AGROCLIMATOLOGIE : De l’autonomie familiale à la microferme : concevoir une ferme résiliente, autonome, productive et adaptée au climat futur

LA FERME AGROCLIMATIQUE OMAKËYA™

De l’autonomie familiale à la microferme : concevoir une ferme résiliente, autonome, productive et adaptée au climat futur

La ferme constitue une nouvelle étape dans la méthode Omakëya™.

Après le balcon, le jardin, le potager et le verger, on change d’échelle.

La ferme ne peut plus être pensée comme une juxtaposition de parcelles spécialisées.

Elle doit être considérée comme un système territorial vivant, dans lequel circulent :

  • l’eau ;
  • l’énergie ;
  • le carbone ;
  • les nutriments ;
  • les animaux ;
  • les plantes ;
  • les matières organiques ;
  • les personnes ;
  • les produits ;
  • les données ;
  • les revenus.

L’objectif n’est donc pas simplement de produire davantage.

Il s’agit de concevoir une ferme capable de :

produire, économiser, recycler, stocker, s’adapter et continuer à fonctionner lorsque les conditions climatiques deviennent plus difficiles.


I. DE L’AUTONOMIE FAMILIALE À LA MICROFERME

Il existe une continuité entre plusieurs modèles.

ModèleFonction dominanteÉchelle indicative
Jardin nourriciercomplément alimentairequelques centaines de m²
Petite ferme familialeautonomie partielle ou importante~0,5 à quelques ha
Microfermeproduction diversifiéequelques ha
Ferme diversifiéeproduction commercialequelques dizaines d’ha
Exploitation agroécologiqueproduction spécialisée/diversifiéevariable
Ferme territorialeproduction + services écosystémiquestrès variable

Il ne faut cependant pas définir une ferme uniquement par sa superficie.

Deux fermes de même surface peuvent avoir des fonctions, des productions et des modèles économiques radicalement différents.


II. L’AUTONOMIE : UN CONCEPT À DÉCOMPOSER

Dire qu’une ferme est « autonome » ne signifie pas nécessairement qu’elle produit absolument tout.

Il faut distinguer plusieurs autonomies.

Autonomie alimentaire

Produire une partie ou la totalité de :

  • légumes ;
  • fruits ;
  • céréales ;
  • légumineuses ;
  • œufs ;
  • lait ;
  • viande selon le système.

Autonomie en eau

Réduire la dépendance au réseau grâce à :

  • récupération des pluies ;
  • stockage ;
  • infiltration ;
  • retenues ;
  • sols capables de conserver l’eau.

Autonomie énergétique

Produire ou économiser :

  • électricité ;
  • chaleur ;
  • carburants ou énergie de traction, selon les possibilités.

Autonomie fertilitaire

Recycler :

  • fumier ;
  • compost ;
  • résidus végétaux ;
  • biomasse ;
  • effluents traités selon la réglementation.

Autonomie semencière

Conserver et multiplier certaines semences adaptées au système.

Autonomie économique

Disposer de plusieurs sources de revenus.


III. LA FERME COMME SYSTÈME

Une ferme Omakëya™ peut être représentée comme un ensemble de sous-systèmes :

                         CLIMAT                           ↓          ┌────────────────┼────────────────┐          ↓                ↓                ↓        SOLEIL            EAU              VENT          ↓                ↓                ↓      ÉNERGIE          HYDROLOGIE       MICROCLIMAT          ↓                ↓                ↓          └──────────────┬─┴────────────────┘                         ↓                       SOLS                         ↓          ┌──────────────┼──────────────┐          ↓              ↓              ↓     CULTURES         PRAIRIES       ARBRES          ↓              ↓              ↓     ALIMENTATION     FOURRAGES     FRUITS/BOIS          ↓              ↓              ↓          └──────────────┬──────────────┘                         ↓                       ANIMAUX                         ↓                  MATIÈRES ORGANIQUES                         ↓                        SOL

La ferme fonctionne alors par boucles plutôt que par flux linéaires.


IV. LE ZONAGE AGROCLIMATIQUE

Avant de décider quoi planter, il faut cartographier le terrain.

Identifier :

  • pentes ;
  • points hauts ;
  • points bas ;
  • zones humides ;
  • zones sèches ;
  • sols profonds ;
  • sols superficiels ;
  • zones exposées au vent ;
  • zones protégées ;
  • zones très ensoleillées ;
  • zones ombragées.

On peut ensuite construire une carte de potentiel :

ZoneCaractéristiquesUsages possibles
Hautesèche, ventiléecéréales, prairie
Intermédiairesol profondmaraîchage
Bas-fondhumideprairie, zone humide
Bordureexposéehaie
Penteruissellementagroforesterie
Zone protégéemicroclimat favorableverger
Zone humidestockage écologiquemare

Le zonage permet d’adapter les productions au fonctionnement naturel du terrain.


V. GRANDES CULTURES

Les grandes cultures restent essentielles à l’échelle d’une ferme.

Selon le contexte, elles peuvent inclure :

  • blé ;
  • orge ;
  • seigle ;
  • avoine ;
  • maïs ;
  • sorgho ;
  • tournesol ;
  • colza ;
  • pois ;
  • féverole ;
  • lentilles ;
  • autres espèces adaptées au terroir.

Mais le climat futur impose de revoir certains choix.


VI. AGROCLIMATOLOGIE DES GRANDES CULTURES

Il faut analyser :

  • disponibilité de l’eau ;
  • profondeur racinaire ;
  • date de semis ;
  • durée du cycle ;
  • risque de gel ;
  • stress thermique ;
  • déficit hydrique ;
  • fertilité ;
  • structure du sol.

Une variété productive dans des conditions favorables peut devenir moins intéressante lorsque les extrêmes climatiques augmentent.

La recherche de résilience implique donc :

diversité variétale + diversité culturale + gestion du sol + gestion de l’eau.


VII. DIVERSIFIER LES CULTURES

La monoculture peut simplifier la gestion, mais elle peut également concentrer les risques.

Une ferme résiliente peut associer :

  • céréales ;
  • légumineuses ;
  • oléagineux ;
  • fourrages ;
  • légumes ;
  • fruits ;
  • plantes aromatiques ;
  • cultures pérennes.

La diversité constitue une forme de réduction du risque agronomique et économique.


VIII. MARAÎCHAGE

Le maraîchage constitue souvent le cœur alimentaire d’une petite ferme diversifiée.

Il peut être organisé autour de :

  • planches permanentes ;
  • rotations ;
  • associations ;
  • cultures successives ;
  • serres ;
  • pépinières ;
  • irrigation localisée ;
  • stockage.

Le maraîchage intensif nécessite toutefois une gestion particulièrement fine de :

  • l’eau ;
  • la fertilité ;
  • la main-d’œuvre ;
  • les maladies ;
  • la logistique ;
  • la commercialisation.

IX. MARAÎCHAGE ET MICROCLIMATS

Une ferme peut créer plusieurs microclimats grâce à :

  • haies ;
  • arbres ;
  • bâtiments ;
  • talus ;
  • bosquets ;
  • mares ;
  • serres.

La parcelle maraîchère n’est donc plus isolée.

Elle devient un élément du système climatique de la ferme.


X. AGROFORESTERIE

L’agroforesterie introduit des arbres dans les systèmes agricoles.

Selon le modèle, on peut associer :

  • arbres + cultures ;
  • arbres + prairies ;
  • arbres + animaux ;
  • verger + maraîchage ;
  • haies + cultures.

Les arbres peuvent fournir :

  • fruits ;
  • bois ;
  • biomasse ;
  • ombre ;
  • habitat ;
  • stockage de carbone.

Ils peuvent également modifier le microclimat.

Mais ils consomment eux-mêmes de l’eau et peuvent entrer en compétition avec les cultures.

L’agroforesterie doit donc être dimensionnée, et non simplement plantée.


XI. LES HAIES : INFRASTRUCTURES AGROCLIMATIQUES

Une haie peut jouer plusieurs rôles :

  • brise-vent ;
  • habitat ;
  • corridor écologique ;
  • production de biomasse ;
  • protection contre l’érosion ;
  • structuration du paysage.

Sa conception dépend :

  • de la direction des vents dominants ;
  • de la hauteur ;
  • de la porosité ;
  • des espèces ;
  • de la largeur ;
  • de la distance aux cultures.

XII. L’ÉLEVAGE DANS LA FERME AGROCLIMATIQUE

L’élevage peut devenir un élément du cycle de fertilité :

PRAIRIE  ↓ANIMAL  ↓ALIMENTATION  ↓PRODUCTION  ↓EFFLUENTS  ↓COMPOST / FERTILISATION  ↓SOL  ↓PRAIRIE

Mais cette boucle n’est réellement pertinente que si :

  • les flux de matière sont maîtrisés ;
  • les besoins alimentaires sont cohérents avec les surfaces ;
  • les effluents sont correctement gérés ;
  • les impacts environnementaux sont maîtrisés.

XIII. QUELS ANIMAUX ?

Selon le contexte :

Volailles

  • œufs ;
  • viande ;
  • valorisation de certains coproduits.

Ovins

  • pâturage ;
  • viande ;
  • laine selon le système.

Caprins

  • lait ;
  • valorisation de certains parcours.

Bovins

  • lait ;
  • viande ;
  • pâturage ;
  • fumure.

Abeilles

  • pollinisation ;
  • miel ;
  • biodiversité.

Le choix doit être lié à la capacité réelle du territoire à nourrir les animaux.


XIV. L’ÉLEVAGE COMME OUTIL DE GESTION ÉCOLOGIQUE

Dans certains systèmes, les animaux peuvent contribuer à :

  • entretien de prairies ;
  • gestion de végétation ;
  • valorisation de biomasse ;
  • recyclage de nutriments.

Mais le pâturage doit être raisonné.

Un surpâturage peut provoquer :

  • compaction ;
  • érosion ;
  • diminution de la couverture végétale ;
  • perte de biodiversité.

La question devient :

combien d’animaux le territoire peut-il réellement supporter sans dégrader ses fonctions écologiques ?


XV. LES PRAIRIES

Les prairies constituent souvent des infrastructures écologiques majeures.

Elles peuvent fournir :

  • fourrage ;
  • habitat ;
  • stockage de carbone dans le sol ;
  • infiltration ;
  • protection contre l’érosion ;
  • biodiversité.

La composition floristique doit être adaptée :

  • au sol ;
  • au climat ;
  • à l’usage ;
  • à la fréquence de fauche ;
  • au pâturage.

XVI. HYDROLOGIE DE LA FERME

L’eau doit être pensée à l’échelle du bassin versant de la ferme.

Identifier :

où l’eau arrive

où elle s’écoule

où elle s’infiltre

où elle est stockée

où elle est consommée

où elle repart.


XVII. CRÉER UN RÉSEAU HYDRAULIQUE AGROÉCOLOGIQUE

Une ferme peut intégrer :

  • fossés végétalisés ;
  • noues ;
  • mares ;
  • bassins ;
  • zones humides ;
  • terrasses ;
  • bandes enherbées ;
  • ouvrages d’infiltration.

L’objectif n’est pas nécessairement de retenir toute l’eau.

Il faut rechercher un fonctionnement hydraulique équilibré.


XVIII. LA FERME « ÉPONGE »

On peut imaginer une ferme qui ralentit les écoulements :

PLUIE ↓SOL VIVANT ↓INFILTRATION ↓RÉSERVE DU SOL ↓NAPPES / ZONES HUMIDES ↓MARES / BASSINS ↓IRRIGATION ↓CULTURES

Une partie de l’eau reste ainsi plus longtemps dans le système.


XIX. L’EAU ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le paradoxe climatique devient central :

davantage d’événements de pluie intense

mais potentiellement :

davantage de périodes sèches entre les épisodes.

La ferme doit donc être capable de :

gérer simultanément l’excès d’eau et le manque d’eau.

C’est l’un des principes fondamentaux de l’hydrologie régénérative.


XX. GESTION ÉNERGÉTIQUE

La ferme est également un système énergétique.

Entrées :

  • soleil ;
  • carburants ;
  • électricité ;
  • biomasse ;
  • alimentation animale.

Sorties :

  • aliments ;
  • chaleur ;
  • électricité ;
  • produits ;
  • biomasse.

La stratégie consiste à réduire progressivement les pertes.


XXI. SOLAIRE ET AUTOPRODUCTION

Selon les contraintes du site, on peut envisager :

  • photovoltaïque ;
  • solaire thermique ;
  • pompes alimentées par photovoltaïque ;
  • stockage électrique ;
  • bâtiments bioclimatiques.

Le dimensionnement doit partir des besoins réels.


XXII. L’ÉNERGIE CACHÉE DANS LE PAYSAGE

Un arbre représente également une forme de stockage énergétique et biologique :

rayonnement solaire

photosynthèse

biomasse

bois / fruits / feuilles / racines

matière organique

sol.

La ferme agroclimatique cherche donc à mieux exploiter les flux solaires tout en préservant les fonctions écologiques.


XXIII. CIRCUITS COURTS

La résilience ne concerne pas uniquement la production.

Elle concerne aussi la capacité à vendre.

Une ferme peut développer plusieurs débouchés :

  • vente directe ;
  • paniers ;
  • AMAP ;
  • marché ;
  • restauration ;
  • magasins locaux ;
  • transformation ;
  • vente à la ferme.

La proximité peut réduire certaines dépendances logistiques, sans garantir à elle seule une meilleure rentabilité.


XXIV. TRANSFORMER UNE PARTIE DE LA PRODUCTION

La transformation peut augmenter la valeur ajoutée :

  • jus ;
  • confitures ;
  • conserves ;
  • farines ;
  • huiles ;
  • produits séchés ;
  • produits fermentés.

Elle nécessite toutefois :

  • équipements ;
  • énergie ;
  • réglementation ;
  • temps ;
  • compétences ;
  • débouchés.

XXV. RÉSILIENCE ÉCONOMIQUE

Une ferme dépend souvent de plusieurs variables :

rendement

×

prix

×

coûts

×

climat

×

marché

×

main-d’œuvre.

Une stratégie de résilience consiste notamment à éviter qu’un seul événement puisse mettre en danger l’ensemble du système.


XXVI. DIVERSIFIER LES REVENUS

Une ferme peut associer :

  • maraîchage ;
  • arboriculture ;
  • élevage ;
  • céréales ;
  • transformation ;
  • accueil ;
  • tourisme ;
  • formation ;
  • vente de plants ;
  • semences ;
  • bois ;
  • services environnementaux.

La diversification doit néanmoins rester maîtrisable.

Une ferme trop complexe peut également devenir inefficiente.


XXVII. LA FERME COMME PORTEFEUILLE DE RISQUES

On peut représenter les productions comme un portefeuille :

ActivitéRisque climatiqueRisque économiqueFonction
Maraîchageélevémoyen/élevérevenu
Vergermoyen/élevémoyenproduction pérenne
Céréalesélevé selon contextemoyenalimentation
Prairiemoyenmoyenélevage
Élevagemoyenélevéproduction
Agroforesterielong termemoyenpatrimoine
Transformationindirectmoyenvaleur ajoutée
Tourismeclimatiquevariablediversification

L’objectif n’est pas de supprimer le risque.

Il est de le répartir.


XXVIII. DIMENSIONNER LA FERME

Comme pour un système d’ingénierie, il faut répondre à des questions quantitatives.

Eau

  • Quelle pluviométrie ?
  • Quelle consommation ?
  • Quelle réserve ?
  • Quelle infiltration ?
  • Quel déficit maximal ?

Sol

  • Quelle profondeur ?
  • Quelle réserve utile ?
  • Quel potentiel agronomique ?

Productions

  • Quelle surface ?
  • Quel rendement réaliste ?
  • Quelle saisonnalité ?

Élevage

  • Quelle surface fourragère ?
  • Quelle capacité de pâturage ?
  • Quelle quantité d’aliments ?

Énergie

  • Quelle consommation ?
  • Quelle production ?
  • Quel stockage ?

Économie

  • Quel investissement ?
  • Quels coûts ?
  • Quel chiffre d’affaires ?
  • Quelle marge ?

XXIX. SCÉNARIOS CLIMATIQUES

La ferme ne doit pas être dimensionnée uniquement pour le climat actuel.

On peut travailler avec plusieurs scénarios :

Scénario A — climat actuel

Conditions de référence.

Scénario B — 2050

Évolution probable des températures, précipitations et extrêmes selon le territoire et le scénario climatique considéré.

Scénario C — 2100

Conditions climatiques fortement modifiées selon les trajectoires d’émissions retenues.

La question devient :

la ferme continue-t-elle à fonctionner dans chacun de ces scénarios ?


XXX. LE PRINCIPE DE REDONDANCE

Une ferme résiliente ne doit pas dépendre d’une seule solution.

Par exemple :

eau

→ pluie

→ stockage

→ infiltration

→ irrigation

→ économie d’eau.

Si une source devient insuffisante, les autres peuvent contribuer.

Cette redondance augmente la robustesse du système.


XXXI. LA FERME COMME ÉCOSYSTÈME PRODUCTIF

On peut finalement définir plusieurs fonctions simultanées :

FonctionComposants
Alimentairecultures, vergers, élevage
Hydrologiquemares, sols, zones humides
Climatiquearbres, haies, prairies
Écologiquehabitats, corridors
Énergétiquesolaire, biomasse, sobriété
Fertilitécompost, élevage, biomasse
Économiquevente, transformation
Socialeemploi, alimentation locale
Pédagogiqueformation, expérimentation
Patrimonialesols, arbres, semences

La ferme devient ainsi multifonctionnelle.


XXXII. VERS LA MICROFERME OMAKËYA™

La microferme constitue un terrain particulièrement intéressant pour expérimenter cette approche.

Elle peut combiner :

          FORÊT            ↓         ARBRES            ↓      AGROFORESTERIE            ↓     ┌──────┴──────┐     ↓             ↓ VERGER         PRAIRIE     ↓             ↓MARAÎCHAGE     ÉLEVAGE     ↓             ↓     └──────┬──────┘            ↓       COMPOST / SOL            ↓        FERTILITÉ

À côté :

PLUIE ↓MARES / NOUES ↓STOCKAGE ↓IRRIGATION ↓PRODUCTION

Et au-dessus :

CAPTEURS ↓DONNÉES ↓IA ↓PILOTAGE

XXXIII. LE JUMEAU NUMÉRIQUE DE LA FERME

À terme, la ferme peut disposer de son propre modèle numérique.

Entrées

  • météo ;
  • sols ;
  • topographie ;
  • surfaces ;
  • cultures ;
  • arbres ;
  • animaux ;
  • eau ;
  • énergie.

Calculs

  • bilan hydrique ;
  • croissance ;
  • besoins d’irrigation ;
  • ombrage ;
  • production ;
  • risques climatiques ;
  • énergie.

Sorties

  • rendement probable ;
  • besoins en eau ;
  • zones à risque ;
  • périodes critiques ;
  • scénarios futurs.

La ferme devient progressivement un système piloté par la connaissance plutôt qu’un système piloté uniquement par l’habitude.


XXXIV. LES INDICATEURS D’UNE FERME AGROCLIMATIQUE

DomaineIndicateur
Eaum³ consommés/ha
Productionkg ou € / ha
Solmatière organique
Fertilitéautonomie en nutriments
Biodiversitédiversité observée
ÉnergiekWh/kg produit
Carboneévolution du stock de carbone
Économiemarge par activité
Résilienceproduction maintenue en année sèche
Autonomiepart des ressources produites sur place
Diversificationnombre de sources de revenus
Hydrologiepart des pluies infiltrée/stockée selon méthode de mesure

XXXV. LA FERME COMME « ENTREPRISE ÉCOSYSTÈME »

Le terme est important.

Une ferme Omakëya™ n’est pas simplement une entreprise agricole à laquelle on ajoute des arbres.

C’est une entreprise dont le capital naturel participe directement au fonctionnement économique :

  • sol ;
  • eau ;
  • biodiversité ;
  • arbres ;
  • paysage ;
  • climat local.

La dégradation de ces ressources constitue donc aussi un risque économique.

À l’inverse, leur amélioration peut devenir un investissement productif.


XXXVI. LA FERME DU FUTUR

La ferme agroclimatique de demain pourrait donc réunir :

agriculture

agroforesterie

élevage raisonné

hydrologie

sol vivant

énergie renouvelable

semences adaptées

biodiversité

transformation

circuits courts

données

IA.

Mais la technologie ne constitue pas le cœur du système.

Le cœur reste :

le fonctionnement écologique du territoire.


XXXVII. LA VISION OMAKËYA™

La ferme résiliente n’est pas nécessairement une ferme totalement autonome.

C’est une ferme qui réduit ses dépendances critiques, diversifie ses ressources et augmente sa capacité à absorber les perturbations.

Elle peut fonctionner comme une forêt :

le soleil fournit l’énergie, l’eau circule, les plantes produisent de la biomasse, les animaux et microorganismes transforment la matière, le sol recycle les nutriments et l’ensemble évolue continuellement.

La différence fondamentale est que la ferme ajoute une dimension supplémentaire :

la production volontaire de nourriture et de valeur économique.

C’est cette rencontre entre écologie, ingénierie et économie qui constitue le cœur de la ferme agroclimatique Omakëya™.


XXXVIII. DE L’AUTONOMIE À LA RÉSILIENCE

La trajectoire peut finalement être représentée ainsi :

JARDIN  ↓POTAGER  ↓VERGER  ↓AUTONOMIE FAMILIALE  ↓MICROFERME  ↓FERME DIVERSIFIÉE  ↓FERME AGROCLIMATIQUE  ↓SYSTÈME ALIMENTAIRE LOCAL  ↓TERRITOIRE RÉSILIENT

Chaque changement d’échelle augmente la complexité.

Mais il augmente également les possibilités de créer des boucles écologiques, alimentaires, hydrologiques et économiques.

Et c’est précisément là que la Vision Omakëya™ prend tout son sens :

ne plus concevoir la ferme comme une parcelle agricole isolée, mais comme un écosystème productif intégré à son bassin versant, son climat, son territoire et son économie locale.

La ferme de demain ne sera donc pas seulement évaluée par son rendement à l’hectare.

Elle pourra être évaluée par sa capacité à produire de la nourriture, de l’eau stockée, de la fertilité, de la biodiversité, du confort climatique, du carbone, de l’énergie et de la valeur économique, tout en restant fonctionnelle face aux conditions climatiques de 2050 et de 2100.