
Hydrologie régénérative
Ralentir, infiltrer, stocker, redistribuer et restituer l’eau
L’hydrologie régénérative constitue l’un des fondements opérationnels de la Vision Omakëya™.
Elle part d’un constat simple : dans de nombreux territoires, le problème n’est pas uniquement le manque d’eau. C’est aussi la vitesse à laquelle l’eau traverse le paysage.
Une pluie intense peut tomber sur un sol sec, compacté ou imperméabilisé, puis être évacuée en quelques minutes par le ruissellement. Quelques semaines plus tard, le même territoire peut subir une sécheresse sévère.
L’enjeu consiste donc à transformer le fonctionnement du territoire :
ne plus considérer l’eau comme quelque chose à évacuer rapidement, mais comme un flux à ralentir, infiltrer, stocker, redistribuer et restituer progressivement.
1. Le principe fondamental
La séquence Omakëya™ peut être résumée par cinq fonctions : RALENTIR→INFILTRER→STOCKER→REDISTRIBUER→RESTITUER
Ces cinq fonctions ne constituent pas cinq opérations indépendantes.
Elles forment une cascade hydrologique.
2. Pourquoi ralentir l’eau ?
Une goutte d’eau qui tombe sur un sol imperméable peut parcourir plusieurs centaines de mètres très rapidement.
Une goutte tombant dans :
- une forêt ;
- une prairie ;
- une haie ;
- une noue ;
- une litière ;
- une mare ;
- un sol vivant,
peut au contraire être retenue beaucoup plus longtemps.
Le temps devient alors une ressource hydraulique.
Ralentir l’eau augmente les possibilités de stockage, d’infiltration et d’utilisation biologique.
3. L’eau rapide et l’eau lente
On peut distinguer deux grandes dynamiques.
Eau rapide
pluie→ruissellement→rivieˋre
Elle provoque potentiellement :
- crues ;
- érosion ;
- pertes de sol ;
- transfert de polluants ;
- perte rapide de ressources.
Eau lente
pluie→sol→racines→nappe→source
Elle permet davantage :
- stockage ;
- infiltration ;
- recharge ;
- alimentation végétale ;
- soutien des débits.
L’objectif n’est évidemment pas de supprimer tous les écoulements rapides, mais de rééquilibrer le territoire entre eau rapide et eau lente.
4. Première fonction : RALENTIR
Le ralentissement peut être obtenu par une multitude de structures biologiques et physiques.
Végétation
- forêts ;
- haies ;
- bandes enherbées ;
- prairies ;
- couverts végétaux.
Microtopographie
- buttes ;
- talus ;
- terrasses ;
- dépressions ;
- cuvettes.
Hydraulique douce
- noues ;
- fossés végétalisés ;
- baissières ;
- mares ;
- zones humides.
5. La rugosité du paysage
Un paysage parfaitement lisse permet à l’eau de circuler rapidement.
Un paysage complexe multiplie :
- obstacles ;
- chemins ;
- microdépressions ;
- zones de stockage.
La vitesse moyenne du ruissellement diminue.
On peut donc considérer la rugosité comme une résistance hydraulique naturelle.
6. Les haies comme ouvrages hydrauliques
Une haie implantée transversalement à une pente peut :
- ralentir le ruissellement ;
- favoriser le dépôt de sédiments ;
- augmenter l’infiltration ;
- stabiliser le sol ;
- créer des macropores.
Elle devient simultanément :
infrastructure hydraulique + infrastructure biologique + infrastructure climatique.
7. Les racines comme réseau hydraulique
Les racines créent :
- macropores ;
- agrégats ;
- zones d’infiltration ;
- interfaces biologiques.
Après leur décomposition, les anciens canaux peuvent rester actifs.
Un sol vivant possède ainsi une véritable architecture hydraulique biologique.
8. Deuxième fonction : INFILTRER
Une fois l’eau ralentie, l’objectif peut être de la faire entrer dans le sol.
Mais l’infiltration dépend de :
- texture ;
- structure ;
- humidité ;
- compaction ;
- conductivité hydraulique ;
- pente ;
- macroporosité ;
- profondeur du sol.
L’infiltration doit donc être dimensionnée, et non supposée.
9. L’infiltration n’est pas toujours souhaitable
Il serait dangereux de considérer :
« toute eau doit absolument infiltrer ».
Une infiltration peut être indésirable :
- au-dessus d’une nappe très proche ;
- dans un sol pollué ;
- à proximité de certaines fondations ;
- sur un terrain instable ;
- lorsque l’eau est contaminée.
L’hydrologie régénérative repose donc sur une infiltration sélective et maîtrisée.
10. Les sols vivants
Le sol devient l’un des principaux réservoirs hydrologiques.
Une structure biologique active peut favoriser :
- infiltration ;
- stockage ;
- drainage ;
- circulation de l’air ;
- enracinement.
Les agrégats constituent de véritables unités de stockage microscopiques.
11. Les macropores
Les macropores permettent des transferts rapides.
Ils peuvent être créés par :
- racines ;
- lombrics ;
- fissuration naturelle ;
- activité biologique.
Ils relient parfois la surface aux horizons profonds.
Ils jouent donc un rôle majeur dans les événements pluvieux intenses.
12. Troisième fonction : STOCKER
L’eau infiltrée peut être stockée à plusieurs niveaux.
Stockage superficiel
- mares ;
- noues ;
- dépressions ;
- zones humides.
Stockage dans le sol
- micropores ;
- matière organique ;
- agrégats ;
- horizons profonds.
Stockage profond
- aquifères ;
- nappes phréatiques.
Stockage biologique
- végétation ;
- biomasse ;
- litière.
13. Le stockage temporaire
Le stockage n’est pas forcément permanent.
Un bon système peut fonctionner comme une succession de réservoirs :
PLUIE
↓
LITIÈRE
↓
SOL
↓
MARE
↓
ZONE HUMIDE
↓
NAPPE
↓
RIVIÈRE
Chaque réservoir absorbe une partie du flux et le restitue progressivement.
14. Le principe des réservoirs en cascade
Supposons qu’un bassin reçoive une pluie importante.
Au lieu d’avoir : P→R
où R représente un ruissellement rapide,
on cherche : P→S1→S2→S3→Rlent
avec :
- S1 = interception ;
- S2 = sol ;
- S3 = mare ou zone humide.
Le pic de débit est ainsi retardé et souvent réduit.
15. Quatrième fonction : REDISTRIBUER
Stocker l’eau ne suffit pas.
Il faut parfois la déplacer dans le temps et dans l’espace.
La redistribution peut être :
verticale
surface→sol→nappe
latérale
haut de versant→bas de versant
biologique
sol→racines→feuilles→atmospheˋre
16. Redistribution par les plantes
Les plantes puisent l’eau dans le sol et la transportent vers les parties aériennes.
La transpiration restitue ensuite cette eau à l’atmosphère.
Les végétaux deviennent ainsi des pompes hydrauliques biologiques.
17. Redistribution par les racines
Certaines plantes peuvent déplacer l’eau entre différentes couches du sol.
On parle notamment de redistribution hydraulique lorsque l’eau absorbée dans des horizons plus humides peut être relarguée dans des horizons plus secs par le système racinaire.
Le phénomène dépend :
- de l’espèce ;
- de l’état hydrique ;
- de la profondeur ;
- des gradients de potentiel hydrique.
18. Cinquième fonction : RESTITUER
Une gestion hydrologique efficace ne cherche pas à retenir toute l’eau indéfiniment.
L’eau doit finalement retourner au cycle.
Elle peut être restituée :
- à l’atmosphère ;
- aux sols ;
- aux nappes ;
- aux sources ;
- aux rivières ;
- aux zones humides.
La restitution doit être progressive et fonctionnelle.
19. Le soutien des étiages
Une partie de l’eau infiltrée peut contribuer ultérieurement au débit des cours d’eau.
Pendant les périodes sèches : nappe→source→rivieˋre
Ce mécanisme contribue au débit de base.
Le stockage souterrain peut donc jouer un rôle essentiel plusieurs semaines ou plusieurs mois après les pluies.
20. La nappe comme réservoir lent
La nappe est donc bien plus qu’une réserve destinée au pompage.
Elle constitue une composante dynamique du bassin versant.
Elle peut :
- recevoir de l’eau ;
- la stocker ;
- alimenter les sources ;
- soutenir les cours d’eau ;
- interagir avec les zones humides.
21. Les zones humides
Les zones humides sont particulièrement intéressantes dans une stratégie régénérative.
Elles peuvent :
- ralentir les écoulements ;
- stocker temporairement l’eau ;
- filtrer certains polluants ;
- soutenir la biodiversité ;
- modifier les flux souterrains ;
- contribuer à l’écrêtement des crues.
Mais leur fonctionnement doit être étudié localement.
22. La mare Omakëya™
Une mare peut constituer un nœud hydraulique.
Elle peut recevoir :
- ruissellement de toiture ;
- trop-plein de citerne ;
- ruissellement de chemin ;
- drainage contrôlé.
Puis restituer l’eau :
- par infiltration ;
- par évaporation ;
- par évapotranspiration de la végétation ;
- par débordement contrôlé.
23. Les noues
Une noue peut être conçue comme un système : collecte→ralentissement→stockage→infiltration
Elle constitue l’un des outils fondamentaux de l’hydraulique régénérative urbaine.
24. Les baissières
Sur un versant, une baissière correctement positionnée peut intercepter une partie du ruissellement.
Elle transforme : flux rapide
en : flux lent.
Mais son dimensionnement doit tenir compte des pluies extrêmes.
Une baissière mal dimensionnée peut devenir un canal de concentration et aggraver les dégâts.
25. Les fossés vivants
Un fossé végétalisé correctement conçu peut devenir :
- ralentisseur hydraulique ;
- corridor écologique ;
- filtre biologique ;
- zone d’infiltration ;
- réserve temporaire.
Il ne s’agit donc plus d’un simple canal destiné à évacuer l’eau.
26. Les bassins d’infiltration
Ils permettent de stocker temporairement : V
puis de laisser l’eau pénétrer dans le sol selon : Q=KAi
dans une représentation simplifiée inspirée de Darcy, sous réserve des conditions hydrauliques réelles.
Le dimensionnement doit intégrer :
- volume entrant ;
- débit entrant ;
- conductivité ;
- surface infiltrante ;
- hauteur d’eau ;
- temps de vidange.
27. La désimperméabilisation
C’est l’un des leviers majeurs en ville.
Transformer :
parking imperméable
en :
surface perméable végétalisée
modifie profondément :
- ruissellement ;
- infiltration ;
- température ;
- biodiversité.
La gestion de l’eau devient alors une composante de l’aménagement urbain.
28. Le sol urbain comme réservoir
Un sol urbain peut être :
- compacté ;
- contaminé ;
- artificialisé ;
- fragmenté.
Mais il peut également être restauré.
La désimperméabilisation doit donc être accompagnée de :
- décompaction ;
- apport organique adapté ;
- végétalisation ;
- restauration structurale ;
- suivi hydrologique.
29. Le bassin versant comme unité de gestion
L’unité fondamentale n’est pas nécessairement la parcelle.
C’est souvent : bassin versant
Une action en amont peut modifier :
- les crues en aval ;
- la recharge ;
- l’érosion ;
- les débits d’étiage.
L’hydrologie régénérative doit donc être pensée du sommet du bassin jusqu’à son exutoire.
30. Une stratégie en cascade
Une stratégie territoriale pourrait être :
Haut de bassin
- forêts ;
- haies ;
- sols couverts ;
- baissières ;
- zones humides.
Versants
- terrasses ;
- bandes végétales ;
- agroforesterie ;
- fossés vivants.
Bas de versant
- mares ;
- zones humides ;
- bassins d’expansion.
Zones urbaines
- noues ;
- jardins de pluie ;
- chaussées perméables ;
- désimperméabilisation.
Exutoire
- zones d’expansion des crues ;
- restauration des cours d’eau.
31. Le concept de « sponge landscape »
On peut rapprocher cette approche du concept de paysage-éponge.
Le territoire cherche à devenir capable de :
absorber les pluies lorsqu’elles sont abondantes et restituer l’eau lorsqu’elle devient rare.
Cela constitue une logique particulièrement intéressante face à l’augmentation simultanée :
- des épisodes de pluie intense ;
- des sécheresses ;
- des vagues de chaleur.
32. Hydrologie et changement climatique
Le changement climatique tend à rendre plus importante la gestion temporelle de l’eau.
Le problème peut devenir : trop d’eau trop vite
puis : pas assez d’eau assez longtemps
L’hydrologie régénérative cherche précisément à transformer le premier problème en ressource pour le second.
33. Ne pas confondre stockage et disponibilité
Une réserve d’eau n’est utile que si elle est accessible.
Un sol peut contenir beaucoup d’eau mais en retenir une partie trop fortement.
Il faut donc distinguer :
- eau gravitaire ;
- eau capillaire ;
- eau disponible ;
- eau hygroscopique.
La notion centrale pour la végétation reste la réserve utile.
34. Le lien avec la pédologie
L’hydrologie régénérative commence donc par le sol.
Un sol fonctionnel possède :
- structure ;
- porosité ;
- matière organique ;
- racines ;
- organismes ;
- agrégats.
La restauration hydraulique passe souvent par la restauration biologique.
35. Le lien avec le carbone
Le carbone et l’eau sont étroitement liés.
Plus de végétation peut signifier :
- plus de photosynthèse ;
- plus de biomasse ;
- plus de racines ;
- davantage de matière organique ;
- meilleure structure ;
- meilleure infiltration.
On obtient potentiellement une boucle : veˊgeˊtation→carbone→structure→infiltration→eau→veˊgeˊtation
36. Le cercle vertueux
Un sol dégradé peut fonctionner ainsi :
sol nu
↓
ruissellement
↓
érosion
↓
perte de matière organique
↓
dégradation structurale
↓
moins d'infiltration
↓
plus de ruissellement
Un sol restauré peut tendre vers :
couverture végétale
↓
racines
↓
activité biologique
↓
agrégats
↓
macropores
↓
infiltration
↓
eau disponible
↓
végétation
C’est l’une des boucles fondamentales de l’agroécologie et de l’hydrologie régénérative.
37. Mais la végétation consomme l’eau
Cette boucle possède une limite fondamentale.
La végétation augmente souvent : ET↑
Elle peut donc réduire une partie de l’eau disponible pour la recharge.
Il faut rechercher non pas :
le maximum de végétation
mais :
la meilleure organisation du système végétal par rapport au climat, au sol et à la ressource en eau.
38. Le bon arbre au bon endroit
Un arbre :
- sur un sol profond ;
- dans une zone suffisamment humide ;
- correctement adapté au climat,
peut constituer une excellente infrastructure écologique.
Le même arbre :
- dans un sol superficiel ;
- au-dessus d’une roche imperméable ;
- dans une zone très sèche,
peut être fortement soumis au stress.
La conception doit donc être spatialisée.
39. Cartographier les flux
Dans la méthode Omakëya™, on peut cartographier :
- zones de collecte ;
- lignes de ruissellement ;
- zones d’infiltration ;
- zones de stockage ;
- zones de recharge potentielle ;
- zones humides ;
- exutoires.
Cela permet de passer :
d’un jardin dessiné comme une surface
à :
un jardin conçu comme un réseau de flux.
40. Les cinq cartes fondamentales
Pour un projet important :
Carte 1 — topographie
relief
Carte 2 — sols
texture+structure+profondeur
Carte 3 — eau
ruissellement+infiltration+nappe
Carte 4 — végétation
racines+couvert+ET
Carte 5 — infrastructures
toitures+routes+reˊseaux
Le croisement de ces cartes permet de construire le modèle hydrologique territorial.
41. Les capteurs
Un système moderne peut mesurer :
- humidité volumique ;
- température du sol ;
- conductivité électrique ;
- niveau des mares ;
- hauteur d’eau ;
- débit ;
- niveau de nappe ;
- pluviométrie.
Les données permettent de vérifier si le système fonctionne réellement.
42. L’intelligence artificielle
L’IA peut ensuite croiser : MNT+sols+meˊteˊo+capteurs+satellite
pour estimer :
- ruissellement ;
- infiltration ;
- stress hydrique ;
- recharge potentielle ;
- besoins d’irrigation ;
- risque de saturation.
On passe progressivement d’une hydraulique statique à une hydrologie prédictive.
43. Le jumeau numérique hydrologique
À l’échelle d’un domaine ou d’une commune, on peut construire un modèle numérique intégrant :
- topographie ;
- sols ;
- végétation ;
- infrastructures ;
- pluies ;
- nappes ;
- ouvrages hydrauliques.
Le système peut alors simuler :
« Que se passe-t-il si 80 mm tombent en 3 heures ? »
ou :
« Que reste-t-il dans les sols après 30 jours sans pluie ? »
44. Dimensionnement par scénarios
Un projet Omakëya™ devrait idéalement être testé sur plusieurs scénarios :
S1 — pluie courante
Gestion quotidienne.
S2 — pluie forte
Gestion du ruissellement.
S3 — pluie extrême
Sécurité hydraulique.
S4 — sécheresse
Disponibilité de l’eau.
S5 — canicule
Couplage eau + chaleur.
S6 — sécheresse prolongée
Résilience du système.
45. Le bilan hydrologique annuel
À l’échelle d’un domaine : P=ET+R+Recharge+ΔS
permet de structurer le bilan.
Mais il faut également analyser la dynamique temporelle.
Un bilan annuel équilibré peut cacher :
- une inondation en janvier ;
- un déficit hydrique critique en juillet.
Le bilan mensuel, journalier ou horaire peut donc devenir nécessaire.
46. L’objectif n’est pas zéro ruissellement
Un bassin naturel possède des écoulements.
L’objectif n’est pas de tout infiltrer.
Il consiste plutôt à :
- réduire les pics ;
- favoriser les infiltrations adaptées ;
- protéger les sols ;
- restaurer les stocks ;
- maintenir les écoulements écologiques.
Un système totalement fermé serait lui-même artificiel.
47. Restitution écologique
L’eau doit conserver une fonction écologique.
Il faut donc maintenir :
- zones humides ;
- sources ;
- ruisseaux ;
- nappes ;
- habitats aquatiques.
La récupération maximale de l’eau par l’homme peut entrer en conflit avec la santé du bassin.
La règle doit donc être :
prélever sans détruire le fonctionnement écologique du système.
48. Les indicateurs de performance
Un système hydrologique régénératif peut être évalué selon :
| Indicateur | Objectif |
|---|---|
| ruissellement | ↓ |
| vitesse d’écoulement | ↓ |
| infiltration | ↑ |
| stockage du sol | ↑ |
| matière organique | ↑ |
| couverture végétale | ↑ |
| érosion | ↓ |
| recharge | ↑ lorsque pertinent |
| débit d’étiage | maintien |
| température du sol | ↓ |
| biodiversité | ↑ |
Mais aucun indicateur ne doit être interprété isolément.
49. Une nouvelle définition de la résilience hydrique
On peut définir conceptuellement la résilience comme la capacité du système à :
absorber une perturbation hydrologique, conserver ses fonctions, puis revenir progressivement à un état fonctionnel.
Cela concerne :
- crues ;
- sécheresses ;
- canicules ;
- pluies extrêmes ;
- changements d’usage du sol.
50. De la parcelle au territoire
La logique peut être déployée à toutes les échelles :
10 m²
jardin de pluie.
300 m²
jardin résilient.
2 000 m²
domaine avec mares et noues.
1 ha
verger ou agroforêt.
10 ha
ferme.
100 ha
domaine agricole ou forestier.
commune
réseau hydraulique distribué.
bassin versant
infrastructure écologique intégrée.
51. La grande architecture hydraulique Omakëya™
On peut finalement représenter la stratégie ainsi :
PLUIE
│
▼
┌─────────────┐
│ INTERCEPTER │
└──────┬──────┘
▼
┌─────────────┐
│ RALENTIR │
└──────┬──────┘
▼
┌─────────────┐
│ INFILTRER │
└──────┬──────┘
▼
┌─────────────┐
│ STOCKER │
└──────┬──────┘
▼
┌─────────────┐
│REDISTRIBUER │
└──────┬──────┘
▼
┌─────────────┐
│ RESTITUER │
└──────┬──────┘
▼
NAPPE / SOURCE / RIVIÈRE
│
▼
ATMOSPHÈRE
│
└──────→ CYCLE DE L'EAU
52. Vision Omakëya™
L’hydrologie régénérative peut finalement être définie comme une ingénierie du temps de séjour de l’eau dans le paysage.
Elle cherche à remplacer un système : pluie→ruissellement→eˊvacuation
par un système beaucoup plus complexe : pluie→ralentissement→infiltration→stockage→utilisation biologique→recharge→restitution progressive
Le véritable objectif n’est donc ni de retenir toute l’eau, ni de l’infiltrer partout, ni de maximiser artificiellement la recharge des nappes.
Il est de restaurer les fonctions hydrologiques naturelles là où elles sont pertinentes, en tenant compte simultanément du sol, du relief, de la géologie, de la végétation, du climat, des usages humains et des besoins écologiques.
C’est ce qui permet de passer d’une simple gestion de l’eau à une véritable ingénierie des cycles de l’eau, depuis le jardin jusqu’au bassin versant.
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- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
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