
LES MYCORHIZES
Racines et champignons : une symbiose fondamentale pour l’eau, le phosphore, le carbone et la résilience des plantes
Les mycorhizes constituent l’une des interfaces biologiques les plus importantes entre le végétal et le sol.
Le terme désigne une association symbiotique entre les racines d’une plante et certains champignons du sol. Cette association est extrêmement ancienne dans l’histoire évolutive des plantes terrestres et concerne une très grande diversité d’espèces végétales.
Dans un écosystème fonctionnel, il faut donc dépasser le modèle simplifié :
plante → racine → sol
pour considérer plutôt :
plante → racine → mycorhize → réseau fongique → sol → microorganismes → autres plantes.
La mycorhize devient ainsi une véritable interface biologique d’échange entre la plante et son environnement.
1. Une symbiose, mais pas un simple « échange »
La relation mycorhizienne est souvent présentée comme un échange parfaitement équilibré :
la plante donne du carbone ; le champignon donne de l’eau et des minéraux.
Cette représentation est utile pédagogiquement, mais elle est trop simplificatrice.
La réalité dépend :
- de l’espèce végétale ;
- du champignon ;
- du type de mycorhize ;
- de la disponibilité en eau ;
- de la disponibilité en phosphore ;
- de l’azote ;
- de la température ;
- du pH ;
- de la fertilité ;
- des autres microorganismes ;
- du contexte écologique.
La symbiose doit donc être considérée comme une interaction dynamique dont le bilan peut évoluer dans le temps.
2. Les deux grands types étudiés ici
Deux grands ensembles sont particulièrement importants :
Endomycorhizes
Principalement les mycorhizes arbusculaires.
Ectomycorhizes
Très importantes chez de nombreuses espèces forestières.
Il existe également d’autres formes de mycorhizes spécialisées, notamment chez certaines plantes particulières.
3. Les endomycorhizes
Le terme traditionnel « endomycorhize » recouvre notamment les mycorhizes arbusculaires.
Le champignon colonise certaines parties du cortex racinaire et développe des structures spécialisées.
Les principales structures comprennent :
- hyphes ;
- arbuscules ;
- parfois vésicules selon les groupes fongiques.
4. Les arbuscules
L’arbuscule est une structure ramifiée formée à l’intérieur d’une cellule végétale.
On peut l’imaginer comme un arbre microscopique :
HYPHE │ │ ─────┼───── ╱ │ ╲ ╱ │ ╲ ╱ │ ╲ ARBUSCULE ARBUSCULE ARBUSCULE dans les cellules racinaires
Il constitue une zone majeure d’interaction entre le champignon et la plante.
5. Les ectomycorhizes
Les ectomycorhizes fonctionnent selon une architecture différente.
Le champignon développe notamment :
- un manteau fongique autour de la racine ;
- un réseau d’hyphes entre certaines cellules du cortex : le réseau de Hartig.
Le champignon reste donc principalement dans les espaces intercellulaires du cortex, contrairement aux arbuscules des mycorhizes arbusculaires.
6. Ectomycorhizes et arbres
Les ectomycorhizes sont particulièrement importantes chez de nombreux arbres :
- chênes ;
- hêtres ;
- bouleaux ;
- pins ;
- épicéas ;
- sapins ;
- peupliers, selon les espèces et associations.
Elles jouent donc un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes forestiers.
7. Architecture générale
On peut représenter le système :
PLANTE │ carbone organique ↓ RACINE ╔════════════╗ ║ MYCORHIZE ║ ╚════════════╝ │ ↓ RÉSEAU HYPHAL ╱ │ ╲ ╱ │ ╲ ↓ ↓ ↓ eau phosphore autres nutriments
La mycorhize constitue donc une interface entre deux systèmes vivants.
8. Le carbone : la monnaie énergétique du système
La plante produit des sucres grâce à la photosynthèse.
Une partie du carbone fixé peut être transférée vers les racines et les symbiotes.
Le champignon utilise ce carbone pour :
- produire de la biomasse ;
- développer ses hyphes ;
- respirer ;
- produire des molécules ;
- coloniser le sol.
Le réseau mycélien constitue donc, en partie, une extension métabolique de l’interface racinaire.
9. Pourquoi le champignon peut explorer davantage de sol
Les racines sont relativement épaisses.
Les hyphes sont beaucoup plus fins.
Le champignon peut donc pénétrer dans des pores et des micro-environnements auxquels la racine elle-même accède difficilement.
RACINE ═════════════ ╲ │ ╱ ╲ │ ╱ ╲│╱ ────┼──── ╱ │ ╲ ╱ │ ╲ ╱ │ ╲ HYPHES HYPHES HYPHES ↓ ↓ ↓ microzones du sol
C’est l’une des raisons fondamentales pour lesquelles les mycorhizes peuvent modifier l’acquisition des ressources.
10. Transport de l’eau
Les réseaux mycorhiziens peuvent contribuer à l’accès de certaines plantes à l’eau.
Ils peuvent notamment :
- explorer des volumes de sol supplémentaires ;
- exploiter certaines zones humides ;
- modifier les relations plante-sol ;
- participer à la dynamique hydrique autour des racines.
Mais il faut distinguer :
exploration accrue du sol
de :
transport hydraulique massif comparable à une canalisation.
Le mycélium n’est pas un réseau d’irrigation miniature.
11. Le rôle hydraulique réel
Le bénéfice hydrique dépend notamment :
- du diamètre des hyphes ;
- de leur densité ;
- de la continuité hydrique ;
- du potentiel hydrique ;
- de la conductivité du sol ;
- de l’état hydrique de la plante.
L’effet peut être important dans certains systèmes mais faible dans d’autres.
La bonne question n’est donc pas :
« Les mycorhizes apportent-elles de l’eau ? »
mais :
« Dans quelles conditions la symbiose mycorhizienne améliore-t-elle l’acquisition ou l’utilisation de l’eau par la plante ? »
Cette formulation est beaucoup plus intéressante pour l’agroclimatologie.
12. Le phosphore
Le phosphore constitue l’un des rôles les mieux étudiés des mycorhizes arbusculaires.
Le phosphore est relativement peu mobile dans le sol.
Les racines explorent donc seulement une partie du phosphore accessible.
Le réseau fongique augmente la zone potentiellement explorée.
13. Phosphore : schéma fonctionnel
SOL phosphore peu mobile ● ● ● ● ● ● ↓ RÉSEAU MYCÉLIEN ───────●───────●──── │ │ RACINE │ ↓ PLANTE
Le champignon peut accéder à des ressources situées à distance de la surface racinaire.
14. Les phosphatases
Certains champignons mycorhiziens peuvent produire des enzymes telles que des phosphatases.
Elles participent à la mobilisation de certaines formes de phosphore organique.
Il faut toutefois distinguer :
- phosphore total ;
- phosphore organique ;
- phosphore minéral ;
- phosphore réellement accessible à la plante.
Le fonctionnement dépend fortement de la chimie du sol.
15. Autres éléments minéraux
Les associations mycorhiziennes peuvent également influencer l’acquisition de certains :
- azote ;
- zinc ;
- cuivre ;
- fer ;
- autres micronutriments.
Mais l’effet varie fortement selon les espèces et les conditions.
16. Mycorhizes et sécheresse
La question devient particulièrement importante dans le contexte du changement climatique.
Une sécheresse impose plusieurs contraintes :
- diminution du potentiel hydrique du sol ;
- fermeture stomatique ;
- baisse de la photosynthèse ;
- perturbation de la nutrition ;
- stress oxydatif ;
- ralentissement de la croissance.
Une symbiose mycorhizienne fonctionnelle peut parfois contribuer à limiter certains de ces effets.
17. Une hypothèse de mécanisme
SÉCHERESSE ↓sol plus sec ↓accès racinaire limité ↓MYCORHIZES ↓exploration supplémentaire ↓eau + nutriments ↓maintien partiel de la nutrition ↓meilleure tolérance au stress
Mais cette chaîne n’est pas automatique.
Elle doit être vérifiée expérimentalement pour le système considéré.
18. Mycorhizes et physiologie de la sécheresse
Les mycorhizes peuvent influencer plusieurs mécanismes physiologiques :
- potentiel hydrique ;
- conductance stomatique ;
- photosynthèse ;
- nutrition minérale ;
- système antioxydant ;
- architecture racinaire ;
- régulation hormonale.
La résistance à la sécheresse n’est donc pas seulement une question de quantité d’eau disponible.
C’est aussi une question de :
capacité de la plante à fonctionner lorsque l’eau devient limitante.
19. Mycorhizes et résilience
Il faut distinguer :
Résistance
Capacité à maintenir son fonctionnement pendant le stress.
Résilience
Capacité à récupérer après le stress.
Une symbiose peut contribuer à l’une ou à l’autre, mais les deux notions ne sont pas équivalentes.
20. Mycorhizes et changement climatique
Avec :
- sécheresses plus fréquentes ;
- vagues de chaleur ;
- modification des régimes pluviométriques ;
- évolution des sols ;
- déplacement des aires climatiques ;
les symbioses racinaires deviennent un domaine majeur de recherche.
L’objectif n’est cependant pas de rechercher « le champignon miracle ».
Il faut identifier :
les associations plante–champignon les mieux adaptées à un climat et à un sol donnés.
21. Communication entre plantes
C’est ici que commence l’un des sujets les plus fascinants.
Des réseaux mycorhiziens peuvent connecter différentes plantes.
PLANTE A │ │ MYCORHIZE │ ═════╪═════ │ RÉSEAU HYPHAL ╱ ╲ ╱ ╲ │ │ PLANTE B PLANTE C
Des transferts de ressources et certains signaux peuvent alors se produire dans certaines conditions.
22. Le « Wood Wide Web »
L’expression Wood Wide Web a été popularisée pour décrire l’idée de réseaux mycorhiziens reliant des plantes, particulièrement dans les écosystèmes forestiers.
Elle est très parlante pour la vulgarisation.
Mais scientifiquement, elle doit être utilisée avec prudence.
Un réseau mycorhizien n’est pas l’équivalent biologique d’Internet.
Il ne possède pas :
- serveur ;
- intelligence centrale ;
- intention ;
- langage symbolique.
Il s’agit d’un réseau écologique distribué.
23. Ce qui peut réellement circuler
Selon les systèmes étudiés, des réseaux mycorhiziens peuvent participer à des transferts de :
- carbone ;
- nutriments ;
- eau dans certaines conditions ;
- molécules de signalisation.
Mais la quantité transférée et son importance écologique peuvent varier considérablement.
24. Le cas des arbres
Dans une forêt, plusieurs arbres peuvent partager des partenaires fongiques compatibles.
On peut alors avoir :
CHÊNE │ mycorhize │ ├─────────────┐ │ │ mycélium mycélium │ │ HÊTRE CHÊNE │ │ mycorhize mycorhize
Cette architecture contribue à la connectivité biologique du sol.
25. Attention au mythe de « l’arbre mère »
La vulgarisation a popularisé l’idée d’un « arbre mère » nourrissant systématiquement les jeunes arbres via le réseau fongique.
La réalité est beaucoup plus complexe.
Les transferts existent dans certains systèmes expérimentaux et naturels, mais :
- ils ne sont pas nécessairement dirigés ;
- leur amplitude varie ;
- leur bénéfice pour le receveur varie ;
- les réseaux sont soumis à de nombreuses contraintes biologiques.
Il faut donc parler de transferts et interactions médiés par les réseaux mycorhiziens, plutôt que d’un système volontaire de solidarité forestière.
26. Mycorhizes et compétition
Les plantes connectées par des champignons ne cessent pas pour autant d’être concurrentes.
Elles peuvent continuer à se disputer :
- lumière ;
- eau ;
- azote ;
- phosphore ;
- espace.
La coopération et la compétition peuvent donc coexister.
C’est un principe fondamental de l’écologie.
27. Mycorhizes et facilitation
Dans certaines situations, une plante peut bénéficier indirectement de la présence d’une autre grâce à des interactions biologiques.
On parle alors de facilitation.
Mais il faut démontrer le mécanisme plutôt que l’inférer simplement de la présence d’un réseau fongique commun.
28. Applications agricoles
Les mycorhizes intéressent fortement l’agriculture pour plusieurs raisons :
- amélioration potentielle de la nutrition phosphatée ;
- meilleure exploration du sol ;
- tolérance à certains stress ;
- interaction avec la microbiologie du sol ;
- réduction potentielle de certains intrants dans des conditions appropriées.
29. Agriculture et inoculation
Des produits commerciaux proposent des inoculums mycorhiziens.
Mais :
inoculer n’est pas nécessairement synonyme de mycorhizer efficacement une culture.
Un sol possède déjà sa communauté fongique.
Il faut donc se demander :
- Quels champignons sont présents ?
- La plante est-elle mycorhizable ?
- Le sol est-il favorable ?
- Le phosphore est-il limitant ?
- Le travail du sol détruit-il les réseaux ?
- L’inoculum est-il compatible ?
- Le bénéfice attendu est-il mesurable ?
30. Le paradoxe de la fertilisation
Une forte disponibilité en phosphore peut parfois réduire l’intérêt de la symbiose mycorhizienne pour la plante.
C’est logique :
si la plante obtient facilement le phosphore directement, le coût métabolique de l’association peut devenir moins avantageux.
On retrouve donc un principe important :
plus une ressource est facilement accessible, moins une symbiose permettant de l’acquérir peut être avantageuse.
31. Travail du sol
Le travail mécanique du sol peut fragmenter les réseaux mycéliens.
Selon :
- fréquence ;
- profondeur ;
- intensité ;
- humidité ;
- système cultural ;
les conséquences peuvent être très différentes.
La réduction du travail du sol peut donc favoriser la continuité de certains réseaux fongiques, mais elle ne garantit pas automatiquement une amélioration de toutes les fonctions du sol.
32. Couverture végétale
Une couverture végétale permanente ou prolongée peut favoriser la continuité biologique du système.
Les racines vivantes fournissent en effet du carbone aux microorganismes.
On obtient :
COUVERTURE VÉGÉTALE ↓RACINES VIVANTES ↓CARBONE ↓CHAMPIGNONS ↓MYCÉLIUM ↓SOL VIVANT
C’est particulièrement intéressant dans une approche d’agriculture régénérative.
33. Associations végétales
Les associations de plantes peuvent également modifier :
- diversité des partenaires ;
- structure racinaire ;
- ressources disponibles ;
- continuité des réseaux ;
- compétition ;
- facilitation.
Une diversité végétale élevée ne garantit cependant pas automatiquement une diversité mycorhizienne élevée.
Le fonctionnement doit être mesuré.
34. Application au verger
Dans un verger Omakëya™, on peut rechercher une continuité biologique entre :
- arbres fruitiers ;
- arbustes ;
- plantes herbacées ;
- couverts végétaux ;
- racines ;
- champignons ;
- bactéries.
Le verger devient alors un système racinaire continu, plutôt qu’une collection d’arbres isolés.
35. Application à la forêt-jardin
La forêt-jardin constitue un cas particulièrement intéressant.
Plusieurs strates végétales peuvent coexister :
ARBRES ↓ ARBUSTES ↓ HERBACÉES ↓ COUVERT ↓ RACINES ↓ MYCORHIZES ↓ SOL
La diversité des niches racinaires augmente potentiellement la complexité du réseau biologique.
36. Application au potager
Dans un potager, la situation est plus variable.
Certaines cultures sont fortement mycorhizables, d’autres beaucoup moins ou pas du tout.
Il faut donc intégrer la biologie réelle des espèces plutôt que parler globalement de :
« potager mycorhizé ».
37. Application aux arbres
Pour planter un arbre dans une logique Omakëya™, il devient pertinent d’analyser :
- sol ;
- pH ;
- matière organique ;
- disponibilité du phosphore ;
- microbiologie ;
- historique du terrain ;
- végétation existante ;
- espèces présentes.
La meilleure stratégie peut être de préserver les symbioses déjà présentes plutôt que d’ajouter artificiellement des inoculums.
38. Construire un réseau mycorhizien
Une approche systémique pourrait chercher à favoriser :
Continuité racinaire
Maintenir des plantes vivantes.
Continuité biologique
Limiter les perturbations inutiles.
Diversité végétale
Associer plusieurs espèces.
Matière organique
Maintenir des ressources pour le réseau trophique.
Structure du sol
Éviter la compaction excessive.
Gestion hydrique
Éviter alternativement dessiccation extrême et asphyxie prolongée.
39. Le modèle Omakëya™
Le système peut être représenté ainsi :
SOLEIL ↓ PHOTOSYNTHÈSE ↓ CARBONE ↓ RACINE ↓ MYCORHIZE ↓ MYCÉLIUM ↙ ↓ ↘ EAU PHOSPHORE NUTRIMENTS ↘ ↓ ↙ PLANTE ↓ CROISSANCE ↓ BIOMASSE / SOL
La symbiose devient alors un composant du système agroclimatique.
40. Vers une ingénierie des symbioses
L’objectif du Tome 7 ne devrait pas être :
« ajouter des champignons partout ».
Il devrait être beaucoup plus ambitieux :
comprendre, préserver, restaurer et éventuellement optimiser les réseaux symbiotiques déjà présents dans les écosystèmes.
Cela implique une démarche d’ingénieur :
diagnostiquer → mesurer → modéliser → intervenir → mesurer → corriger.
41. Diagnostic mycorhizien Omakëya™
Un diagnostic pourrait intégrer :
| Domaine | Mesures |
|---|---|
| Sol | pH, texture, MO, humidité |
| Nutrition | P, N, oligoéléments |
| Racines | architecture, biomasse |
| Mycorhizes | taux de colonisation |
| Champignons | diversité, abondance |
| Activité | respiration, enzymes |
| Eau | potentiel hydrique |
| Végétation | croissance, stress |
| Climat | température, sécheresse |
| Pratiques | travail du sol, fertilisation |
On passe ainsi d’une approche qualitative à une caractérisation fonctionnelle.
42. Indicateurs de suivi
Un futur tableau de bord pourrait suivre :
I₁ — Colonisation mycorhizienne
I₂ — Biomasse fongique
I₃ — Diversité fongique
I₄ — Disponibilité du phosphore
I₅ — Humidité du sol
I₆ — Croissance végétale
I₇ — Résistance au stress hydrique
I₈ — Récupération après sécheresse
L’intérêt est de rechercher les relations entre indicateurs, plutôt qu’un indicateur unique.
43. Vers le jumeau numérique du sol
Dans le cadre de l’ingénierie Omakëya™, les mycorhizes pourraient être intégrées à un modèle numérique :
CLIMAT ↙ ↓ ↘ pluie T° rayonnement ↓ ↓ ↓ SOL ↓ ┌───────┴────────┐ ↓ ↓ RACINES MYCÉLIUM ↓ ↓ └───────┬────────┘ ↓ EAU + NUTRIMENTS ↓ PLANTE ↓ CROISSANCE
Le modèle pourrait ensuite simuler différents scénarios :
- année humide ;
- sécheresse ;
- canicule ;
- fertilisation ;
- changement de culture ;
- modification du travail du sol ;
- changement climatique.
44. Le véritable enjeu
La grande question n’est finalement pas :
« Les mycorhizes sont-elles utiles ? »
mais :
« Comment identifier les associations plante–champignon qui rendent un système particulier plus performant, plus autonome et plus résilient ? »
Cette question ouvre directement vers l’ingénierie agroclimatique.
45. Les mycorhizes sont l’une des interfaces les plus remarquables entre le monde végétal et le monde souterrain.
Elles permettent de relier :
carbone
↓
racine
↓
champignon
↓
sol
↓
eau + phosphore + nutriments
↓
plante
Elles peuvent contribuer à la nutrition, à l’exploration du sol et, dans certaines conditions, à la tolérance aux contraintes hydriques.
Les réseaux mycorhiziens peuvent également connecter des organismes et participer à des transferts biologiques, mais les représentations simplifiées du « Wood Wide Web » doivent être remplacées par une compréhension plus rigoureuse des réseaux écologiques.
Dans la Vision Omakëya™, le principe essentiel devient donc :
Ne pas fabriquer artificiellement un sol vivant lorsque l’on peut concevoir les conditions permettant au sol de construire lui-même sa propre infrastructure biologique.
C’est probablement l’une des idées les plus importantes de l’hydrologie régénérative : la gestion de l’eau commence souvent bien avant l’eau elle-même, dans la structure physique, biologique et symbiotique du sol.
- TOME « SUPP » AGROCLIMATOLOGIE : pour aller plus loin …
- TOME 15 AGROCLIMATOLOGIE : Le Grand Traité de l’Agroclimatologie
- TOME 14 AGROCLIMATOLOGIE : Économie, Gouvernance et Transition Écologique
- TOME 13 AGROCLIMATOLOGIE ! Les Retours d’Expérience
- TOME 12 AGROCLIMATOLOGIE : Mesurer, Diagnostiquer et Piloter les Écosystèmes
- TOME 11 AGROCLIMATOLOGIE ; Les Territoires Résilients
- TOME 10 AGROCLIMATOLOGIE : Modélisation, Simulation et Intelligence Artificielle
- TOME 9 AGROCLIMATOLOGIE : Concevoir les Jardins, Vergers et Fermes Résilients
- TOME 8 AGROCLIMATOLOGIE : Les Plantes du Climat de Demain
- TOME 7 AGROCLIMATOLOGIE : Les Sols Vivants et l’Hydrologie Régénérative
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 6 – Les applications : mise en œuvre de la méthode Omakëya™ à toutes les échelles, du balcon au territoire.
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 5 – L’Ingénierie des Écosystèmes
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 4 – Les Fondements Scientifiques de l’Agroclimatologie (un peu plus loin !)
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 3 – Les Applications de la Vision Omakëya™
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 2 – L’Ingénierie des Écosystèmes Résilients
- AGROCLIMATOLOGIE : TOME 1 – Les fondements scientifiques (initial)
- AGROCLIMATOLOGIE : De la biologie des sols à l’intelligence artificielle, comprendre, concevoir et faire évoluer les jardins, vergers, fermes et paysages capables de résister au climat du futur.