AGROCLIMATOLOGIE : Territoires résilients

Territoires résilients

Concevoir les territoires capables de traverser les climats de 2050, 2080 et 2100

Un territoire n’est pas une simple juxtaposition de communes, de parcelles agricoles, de forêts, de routes, de rivières et de zones urbaines.

C’est un système vivant.

L’eau y circule.

Les espèces y migrent.

Les sols y stockent et redistribuent l’eau et le carbone.

Les forêts modifient le microclimat.

Les zones humides ralentissent les crues.

Les cultures transforment l’énergie solaire en biomasse.

Les villes concentrent les populations et les infrastructures.

Les montagnes alimentent les bassins versants.

Les littoraux reçoivent les conséquences des activités situées parfois à plusieurs centaines de kilomètres en amont.

Le territoire fonctionne donc comme un système couplé socio-écologique, hydrologique, climatique et biologique.

Face au changement climatique, la question n’est plus seulement :

Comment adapter une ville, une ferme ou une forêt ?

Elle devient :

Comment faire évoluer simultanément l’ensemble d’un territoire afin qu’il puisse continuer à fonctionner malgré les changements climatiques, hydrologiques, biologiques et économiques ?

C’est l’objectif des territoires résilients.


1. Définir la résilience territoriale

La résilience ne signifie pas empêcher tout changement.

Elle consiste à permettre au territoire de :

  • absorber un choc ;
  • limiter les dommages ;
  • continuer à fonctionner ;
  • récupérer ;
  • apprendre ;
  • évoluer.

Un territoire résilient n’est donc pas immobile.

Il est adaptatif.


2. Résistance, résilience et transformation

Trois stratégies doivent être distinguées.

Résistance

Empêcher ou limiter le choc.

Résilience

Absorber le choc et retrouver un fonctionnement acceptable.

Transformation

Modifier profondément le système lorsque l’ancien fonctionnement devient impossible.


3. Les grands chocs territoriaux

Les territoires devront gérer des événements multiples :

  • canicules ;
  • sécheresses ;
  • pluies extrêmes ;
  • inondations ;
  • incendies ;
  • tempêtes ;
  • érosion ;
  • salinisation ;
  • maladies ;
  • invasions biologiques ;
  • pertes agricoles.

La résilience doit donc être multirisque.


4. Ne plus raisonner par secteur

Une erreur consiste à traiter séparément :

  • agriculture ;
  • forêt ;
  • eau ;
  • ville ;
  • biodiversité ;
  • énergie.

Ces systèmes sont interdépendants.

Une sécheresse agricole peut devenir une crise économique.

Une déforestation peut modifier le ruissellement.

Une artificialisation peut aggraver les inondations.

Une perte de biodiversité peut réduire la résilience écologique.


5. Le territoire comme système intégré

La Vision Omakëya™ considère simultanément :

climat

eau

sol

végétation

biodiversité

agriculture

urbanisme

infrastructures

économie

population.


6. Le bassin versant comme unité fondamentale

Les limites administratives sont pratiques pour gouverner.

Elles ne correspondent pas aux flux naturels.

Pour l’eau, l’unité fondamentale est souvent le bassin versant.

L’eau suit :

relief

ruissellement

rivières

zones humides

nappes

mer.


7. Restaurer les bassins versants

La résilience commence souvent en amont.

Il faut rechercher :

  • infiltration ;
  • couverture des sols ;
  • stockage ;
  • restauration des zones humides ;
  • végétation permanente.

8. Le principe « retenir l’eau en amont »

Plutôt que d’évacuer rapidement l’eau :

ralentir

infiltrer

stocker

redistribuer.

Cette logique diminue à la fois certains risques de crue et les effets de la sécheresse.


9. Les sols comme infrastructures territoriales

Le sol est un immense réservoir potentiel.

Un sol vivant peut :

  • infiltrer ;
  • stocker ;
  • nourrir les plantes ;
  • héberger des microorganismes ;
  • stocker du carbone.

La dégradation des sols réduit donc directement la résilience territoriale.


10. Restaurer les sols dégradés

Les priorités peuvent inclure :

  • réduction de la compaction ;
  • limitation de l’érosion ;
  • augmentation de la matière organique ;
  • couverture permanente ;
  • restauration biologique.

11. Les zones humides

Les zones humides constituent des infrastructures naturelles majeures.

Elles peuvent contribuer à :

  • ralentir les écoulements ;
  • stocker temporairement l’eau ;
  • soutenir la biodiversité ;
  • contribuer à l’épuration de l’eau.

12. Les mares territoriales

Une multitude de petites mares peut former un réseau hydrologique et écologique.

Le territoire devient une mosaïque de petites réserves hydrologiques.


13. Les haies

Les haies peuvent jouer plusieurs rôles :

  • brise-vent ;
  • habitat ;
  • corridor ;
  • stockage de carbone ;
  • limitation du ruissellement ;
  • protection des cultures.

14. Restaurer les bocages

Le bocage constitue un exemple remarquable d’infrastructure agroécologique.

La haie devient simultanément :

infrastructure agricole

infrastructure écologique

infrastructure hydrologique.


15. Les forêts territoriales

La forêt influence :

  • infiltration ;
  • ruissellement ;
  • température ;
  • humidité ;
  • biodiversité ;
  • carbone.

Mais la forêt elle-même devient vulnérable au changement climatique.


16. Les forêts du futur

Il faudra probablement rechercher davantage :

  • diversité spécifique ;
  • diversité génétique ;
  • diversité d’âge ;
  • diversité structurelle.

Une forêt homogène peut présenter une vulnérabilité élevée face à une perturbation spécifique.


17. Les mosaïques forestières

Au lieu d’une forêt uniforme :

  • feuillus ;
  • résineux ;
  • peuplements mixtes ;
  • lisières ;
  • clairières ;
  • zones humides forestières.

La diversité augmente les possibilités d’adaptation.


18. Les corridors forestiers

Les corridors permettent aux espèces de se déplacer progressivement lorsque les conditions climatiques évoluent.


19. La migration assistée

Dans certains cas, des déplacements volontairement accompagnés d’espèces ou de provenances peuvent être envisagés.

Ils nécessitent cependant une analyse rigoureuse des :

  • risques écologiques ;
  • risques invasifs ;
  • compatibilités génétiques ;
  • maladies ;
  • interactions avec les écosystèmes existants.

20. Les continuités écologiques

Un territoire résilient doit permettre la circulation :

  • des animaux ;
  • des graines ;
  • du pollen ;
  • des microorganismes ;
  • de l’eau.

21. Trame verte

Elle connecte :

  • forêts ;
  • haies ;
  • bosquets ;
  • prairies ;
  • jardins.

22. Trame bleue

Elle connecte :

  • rivières ;
  • mares ;
  • étangs ;
  • zones humides.

23. Trame brune

Elle prend en compte la continuité des sols.

Cette dimension est particulièrement importante pour :

  • microorganismes ;
  • champignons ;
  • invertébrés ;
  • végétation.

24. Trame noire

La continuité écologique doit également intégrer la pollution lumineuse.

Certaines espèces nocturnes dépendent de corridors réellement sombres.


25. Les quatre grandes continuités

On peut donc considérer :

verte

bleue

brune

noire.


26. L’agriculture résiliente

L’agriculture constitue une composante centrale du territoire.

Elle doit répondre simultanément à :

  • production ;
  • alimentation ;
  • eau ;
  • biodiversité ;
  • fertilité des sols.

27. Diversifier les cultures

La diversification peut réduire certains risques liés à :

  • sécheresse ;
  • maladies ;
  • ravageurs ;
  • événements extrêmes.

28. Diversifier les variétés

La diversité variétale constitue une assurance biologique.


29. Les plantes du climat futur

Les espèces cultivées doivent être évaluées selon :

  • besoin hydrique ;
  • température optimale ;
  • résistance à la chaleur ;
  • tolérance au stress hydrique ;
  • résistance aux maladies.

30. Les cultures pérennes

Les arbres fruitiers et cultures pérennes peuvent apporter :

  • stockage de carbone ;
  • protection des sols ;
  • alimentation ;
  • habitat.

Mais leur longue durée de vie augmente aussi l’importance du choix climatique initial.


31. L’agroforesterie

Associer :

arbres

cultures

animaux

peut créer des systèmes plus complexes et potentiellement plus résilients.


32. L’agriculture syntropique

La syntropie propose une organisation basée notamment sur :

  • succession ;
  • densité ;
  • diversité ;
  • taille ;
  • accumulation de biomasse.

Elle peut constituer un outil parmi d’autres de conception de systèmes agricoles résilients.


33. Les prairies

Les prairies permanentes peuvent fournir :

  • stockage de carbone ;
  • habitat ;
  • alimentation animale ;
  • protection des sols.

34. L’élevage territorial

L’élevage doit être intégré dans les flux de :

  • biomasse ;
  • pâturage ;
  • fertilité ;
  • eau.

35. Les animaux comme acteurs du territoire

Les animaux participent aux cycles :

  • carbone ;
  • azote ;
  • phosphore ;
  • matière organique.

36. Les paysages mosaïques

Un territoire résilient n’est pas nécessairement entièrement forestier.

Il peut associer :

  • forêts ;
  • cultures ;
  • prairies ;
  • haies ;
  • zones humides ;
  • villes ;
  • friches.

La diversité spatiale augmente les possibilités de réponse aux perturbations.


37. La mosaïque comme assurance

Si une sécheresse détruit une partie d’une culture, d’autres éléments du paysage peuvent continuer à fonctionner.


38. Les friches territoriales

Les espaces en transition peuvent servir de :

  • réservoirs de biodiversité ;
  • zones tampons ;
  • espaces d’expérimentation.

39. Les littoraux

Les territoires côtiers doivent anticiper :

  • élévation du niveau marin ;
  • submersions ;
  • érosion ;
  • salinisation.

40. Restaurer les écosystèmes côtiers

Selon les territoires :

  • dunes ;
  • marais ;
  • lagunes ;
  • zones humides.

peuvent contribuer à la résilience.


41. Les montagnes

Les montagnes constituent des châteaux d’eau naturels.

Le changement climatique modifie :

  • neige ;
  • glaciers ;
  • fonte ;
  • débits saisonniers.

La gestion doit donc considérer l’ensemble du bassin versant.


42. Les glaciers

La diminution des glaciers modifie progressivement les régimes hydrologiques.

Les territoires dépendants de ces ressources doivent anticiper la transition.


43. Les rivières

Une rivière résiliente doit conserver autant que possible :

  • espace de mobilité ;
  • continuité écologique ;
  • zones d’expansion des crues.

44. Redonner de l’espace aux rivières

L’artificialisation excessive des berges peut transférer le risque vers l’aval.


45. Les plaines inondables

Une plaine inondable peut être considérée comme une infrastructure hydraulique naturelle.

L’objectif n’est pas toujours de supprimer toute inondation.

Il peut être plus efficace de réduire les dommages lorsque l’inondation survient.


46. Habiter avec les crues

Les territoires peuvent adapter :

  • urbanisme ;
  • agriculture ;
  • infrastructures ;
  • bâtiments.

47. Les villes dans le territoire

Une ville ne doit plus être pensée isolément.

Elle dépend :

  • de son bassin versant ;
  • de son agriculture ;
  • de ses forêts ;
  • de ses ressources en eau ;
  • de ses infrastructures.

48. Réseau de villes végétales

Les villes peuvent former un réseau relié par :

  • corridors ;
  • rivières ;
  • forêts ;
  • terres agricoles.

49. Les campagnes comme infrastructures écologiques

L’espace agricole peut fournir :

  • nourriture ;
  • stockage de carbone ;
  • biodiversité ;
  • infiltration.

50. Les forêts comme infrastructures territoriales

Les forêts deviennent également des infrastructures :

  • climatiques ;
  • hydrologiques ;
  • écologiques.

51. Les terres agricoles comme infrastructures hydrologiques

Une agriculture correctement conçue peut favoriser :

  • infiltration ;
  • réduction du ruissellement ;
  • stockage de l’eau dans le sol.

52. Les infrastructures grises

Les infrastructures artificielles restent indispensables :

  • barrages ;
  • digues ;
  • réseaux ;
  • routes ;
  • stations de traitement.

Mais elles doivent être combinées avec les infrastructures naturelles.


53. Infrastructure verte + infrastructure grise

Le futur territorial n’est pas nécessairement :

nature contre technique.

Il peut être :

nature + ingénierie.


54. Les solutions fondées sur les écosystèmes

Un territoire peut utiliser les processus naturels pour fournir certaines fonctions normalement assurées uniquement par des ouvrages artificiels.


55. L’infrastructure hybride

Un bassin peut combiner :

  • ouvrage hydraulique ;
  • zone humide ;
  • végétation ;
  • stockage temporaire.

56. Les réseaux énergétiques

La résilience territoriale concerne également l’énergie.

Il faut analyser :

  • production ;
  • stockage ;
  • transport ;
  • dépendances.

57. Diversifier les sources

La diversification réduit certains risques liés à la dépendance à une seule infrastructure ou technologie.


58. Les réseaux alimentaires

Un territoire résilient doit également disposer de chaînes alimentaires suffisamment diversifiées.


59. Production locale

La production locale ne signifie pas nécessairement autonomie totale.

Elle peut constituer une couche supplémentaire de résilience.


60. Les stocks alimentaires

La résilience inclut :

  • stockage ;
  • transformation ;
  • distribution ;
  • logistique.

61. Les réseaux de transport

Routes, rail et voies fluviales doivent pouvoir fonctionner malgré :

  • chaleur ;
  • inondations ;
  • incendies ;
  • tempêtes.

62. Les infrastructures critiques

Il faut identifier les infrastructures dont la défaillance provoque des effets en cascade :

  • eau potable ;
  • énergie ;
  • télécommunications ;
  • hôpitaux ;
  • transports.

63. Les dépendances cachées

Une infrastructure peut dépendre d’une autre.

Par exemple :

électricité

→ pompage de l’eau.

eau

→ refroidissement industriel.

télécommunications

→ alimentation électrique.

La résilience doit donc analyser les interdépendances.


64. Les risques en cascade

Un événement peut déclencher plusieurs crises :

canicule

→ sécheresse

→ incendie

→ destruction végétale

→ érosion

→ ruissellement

→ pollution des eaux.


65. Cartographier les vulnérabilités

Il faut identifier :

  • zones exposées ;
  • populations vulnérables ;
  • infrastructures critiques ;
  • ressources stratégiques.

66. Cartographie multicritère

Une carte territoriale peut croiser :

  • climat ;
  • hydrologie ;
  • sols ;
  • végétation ;
  • biodiversité ;
  • agriculture ;
  • urbanisation.

67. Le SIG territorial

Les systèmes d’information géographique deviennent essentiels pour croiser ces données.


68. Les satellites

Ils permettent de suivre :

  • couverture végétale ;
  • humidité ;
  • sécheresse ;
  • occupation des sols ;
  • incendies.

69. Les drones

Ils permettent des observations beaucoup plus fines :

  • stress des cultures ;
  • état des arbres ;
  • érosion ;
  • zones humides.

70. Les capteurs

Le réseau territorial peut mesurer :

  • pluie ;
  • débit ;
  • humidité du sol ;
  • température ;
  • niveau des nappes ;
  • qualité de l’eau.

71. Le jumeau numérique territorial

Le territoire peut être représenté dans un modèle numérique intégrant :

  • topographie ;
  • sols ;
  • hydrologie ;
  • végétation ;
  • infrastructures ;
  • population.

72. Simuler 2030

Le modèle permet de tester des trajectoires proches.


73. Simuler 2050

Les scénarios deviennent plus contrastés.


74. Simuler 2080

Les changements de végétation, d’eau et d’agriculture deviennent potentiellement plus importants.


75. Simuler 2100

Le territoire doit être étudié dans plusieurs futurs climatiques.

Il ne faut pas chercher une prédiction unique.

Il faut travailler avec des scénarios.


76. L’IA territoriale

L’intelligence artificielle peut contribuer à :

  • détecter les anomalies ;
  • prévoir certains risques ;
  • analyser des milliers de données ;
  • comparer des scénarios.

Elle ne remplace cependant ni les données de terrain ni l’expertise écologique.


77. Les scénarios

Un territoire peut tester :

Scénario A

Continuité des pratiques actuelles.

Scénario B

Adaptation progressive.

Scénario C

Transformation écologique accélérée.

Scénario D

Choc climatique majeur.


78. Le scénario de rupture

Il faut également étudier ce qui se passe lorsque plusieurs événements surviennent simultanément.


79. Les points de bascule

Certains systèmes peuvent connaître des changements rapides lorsque des seuils sont dépassés.

Exemples potentiels :

  • mortalité forestière ;
  • assèchement d’une zone humide ;
  • salinisation ;
  • perte de fertilité.

80. Identifier les seuils

La résilience nécessite donc de connaître :

  • seuils hydriques ;
  • seuils thermiques ;
  • seuils biologiques ;
  • seuils économiques.

81. Les indicateurs territoriaux

Un tableau de bord peut suivre :

  • température ;
  • pluie ;
  • humidité des sols ;
  • débit ;
  • nappes ;
  • couverture végétale ;
  • biodiversité ;
  • rendement agricole.

82. Indicateurs de résilience

Quelques indicateurs peuvent être combinés :

capacité d’absorption

diversité

connectivité

capacité d’adaptation.


83. La diversité comme assurance

La diversité écologique et économique réduit certaines dépendances.


84. La redondance

Un territoire robuste possède plusieurs solutions pour assurer une même fonction.

Exemple :

plusieurs sources d’eau.


85. La modularité

Les systèmes modulaires permettent de limiter la propagation d’une défaillance.


86. La décentralisation

Certaines fonctions peuvent être distribuées :

  • production énergétique ;
  • stockage d’eau ;
  • alimentation ;
  • traitement.

87. Les micro-réseaux

Des réseaux locaux peuvent continuer à fonctionner partiellement lorsque le réseau principal est perturbé.


88. La gouvernance territoriale

La résilience n’est pas seulement technique.

Elle nécessite :

  • coopération ;
  • planification ;
  • financement ;
  • partage des données.

89. Dépasser les frontières administratives

Les flux écologiques et hydrologiques ignorent souvent les frontières communales.


90. Gouvernance par bassin versant

Pour l’eau, la gouvernance doit intégrer :

amont

milieu

aval.


91. Les citoyens

La population doit être intégrée à la transformation du territoire.


92. Les agriculteurs

Ils sont des acteurs majeurs de :

  • gestion des sols ;
  • eau ;
  • biodiversité.

93. Les forestiers

Ils jouent un rôle central dans l’adaptation des forêts.


94. Les collectivités

Elles peuvent agir sur :

  • urbanisme ;
  • eau ;
  • espaces verts ;
  • infrastructures.

95. Les entreprises

Elles doivent également intégrer les risques climatiques dans :

  • chaînes d’approvisionnement ;
  • production ;
  • bâtiments ;
  • énergie.

96. Les scientifiques

Le territoire résilient doit être construit sur :

  • données ;
  • observation ;
  • expérimentation ;
  • retour d’expérience.

97. Les territoires expérimentaux

Certaines zones peuvent devenir des laboratoires grandeur nature.


98. Expérimenter avant de généraliser

Une innovation peut être testée :

parcelle

quartier

commune

bassin versant

région.


99. Le retour d’expérience

Chaque événement climatique doit permettre d’apprendre :

  • ce qui a fonctionné ;
  • ce qui a échoué ;
  • pourquoi ;
  • comment modifier le système.

100. La mémoire territoriale

Le territoire doit conserver la mémoire :

  • des sécheresses ;
  • des crues ;
  • des incendies ;
  • des tempêtes.

101. Les archives climatiques

Les données historiques permettent de comparer :

climat passé

vs

climat actuel

vs

climat futur.


102. Les connaissances locales

Les observations des habitants, agriculteurs et forestiers constituent une source complémentaire aux données instrumentales.


103. Le territoire comme organisme

La métaphore devient particulièrement utile :

  • rivières = circulation ;
  • sols = réserve ;
  • végétation = production ;
  • forêts = régulation ;
  • villes = métabolisme ;
  • réseaux = système nerveux.

Mais il faut conserver la rigueur scientifique : un territoire n’est pas biologiquement un organisme.


104. Le métabolisme territorial

On peut analyser les flux :

  • eau ;
  • énergie ;
  • carbone ;
  • azote ;
  • biomasse ;
  • matériaux.

105. Le bilan hydrique territorial

Il faut comparer :

précipitations

apports

avec

évapotranspiration

ruissellement

infiltration

prélèvements.


106. Le bilan carbone territorial

On peut analyser :

  • émissions ;
  • stockage forestier ;
  • sols ;
  • biomasse ;
  • agriculture.

107. Le bilan énergétique

Il faut également suivre :

  • production ;
  • consommation ;
  • pertes ;
  • stockage.

108. Le bilan alimentaire

Même logique :

production

transformation

stockage

distribution

consommation

retour organique.


109. Les cycles territoriaux

L’objectif ultime est de reconnecter certains cycles :

eau

carbone

azote

phosphore

biomasse.


110. La ville et la campagne

La résilience exige de reconnecter :

ville

campagne

forêt

zones humides.


111. Les déchets organiques

Les déchets peuvent retourner vers les sols lorsque les conditions sanitaires et réglementaires le permettent.


112. Les eaux usées

Les eaux usées peuvent être considérées comme une ressource potentielle après traitement adapté, selon les usages et les réglementations.


113. Les nutriments

Azote, phosphore et matière organique peuvent être davantage intégrés dans les cycles locaux.


114. Le territoire circulaire

Le territoire devient progressivement un système où certaines ressources sont réutilisées au lieu d’être simplement extraites puis rejetées.


115. La résilience alimentaire

Elle repose notamment sur :

  • diversité des productions ;
  • diversité des territoires d’approvisionnement ;
  • stocks ;
  • transformation locale ;
  • infrastructures logistiques.

116. La résilience hydrique

Elle repose sur :

  • réduction des consommations ;
  • infiltration ;
  • stockage ;
  • réutilisation adaptée ;
  • protection des nappes ;
  • restauration des bassins versants.

117. La résilience forestière

Elle repose sur :

  • diversité ;
  • continuités écologiques ;
  • adaptation des provenances ;
  • gestion des combustibles ;
  • prévention des incendies.

118. La résilience agricole

Elle repose sur :

  • diversité ;
  • sols vivants ;
  • agroforesterie ;
  • variétés adaptées ;
  • gestion de l’eau.

119. La résilience urbaine

Elle repose sur :

  • végétation ;
  • eau ;
  • ombre ;
  • sols perméables ;
  • architecture bioclimatique.

120. La résilience écologique

Elle repose sur :

  • biodiversité ;
  • connectivité ;
  • diversité génétique ;
  • habitats.

121. La résilience économique

Elle repose sur :

  • diversification ;
  • circuits d’approvisionnement ;
  • compétences locales ;
  • infrastructures robustes.

122. La résilience sociale

Elle repose sur :

  • solidarité ;
  • accès à l’eau ;
  • accès à l’alimentation ;
  • logements adaptés ;
  • espaces de fraîcheur.

123. Les refuges climatiques territoriaux

Il faut identifier des zones capables de fournir :

  • fraîcheur ;
  • eau ;
  • biodiversité ;
  • sécurité.

124. Le réseau de refuges

Un territoire peut disposer d’un réseau de :

  • forêts ;
  • zones humides ;
  • parcs ;
  • vallées ;
  • espaces agricoles.

125. La protection des espèces

Ces refuges peuvent devenir des relais pour les migrations biologiques.


126. La migration climatique

Les espèces ne restent pas nécessairement à leur emplacement actuel.

Le climat se déplace spatialement.

Les territoires doivent permettre cette transition.


127. Le déplacement des zones climatiques

Les zones favorables à certaines espèces peuvent progressivement :

  • remonter en latitude ;
  • monter en altitude ;
  • se déplacer vers des secteurs plus humides.

128. Les paysages de 2050

Certains territoires pourront voir apparaître :

  • nouvelles espèces ;
  • nouveaux ravageurs ;
  • nouvelles cultures ;
  • nouvelles forêts.

129. Les paysages de 2080

Les transformations pourraient devenir beaucoup plus visibles.


130. Les paysages de 2100

Le paysage futur ne sera probablement pas simplement le paysage actuel avec quelques degrés supplémentaires.

Il pourrait constituer un nouveau système écologique.


131. Concevoir pour l’incertitude

La grande difficulté consiste à ne pas connaître précisément le climat local de 2100.

La stratégie doit donc être robuste à plusieurs scénarios.


132. Les stratégies sans regret

Certaines actions sont utiles dans presque tous les scénarios :

  • restaurer les sols ;
  • protéger les zones humides ;
  • diversifier les cultures ;
  • augmenter la biodiversité ;
  • désimperméabiliser.

133. Les stratégies réversibles

Lorsqu’une décision est incertaine, privilégier lorsque possible les solutions pouvant être corrigées.


134. L’adaptation progressive

Il n’est pas nécessaire de transformer tout le territoire simultanément.

Il faut construire une trajectoire.


135. La trajectoire 2030–2050

Première étape :

diagnostiquer

restaurer

expérimenter.


136. La trajectoire 2050–2080

Deuxième étape :

déployer

connecter

diversifier.


137. La trajectoire 2080–2100

Troisième étape :

transformer

stabiliser

adapter continuellement.


138. Le principe de l’anticipation

Planter un arbre aujourd’hui signifie prendre une décision climatique pour plusieurs décennies.

Créer une forêt signifie parfois prendre une décision pour plusieurs siècles.


139. Penser en générations

La planification territoriale doit intégrer :

  • 10 ans ;
  • 30 ans ;
  • 50 ans ;
  • 100 ans.

140. Le territoire comme héritage

Une infrastructure construite aujourd’hui peut engager plusieurs générations.

La question devient :

Quel territoire voulons-nous transmettre en 2100 ?


141. Le modèle territorial Omakëya™

La Vision Omakëya™ peut être résumée par une séquence :

observer

diagnostiquer

comprendre les flux

restaurer

ralentir

infiltrer

stocker

végétaliser

connecter

diversifier

mesurer

simuler

adapter.


142. Le territoire comme infrastructure écologique

Le territoire lui-même devient une infrastructure.

Ses :

  • sols ;
  • forêts ;
  • rivières ;
  • zones humides ;
  • haies ;
  • cultures ;
  • villes

participent à son fonctionnement.


143. Le territoire comme machine hydrologique

Un territoire correctement conçu peut :

  • retenir davantage d’eau ;
  • infiltrer davantage ;
  • réduire certains ruissellements ;
  • soutenir les débits d’étiage.

144. Le territoire comme machine climatique

La végétation, les sols et l’eau modifient localement :

  • rayonnement ;
  • température ;
  • humidité ;
  • vents ;
  • flux d’énergie.

145. Le territoire comme machine biologique

La biodiversité assure de multiples fonctions :

  • pollinisation ;
  • prédation ;
  • décomposition ;
  • fertilité ;
  • dispersion.

146. Le territoire comme système adaptatif

La diversité permet plusieurs trajectoires possibles.

Certaines espèces disparaissent.

D’autres apparaissent.

Certaines cultures sont abandonnées.

D’autres deviennent possibles.


147. Le territoire comme système apprenant

Les données permettent de comparer :

modèle

vs

réalité.

Chaque année apporte de nouvelles informations.


148. Le territoire comme jumeau numérique

À terme, les territoires pourront disposer de modèles intégrant :

  • climat ;
  • hydrologie ;
  • pédologie ;
  • végétation ;
  • agriculture ;
  • urbanisme ;
  • biodiversité.

149. La boucle Omakëya™

Le fonctionnement peut être représenté comme une boucle :

MESURER

COMPRENDRE

SIMULER

DÉCIDER

AGIR

OBSERVER

CORRIGER

APPRENDRE

MESURER À NOUVEAU.


150. Le territoire de 2100

Le territoire résilient ne sera pas celui qui aura réussi à conserver exactement le paysage de 2026.

Ce sera celui qui aura réussi à évoluer sans perdre ses fonctions fondamentales.

Produire de la nourriture.

Stocker de l’eau.

Protéger les populations.

Maintenir des sols fertiles.

Conserver la biodiversité.

Produire de l’énergie.

Accueillir les migrations biologiques.

Résister aux événements extrêmes.

Et surtout :

continuer à apprendre.

La résilience territoriale constitue ainsi l’aboutissement logique de la démarche développée dans ce tome.

Le jardin climatique devient :

verger climatique

ferme climatique

forêt climatique

ville végétale

territoire résilient.

À cette échelle, la Vision Omakëya™ change de dimension.

Le jardin n’est plus seulement un jardin.

La forêt n’est plus seulement une forêt.

La rivière n’est plus seulement une rivière.

La ville n’est plus seulement une ville.

Ils deviennent les différents éléments d’une même infrastructure territoriale vivante.

L’objectif n’est donc pas de fabriquer artificiellement un territoire parfaitement contrôlé.

C’est impossible.

L’objectif est de construire un territoire :

diversifié, connecté, hydrologiquement fonctionnel, biologiquement riche, capable d’absorber les perturbations et suffisamment flexible pour évoluer avec le climat.

Le territoire de demain devra être conçu comme un système vivant.

Et comme tout système vivant, sa principale force ne sera pas l’immobilité.

Ce sera sa capacité à changer sans s’effondrer.