
LE RUISSELLEMENT : Comprendre, calculer, cartographier et simuler le ruissellement : de la goutte de pluie au bassin versant
Le ruissellement constitue l’un des phénomènes centraux de l’hydrologie régénérative.
Il représente la fraction de l’eau précipitée qui, au lieu de s’infiltrer ou d’être stockée temporairement dans le sol et la végétation, s’écoule à la surface du terrain.
Dans la méthode Omakëya™, le ruissellement ne doit pas être considéré uniquement comme une nuisance à évacuer. Il constitue un flux hydrologique à comprendre, ralentir, répartir, infiltrer, stocker et, lorsque nécessaire, évacuer en sécurité.
1. Définition du ruissellement
Le bilan simplifié d’une pluie peut être représenté par : P=I+R+ET+ΔS
avec :
- P = précipitation ;
- I = infiltration ;
- R = ruissellement ;
- ET = évapotranspiration ;
- ΔS = variation du stockage.
Le ruissellement apparaît lorsque les apports d’eau dépassent localement la capacité du système à infiltrer, stocker ou évacuer l’eau autrement.
2. Deux mécanismes fondamentaux
Il faut distinguer au minimum :
Ruissellement par dépassement de la capacité d’infiltration
L’intensité de pluie devient supérieure à la capacité instantanée d’infiltration du sol. i>Pinfiltration
Ruissellement par saturation
Le sol est déjà saturé en eau et ne peut plus accepter de nouveaux apports.
Ces deux mécanismes peuvent produire des ruissellements très différents.
3. Le chemin de l’eau
Une goutte peut suivre une succession de processus :
PLUIE ↓ interception ↓ ┌──────┴──────┐ ↓ ↓ infiltration ruissellement ↓ ↓ sol concentration ↓ ↓ stockage fossé ↓ ↓ nappe mare ↓ rivière
L’objectif de l’hydrologie régénérative est de favoriser autant que possible les branches :
interception → infiltration → stockage → restitution lente.
4. Le rôle de l’intensité de pluie
Une pluie de 30 mm peut avoir des conséquences très différentes selon sa durée.
30 mm en 24 heures
Pluie relativement progressive.
30 mm en 30 minutes
Pluie beaucoup plus intense.
Le risque de ruissellement dépend donc non seulement du cumul mais également de :
- l’intensité ;
- la durée ;
- la succession des pluies ;
- l’état hydrique initial du sol.
5. Intensité de pluie
L’intensité moyenne est : i=tP
Par exemple, 30 mm en 30 minutes correspondent à : i=60 mm/h
Mais pour le dimensionnement hydraulique, il faut généralement travailler avec des courbes intensité-durée-fréquence (IDF) ou des pluies de projet adaptées au contexte.
6. Le seuil de ruissellement
On peut simplifier le raisonnement : i>f⇒R>0
où :
- i = intensité de pluie ;
- f = capacité d’infiltration instantanée.
Attention : cette représentation est volontairement simplifiée. Dans un bassin réel, le stockage de surface, la rugosité, la pente, la saturation et la dynamique de l’infiltration interviennent également.
7. Infiltration décroissante
Après le début d’une pluie, la capacité d’infiltration peut évoluer.
Un sol sec et structuré peut initialement infiltrer rapidement.
Puis :
- les pores se remplissent ;
- la conductivité hydraulique diminue ;
- certains sols battent ;
- la capacité d’infiltration évolue.
Un modèle classique d’infiltration est celui de Horton : f(t)=fc+(f0−fc)e−kt
avec :
- f0 = capacité initiale ;
- fc = capacité finale ;
- k = coefficient d’évolution.
Ce modèle est utile pour la simulation, mais ses paramètres doivent être déterminés ou calibrés pour le contexte étudié.
8. Exemple simplifié
Supposons :
- pluie : 50 mm/h ;
- capacité d’infiltration initiale : 80 mm/h ;
- capacité après saturation progressive : 15 mm/h.
Au début : 50<80
→ peu ou pas de ruissellement direct.
Plus tard : 50>15
→ le ruissellement augmente.
Cela montre pourquoi la même pluie peut produire peu de ruissellement au début puis beaucoup plus ensuite.
9. Le coefficient de ruissellement
Une approche simplifiée consiste à utiliser : C=PR
donc : R=C×P
avec :
- C=0 : aucun ruissellement ;
- C=1 : toute la pluie devient ruissellement dans le modèle simplifié.
Dans la réalité, C dépend fortement :
- du sol ;
- de l’occupation du sol ;
- de la pente ;
- de l’humidité initiale ;
- de l’intensité de pluie ;
- de la saison.
10. Méthode rationnelle
Pour les petits bassins versants et certains ouvrages, la méthode rationnelle constitue une première approche classique : Qp=0,278CiA
avec :
- Qp en m³/s ;
- C sans dimension ;
- i en mm/h ;
- A en km².
Le débit calculé est le débit de pointe associé aux hypothèses retenues.
11. Exemple de calcul
Supposons :
- A=0,50 km2 ;
- C=0,35 ;
- i=80 mm/h.
Alors : Qp=0,278×0,35×80×0,50 Qp≈3,89 m3/s
Ce résultat ne doit cependant pas être interprété comme un débit réel garanti : il dépend notamment de la pertinence de la durée de pluie choisie, du coefficient C et du domaine de validité de la méthode.
12. Volume ruisselé
Pour une première estimation : VR=CPA
avec des unités cohérentes.
Exemple :
- P=40 mm=0,040 m ;
- A=1000 m2 ;
- C=0,30.
Alors : VR=0,30×0,040×1000 VR=12 m3
Cette approche est particulièrement intéressante pour dimensionner :
- mares ;
- citernes ;
- bassins ;
- noues ;
- ouvrages de stockage.
13. Ruissellement et surfaces imperméables
Une toiture, une route ou une dalle ont généralement un coefficient de ruissellement beaucoup plus élevé qu’un sol végétalisé.
On peut schématiser :
TOITURE██████████ ↓ ↓↓↓↓↓ ↓ cuveSOL VIVANT🌿🌿🌿🌿🌿 ↓ ↓ ↓ ↓ infiltration
La désimperméabilisation devient donc un levier hydrologique majeur.
14. Coefficient de ruissellement pondéré
Pour une surface composée de plusieurs occupations : Cp=∑Ai∑CiAi
Par exemple :
| Surface | Aire | C |
|---|---|---|
| toiture | 1 000 m² | 0,90 |
| parking | 500 m² | 0,80 |
| pelouse | 2 000 m² | 0,20 |
| sol cultivé | 1 500 m² | 0,30 |
Le bassin présente alors un coefficient global intermédiaire.
Cette méthode constitue une approximation utile pour une première analyse.
15. Le temps de concentration
Le temps de concentration Tc correspond, dans une approche hydrologique simplifiée, au temps nécessaire pour qu’une contribution provenant de la partie hydrauliquement la plus éloignée puisse atteindre l’exutoire.
Il joue un rôle fondamental dans :
- le calcul des débits de pointe ;
- le choix de la durée de pluie de projet ;
- la modélisation.
Plus Tc est court, plus la réponse du bassin peut être rapide.
16. Facteurs contrôlant le temps de concentration
On retrouve notamment :
- longueur hydraulique ;
- pente ;
- rugosité ;
- végétation ;
- réseau de drainage ;
- imperméabilisation ;
- stockage temporaire.
Un bassin urbain fortement imperméabilisé peut répondre beaucoup plus rapidement qu’un bassin forestier comportant de nombreux stockages.
17. La pente
La pente peut être calculée par : S=LΔz
où :
- Δz = différence d’altitude ;
- L = distance horizontale.
En pourcentage : S%=100LΔz
18. Exemple
Si une parcelle perd 12 m d’altitude sur 300 m : S=30012=0,04
soit : S=4%
Une pente relativement faible peut néanmoins générer un ruissellement significatif si le sol est compacté ou imperméabilisé.
19. Le ruissellement dépend du sol
Deux parcelles identiques géométriquement peuvent avoir des comportements très différents.
Sol A
- structure stable ;
- matière organique élevée ;
- racines ;
- biopores.
→ infiltration élevée.
Sol B
- compacté ;
- battant ;
- pauvre en matière organique ;
- nu.
→ ruissellement beaucoup plus important.
20. Le rôle de la matière organique
La matière organique peut contribuer à :
- stabiliser les agrégats ;
- améliorer la structure ;
- favoriser la porosité ;
- soutenir la vie biologique.
Elle participe donc indirectement à la maîtrise du ruissellement.
21. Le rôle des racines
Les racines créent :
- macropores ;
- canaux préférentiels ;
- zones d’infiltration.
Une végétation diversifiée peut ainsi transformer progressivement le fonctionnement hydraulique du sol.
22. Le rôle des vers de terre
Les galeries de certains lombrics constituent des conduits préférentiels.
Elles peuvent favoriser :
- infiltration ;
- drainage vertical ;
- circulation de l’air ;
- stockage.
Le vivant devient alors une véritable infrastructure hydraulique distribuée.
23. Cartographier le ruissellement
La première étape consiste à cartographier :
- altitude ;
- pente ;
- exposition ;
- accumulation des flux ;
- sols ;
- occupation des sols ;
- imperméabilisation ;
- végétation ;
- réseau hydrographique.
Le SIG permet ensuite de combiner ces couches.
24. Modèle numérique de terrain
Le MNT constitue une donnée fondamentale.
À partir d’un MNT, on peut dériver :
- altitude ;
- pente ;
- orientation ;
- direction d’écoulement ;
- accumulation des écoulements ;
- bassins versants ;
- talwegs.
25. Direction d’écoulement
Pour chaque cellule du raster, on cherche la direction privilégiée de l’écoulement.
Une méthode classique est D8 :
↖ ↑ ↗← ● →↙ ↓ ↘
La cellule centrale dirige l’eau vers l’une des huit cellules voisines selon la pente.
D’autres méthodes existent, notamment les méthodes à flux multiples.
26. Accumulation des flux
Après avoir déterminé les directions :
· · · ↓· · ↓↓↓· ↓↓↓↓↓→→→→→
on calcule combien de cellules contribuent à chaque cellule.
Les zones de forte accumulation indiquent les secteurs susceptibles de devenir :
- talwegs ;
- fossés naturels ;
- axes de ruissellement ;
- zones de concentration.
27. Carte des chemins préférentiels
On peut obtenir une carte du type :
┌───────────────────────┐│ ↓ ││ ↓ ││ ↘ ↓ ↙ ││ ↘↓↙ ││ █ ││ █ ││ █──────→ rivière│└───────────────────────┘
Cette carte est extrêmement utile avant tout aménagement.
28. Cartographie des zones d’accumulation
Les zones de convergence peuvent être classées :
- faible ;
- moyenne ;
- forte ;
- très forte.
Elles peuvent correspondre à des zones prioritaires pour :
- noues ;
- bandes végétalisées ;
- mares ;
- bassins ;
- zones humides ;
- ouvrages de ralentissement.
29. Cartographie du risque de ruissellement
Une approche multicritère peut combiner : R=f(Pente,Sol,Couverture,Impermeˊabilisation,Pluie)
On peut attribuer à chaque facteur un score.
Exemple :
| Facteur | Faible risque | Fort risque |
|---|---|---|
| pente | faible | forte |
| infiltration | élevée | faible |
| couverture | dense | nue |
| imperméabilisation | faible | forte |
| pluie | faible | intense |
30. Carte de vulnérabilité
Il faut distinguer :
Aléa
Probabilité/intensité du phénomène.
Enjeux
Ce qui peut être touché.
Vulnérabilité
Sensibilité des enjeux.
On peut alors construire : Risque=Aleˊa×Vulneˊrabiliteˊ×Enjeux
Cette distinction est fondamentale pour passer d’une simple carte hydrologique à une carte de risque.
31. Simulation pluie-débit
Une simulation peut représenter :
Pluie ↓Interception ↓Infiltration ↓Stockage ↓Ruissellement ↓Réseau hydraulique ↓Exutoire
Le modèle calcule ensuite :
- débit ;
- volume ;
- temps de réponse ;
- hauteur d’eau ;
- zones d’accumulation.
32. Simulation événementielle
On peut simuler une pluie donnée :
Pluie
50 mm en 2 h.
Sol
capacité d’infiltration définie.
Terrain
MNT.
Occupation
toitures + cultures + forêt + routes.
Le modèle produit :
- hydrogramme ;
- volume ruisselé ;
- débit de pointe ;
- cartes d’écoulement.
33. Hydrogramme
L’hydrogramme représente le débit en fonction du temps.
Q│ /\│ / \│ / \│__________/ \________│└────────────────────────── t
On peut extraire :
- Qp = débit de pointe ;
- temps au pic ;
- volume sous la courbe.
34. Effet d’un aménagement
On peut comparer :
Situation initiale
pluie ↓ruissellement important ↓pic élevé
Situation Omakëya™
pluie ↓interception ↓infiltration ↓stockage ↓ruissellement retardé ↓pic réduit
L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer totalement le ruissellement.
Il s’agit surtout de modifier son volume, sa vitesse et son moment d’apparition.
35. Simulation avant / après
Un excellent outil de conception consiste à comparer :
| Paramètre | Avant | Après |
|---|---|---|
| volume ruisselé | 100 % | 45 % |
| débit de pointe | 100 % | 38 % |
| temps au pic | 35 min | 75 min |
| infiltration | 20 % | 55 % |
| stockage temporaire | faible | important |
Les valeurs sont ici illustratives : elles doivent être calculées pour chaque projet.
36. Scénarios climatiques
La simulation peut également tester :
- pluie décennale ;
- pluie cinquantennale ;
- pluie centennale ;
- pluie exceptionnelle ;
- succession de pluies ;
- sol déjà saturé ;
- sécheresse préalable.
Cela permet de concevoir un système robuste plutôt que simplement adapté à la moyenne climatique.
37. Le cas particulier des sécheresses
Après une longue sécheresse :
- sol très sec ;
- végétation stressée ;
- hydrophobicité possible selon les sols ;
- surface parfois fortement dégradée.
Une pluie intense peut alors produire un ruissellement important.
Il faut donc tester dans les modèles plusieurs états hydriques initiaux.
38. Les outils SIG
Une chaîne de travail peut être :
MNT ↓pente ↓direction des flux ↓accumulation ↓réseau potentiel ↓bassin versant ↓modèle pluie-débit ↓carte du ruissellement
Des outils comme QGIS permettent de réaliser une grande partie de cette analyse.
39. Les données nécessaires
Pour une étude sérieuse :
Topographie
- MNT ;
- courbes de niveau ;
- Lidar si disponible.
Pluviométrie
- stations ;
- données radar ;
- statistiques IDF.
Sol
- texture ;
- structure ;
- conductivité ;
- réserve utile ;
- occupation.
Végétation
- couverture ;
- hauteur ;
- densité ;
- saisonnalité.
Hydrologie
- cours d’eau ;
- fossés ;
- mares ;
- bassins ;
- réseaux enterrés.
40. Mesures de terrain
La simulation doit être confrontée au réel.
On peut mesurer :
- pluie ;
- débit ;
- infiltration ;
- humidité du sol ;
- hauteur d’eau ;
- turbidité ;
- température.
Une petite station instrumentée peut devenir extrêmement intéressante dans une démarche Omakëya™.
41. Pluviomètre
Le pluviomètre permet d’obtenir : P(t)
et donc :
- cumul journalier ;
- intensité ;
- événements extrêmes.
Avec un pas temporel suffisamment fin, il devient possible de reconstruire des épisodes de ruissellement.
42. Capteurs de niveau
Dans une mare ou un bassin : h(t)
permet de suivre la montée et la vidange.
Avec une relation hauteur-volume : V=f(h)
on peut reconstruire le stockage.
43. Débit
Pour un canal ou une sortie de bassin : Q(t)
permet d’établir l’hydrogramme.
On peut alors calculer : V=∫Q(t)dt
Le volume total écoulé devient mesurable.
44. Calibration
Un modèle doit être confronté à des observations.
On peut :
- mesurer une pluie ;
- mesurer le débit ;
- simuler ;
- comparer ;
- ajuster les paramètres ;
- tester sur un autre événement.
C’est le principe de calibration-validation.
45. Le jumeau numérique hydrologique
À l’échelle d’un jardin ou d’un territoire, on peut progressivement construire un modèle numérique comprenant :
- topographie ;
- sols ;
- végétation ;
- ouvrages ;
- pluie ;
- stockage ;
- ruissellement.
Le système devient un jumeau numérique hydrologique.
46. Vers le pilotage intelligent
Avec des capteurs et une IA, le système pourrait estimer :
« Une pluie intense est prévue dans 90 minutes. La parcelle est déjà humide à 82 %. La mare dispose encore de 14 m³ de capacité. Le risque de débordement est faible/modéré/fort. »
Cela permettrait d’adapter :
- vidange préventive ;
- irrigation ;
- stockage ;
- surveillance ;
- protection des ouvrages.
47. Le principe Omakëya™ : ne pas évacuer trop vite
La logique traditionnelle est souvent : collecter→eˊvacuer
La logique hydrologique régénérative devient : intercepter→ralentir→infiltrer→stocker→redistribuer→restituer
Tout en conservant une voie de sécurité pour les événements dépassant la capacité du système.
48. Hiérarchie des solutions
On peut organiser les interventions ainsi :
Niveau 1 — Sol
- couverture ;
- matière organique ;
- structure ;
- racines.
Niveau 2 — Parcelle
- bandes végétales ;
- baissières ;
- haies ;
- terrasses.
Niveau 3 — Stockage
- mares ;
- bassins ;
- zones humides.
Niveau 4 — Réseau
- noues ;
- fossés végétalisés ;
- talwegs.
Niveau 5 — Sécurité
- déversoirs ;
- ouvrages de protection ;
- exutoires.
49. Dimensionnement : une règle essentielle
Un ouvrage hydraulique ne doit jamais être dimensionné uniquement à partir du volume d’une pluie moyenne.
Il faut considérer :
- événement de projet ;
- bassin contributif ;
- débit de pointe ;
- volume ;
- durée ;
- sécurité ;
- surverse ;
- stabilité ;
- entretien.
50. KPI du ruissellement
Le tableau de bord Omakëya™ peut suivre :
| KPI | Unité |
|---|---|
| pluie cumulée | mm |
| intensité maximale | mm/h |
| volume ruisselé | m³ |
| coefficient de ruissellement | — |
| débit de pointe | m³/s |
| temps au pic | min |
| infiltration estimée | mm |
| stockage temporaire | m³ |
| turbidité | NTU |
| sédiments exportés | kg |
| surface imperméabilisée | m² |
| surface désimperméabilisée | m² |
| couverture végétale | % |
51. Indicateur particulièrement intéressant
Un KPI très utile pour suivre la transformation d’un terrain pourrait être : TR=VpreˊcipitationVruissellement
Le but n’est pas nécessairement d’obtenir TR=0, mais de suivre son évolution dans le temps.
Par exemple :
Année 0 → 0,42Année 5 → 0,30Année 10 → 0,21Année 20 → 0,15
Ces valeurs sont illustratives.
52. Un second KPI : le temps de réponse
On peut suivre : Treˊponse
entre le début de l’événement pluvieux et le pic de débit.
Un système régénératif bien conçu peut, dans certains contextes, allonger le temps de réponse et réduire le pic, grâce à l’interception, l’infiltration et le stockage.
53. Un troisième KPI : le pic de ruissellement
On peut suivre : Qp,avantvsQp,apreˋs
C’est souvent plus parlant que le seul volume annuel.
Deux terrains peuvent produire le même volume annuel de ruissellement mais présenter des risques très différents si l’un concentre brutalement l’eau pendant quelques minutes.
54. Étude de cas type — Jardin de 2 000 m²
Imaginons :
- surface : 2 000 m² ;
- pente : 5 % ;
- sol limoneux ;
- partie compactée ;
- toiture : 150 m² ;
- potager : 500 m² ;
- verger : 700 m² ;
- espaces végétalisés : 650 m².
Le diagnostic commence par :
- MNT ;
- cartographie des pentes ;
- étude des sols ;
- identification des axes de ruissellement ;
- mesure de l’infiltration ;
- analyse des pluies.
55. Conception hydrologique
On pourrait ensuite envisager, selon les contraintes réelles :
- désimperméabilisation ;
- couverture des sols ;
- amélioration de la structure ;
- haie suivant les courbes de niveau ;
- noue ;
- mare ;
- zone humide temporaire ;
- débordement sécurisé.
L’objectif n’est pas de multiplier les ouvrages.
Il est de positionner le minimum d’infrastructures naturelles nécessaires aux bons endroits.
56. Schéma fonctionnel
TOITURE ↓ citerne ↓ trop-plein ↓ ┌───────┐ │ NOUE │ └───┬───┘ ↓ jardin/verger ↙ ↓ ↘ infiltration infiltration ↓ MARE ↓ déversoir ↓ exutoire sûr
Le système fonctionne alors comme une succession de réservoirs et résistances hydrauliques naturelles.
57. Du jardin au territoire
Le même raisonnement peut être appliqué à :
- balcon ;
- jardin ;
- verger ;
- ferme ;
- domaine agricole ;
- quartier ;
- commune ;
- bassin versant.
L’échelle change, mais la logique fondamentale demeure : pluie→flux→stockage→infiltration→restitution
58. Le ruissellement n’est pas simplement de l’eau qui coule sur le sol.
C’est le résultat visible de l’interaction entre :
- pluie ;
- climat ;
- topographie ;
- sol ;
- végétation ;
- occupation humaine ;
- infrastructures ;
- état hydrique initial.
Le comprendre nécessite donc de croiser hydrologie, pédologie, topographie, climatologie, écologie et ingénierie.
La méthode Omakëya™ cherche à transformer le problème :
Au lieu de chercher toujours à évacuer l’eau le plus rapidement possible, apprendre à donner à l’eau suffisamment d’espace, de temps et de matière vivante pour qu’elle puisse s’infiltrer, être stockée, circuler lentement et finalement être restituée au système.
C’est cette approche qui permet de passer d’une simple gestion du ruissellement à une véritable hydrologie régénérative.
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- TOME 10 AGROCLIMATOLOGIE : Modélisation, Simulation et Intelligence Artificielle
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- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
- AGROCLIMATOLOGIE : De la biologie des sols à l’intelligence artificielle, comprendre, concevoir et faire évoluer les jardins, vergers, fermes et paysages capables de résister au climat du futur.