;
- son niveau de maturité ;
- les épisodes climatiques ;
- les cycles de régénération ;
- les interventions sylvicoles.
Une forêt multifonctionnelle est donc une architecture à quatre dimensions :
X — Y — Z — Temps.
3. Le carbone : une fonction, pas une simple quantité d’arbres
Le carbone est aujourd’hui devenu l’une des fonctions les plus étudiées des écosystèmes forestiers.
Mais réduire cette fonction au nombre d’arbres ou au volume de bois serait insuffisant.
Le carbone forestier se trouve dans plusieurs compartiments :
- biomasse aérienne ;
- biomasse racinaire ;
- bois mort ;
- litière ;
- matière organique du sol ;
- produits bois ;
- parfois des stocks associés aux zones humides et sols organiques.
La dynamique peut être représentée conceptuellement par :
[
\Delta C=C_{\text{entrées}}-C_{\text{sorties}}
]
avec :
- (C_{\text{entrées}}) : carbone entrant dans le système ;
- (C_{\text{sorties}}) : carbone perdu par respiration, décomposition, mortalité, exportation, incendie ou autres processus.
Cette équation est volontairement simplifiée.
Le bilan réel dépend de nombreux processus biologiques, physiques et anthropiques.
4. Stocker du carbone n’est pas la même chose que capter du carbone
Deux notions doivent être séparées.
Le flux
Il correspond à la quantité de carbone captée ou émise pendant une période.
Le stock
Il correspond à la quantité présente dans les différents compartiments.
Une forêt peut posséder un stock important de carbone tout en ayant une croissance nette relativement faible.
Inversement, une forêt jeune peut présenter une croissance rapide mais un stock encore limité.
Il faut donc éviter de transformer la question forestière en une simple compétition :
« Quelle forêt stocke le plus de carbone ? »
La question pertinente est plutôt :
« Quelle trajectoire forestière permet de maintenir ou d’augmenter durablement les stocks de carbone tout en conservant les autres fonctions essentielles ? »
5. Carbone et résilience climatique
Le stockage du carbone ne doit pas être considéré indépendamment du changement climatique.
Une forêt peut être fortement carbonée mais devenir vulnérable à :
- la sécheresse ;
- la chaleur ;
- les incendies ;
- les tempêtes ;
- les ravageurs ;
- les maladies.
Si une perturbation importante provoque une mortalité massive, une partie du carbone stocké peut être réémise ou transférée vers d’autres compartiments.
La multifonctionnalité impose donc une approche plus large :
Le meilleur stock théorique de carbone n’est pas nécessairement la meilleure trajectoire de résilience.
Il faut rechercher un compromis entre :
- carbone ;
- diversité ;
- stabilité ;
- régénération ;
- eau ;
- risque incendie ;
- santé des arbres ;
- biodiversité.
6. L’eau : la forêt comme infrastructure hydrologique
La deuxième grande fonction est l’eau.
Une forêt interagit continuellement avec le cycle hydrologique.
Les précipitations peuvent :
- être interceptées par la canopée ;
- atteindre directement le sol ;
- ruisseler ;
- s’infiltrer ;
- être stockées temporairement dans le sol ;
- être absorbées par les racines ;
- retourner vers l’atmosphère par évapotranspiration.
On peut utiliser une représentation simplifiée :
[
P=ET+Q+\Delta S
]
où :
- (P) représente les précipitations ;
- (ET), l’évapotranspiration ;
- (Q), les écoulements ;
- (\Delta S), la variation des stocks d’eau.
Cette relation ne constitue pas un modèle complet d’un bassin versant, mais elle permet de rappeler une réalité fondamentale :
la forêt ne crée pas l’eau ; elle modifie les flux, les temps de transfert et les stocks.
7. Le sol forestier : le véritable réservoir invisible
Lorsque l’on parle de forêt et d’eau, on pense souvent aux arbres.
Mais une partie essentielle du fonctionnement hydrologique se trouve sous nos pieds.
Un sol forestier fonctionnel peut présenter :
- une structure poreuse ;
- des macropores ;
- une litière ;
- des agrégats ;
- des racines ;
- des galeries biologiques ;
- de la matière organique ;
- une activité microbienne.
Ces éléments influencent :
- l’infiltration ;
- le stockage ;
- la circulation de l’eau ;
- l’aération ;
- l’activité biologique ;
- l’enracinement.
Une forêt multifonctionnelle doit donc être conçue aussi comme une infrastructure de sol.
8. Attention au mythe de la forêt qui « produit de l’eau »
Une forêt peut améliorer certaines fonctions hydrologiques, mais il serait scientifiquement incorrect de présenter toutes les forêts comme des dispositifs universels d’augmentation de la ressource en eau.
Les arbres consomment également de l’eau.
L’évapotranspiration peut être importante.
Dans certains contextes, une couverture forestière peut donc :
- favoriser l’infiltration ;
- réduire certains ruissellements ;
- protéger les sols ;
- réguler certains écoulements ;
tout en consommant une partie de l’eau disponible.
Le résultat dépend du :
- climat ;
- sol ;
- relief ;
- type de forêt ;
- densité ;
- profondeur racinaire ;
- régime pluviométrique ;
- saison ;
- état hydrique.
La bonne question devient donc :
« Quelle structure forestière optimise les fonctions hydrologiques recherchées dans ce bassin versant ? »
9. Les forêts ripariennes : priorité à l’eau
Toutes les zones forestières n’ont pas la même importance hydrologique.
Les forêts situées :
- le long des rivières ;
- autour des zones humides ;
- dans les fonds de vallée ;
- autour des sources ;
- sur certains secteurs sensibles à l’érosion ;
peuvent jouer des rôles particuliers.
Les ripisylves constituent notamment une interface entre :
terre ↔ rivière ↔ nappe ↔ atmosphère ↔ biodiversité.
Elles peuvent contribuer à :
- stabiliser certaines berges ;
- créer de l’ombre ;
- fournir des habitats ;
- filtrer certains flux ;
- ralentir certains écoulements ;
- favoriser une mosaïque d’habitats.
Mais là encore, une bande boisée ne remplace pas une politique de réduction des pollutions à la source.
10. La biodiversité : construire des habitats plutôt qu’accumuler des espèces
Une forêt multifonctionnelle ne doit pas chercher uniquement à maximiser le nombre d’espèces.
La question essentielle est :
Quels habitats et quelles fonctions écologiques sont présents ?
Une forêt diversifiée peut comporter :
- plusieurs essences ;
- plusieurs classes d’âge ;
- plusieurs hauteurs ;
- des arbres morts ;
- des cavités ;
- des bois au sol ;
- des lisières ;
- des clairières ;
- des zones humides ;
- des sols différents ;
- des microclimats différents.
Cette hétérogénéité crée une diversité de niches.
11. Le bois mort : déchet pour certains, infrastructure écologique pour d’autres
Un arbre mort peut sembler inutile d’un point de vue productif.
Écologiquement, il peut pourtant constituer un habitat majeur.
Le bois mort peut servir :
- aux champignons ;
- aux insectes ;
- aux microorganismes ;
- à certains oiseaux ;
- à certains mammifères ;
- à la décomposition ;
- au recyclage des nutriments.
Il constitue donc une composante importante de nombreux écosystèmes forestiers.
Mais la quantité et la localisation doivent être adaptées au contexte.
À proximité :
- des habitations ;
- des routes ;
- des infrastructures ;
- des zones de fréquentation intense ;
des contraintes de sécurité peuvent nécessiter des interventions.
La multifonctionnalité consiste précisément à ne pas appliquer une règle identique partout.
12. Les vieux arbres : patrimoine biologique
Les arbres âgés possèdent souvent une structure qu’un jeune arbre ne peut pas immédiatement reproduire :
- grosses branches ;
- cavités ;
- écorces complexes ;
- bois mort ;
- microhabitats ;
- architecture irrégulière.
Ils constituent donc des éléments importants de la continuité écologique.
Une forêt multifonctionnelle doit réfléchir en termes de continuité des générations.
Il ne suffit pas d’avoir aujourd’hui quelques vieux arbres.
Il faut préparer ceux qui deviendront les vieux arbres de demain.
13. Les lisières : interfaces multifonctionnelles
La lisière est souvent l’une des zones les plus complexes d’une forêt.
Elle relie :
- forêt ;
- prairie ;
- culture ;
- route ;
- zone humide ;
- espace urbain.
Elle peut concentrer :
- biodiversité ;
- lumière ;
- ressources alimentaires ;
- interactions entre habitats ;
- activités humaines.
Une lisière parfaitement rectiligne et uniforme ne possède pas nécessairement les mêmes fonctions qu’une lisière progressive composée de plusieurs strates.
La conception peut donc jouer sur :
- largeur ;
- profondeur ;
- sinuosité ;
- hauteur ;
- composition ;
- exposition ;
- présence de clairières.
14. La fonction de loisir : une forêt habitée
Une forêt multifonctionnelle peut également être un espace de loisirs.
Promenade, randonnée, observation naturaliste, photographie, découverte botanique, pédagogie, course à pied ou simple recherche de fraîcheur peuvent constituer des usages importants.
Mais la fréquentation est elle-même une pression écologique.
Elle peut entraîner :
- piétinement ;
- compactage des sols ;
- érosion ;
- dérangement ;
- fragmentation locale ;
- déchets ;
- artificialisation ponctuelle.
Il faut donc organiser la fréquentation.
15. Tous les endroits d’une forêt ne doivent pas être accessibles
Une erreur fréquente consiste à considérer qu’une forêt destinée au public doit être accessible partout.
La multifonctionnalité conduit à l’inverse à une hiérarchisation spatiale.
On peut distinguer :
Zone A — fréquentation forte
- chemins principaux ;
- espaces pédagogiques ;
- aires d’accueil ;
- équipements nécessaires.
Zone B — fréquentation modérée
- sentiers secondaires ;
- observation ;
- randonnée.
Zone C — fréquentation faible
- habitats sensibles ;
- secteurs de régénération ;
- zones de quiétude.
Zone D — protection prioritaire
- habitats rares ;
- zones humides sensibles ;
- secteurs scientifiques ;
- refuges biologiques.
La forêt devient ainsi un système où :
l’accessibilité elle-même est une variable d’aménagement.
16. La forêt fraîche : un service climatique
La forêt peut également contribuer à créer des microclimats différents des espaces ouverts.
Le couvert végétal peut :
- réduire le rayonnement solaire direct ;
- modifier les températures de surface ;
- favoriser certaines conditions d’humidité ;
- modifier les mouvements d’air ;
- produire de l’évapotranspiration lorsque l’eau est disponible.
Mais là encore :
l’ombre n’est pas synonyme automatique de refroidissement maximal.
Le fonctionnement dépend fortement de la disponibilité en eau.
Une forêt soumise à une sécheresse extrême peut réduire sa transpiration pour limiter les pertes hydriques.
La fonction climatique doit donc être pensée avec la fonction hydrologique.
17. Quand plusieurs fonctions entrent en conflit
C’est ici que commence véritablement l’ingénierie multifonctionnelle.
Prenons quelques exemples.
Carbone ↔ eau
Une forte biomasse peut correspondre à une forte consommation d’eau selon les conditions.
Loisirs ↔ biodiversité
Une forte fréquentation peut perturber certains habitats.
Bois mort ↔ sécurité
La conservation écologique peut entrer en conflit avec la sécurité des personnes.
Densité ↔ sécheresse
Une forte densité peut accroître la compétition hydrique dans certaines situations.
Ouverture ↔ carbone
Créer de grandes clairières peut réduire temporairement certains stocks de biomasse mais améliorer certaines fonctions écologiques.
Accès ↔ tranquillité
Multiplier les chemins augmente l’accessibilité mais peut fragmenter certains espaces.
Il n’existe donc pas une configuration parfaite.
18. Le principe des arbitrages explicites
Dans la Vision Omakëya™, un arbitrage ne doit jamais être caché.
Chaque intervention devrait répondre à quatre questions :
Quelle fonction cherche-t-on à améliorer ?
Quelle fonction risque d’être réduite ?
Pendant combien de temps ?
Peut-on compenser ou redistribuer cette fonction ailleurs ?
Cette méthode transforme la gestion forestière en véritable ingénierie des fonctions.
19. Une matrice multifonctionnelle
On peut construire une matrice de conception.
| Fonction | Structure favorable | Risques | Indicateurs |
|---|---|---|---|
| Carbone | Biomasse + sols + continuité | Incendie, mortalité | Stocks, flux |
| Eau | Sol fonctionnel + végétation adaptée | Sécheresse, saturation | Humidité, débit |
| Biodiversité | Diversité structurelle | Simplification | Habitats, espèces |
| Loisirs | Réseau de chemins hiérarchisé | Piétinement | Fréquentation |
| Paysage | Hétérogénéité | Uniformisation | Structure visuelle |
| Bois | Production adaptée | Vulnérabilité | Croissance, mortalité |
| Feu | Mosaïque + gestion combustible | Continuité des combustibles | Charge combustible |
| Sol | Couverture + structure | Compactage | Infiltration, structure |
Cette matrice permet de passer d’une vision qualitative à une véritable méthode de projet.
20. Ne pas chercher à maximiser toutes les fonctions simultanément
Une forêt ne peut pas nécessairement atteindre simultanément le maximum :
- de carbone ;
- de biodiversité ;
- de production ;
- de fréquentation ;
- de protection contre le feu ;
- de disponibilité en eau.
La recherche du maximum partout peut conduire à des contradictions.
L’objectif devient plutôt :
maintenir chaque fonction au-dessus d’un niveau acceptable tout en développant les complémentarités.
On peut représenter cela conceptuellement par :
[
F_{\text{territoire}}=
f(C,E,B,L,P,R)
]
où :
- (C) = carbone ;
- (E) = eau ;
- (B) = biodiversité ;
- (L) = loisirs ;
- (P) = production ;
- (R) = résilience.
Cette relation est un cadre de réflexion et non une formule universelle de calcul.
21. Le territoire plutôt que la parcelle
La multifonctionnalité devient particulièrement intéressante lorsqu’elle est pensée à l’échelle du massif.
Une parcelle peut être principalement :
- productive ;
une autre :
- écologique ;
une autre :
- hydrologique ;
une autre :
- dédiée à la fréquentation ;
une autre :
- destinée à la régénération.
L’ensemble peut alors produire une multifonctionnalité supérieure à celle obtenue en demandant exactement les mêmes fonctions à chaque hectare.
C’est le principe de :
la spécialisation complémentaire au sein d’un système multifonctionnel.
22. Une forêt en mosaïque
Le massif peut être organisé en mosaïque :
forêt mature → forêt jeune → clairière → ripisylve → zone humide → prairie → forêt dense → lisière → zone de quiétude → espace de loisirs.
Cette mosaïque crée :
- diversité ;
- redondance ;
- gradients ;
- refuges ;
- transitions ;
- possibilités de régénération.
Elle constitue également une stratégie d’adaptation climatique.
Si une perturbation détruit une composante, d’autres composantes peuvent continuer à fonctionner.
23. La redondance : principe fondamental de résilience
Un système résilient ne dépend pas d’un seul mécanisme.
Pour l’eau, plusieurs dispositifs peuvent contribuer :
- infiltration ;
- stockage dans le sol ;
- zones humides ;
- mares ;
- ripisylves ;
- zones d’expansion ;
- nappes.
Pour la biodiversité :
- plusieurs habitats ;
- plusieurs corridors ;
- plusieurs générations ;
- plusieurs microclimats.
Pour le carbone :
- biomasse ;
- racines ;
- sols ;
- bois mort ;
- produits bois.
La redondance augmente les possibilités de fonctionnement lorsque les conditions changent.
24. Les corridors : relier les fonctions
Une forêt multifonctionnelle doit également être connectée.
Les corridors peuvent relier :
- massifs ;
- rivières ;
- zones humides ;
- haies ;
- bosquets ;
- espaces agricoles ;
- espaces urbains.
Mais un corridor n’est pas nécessairement une simple bande d’arbres.
Il doit être pensé selon :
- les espèces ciblées ;
- les distances ;
- les habitats ;
- les obstacles ;
- la qualité des milieux ;
- la continuité temporelle.
La connectivité doit donc être fonctionnelle, pas uniquement géométrique.
25. L’eau comme colonne vertébrale du système
À l’échelle territoriale, le réseau hydrographique peut devenir une structure organisatrice.
On peut partir :
source → ruisseau → rivière → zone humide → vallée → forêt → agriculture → ville.
Puis rechercher les endroits où restaurer :
- ripisylves ;
- zones humides ;
- mares ;
- zones d’expansion ;
- sols forestiers ;
- continuités écologiques.
La trame bleue devient alors une ossature autour de laquelle peuvent s’organiser les autres fonctions.
26. Les loisirs autour des fonctions écologiques
La fréquentation peut également être utilisée comme outil pédagogique.
Plutôt que de simplement créer des sentiers, on peut concevoir :
- parcours hydrologiques ;
- observatoires de biodiversité ;
- parcours forestiers ;
- sentiers climatiques ;
- stations pédagogiques ;
- zones d’observation astronomique ;
- parcours historiques ;
- espaces scientifiques.
Le loisir devient alors une interface entre :
humain ↔ forêt ↔ connaissance.
27. La forêt comme laboratoire vivant
Une forêt multifonctionnelle peut également devenir un lieu d’expérimentation.
On peut y suivre :
- croissance ;
- mortalité ;
- température ;
- humidité ;
- humidité du sol ;
- biodiversité ;
- régénération ;
- fréquentation ;
- évolution du couvert.
Les données peuvent être collectées par :
- capteurs ;
- inventaires ;
- drones ;
- satellites ;
- LiDAR ;
- pièges photographiques ;
- acoustique ;
- observations de terrain.
Mais l’IA doit rester un outil d’aide à l’interprétation.
Le terrain reste indispensable.
28. Le jumeau numérique forestier
La forêt multifonctionnelle constitue un excellent candidat pour un jumeau numérique territorial.
Il peut intégrer :
- topographie ;
- sols ;
- hydrologie ;
- végétation ;
- âge des peuplements ;
- habitats ;
- chemins ;
- fréquentation ;
- risques ;
- infrastructures ;
- données climatiques.
On peut alors simuler plusieurs scénarios :
Scénario sécheresse
Que devient la consommation d’eau ?
Scénario incendie
Quels secteurs sont les plus vulnérables ?
Scénario fréquentation
Quels chemins deviennent trop fréquentés ?
Scénario régénération
Où la forêt peut-elle se renouveler naturellement ?
Scénario climatique 2050–2100
Quelles structures deviennent vulnérables ?
29. Mesurer la multifonctionnalité
Une forêt multifonctionnelle ne doit pas être seulement déclarée multifonctionnelle.
Il faut la mesurer.
On peut construire un tableau de bord.
Indicateurs carbone
- stock ;
- évolution ;
- mortalité ;
- biomasse ;
- carbone du sol.
Indicateurs hydrologiques
- humidité du sol ;
- infiltration ;
- ruissellement ;
- température de l’eau ;
- débit ;
- état des zones humides.
Indicateurs biodiversité
- diversité des habitats ;
- structure verticale ;
- vieux arbres ;
- bois mort ;
- régénération ;
- espèces indicatrices.
Indicateurs sociaux
- fréquentation ;
- satisfaction ;
- conflits d’usage ;
- accessibilité ;
- sécurité.
Indicateurs de résilience
- diversité ;
- redondance ;
- connectivité ;
- capacité de régénération ;
- vulnérabilité aux perturbations.
30. Un indicateur simple de diversité fonctionnelle
On peut également réfléchir à la dépendance du système à une fonction dominante.
De manière conceptuelle :
[
D_f=\frac{F_{\text{dominante}}}{F_{\text{totale}}}
]
Plus la totalité du fonctionnement dépend d’une seule composante, plus le système peut devenir vulnérable à sa défaillance.
Cet indicateur est volontairement simplifié.
Il ne mesure pas directement la résilience.
Il sert surtout à poser une question :
« Que se passe-t-il si notre fonction dominante disparaît ou devient fortement dégradée ? »
31. Concevoir plusieurs scénarios plutôt qu’un seul état final
Une forêt évolue.
Il est donc peu pertinent de concevoir uniquement une photographie de l’état souhaité à vingt ans.
Il faut concevoir des trajectoires :
0 an → 5 ans → 10 ans → 20 ans → 50 ans → 100 ans.
À chaque étape :
- quelle structure ?
- quelle fonction ?
- quelle vulnérabilité ?
- quelle régénération ?
- quelle intervention ?
- quelle évolution climatique ?
La question devient :
« La forêt restera-t-elle multifonctionnelle pendant sa transformation ? »
32. Une forêt multifonctionnelle doit avoir un mode dégradé
C’est un principe directement issu de l’ingénierie des systèmes.
Que se passe-t-il si :
- une sécheresse détruit une partie des arbres ?
- un incendie touche 20 % du massif ?
- une maladie atteint une essence dominante ?
- une tempête ouvre plusieurs hectares ?
- une rivière change de tracé ?
- une zone devient inaccessible ?
- la fréquentation augmente brutalement ?
Un système robuste doit conserver certaines fonctions essentielles même lorsqu’une partie du système est dégradée.
33. Le principe de compartimentation
La forêt multifonctionnelle peut donc être compartimentée.
Mais contrairement à une fragmentation écologique, il s’agit d’une compartimentation fonctionnelle connectée.
Les différentes unités restent reliées.
Par exemple :
- noyaux écologiques ;
- corridors ;
- zones productives ;
- zones hydrologiques ;
- zones de loisirs ;
- zones de régénération ;
- zones expérimentales.
L’objectif n’est pas de séparer totalement les fonctions.
C’est de les organiser.
34. Le rôle des arbres remarquables
Certains arbres peuvent recevoir un statut particulier :
- arbre ancien ;
- arbre semencier ;
- arbre à cavité ;
- arbre génétiquement intéressant ;
- arbre patrimonial ;
- arbre présentant une résistance remarquable à la sécheresse.
Ces individus peuvent devenir des ressources biologiques pour l’avenir.
Ils sont particulièrement intéressants dans une stratégie d’adaptation progressive.
35. Les forêts comme banques génétiques vivantes
Une forêt diversifiée conserve potentiellement une diversité génétique importante.
Face au changement climatique, cette diversité peut devenir une ressource pour la régénération future.
Il faut donc considérer :
- les provenances ;
- les populations locales ;
- les arbres semenciers ;
- les gradients climatiques ;
- les individus atypiques ;
- les populations périphériques.
L’objectif n’est pas nécessairement de préserver chaque population exactement dans son état actuel.
Il s’agit également de préserver une capacité d’évolution.
36. Multifonctionnalité et adaptation génétique
Les chapitres précédents ont montré l’importance de la diversité génétique.
Dans une forêt multifonctionnelle, cette diversité devient stratégique.
Une population composée d’individus présentant différentes réponses à :
- la sécheresse ;
- la chaleur ;
- les gels ;
- les maladies ;
- les sols pauvres ;
peut disposer de davantage d’options lorsque le climat évolue.
Mais la sélection doit rester progressive et documentée.
La forêt ne doit pas devenir un laboratoire de remplacement brutal des espèces.
37. La multifonctionnalité ne signifie pas « tout partout »
C’est probablement l’un des principes les plus importants de ce chapitre.
Une forêt multifonctionnelle n’est pas une forêt dans laquelle :
- chaque sentier traverse chaque habitat ;
- chaque parcelle produit du bois ;
- chaque hectare stocke le maximum de carbone ;
- chaque zone est accessible ;
- chaque arbre remplit toutes les fonctions.
La multifonctionnalité est une propriété émergente du système.
Elle résulte de la complémentarité entre les différentes unités.
38. Concevoir la forêt comme un portefeuille de fonctions
On peut utiliser une analogie avec la gestion des risques.
Un portefeuille concentré sur une seule ressource est vulnérable à la défaillance de cette ressource.
De même, une forêt dépendant :
- d’une seule essence ;
- d’un seul âge ;
- d’une seule structure ;
- d’un seul mode de gestion ;
peut présenter une vulnérabilité élevée.
Une forêt multifonctionnelle cherche donc à diversifier :
- les espèces ;
- les provenances ;
- les structures ;
- les âges ;
- les habitats ;
- les fonctions ;
- les usages ;
- les trajectoires.
39. L’économie de la forêt multifonctionnelle
La valeur d’une forêt ne se limite pas nécessairement au prix du bois.
Elle peut également fournir des services ou bénéfices associés à :
- la qualité de l’eau ;
- la réduction de certains risques ;
- les loisirs ;
- le tourisme ;
- le paysage ;
- la biodiversité ;
- la régulation microclimatique ;
- la protection des sols ;
- la recherche ;
- l’éducation.
Cela ne signifie pas que tous ces services doivent obligatoirement être monétarisés.
Certaines fonctions possèdent une valeur écologique, sociale ou patrimoniale qui ne se résume pas correctement à un prix.
40. Gouverner une forêt multifonctionnelle
Plus il y a de fonctions, plus il y a potentiellement d’acteurs :
- propriétaires ;
- communes ;
- gestionnaires forestiers ;
- agriculteurs ;
- associations ;
- habitants ;
- scientifiques ;
- chasseurs ;
- randonneurs ;
- entreprises ;
- services de l’eau ;
- services de secours.
La multifonctionnalité devient donc également un problème de gouvernance.
Il faut définir :
- les objectifs ;
- les priorités ;
- les zones ;
- les règles ;
- les indicateurs ;
- les responsabilités ;
- les mécanismes d’arbitrage.
41. Le diagnostic multifonctionnel Omakëya™
Avant toute intervention :
Observer
- relief ;
- végétation ;
- eau ;
- sols ;
- usages ;
- habitats.
Comprendre
- fonctionnement hydrologique ;
- fonctionnement écologique ;
- fonctionnement climatique ;
- fonctionnement social.
Mesurer
- carbone ;
- eau ;
- biodiversité ;
- fréquentation ;
- risques.
Modéliser
- scénarios climatiques ;
- incendies ;
- sécheresse ;
- fréquentation ;
- régénération.
Concevoir
- mosaïque ;
- corridors ;
- zones de quiétude ;
- zones de loisirs ;
- zones hydrologiques ;
- zones productives.
Planifier
- 5 ans ;
- 20 ans ;
- 50 ans ;
- 100 ans.
Mesurer
Comparer les résultats aux objectifs.
Faire évoluer
Modifier la gestion lorsque le système change.
42. Une architecture forestière à plusieurs échelles
La multifonctionnalité doit être pensée simultanément :
À l’échelle de l’arbre
- essence ;
- architecture ;
- santé ;
- fonction.
À l’échelle du peuplement
- densité ;
- mélange ;
- structure ;
- régénération.
À l’échelle du massif
- mosaïque ;
- corridors ;
- zones de loisirs ;
- zones écologiques.
À l’échelle du bassin versant
- eau ;
- sols ;
- rivières ;
- zones humides.
À l’échelle territoriale
- agriculture ;
- villes ;
- infrastructures ;
- climat ;
- biodiversité.
43. La forêt multifonctionnelle comme infrastructure territoriale
À ce stade, la forêt cesse d’être considérée comme un simple espace boisé.
Elle devient une infrastructure.
Une infrastructure :
- hydrologique ;
- climatique ;
- écologique ;
- productive ;
- sociale ;
- paysagère ;
- pédagogique ;
- patrimoniale.
Et contrairement à une infrastructure purement technique, elle évolue.
Elle croît.
Elle se reproduit.
Elle se transforme.
Elle vieillit.
Elle meurt.
Elle se régénère.
Elle réagit aux perturbations.
Elle produit elle-même une partie de ses structures.
C’est précisément ce qui rend sa conception différente de celle d’un ouvrage classique.
44. Le principe Omakëya™ : plusieurs fonctions, plusieurs futurs
La Vision Omakëya™ ne cherche pas à produire une forêt parfaite.
Elle cherche à construire une forêt qui possède suffisamment :
- de diversité ;
- de redondance ;
- de connectivité ;
- de stockage ;
- de régénération ;
- de microclimats ;
- de ressources ;
- de possibilités d’évolution.
Une forêt multifonctionnelle doit donc être capable de répondre à plusieurs futurs possibles.
45. La forêt multifonctionnelle de 2100
À l’horizon 2050–2100, la question ne sera probablement plus seulement :
« Quelle forêt voulons-nous aujourd’hui ? »
mais :
« Quelle forêt voulons-nous être capables de faire évoluer pendant les prochaines décennies ? »
Le climat futur pourra modifier :
- la disponibilité en eau ;
- les températures ;
- les régimes de sécheresse ;
- les risques d’incendie ;
- les ravageurs ;
- les maladies ;
- la phénologie ;
- la régénération ;
- les usages humains.
Une forêt conçue comme un système figé peut devenir vulnérable.
Une forêt conçue comme un système adaptatif conserve davantage de possibilités.
46. La forêt comme organisme territorial
La métaphore de l’organisme vivant prend ici toute sa puissance.
La forêt possède :
- des entrées ;
- des sorties ;
- des stocks ;
- des flux ;
- des organes fonctionnels ;
- des réseaux ;
- des boucles de rétroaction ;
- des mécanismes de renouvellement.
L’eau circule.
Le carbone circule.
Les nutriments circulent.
Les organismes se déplacent.
Les graines se dispersent.
Les arbres grandissent.
Les générations se remplacent.
Les perturbations transforment le système.
La forêt n’est donc pas un décor.
Elle est un métabolisme territorial vivant.
47. Vers une ingénierie des fonctions forestières
La prochaine étape consiste à ne plus demander simplement :
« Quels arbres planter ? »
mais :
« Quelles fonctions devons-nous assurer ? »
Puis :
« Quelles structures forestières permettent de les assurer ? »
Puis :
« Comment ces fonctions interagissent-elles ? »
Et enfin :
« Comment faire évoluer le système lorsque le climat change ? »
Cette démarche inverse la logique traditionnelle.
On ne commence plus par l’essence.
On commence par la fonction.
48. La méthode Omakëya™ appliquée aux forêts multifonctionnelles
La méthode peut être synthétisée ainsi :
Observer → Comprendre → Mesurer → Modéliser → Identifier les fonctions → Identifier les conflits → Identifier les complémentarités → Concevoir la mosaïque → Connecter → Planifier → Expérimenter → Mesurer → Adapter.
Elle permet de transformer la forêt en système évolutif.
49. Tableau de synthèse — Les grandes fonctions d’une forêt multifonctionnelle
| Fonction | Ce que la forêt peut apporter | Principales contraintes |
|---|---|---|
| Carbone | Stocks dans biomasse, sols, bois mort | Sécheresse, incendie, mortalité |
| Eau | Interception, infiltration, protection des sols, régulation de certains flux | Consommation d’eau, sécheresse |
| Biodiversité | Habitats, refuges, corridors, ressources | Fragmentation, perturbation, simplification |
| Loisirs | Promenade, sport, découverte, bien-être | Piétinement, dérangement |
| Production | Bois, biomasse, autres ressources | Marché, climat, ravageurs |
| Climat local | Ombre, modification du microclimat | Disponibilité en eau |
| Protection | Sols, berges, certains risques | Événements extrêmes |
| Paysage | Cadre visuel, identité territoriale | Artificialisation, uniformisation |
| Éducation | Observation, pédagogie, science | Fréquentation |
| Recherche | Suivi écologique et climatique | Besoin de données longues |
50. Le grand principe Omakëya™
Une forêt multifonctionnelle n’est pas une forêt qui cherche à maximiser toutes ses fonctions simultanément.
C’est une forêt qui sait organiser, répartir, connecter et faire évoluer ses fonctions.
Elle ne demande pas à chaque arbre de tout faire.
Elle demande au système forestier de pouvoir :
- stocker du carbone ;
- protéger l’eau ;
- accueillir le vivant ;
- offrir des espaces aux humains ;
- produire lorsque cela est pertinent ;
- résister aux perturbations ;
- se régénérer ;
- évoluer avec le climat.
Son intelligence ne vient donc pas d’une structure unique.
Elle vient de la diversité des structures, de leurs interactions et de leur capacité à évoluer dans le temps.
PRINCIPE OMAKËYA™ — NE CHERCHEZ PAS À CONSTRUIRE UNE FORÊT QUI REMPLIT UNE FONCTION À LA FOIS. CONSTRUISEZ UN SYSTÈME FORESTIER DANS LEQUEL PLUSIEURS FONCTIONS SE RENFORCENT, SE COMPLÈTENT ET SE REMPLACENT PARTIELLEMENT LORSQUE L’UNE D’ELLES EST FRAGILISÉE.
La forêt devient alors beaucoup plus qu’un espace boisé.
Elle devient une infrastructure vivante du territoire.
Une infrastructure capable de stocker, filtrer, abriter, produire, rafraîchir, relier, accueillir, apprendre et se renouveler.
Et cette idée conduit naturellement à la question suivante :
Que devient une forêt lorsque le climat, les espèces, les sols et les territoires eux-mêmes changent ?
Car une forêt véritablement résiliente ne doit pas seulement être multifonctionnelle.
Elle doit également être capable d’évoluer biologiquement avec son environnement.
Le prochain niveau de la Vision Omakëya™ est donc celui des semences, des provenances, de la diversité génétique et de l’adaptation des arbres au terroir et au climat futur.
- TOME « SUPP » AGROCLIMATOLOGIE : pour aller plus loin …
- TOME 15 AGROCLIMATOLOGIE : Le Grand Traité de l’Agroclimatologie
- TOME 14 AGROCLIMATOLOGIE : Économie, Gouvernance et Transition Écologique
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- TOME 12 AGROCLIMATOLOGIE : Mesurer, Diagnostiquer et Piloter les Écosystèmes
- TOME 11 AGROCLIMATOLOGIE ; Les Territoires Résilients
- TOME 10 AGROCLIMATOLOGIE : Modélisation, Simulation et Intelligence Artificielle
- TOME 9 AGROCLIMATOLOGIE : Concevoir les Jardins, Vergers et Fermes Résilients
- TOME 8 AGROCLIMATOLOGIE : Les Plantes du Climat de Demain
- TOME 7 AGROCLIMATOLOGIE : Les Sols Vivants et l’Hydrologie Régénérative
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 6 – Les applications : mise en œuvre de la méthode Omakëya™ à toutes les échelles, du balcon au territoire.
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
- AGROCLIMATOLOGIE : De la biologie des sols à l’intelligence artificielle, comprendre, concevoir et faire évoluer les jardins, vergers, fermes et paysages capables de résister au climat du futur.