AGROCLIMATOLOGIE : Concevoir comme un bureau d’études : calculer, dimensionner, vérifier et projeter jusqu’en 2100

L’INGÉNIERIE DES ÉCOSYSTÈMES

Le dimensionnement des écosystèmes

Concevoir comme un bureau d’études : calculer, dimensionner, vérifier et projeter jusqu’en 2100

Une fois le site diagnostiqué et son fonctionnement modélisé, une question fondamentale apparaît :

Combien faut-il d’arbres, quelle surface de mare, quel volume d’eau, quelle longueur de haie, quelle surface productive et quelle capacité écologique faut-il réellement prévoir ?

C’est ici que la Vision Omakëya™ passe de la conception qualitative à la conception quantitative.

Un écosystème résilient ne doit pas seulement être « beau », « naturel » ou « biodiversifié ».

Il doit être dimensionné.

Comme un bureau d’études dimensionne :

  • une structure ;
  • une installation CVC ;
  • un réseau hydraulique ;
  • une station de pompage ;
  • une toiture ;
  • un bassin de rétention ;
  • une installation énergétique.

La Vision Omakëya™ propose d’appliquer la même rigueur aux systèmes vivants.


I. DU DESSIN AU DIMENSIONNEMENT

Une conception classique peut dire :

« Plantons quelques arbres ici. »

Une approche d’ingénierie demande :

  • combien ?
  • quelles espèces ?
  • quelle hauteur adulte ?
  • quel diamètre de couronne ?
  • quelle distance de plantation ?
  • quelle surface d’ombre recherchée ?
  • quelle consommation hydrique ?
  • quel volume racinaire ?
  • quelle durée de vie ?
  • quelle résistance au vent ?
  • quelle évolution à 20, 50 et 100 ans ?

Même raisonnement pour l’eau :

« Créons une mare. »

Le bureau d’études demande :

  • quel bassin versant ?
  • quelle pluie de projet ?
  • quel volume entrant ?
  • quelle profondeur ?
  • quelle surface ?
  • quelle infiltration ?
  • quelle évaporation ?
  • quel volume de sécurité ?
  • quel risque de débordement ?
  • quel fonctionnement en année sèche ?

II. LE PRINCIPE DU DOUBLE DIMENSIONNEMENT

L’une des particularités de l’agroclimatologie prospective est qu’un projet doit être dimensionné pour deux situations :

Situation A

Le climat actuel

Situation B

Le climat futur

On peut alors écrire :Dimensionnement=f(Climat, Sol, Eau, Vivant, Usages, Temps)

Et non simplement :Dimensionnement=f(Situation actuelle)


III. TROIS HORIZONS DE CONCEPTION

Une approche Omakëya™ peut retenir au minimum :

HorizonFonction
Aujourd’huifonctionnement actuel
2050adaptation à moyen terme
2100résilience à long terme

Mais certains projets peuvent aller plus loin :

  • 5 ans ;
  • 10 ans ;
  • 20 ans ;
  • 30 ans ;
  • 50 ans ;
  • 100 ans.

Un arbre planté aujourd’hui est un équipement écologique dont les performances changent avec le temps.


IV. DIMENSIONNER LES ARBRES

L’arbre devient une véritable unité fonctionnelle climatique.

Il faut connaître :

  • hauteur adulte ;
  • largeur de couronne ;
  • surface foliaire ;
  • vitesse de croissance ;
  • profondeur racinaire potentielle ;
  • besoin en eau ;
  • tolérance à la sécheresse ;
  • tolérance au gel ;
  • résistance au vent ;
  • capacité d’ombrage ;
  • potentiel de stockage de carbone ;
  • production éventuelle ;
  • intérêt pour la biodiversité.

V. LA FICHE TECHNIQUE DE L’ARBRE

Chaque essence pourrait disposer d’une fiche standardisée.

Exemple

Chêne pubescent

ParamètreÉvaluation
Taille adultegrande
Longévitétrès élevée
Ombre★★★★★
Tolérance sécheresse★★★★★
Résistance chaleur★★★★★
Besoin hydriquefaible à modéré après implantation
Biodiversité★★★★★
Stockage carbone★★★★★
Production alimentaire directe★☆☆☆☆
Valeur paysagère★★★★★

Les étoiles ne constituent toutefois qu’une première grille qualitative : le dimensionnement professionnel doit ensuite utiliser des données quantitatives adaptées au site.


VI. COMBIEN D’ARBRES ?

Le nombre d’arbres ne doit pas être déterminé uniquement par la surface disponible.

Il dépend de l’objectif.

Objectif 1

Ombrager un parking.

Objectif 2

Créer un corridor écologique.

Objectif 3

Créer un verger.

Objectif 4

Produire du bois.

Objectif 5

Créer un microclimat.

Objectif 6

Créer une forêt-jardin.

Chaque objectif produit une densité différente.


VII. DIMENSIONNEMENT PAR COURONNE

Une première approche consiste à raisonner sur la surface projetée de la couronne.

Pour une couronne approximativement circulaire :Ac​=π(2Dc​​)2

avec :

  • Ac​ = surface projetée ;
  • Dc​ = diamètre de la couronne.

Mais cette valeur ne représente pas directement la surface d’ombre réelle.

Il faut tenir compte :

  • de la position du soleil ;
  • de la hauteur de l’arbre ;
  • de la saison ;
  • de la densité du feuillage ;
  • de l’orientation ;
  • des bâtiments.

VIII. DIMENSIONNEMENT DE L’OMBRE

On peut définir un objectif :Cibleombre​=Surface aˋ proteˊgerSurface ombrageˊe​

Exemple :

Un parking possède :A=2000 m2

et l’objectif est d’obtenir à certaines heures critiques une couverture d’ombre de :40%

La cible est alors :Aombre​=800 m2

Le nombre d’arbres ne peut cependant pas être déduit directement de 800/Ac​, car les ombres se déplacent et se recouvrent.

Il faut idéalement utiliser une simulation solaire temporelle.


IX. DIMENSIONNER LA DISTANCE ENTRE LES ARBRES

La distance dépend :

  • de l’espèce ;
  • du porte-greffe ;
  • du sol ;
  • du climat ;
  • de la forme recherchée ;
  • de la concurrence ;
  • des infrastructures.

Il faut considérer simultanément :

Couronne

espace aérien.

Racines

espace souterrain.

Réseaux

eau, gaz, électricité, fondations.

Circulation

véhicules et piétons.

Sécurité

chutes de branches et arbres.


X. LE VOLUME RACINAIRE

Une erreur fréquente consiste à dimensionner uniquement l’espace aérien.

Or :

un arbre est également une infrastructure souterraine.

Il faut donc réserver :

  • volume de sol ;
  • porosité ;
  • infiltration ;
  • oxygénation ;
  • disponibilité en eau ;
  • espace racinaire.

Dans un environnement urbain, le volume de sol disponible peut devenir le facteur limitant avant même la surface disponible en hauteur.


XI. DIMENSIONNER LES HAIES

Une haie peut remplir plusieurs fonctions :

  • couper le vent ;
  • créer de l’ombre ;
  • protéger une culture ;
  • créer un corridor ;
  • produire ;
  • abriter des auxiliaires ;
  • limiter l’érosion ;
  • structurer le paysage.

Le dimensionnement porte donc sur :Longueur×Hauteur×Eˊpaisseur

mais également sur la composition biologique.


XII. HAIE MONOSPÉCIFIQUE VS HAIE MULTISTRATE

Haie simple

🌳 🌳 🌳 🌳 🌳

Haie multistrate

        🌳   🌳        🌳 🌿  🌿  🌿  🌿🌱 🌱 🌱 🌱 🌱

La deuxième structure peut offrir davantage de niches écologiques, tout en remplissant plusieurs fonctions.

Le dimensionnement devient donc architectural et écologique.


XIII. DIMENSIONNER L’EAU

L’eau doit être calculée à l’échelle du système.

On peut établir un bilan :Entreˊes−Sorties=Variation du stockage

Les entrées peuvent comprendre :

  • pluie ;
  • ruissellement ;
  • récupération de toiture ;
  • apports extérieurs.

Les sorties :

  • irrigation ;
  • évaporation ;
  • évapotranspiration ;
  • infiltration ;
  • débordement ;
  • consommation.

XIV. DIMENSIONNER UNE CUVE

Pour une toiture :Vreˊcup​=P×A×C

avec :

  • P = hauteur de pluie ;
  • A = surface de collecte ;
  • C = coefficient de récupération.

Exemple :P=30 mmA=200 m2C=0,8

Alors :V=0,03×200×0,8V=4,8 m3

Un épisode de 30 mm peut donc fournir environ 4 800 litres dans cet exemple théorique.

Mais le volume de cuve optimal ne se déduit pas d’un seul épisode : il faut analyser la série pluviométrique et la demande.


XV. DIMENSIONNER UNE MARE

La mare doit être dimensionnée selon :

  • bassin versant ;
  • pluie ;
  • ruissellement ;
  • infiltration ;
  • évaporation ;
  • niveau d’eau recherché ;
  • biodiversité ;
  • sécurité.

Une mare de biodiversité n’est pas nécessairement dimensionnée comme un bassin de rétention.

Une mare peut être :

  • permanente ;
  • temporaire ;
  • alimentée par ruissellement ;
  • alimentée par toiture ;
  • alimentée par nappe ;
  • alimentée artificiellement.

XVI. DIMENSIONNER UNE RÉSERVE POUR LA SÉCHERESSE

La question devient :

Combien de jours d’autonomie hydrique voulons-nous ?

On peut définir :Vautonomie​=Cj​×Nj​

où :

  • Cj​ = consommation journalière ;
  • Nj​ = nombre de jours d’autonomie.

Mais la consommation réelle varie fortement avec :

  • température ;
  • vent ;
  • rayonnement ;
  • végétation ;
  • stade de croissance ;
  • efficacité de l’irrigation.

Le modèle doit donc idéalement utiliser une demande hydrique dynamique.


XVII. DIMENSIONNER LE POTAGER

Le potager doit être dimensionné à partir des objectifs de production.

On peut calculer :Surface=Rendement cibleProduction rechercheˊe​

Mais le rendement dépend de :

  • climat ;
  • sol ;
  • variété ;
  • fertilité ;
  • irrigation ;
  • saison ;
  • ravageurs ;
  • techniques culturales.

Il faut donc utiliser des fourchettes plutôt qu’un rendement unique.


XVIII. LE POTAGER COMME SYSTÈME

Le dimensionnement ne porte pas uniquement sur la surface cultivée.

Il faut également prévoir :

  • chemins ;
  • compost ;
  • stockage d’eau ;
  • zones de préparation ;
  • pépinière ;
  • biodiversité ;
  • haies ;
  • arbres ;
  • zones refuges.

Un potager de 100 m² peut donc nécessiter une emprise fonctionnelle supérieure à 100 m².


XIX. DIMENSIONNER LA BIODIVERSITÉ

C’est l’un des sujets les plus difficiles.

On ne peut pas simplement dire :

« 100 espèces = bonne biodiversité. »

La biodiversité dépend de :

  • richesse spécifique ;
  • abondance ;
  • diversité génétique ;
  • diversité fonctionnelle ;
  • diversité des habitats ;
  • connectivité ;
  • continuité temporelle.

On peut donc dimensionner des habitats plutôt qu’un simple nombre d’espèces.


XX. LA MOSAÏQUE ÉCOLOGIQUE

Un système résilient peut combiner :

🌳 BOISEMENT     │🌿 HAIE     │🌼 PRAIRIE     │💧 MARE     │🌱 POTAGER     │🍎 VERGER     │🪵 BOIS MORT

Chaque élément apporte une fonction différente.

La biodiversité résulte alors de la mosaïque et de la connectivité.


XXI. DIMENSIONNER LA CONNECTIVITÉ

Deux habitats isolés peuvent avoir une efficacité écologique différente de deux habitats reliés.

On peut donc chercher à maximiser :Connectiviteˊ=f(distance, continuiteˊ, largeur, qualiteˊ)

Cela permet de concevoir :

  • corridors ;
  • haies ;
  • bandes enherbées ;
  • ripisylves ;
  • bosquets ;
  • mares relais.

XXII. DIMENSIONNER LE CLIMAT

La Vision Omakëya™ peut introduire un concept particulièrement intéressant :

l’objectif climatique du site.

Par exemple :

  • réduire la température maximale ;
  • augmenter l’ombre ;
  • diminuer le vent ;
  • augmenter l’humidité locale ;
  • réduire les surfaces surchauffées.

On peut alors définir des indicateurs cibles.

Exemple

ΔTmax​=Treˊfeˊrence​−Tprojet​

L’objectif peut être de rechercher une réduction de la température de surface ou de l’exposition thermique dans certaines zones, sans promettre une réduction fixe de la température de l’air sans modélisation et validation expérimentale.


XXIII. DIMENSIONNER UN « PUITS DE FRAÎCHEUR »

Un puits de fraîcheur peut associer :

  • végétation ;
  • ombre ;
  • eau ;
  • évapotranspiration ;
  • inertie ;
  • faible rayonnement ;
  • circulation d’air.

Le dimensionnement doit donc être multidisciplinaire.

          🌳      🌳       🌳         💧    ███████████       SOL         ↓   FRAÎCHEUR LOCALE

La performance doit ensuite être mesurée.


XXIV. DIMENSIONNER POUR 2050

Le projet ne doit pas seulement utiliser les données climatiques historiques.

Il doit considérer des scénarios futurs.

Variables possibles :

  • température ;
  • précipitations ;
  • vagues de chaleur ;
  • sécheresses ;
  • gel ;
  • extrêmes pluviométriques.

On peut définir :D2050​=f(Climat2050​,Usage,Sol,Eau,Veˊgeˊtation)


XXV. DIMENSIONNER POUR 2100

L’horizon 2100 doit être traité comme une trajectoire, pas comme une valeur certaine.

On peut utiliser plusieurs scénarios climatiques.

Par exemple :

             2026               │          ┌────┴────┐          ↓         ↓       scénario A scénario B          │         │        2050       2050          │         │       ┌──┴──┐   ┌──┴──┐       ↓     ↓   ↓     ↓     2100  2100 2100  2100

On recherche alors une solution robuste dans plusieurs futurs possibles.


XXVI. LE DIMENSIONNEMENT ROBUSTE

Une conception optimale pour un seul scénario peut devenir mauvaise dans un autre.

L’objectif devient :

la robustesse.

On cherche une solution qui reste acceptable dans plusieurs conditions.

On peut définir une fonction :Robustesse=f(Performance, Sceˊnarios, Cou^t, Risque)

Le meilleur projet n’est donc pas nécessairement celui qui maximise une seule performance.

C’est celui qui maintient un niveau satisfaisant de fonctionnement malgré les incertitudes.


XXVII. DIMENSIONNEMENT ADAPTATIF

Une autre stratégie consiste à construire progressivement.

Phase 1

Dimensionnement actuel.

Phase 2

Observation.

Phase 3

Mesure.

Phase 4

Ajustement.

Phase 5

Extension.

Phase 6

Adaptation climatique.

On peut ainsi éviter de surdimensionner immédiatement certains équipements.


XXVIII. LE PRINCIPE « MODULAIRE »

Un système Omakëya™ peut être conçu comme une architecture modulaire.

        🌳        │🌿 ─── ÉCOSYSTÈME ─── 💧        │        🌱        │        🔬

On peut ajouter :

  • arbres ;
  • mares ;
  • haies ;
  • bassins ;
  • parcelles ;
  • capteurs.

Cette modularité facilite l’adaptation.


XXIX. TABLEAU DE DIMENSIONNEMENT OMAKËYA™

ÉlémentParamètre à dimensionnerDonnées nécessairesHorizon
Arbresnombre / densitéclimat + sol + objectif2050/2100
Couronnesdiamètre / hauteuressence + croissance2050/2100
Racinesvolume de solsol + architecture2050
Haieslongueur / largeurvent + biodiversité2050
Maresurface / profondeurpluie + bassin versant2050/2100
Cuvevolumepluie + toiture + demandeactuel/2050
Bassinvolume utilepluies + ruissellementextrêmes
Nouesection / longueurdébit + pente + solactuel/futur
Potagersurfaceproduction cibleannuel
Vergerdensitéespèces + sol + climat2050/2100
Prairiesurfacebiodiversité + usagelong terme
Corridorlargeur / longueurhabitats + connectivitélong terme
Capteursnombre / emplacementphénomènes à mesurerévolutif

XXX. LE TABLEAU DE BORD DU BUREAU D’ÉTUDES

Chaque projet devrait finalement posséder une fiche de dimensionnement.

Données initiales

  • surface ;
  • topographie ;
  • climat ;
  • sol ;
  • eau ;
  • usages.

Objectifs

  • température ;
  • eau ;
  • production ;
  • biodiversité ;
  • carbone ;
  • confort.

Dimensionnement

  • arbres ;
  • haies ;
  • eau ;
  • sols ;
  • cultures ;
  • habitats.

Vérification

  • scénario actuel ;
  • scénario 2050 ;
  • scénario 2100.

Pilotage

  • capteurs ;
  • indicateurs ;
  • maintenance ;
  • adaptation.

XXXI. L’ARBRE COMME « ÉQUIPEMENT » DANS LE BILAN

Une approche très originale de la Vision Omakëya™ consiste à considérer l’arbre comme un équipement multifonctionnel.

Un arbre peut fournir simultanément :Servicearbre​=Ombre+Refroidissement+Stockage carbone+Habitat+Reˊtention+Paysage+Production

Il ne faut toutefois pas additionner naïvement ces fonctions comme des valeurs indépendantes : elles peuvent être corrélées, et certaines performances dépendent fortement de l’espèce, de l’âge et du contexte.


XXXII. VERS UNE « PLAQUE SIGNALÉTIQUE » DE L’ARBRE

On pourrait créer une véritable fiche d’ingénierie :

ARBRE OMAKËYA™ — FICHE TECHNIQUE

Espèce :
Chêne pubescent

Taille adulte :
à renseigner selon contexte

Couronne :
à renseigner

Vitesse de croissance :
à renseigner

Tolérance sécheresse :
élevée

Ombre :
élevée

Potentiel habitat :
très élevé

Stockage carbone :
à quantifier selon biomasse et trajectoire de croissance

Consommation hydrique :
dépendante du climat, du sol, de la taille et du statut hydrique

Volume racinaire disponible requis :
à dimensionner selon le site

Distance aux infrastructures :
à calculer

Performance 2050 :
à simuler

Performance 2100 :
à simuler

Cette fiche deviendrait l’équivalent d’une fiche technique d’équipement, mais appliquée au vivant.


XXXIII. LE DIMENSIONNEMENT MULTICRITÈRE

Un écosystème possède rarement un seul objectif.

On peut donc construire une fonction d’optimisation :F=w1​C+w2​E+w3​B+w4​P+w5​R−w6​Cou^t

où :

  • C = confort climatique ;
  • E = efficacité hydrologique ;
  • B = biodiversité ;
  • P = production ;
  • R = résilience ;
  • Cou^t = coût global ;
  • wi​ = poids attribués aux objectifs.

Cette approche permet de rechercher un compromis optimal.


XXXIV. LE DIMENSIONNEMENT ÉCONOMIQUE

Un projet écologique reste un projet d’ingénierie.

Il faut donc intégrer :

  • investissement initial ;
  • fonctionnement ;
  • entretien ;
  • renouvellement ;
  • économie d’eau ;
  • économie d’énergie ;
  • réduction des dommages ;
  • production ;
  • services écosystémiques.

On peut calculer un coût global sur plusieurs décennies :Cglobal​=Cinitial​+Cmaintenance​+Crenouvellement​−Beˊneˊfices

La comparaison sur 30, 50 ou 100 ans peut complètement modifier le choix initial.


XXXV. DIMENSIONNEMENT ET MAINTENANCE

Un système mal dimensionné peut devenir très coûteux à entretenir.

Il faut donc dimensionner simultanément :

construction

exploitation

maintenance

évolution.

Exemple :

Un bassin très végétalisé peut être excellent écologiquement, mais il faut prévoir :

  • accès ;
  • sécurité ;
  • surveillance ;
  • entretien éventuel ;
  • gestion des végétaux ;
  • contrôle des ouvrages.

L’ingénierie écologique ne supprime pas la maintenance.

Elle cherche à la rendre cohérente avec le fonctionnement naturel.


XXXVI. LE DIMENSIONNEMENT COMME BOUCLE

Le processus complet devient :

DIAGNOSTIC    ↓OBJECTIFS    ↓HYPOTHÈSES    ↓MODÈLE    ↓DIMENSIONNEMENT    ↓SIMULATION    ↓VÉRIFICATION    ↓CONSTRUCTION    ↓MESURES    ↓CALIBRATION    ↓ADAPTATION    ↺

Il ne s’agit donc pas d’un calcul effectué une fois pour toutes.

Le dimensionnement devient évolutif.


XXXVII. LE « DOSSIER D’INGÉNIERIE OMAKËYA™ »

À terme, chaque projet pourrait produire un dossier comparable à celui d’un bureau d’études.

01 — Diagnostic

Climat, sol, eau, vivant.

02 — Relevés

GPS, SIG, LiDAR, drone, capteurs.

03 — Modèle

Jumeau numérique.

04 — Hypothèses

Climat actuel + scénarios futurs.

05 — Dimensionnement

Eau, végétation, sols, infrastructures.

06 — Simulation

Aujourd’hui / 2050 / 2100.

07 — Plans

Plan masse, coupes, réseaux.

08 — Quantitatifs

Volumes, surfaces, quantités.

09 — Coûts

CAPEX + OPEX + coût global.

10 — Pilotage

Capteurs + indicateurs.

11 — Maintenance

Programme d’entretien.

12 — Évolution

Révisions périodiques.


XXXVIII. Le dimensionnement constitue le passage décisif entre l’idée écologique et l’ingénierie écologique.

Dire :

« Plantons des arbres »

est une intention.

Dire :

« Plantons 37 arbres de trois strates différentes, avec une distribution déterminée par l’ombre recherchée, le volume de sol disponible, le climat futur, les contraintes hydrauliques et les infrastructures, puis vérifions leur évolution à 10, 20, 50 et 80 ans »

commence à constituer une conception d’ingénierie.

La même logique s’applique à :

  • l’eau ;
  • les mares ;
  • les bassins ;
  • les noues ;
  • les haies ;
  • les sols ;
  • les vergers ;
  • les potagers ;
  • les prairies ;
  • les corridors ;
  • la biodiversité ;
  • les bâtiments ;
  • les systèmes énergétiques.

Et surtout, la Vision Omakëya™ introduit une dimension essentielle :

ne plus dimensionner uniquement pour le climat d’aujourd’hui.

Dimensionner pour :

2026

2050

2100

tout en conservant la capacité d’adapter le système entre ces échéances.

Le véritable objectif n’est donc pas de construire un jardin « parfait ».

C’est de construire un écosystème suffisamment robuste, mesurable et adaptable pour continuer à fonctionner lorsque les conditions auront changé.

C’est à ce moment que l’aménagement paysager devient véritablement :

une ingénierie prospective du vivant.