
C’EST UNE CAPACITÉ À RELIER DES DOMAINES
TOUS TES DOMAINES SE METTENT À COMMUNIQUER
De l’eau à l’énergie, du sol à l’habitat, de l’IA à l’humain : comment transformer des centaines de connaissances dispersées en un véritable écosystème intelligent, cohérent et évolutif
Nous avons pris l’habitude de découper le monde en domaines.
L’hydraulique d’un côté.
L’énergie de l’autre.
L’agriculture ailleurs.
La botanique dans les livres de biologie.
L’intelligence artificielle dans l’informatique.
L’IoT dans l’industrie.
L’économie dans les écoles de commerce.
Le développement personnel dans un autre univers.
L’habitat dans l’architecture.
L’environnement dans l’écologie.
La thermodynamique dans l’ingénierie.
Le sol dans les sciences agronomiques.
Les animaux dans l’élevage.
Et l’humain quelque part au milieu de tout cela.
Cette organisation est pratique pour apprendre.
Elle est pratique pour créer des diplômes, des spécialités, des métiers et des départements.
Elle est parfois indispensable pour approfondir une discipline.
Mais elle présente une limite fondamentale :
LA RÉALITÉ, ELLE, NE FONCTIONNE PAS EN SILOS.
L’eau ne sait pas qu’elle appartient à l’hydraulique.
L’arbre ne sait pas qu’il appartient à la botanique.
La chaleur ne sait pas qu’elle relève de la thermodynamique.
Le sol ne sait pas qu’il est étudié par l’agronomie.
L’entreprise ne sait pas qu’elle devrait séparer son économie de son énergie.
Et l’être humain ne fonctionne pas en compartiments étanches.
Lorsqu’une personne consomme de l’eau, elle consomme également de l’énergie, utilise une infrastructure, influence un coût, adopte un comportement et participe à un système environnemental.
Lorsqu’un arbre pousse, il utilise de l’eau, capte du carbone, transforme de l’énergie solaire, modifie le microclimat, influence le sol, héberge des organismes et peut produire de la nourriture.
Lorsqu’une entreprise installe un système de récupération de chaleur, elle modifie simultanément son bilan énergétique, son bilan économique, ses besoins en équipements, sa maintenance, ses émissions et parfois son modèle économique.
Lorsqu’un jardin reçoit de l’eau de pluie, cette eau peut devenir une ressource agricole, modifier le fonctionnement du sol, favoriser certaines plantes, réduire une consommation du réseau, influencer le microclimat et produire indirectement une valeur alimentaire.
Un seul objet peut donc appartenir simultanément à dix, vingt ou cinquante domaines.
C’est précisément cette constatation qui permet de construire une nouvelle architecture de connaissances.
1. SORTIR DU MONDE DES DOMAINES ISOLÉS
Imaginez une bibliothèque contenant 10 000 livres.
Chaque livre est excellent.
Mais aucun livre ne renvoie vers les autres.
L’information existe.
La connaissance existe.
L’expertise existe.
Mais le système n’est pas intelligent.
Pourquoi ?
Parce que l’intelligence ne réside pas uniquement dans la quantité d’informations.
Elle réside aussi dans les relations entre les informations.
Deux connaissances séparées peuvent être relativement peu utiles.
Lorsqu’on comprend leur relation, une nouvelle connaissance apparaît.
C’est l’un des principes fondamentaux de la pensée systémique.
2. INFORMATION, CONNAISSANCE ET INTELLIGENCE
Il est utile de distinguer plusieurs niveaux.
Information
Une donnée brute.
Exemple :
20 mm de pluie sont tombés.
Donnée structurée
La pluie est associée à :
- une date ;
- une durée ;
- une intensité ;
- une température ;
- une localisation.
Connaissance
On comprend ce que cette pluie signifie pour le système.
Par exemple :
Cette pluie permet probablement de reconstituer une partie de la réserve hydrique du sol.
Compréhension systémique
On relie cette information à :
- la texture du sol ;
- la profondeur racinaire ;
- l’évapotranspiration ;
- les besoins des plantes ;
- la capacité de stockage ;
- les réserves d’eau ;
- les prévisions météorologiques.
Intelligence
Le système peut alors aider à décider :
Faut-il irriguer demain ?
Nous sommes donc passés de :
pluie
à :
information
puis :
connaissance
puis :
compréhension
puis :
décision.
C’est exactement cette transformation qui constitue l’un des objectifs d’Omakëya™ et de DEMETER-FB.
3. L’AUTONOMIE COMME PROBLÈME SYSTÉMIQUE
L’autonomie est souvent abordée séparément.
Autonomie énergétique.
Autonomie alimentaire.
Autonomie hydrique.
Autonomie financière.
Autonomie numérique.
Autonomie professionnelle.
Autonomie technique.
Autonomie intellectuelle.
Mais ces autonomies communiquent.
Prenons une maison.
Elle consomme de l’eau.
Elle consomme de l’énergie.
Elle produit des eaux usées.
Elle produit des déchets.
Elle possède un jardin.
Le jardin possède des besoins hydriques.
Les arbres produisent de l’ombre.
L’ombre réduit potentiellement certaines charges thermiques.
Les capteurs mesurent la température.
L’IoT collecte les données.
L’IA peut analyser les comportements.
Les décisions modifient les consommations.
Les consommations ont un impact économique.
Et l’économie conditionne les investissements futurs.
Il n’y a donc pas :
une autonomie de l’eau
et
une autonomie de l’énergie
comme deux projets indépendants.
Il existe :
UN SYSTÈME D’AUTONOMIE DANS LEQUEL L’EAU ET L’ÉNERGIE INTERAGISSENT.
4. LE PRINCIPE CENTRAL : PRENDRE UN OBJET ET LE FAIRE TRAVERSER LES DOMAINES
C’est ici que commence une véritable architecture éditoriale.
Au lieu de créer :
un article sur l’eau
puis :
un article sur l’hydraulique
puis :
un article sur l’agriculture
puis :
un article sur l’IoT
puis :
un article sur l’IA,
on peut partir d’un seul objet :
L’EAU
et demander :
Que représente l’eau pour chacun de ces domaines ?
La réponse devient immédiatement beaucoup plus riche.
5. EXEMPLE N°1 : L’EAU
5.1 L’eau en hydraulique industrielle
L’ingénieur hydraulicien pense notamment :
- débit ;
- pression ;
- vitesse ;
- pertes de charge ;
- pompage ;
- stockage ;
- filtration ;
- distribution ;
- régulation ;
- matériaux ;
- sécurité.
L’eau devient un fluide à transporter, stocker, distribuer et maîtriser.
5.2 L’eau en génie climatique
Dans le génie climatique, l’eau peut intervenir comme :
- fluide caloporteur ;
- fluide de refroidissement ;
- condensat ;
- source ou puits thermique ;
- élément d’humidification ;
- élément de récupération.
On rencontre alors :
- échangeurs ;
- pompes ;
- circuits hydrauliques ;
- condensation ;
- récupération de chaleur ;
- refroidissement.
L’eau rejoint immédiatement la thermodynamique.
5.3 L’eau en IoT
L’IoT permet de transformer un réseau hydraulique en système observable.
On peut mesurer :
- niveau ;
- débit ;
- pression ;
- température ;
- humidité ;
- conductivité ;
- qualité de l’eau selon les applications ;
- consommation ;
- fréquence de fonctionnement d’une pompe.
Le système devient capable de dire :
Ce qui se passe maintenant.
Mais cela ne suffit pas.
6. L’EAU ET L’IA
L’intelligence artificielle ajoute une autre couche.
Elle peut contribuer à analyser :
- historiques de consommation ;
- météorologie ;
- humidité du sol ;
- prévisions ;
- besoins des cultures ;
- niveaux des réservoirs ;
- comportements d’usage.
On passe alors de :
mesurer
à :
interpréter.
Puis éventuellement :
prévoir.
Et enfin :
assister la décision.
L’IoT fournit les capteurs.
L’IA fournit une capacité supplémentaire d’analyse.
L’humain conserve la compréhension, la validation et la décision adaptées au contexte.
7. L’EAU ET L’AGROCLIMATOLOGIE
Pour une plante, l’eau n’est jamais une simple quantité.
Il faut considérer :
- pluie ;
- évapotranspiration ;
- température ;
- rayonnement ;
- vent ;
- humidité atmosphérique ;
- sol ;
- profondeur racinaire ;
- stade de développement ;
- espèce ;
- exposition.
L’eau devient donc une variable agroclimatique.
Un même volume de pluie peut produire des effets radicalement différents selon :
- le sol ;
- la pente ;
- la végétation ;
- le vent ;
- la température ;
- le couvert végétal.
La question n’est donc plus :
« Combien d’eau tombe ? »
mais :
« Que devient cette eau dans le système ? »
8. L’EAU ET LA BOTANIQUE
Chaque espèce possède une stratégie hydrique différente.
Certaines espèces supportent mieux la sécheresse.
D’autres exploitent rapidement les ressources disponibles.
Certaines possèdent des racines profondes.
D’autres utilisent principalement les horizons superficiels.
Certaines ralentissent leur croissance lorsque l’eau devient limitante.
D’autres possèdent des mécanismes particuliers de régulation stomatique.
L’eau doit donc être reliée au choix des végétaux.
Cela transforme la question :
Comment arroser ?
en :
Comment concevoir un système végétal adapté à la disponibilité de l’eau ?
Cette nuance est fondamentale.
9. L’EAU ET LE SOL VIVANT
Le sol ne constitue pas simplement un support mécanique pour les plantes.
Il participe au stockage et à la circulation de l’eau.
Sa structure.
Sa matière organique.
Sa porosité.
Son activité biologique.
Ses agrégats.
Sa couverture.
Sa profondeur.
Tous ces éléments influencent les mouvements et la disponibilité de l’eau.
L’approche devient alors :
eau + sol + racines + matière organique + microbiologie + climat.
L’eau n’est plus un produit que l’on apporte.
Elle devient un flux à comprendre dans un système vivant.
10. L’EAU ET LES ANIMAUX
Les animaux ajoutent une autre dimension.
Ils ont besoin :
- d’abreuvement ;
- de zones fraîches ;
- de protection thermique ;
- de ressources végétales ;
- de qualité d’eau adaptée à leurs besoins.
Mais les animaux peuvent également modifier le cycle de l’eau.
Ils influencent :
- le couvert végétal ;
- la structure superficielle du sol ;
- la production de biomasse ;
- les apports organiques.
Dans un système intégré, l’animal n’est donc plus uniquement un consommateur.
Il peut devenir un élément du cycle global.
11. L’EAU ET L’HABITAT
Une maison utilise l’eau pour :
- boire ;
- cuisiner ;
- se laver ;
- nettoyer ;
- produire de l’eau chaude ;
- parfois arroser ;
- alimenter certains équipements.
L’habitat peut donc être conçu autour de plusieurs flux :
eau potable
eau de pluie
eaux grises
eaux usées
eau chaude
eau d’irrigation
L’objectif n’est pas nécessairement de tout mélanger.
Au contraire.
Il faut comprendre les qualités nécessaires et les usages possibles.
12. L’EAU ET L’ÉCONOMIE
Chaque mètre cube possède également une dimension économique.
Il existe :
- coût d’achat ;
- coût de pompage ;
- coût de traitement ;
- coût de stockage ;
- coût de distribution ;
- coût de maintenance ;
- coût énergétique ;
- coût d’une éventuelle rupture d’approvisionnement.
Une stratégie d’autonomie hydrique doit donc être analysée selon plusieurs critères :
investissement + fonctionnement + maintenance + économie d’eau + résilience.
Une solution techniquement parfaite mais économiquement disproportionnée n’est pas nécessairement la meilleure architecture.
13. L’EAU ET LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Même l’humain intervient.
Les usages domestiques sont influencés par :
- habitudes ;
- représentations ;
- confort ;
- organisation ;
- attention ;
- connaissance ;
- motivation.
Deux foyers possédant exactement les mêmes équipements peuvent avoir des consommations différentes.
La technologie ne suffit donc pas.
Il faut parfois travailler sur les comportements.
Nous arrivons alors à une relation :
mesure → prise de conscience → changement de comportement → mesure du résultat.
Le développement personnel rejoint ici la gestion des flux.
14. L’EAU COMME ÉCOSYSTÈME DE CONNAISSANCES
Nous avons commencé avec :
« récupération d’eau de pluie ».
Nous arrivons maintenant à :
hydraulique + thermodynamique + IoT + IA + agroclimatologie + botanique + sol + animaux + habitat + économie + comportement + autonomie.
Ce n’est plus un simple article.
C’est un nœud de connaissances.
Et chaque domaine renvoie vers les autres.
15. EXEMPLE N°2 : L’ÉNERGIE
Le même raisonnement peut être appliqué à l’énergie.
On commence par une question simple :
Comment produire, utiliser, stocker et économiser l’énergie ?
Puis on ouvre les connexions.
16. ÉNERGIE ET THERMODYNAMIQUE
La thermodynamique fournit les fondamentaux :
- énergie ;
- travail ;
- chaleur ;
- température ;
- enthalpie ;
- rendement ;
- échange thermique ;
- stockage.
Elle permet de comprendre les transformations énergétiques.
Sans cette compréhension, il est facile de confondre puissance et énergie, production et consommation, ou encore rendement instantané et performance globale.
17. ÉNERGIE ET GÉNIE CLIMATIQUE
Le bâtiment représente une immense interface énergétique.
On retrouve :
- chauffage ;
- refroidissement ;
- ventilation ;
- eau chaude sanitaire ;
- récupération de chaleur ;
- pompes ;
- ventilateurs ;
- échangeurs ;
- enveloppe thermique.
La performance énergétique d’un bâtiment dépend donc d’un ensemble de flux.
18. ÉNERGIE ET SOLAIRE
Le solaire apporte une ressource variable.
Il faut alors réfléchir à :
- production ;
- orientation ;
- inclinaison ;
- saisonnalité ;
- intermittence ;
- autoconsommation ;
- stockage ;
- pilotage.
Le système énergétique devient immédiatement dynamique.
19. ÉNERGIE ET STOCKAGE
Produire ne suffit pas.
Il faut parfois pouvoir décaler la production et la consommation.
On peut utiliser différents types de stockage selon les besoins :
- électrochimique ;
- thermique ;
- hydraulique ;
- inertiel ;
- stockage de matière ou de combustible dans certains systèmes.
Le stockage devient un pont entre le temps de production et le temps de consommation.
20. ÉNERGIE ET VÉGÉTATION
Le végétal semble très éloigné de l’énergie.
Pourtant, il intervient de multiples façons.
Un arbre :
- intercepte le rayonnement ;
- évapore de l’eau ;
- produit de l’ombre ;
- modifie les échanges thermiques ;
- produit de la biomasse.
La végétation peut donc participer au microclimat d’un bâtiment.
Elle peut contribuer à réduire certaines surchauffes.
Elle peut modifier les conditions autour d’une habitation.
L’arbre devient alors une infrastructure climatique biologique.
21. ÉNERGIE ET BIOMASSE
La biomasse constitue également une forme de stockage de matière organique et d’énergie chimique.
Elle peut provenir de :
- résidus végétaux ;
- bois ;
- déchets organiques ;
- cultures ;
- entretien des espaces végétalisés.
Mais une analyse sérieuse doit considérer :
- production ;
- collecte ;
- transformation ;
- transport ;
- rendement ;
- régénération de la ressource ;
- effets sur les sols ;
- effets écologiques.
Encore une fois, le système dépasse largement la seule notion d’énergie.
22. ÉNERGIE ET IOT
Un bâtiment instrumenté peut connaître :
- température ;
- humidité ;
- puissance électrique ;
- consommation ;
- production solaire ;
- état des équipements ;
- température des circuits ;
- occupation selon les dispositifs utilisés.
Le bâtiment devient observable.
On peut alors détecter :
- dérives ;
- consommations anormales ;
- équipements mal réglés ;
- périodes de surconsommation.
23. ÉNERGIE ET IA
L’IA peut ensuite analyser des séries temporelles.
Elle peut aider à :
- détecter des anomalies ;
- prévoir certaines consommations ;
- analyser des scénarios ;
- rechercher des corrélations ;
- assister l’optimisation.
Mais l’intelligence artificielle ne doit pas être confondue avec la compréhension physique.
Un modèle statistique peut identifier une relation sans nécessairement expliquer son mécanisme.
L’ingénierie reste donc indispensable.
IA + physique + données + expertise humaine
constitue une architecture beaucoup plus robuste que l’utilisation isolée de l’un de ces éléments.
24. ÉNERGIE ET AUTONOMIE
L’objectif final n’est pas nécessairement de produire toute son énergie.
Il peut être de :
- réduire les besoins ;
- améliorer l’efficacité ;
- diversifier les sources ;
- produire localement lorsque pertinent ;
- stocker ;
- piloter ;
- maintenir ;
- disposer de solutions de secours.
L’autonomie énergétique devient donc un problème de système énergétique.
25. EXEMPLE N°3 : L’HUMAIN
L’exemple humain est encore plus intéressant.
Parce que l’humain est lui-même un système apprenant.
On peut représenter une boucle :
information
↓
connaissance
↓
compréhension
↓
compétence
↓
expérience
↓
erreur
↓
apprentissage
↓
intuition
↓
décision
↓
action
↓
résultat
↓
retour d’expérience
↓
sagesse
Cette boucle permet de relier plusieurs domaines qui sont souvent artificiellement séparés.
26. INFORMATION
L’humain reçoit continuellement de l’information.
Par :
- lecture ;
- observation ;
- conversation ;
- expérience ;
- formation ;
- environnement ;
- données ;
- capteurs ;
- médias ;
- outils numériques.
Mais recevoir de l’information ne signifie pas apprendre.
Une grande quantité d’informations peut même devenir contre-productive si elle n’est pas structurée.
27. CONNAISSANCE
L’information devient connaissance lorsqu’elle est comprise et intégrée dans une représentation cohérente.
On peut connaître :
une formule.
Mais comprendre :
dans quelles conditions elle s’applique.
Cette distinction est fondamentale pour l’ingénierie.
Elle l’est également pour l’autonomie.
28. COMPRÉHENSION
La compréhension implique les relations.
Pourquoi ?
Comment ?
Dans quelles conditions ?
Avec quelles limites ?
Avec quelles conséquences ?
Une personne qui comprend un système peut mieux adapter son action lorsque les conditions changent.
Elle n’applique plus seulement une recette.
Elle comprend le mécanisme.
29. COMPÉTENCE
La connaissance devient réellement opérationnelle lorsqu’elle peut être mobilisée.
Une compétence combine généralement :
- savoir ;
- savoir-faire ;
- capacité d’analyse ;
- capacité d’adaptation ;
- expérience.
C’est pourquoi l’autonomie intellectuelle est une base fondamentale de toutes les autres autonomies.
30. EXPÉRIENCE
L’expérience confronte la théorie au réel.
On découvre alors que :
- certaines hypothèses fonctionnent ;
- certaines fonctionnent seulement dans certaines conditions ;
- certaines doivent être corrigées.
L’expérience produit une connaissance particulière :
la connaissance contextualisée.
31. ERREUR
L’erreur possède une fonction essentielle dans un système apprenant.
Une erreur correctement analysée peut révéler :
- une hypothèse incorrecte ;
- une donnée manquante ;
- une mauvaise modélisation ;
- une mauvaise décision ;
- une défaillance technique ;
- une mauvaise interprétation.
L’erreur devient alors une information.
Mais seulement si elle est observée, analysée et documentée.
32. APPRENTISSAGE
L’apprentissage apparaît lorsque l’expérience modifie le modèle mental.
La personne ne fait pas simplement :
« la prochaine fois je ferai autrement ».
Elle comprend :
« pourquoi cela n’a pas fonctionné ».
Cette différence est fondamentale.
Le premier niveau corrige une action.
Le second améliore le modèle.
33. INTUITION
L’intuition peut être comprise, avec prudence, comme une forme de reconnaissance rapide de motifs construite notamment à partir de nombreuses expériences.
Elle ne doit pas être opposée mécaniquement à l’analyse.
Chez une personne expérimentée, certaines décisions semblent parfois « évidentes » parce que le cerveau reconnaît rapidement une configuration déjà rencontrée.
Mais l’intuition n’est pas infaillible.
Elle peut être biaisée.
Elle peut être influencée par des expériences incomplètes.
Elle doit donc pouvoir être confrontée à la mesure, au raisonnement et au retour d’expérience.
34. DÉCISION
La décision constitue le point où la connaissance devient action.
Elle peut intégrer :
- données ;
- modèles ;
- contraintes ;
- expérience ;
- intuition ;
- objectifs ;
- valeurs ;
- risques.
Une IA peut contribuer à analyser.
Un capteur peut fournir des données.
Un modèle peut simuler.
Mais la décision reste inscrite dans un système humain, organisationnel et éthique.
35. ACTION
Une décision non appliquée ne transforme pas le système.
L’action permet de tester le modèle dans la réalité.
C’est pourquoi toute véritable démarche d’autonomie doit comporter une phase expérimentale.
Penser → tester → mesurer → apprendre.
36. RETOUR D’EXPÉRIENCE
Le retour d’expérience transforme l’action passée en ressource future.
Il faut pouvoir répondre à quatre questions :
Qu’avions-nous prévu ?
Que s’est-il réellement passé ?
Pourquoi existe-t-il une différence ?
Que devons-nous modifier ?
Cette méthode fonctionne :
- dans l’ingénierie ;
- dans l’entreprise ;
- dans le jardin ;
- dans l’élevage ;
- dans l’apprentissage ;
- dans la gestion énergétique ;
- dans l’autonomie.
37. SAGESSE
La sagesse représente ici non pas une notion mystique ou absolue, mais une capacité à intégrer l’expérience sur le long terme.
Elle implique notamment de comprendre :
- les limites ;
- les conséquences ;
- les compromis ;
- les temporalités ;
- les interdépendances.
Une personne expérimentée peut parfois savoir qu’une solution techniquement possible n’est pas forcément une solution souhaitable.
Elle prend en compte le système complet.
C’est là que l’intelligence devient véritablement systémique.
38. POURQUOI CES DOMAINES DOIVENT-ILS COMMUNIQUER ?
Parce qu’aucun problème réel ne respecte les frontières disciplinaires.
Prenons une sécheresse.
Elle concerne :
météorologie
agroclimatologie
hydrologie
sol
botanique
agriculture
économie
gestion de l’eau
alimentation
territoire
comportement humain
technologie
données
IA.
Il serait artificiel de traiter chaque domaine comme s’il était indépendant.
39. LE RÔLE DES FLUX
Pour relier les domaines, il faut trouver ce qui circule entre eux.
C’est pourquoi les flux constituent une clé fondamentale de la méthode.
Flux d’eau
Relie :
hydrologie → sol → végétation → habitat → agriculture → animaux.
Flux d’énergie
Relie :
soleil → bâtiment → machines → stockage → économie.
Flux de matière
Relie :
sol → plante → animal → alimentation → déchets → compost → sol.
Flux d’information
Relie :
capteur → données → IA → humain → décision → action.
Flux d’argent
Relie :
ressources → production → valeur → revenus → investissement → résilience.
Flux de compétences
Relie :
apprentissage → expérience → entreprise → transmission → territoire.
40. LES FLUX SONT LES PONTS ENTRE LES DISCIPLINES
Un domaine devient connecté à un autre lorsqu’un flux traverse leur frontière.
C’est une idée extrêmement puissante pour organiser une base de connaissances.
Au lieu de demander :
« Dans quelle catégorie placer cet article ? »
on peut demander :
« Avec quels autres systèmes cet article échange-t-il de l’eau, de l’énergie, de la matière, de l’information, de l’argent ou des compétences ? »
La réponse produit immédiatement des liens.
41. LE SOL COMME EXEMPLE DE NŒUD INTERDISCIPLINAIRE
Le sol pourrait être considéré comme un simple sujet agricole.
Mais il touche également :
- hydrologie ;
- climat ;
- botanique ;
- microbiologie ;
- carbone ;
- agriculture ;
- alimentation ;
- biodiversité ;
- paysage ;
- économie ;
- eau ;
- résilience.
Un article sur le sol vivant peut donc naturellement conduire vers :
l’eau
les plantes
les arbres
le climat
l’agriculture
les animaux
le compost
la biomasse
l’autonomie alimentaire
l’agroclimatologie.
Le sol devient un nœud de réseau.
42. L’ARBRE COMME MACHINE À RELIER LES DOMAINES
L’arbre est un autre exemple remarquable.
Il transforme :
rayonnement solaire + eau + CO₂ + minéraux
en :
biomasse + oxygène + croissance + ombre + évapotranspiration + habitat.
Il interagit avec :
- atmosphère ;
- sol ;
- eau ;
- climat ;
- biodiversité ;
- agriculture ;
- habitat ;
- énergie ;
- paysage ;
- alimentation.
Un arbre peut donc être étudié par la botanique.
Mais également par :
la physique
la climatologie
l’hydrologie
l’agronomie
l’écologie
l’architecture
l’urbanisme
l’économie
l’ingénierie.
43. LA MAISON COMME NŒUD SYSTÉMIQUE
Une maison n’est pas seulement un bâtiment.
Elle est traversée par :
- eau ;
- énergie ;
- air ;
- chaleur ;
- information ;
- personnes ;
- nourriture ;
- déchets ;
- argent.
Elle possède :
- une enveloppe ;
- des équipements ;
- des systèmes hydrauliques ;
- des systèmes électriques ;
- une ventilation ;
- des interactions avec le terrain.
Elle est donc simultanément :
un système thermodynamique
un système hydraulique
un système énergétique
un système biologique
un système numérique
un système économique
un système humain.
44. L’ENTREPRISE COMME NŒUD SYSTÉMIQUE
Même logique pour une entreprise.
Elle reçoit :
- énergie ;
- eau ;
- matières ;
- compétences ;
- capitaux ;
- données.
Elle produit :
- biens ;
- services ;
- informations ;
- revenus ;
- déchets ;
- connaissances.
Elle interagit avec :
- clients ;
- fournisseurs ;
- salariés ;
- banques ;
- territoire ;
- environnement ;
- technologies.
L’entreprise est donc un système de flux.
45. LE TERRITOIRE COMME SUPER-SYSTÈME
Lorsque tous ces systèmes sont réunis, apparaît le territoire.
Le territoire contient :
- habitations ;
- entreprises ;
- agriculture ;
- forêts ;
- infrastructures ;
- réseaux hydrauliques ;
- réseaux énergétiques ;
- réseaux numériques ;
- population ;
- biodiversité.
Il devient un système de systèmes.
C’est probablement l’une des échelles les plus intéressantes pour appliquer la pensée Omakëya™ / DEMETER-FB.
46. UNE MÊME MÉTHODE À TOUTES LES ÉCHELLES
La méthode peut rester identique.
Échelle individuelle
Observer son fonctionnement.
Échelle du jardin
Observer les flux d’eau, d’énergie, de matière et de vivant.
Échelle de la maison
Analyser les consommations et les échanges.
Échelle de l’entreprise
Analyser les dépendances et les ressources.
Échelle territoriale
Analyser les réseaux et les ressources locales.
La méthode ne change pas.
L’échelle change.
47. LES 12 QUESTIONS UNIVERSELLES
C’est ici que le modèle Omakëya™ / DEMETER-FB prend toute sa puissance.
1. OBSERVER
Que se passe-t-il ?
Avant de modifier un système, il faut le regarder.
2. COMPRENDRE
Pourquoi ?
Identifier les mécanismes.
3. MESURER
Quelles données manquent ?
Transformer les impressions en informations.
4. MODÉLISER
Comment fonctionne le système ?
Construire une représentation.
5. IDENTIFIER LES FLUX
Eau ? Énergie ? Matière ? Information ? Argent ? Biomasse ?
Comprendre ce qui circule.
6. IDENTIFIER LES DÉPENDANCES
De quoi dépend-il ?
Identifier les vulnérabilités.
7. IDENTIFIER LES RESSOURCES
Que possède-t-on déjà ?
Ne pas commencer par acheter.
Commencer par observer l’existant.
8. CONCEVOIR
Quelle architecture ?
Organiser les ressources et les flux.
9. AUTOMATISER
Que peut faire l’IoT ?
Mesurer, surveiller, alerter et agir lorsque cela est pertinent.
10. AUGMENTER
Que peut apporter l’IA ?
Analyser, comparer, simuler, assister et accélérer certaines tâches intellectuelles.
11. APPRENDRE
Que dit le retour d’expérience ?
Transformer l’expérience en connaissance.
12. ÉVOLUER
Comment le système s’adaptera-t-il dans 5, 10, 30 ou 100 ans ?
Introduire le temps long dans la conception.
48. LA BOUCLE OMAKËYA™ / DEMETER-FB
Les douze questions ne constituent pas une checklist que l’on coche une fois.
Elles constituent une boucle.
OBSERVER
↓
COMPRENDRE
↓
MESURER
↓
MODÉLISER
↓
IDENTIFIER LES FLUX
↓
IDENTIFIER LES DÉPENDANCES
↓
IDENTIFIER LES RESSOURCES
↓
CONCEVOIR
↓
AUTOMATISER
↓
AUGMENTER
↓
APPRENDRE
↓
ÉVOLUER
↓
OBSERVER À NOUVEAU
Le système devient ainsi progressivement apprenant.
49. POURQUOI « AUTOMATISER » AVANT « AUGMENTER » ?
Cette distinction est importante.
L’IoT permet principalement de connecter le monde physique aux données.
Les capteurs observent.
Les actionneurs agissent.
Les automatismes exécutent certaines règles.
L’IA intervient sur une autre couche :
- interprétation ;
- recherche ;
- classification ;
- prévision ;
- simulation ;
- assistance à la décision.
On peut donc représenter :
MONDE RÉEL
↓
CAPTEURS
↓
DONNÉES
↓
IoT
↓
IA
↓
ANALYSE
↓
HUMAIN
↓
DÉCISION
↓
ACTION
↓
MONDE RÉEL
C’est une boucle cyberphysique.
50. L’IA NE DOIT PAS SUPPRIMER LA COMPRÉHENSION
Une erreur fréquente consiste à penser :
« Si l’IA peut répondre, je n’ai plus besoin de comprendre. »
C’est précisément l’inverse dans une démarche d’autonomie.
Plus un système devient complexe, plus il devient important de comprendre :
- les hypothèses ;
- les limites ;
- les données ;
- les incertitudes ;
- les mécanismes ;
- les conséquences.
L’IA doit donc être utilisée comme augmentation de l’intelligence, et non comme abandon de l’intelligence.
51. L’IMPORTANCE DU RETOUR AU RÉEL
Une base de connaissances peut devenir gigantesque.
Mais elle ne doit jamais être déconnectée du terrain.
C’est pourquoi la méthode commence par :
OBSERVATION
et revient à :
OBSERVATION.
Le réel constitue la référence.
Les modèles sont des représentations.
Les données sont des mesures.
L’IA est un outil.
La théorie est une construction.
L’expérience permet de confronter tout cela.
52. LE SITE WEB COMME ÉCOSYSTÈME DE CONNAISSANCES
Cette philosophie transforme également la manière de concevoir un site.
Un site traditionnel peut fonctionner comme un catalogue :
- article 1 ;
- article 2 ;
- article 3 ;
- article 4.
Un site systémique fonctionne comme un réseau.
Chaque article possède :
- des sujets principaux ;
- des sujets secondaires ;
- des concepts ;
- des flux ;
- des dépendances ;
- des applications ;
- des liens vers d’autres articles.
L’article n’est plus une destination.
Il devient un nœud dans un réseau.
53. 100 ARTICLES OU 100 NŒUDS ?
La différence est considérable.
Créer 100 articles indépendants produit :
100 contenus.
Créer 100 articles interconnectés peut produire :
un réseau de connaissances.
Si chaque article possède seulement 10 connexions pertinentes, le nombre de relations devient déjà considérable.
Et lorsque l’on ajoute :
- concepts ;
- flux ;
- niveaux d’autonomie ;
- applications ;
- échelles ;
- domaines ;
le réseau devient encore plus riche.
54. LA LOGIQUE DES ARTICLES SATELLITES
Un article pilier peut être entouré de nombreux articles satellites.
Prenons :
L’EAU
Articles satellites possibles :
- récupérer l’eau de pluie ;
- dimensionner une cuve ;
- comprendre le débit ;
- comprendre la pression ;
- calculer les pertes de charge ;
- irriguer un jardin ;
- mesurer l’humidité du sol ;
- prévoir l’évapotranspiration ;
- choisir des plantes résistantes à la sécheresse ;
- concevoir une mare ;
- utiliser les noues ;
- récupérer la chaleur des eaux ;
- mesurer la consommation domestique ;
- automatiser l’irrigation ;
- utiliser l’IA pour prévoir les besoins.
Tous ces articles appartiennent au même réseau.
55. LE MAILLAGE ÉDITORIAL DEVIENT UNE CARTOGRAPHIE DU SAVOIR
Le maillage interne ne doit donc pas être conçu uniquement pour le référencement.
Il peut devenir une véritable carte pédagogique.
Un lecteur qui commence avec :
« Comment récupérer l’eau de pluie ? »
peut progressivement découvrir :
hydraulique → sol → plantes → climat → IoT → IA → autonomie → économie.
Il ne lit plus simplement des articles.
Il construit progressivement une compréhension.
56. DU SEO À L’INTELLIGENCE ÉDITORIALE
Le référencement naturel reste important.
Mais le véritable objectif peut être plus ambitieux :
construire une architecture sémantique cohérente.
Les moteurs de recherche comprennent progressivement les relations entre concepts.
Mais surtout, l’utilisateur les comprend également.
Un bon article ne doit donc pas seulement répondre à une question.
Il doit montrer :
quelles autres questions deviennent pertinentes une fois cette question comprise.
57. LE PRINCIPE DU « PROCHAIN LIEN LOGIQUE »
Chaque article peut se terminer par une question :
Maintenant que je comprends cela, que dois-je comprendre ensuite ?
Exemple :
Je comprends l’eau.
→ Je dois comprendre le sol.
Je comprends le sol.
→ Je dois comprendre les racines.
Je comprends les racines.
→ Je dois comprendre l’évapotranspiration.
Je comprends l’évapotranspiration.
→ Je dois comprendre le microclimat.
Je comprends le microclimat.
→ Je dois comprendre les arbres.
Je comprends les arbres.
→ Je dois comprendre l’agroforesterie.
Ainsi, le parcours de lecture devient presque organique.
58. L’INTELLIGENCE DU MAILLAGE
Le maillage idéal ne doit pas relier des articles uniquement parce qu’ils contiennent les mêmes mots.
Il doit relier des articles parce qu’ils partagent :
- un flux ;
- un mécanisme ;
- une ressource ;
- une dépendance ;
- une application ;
- une échelle ;
- une problématique.
C’est beaucoup plus puissant.
59. LE MODÈLE DES « OBJETS PIVOTS »
Certains objets peuvent devenir des pivots de tout le système.
L’eau
Hydrologie + agriculture + habitat + énergie + économie.
L’énergie
Thermodynamique + bâtiment + industrie + IA + économie.
Le sol
Agronomie + climat + biodiversité + eau + alimentation.
L’arbre
Botanique + climat + habitat + biodiversité + alimentation.
L’humain
Biologie + psychologie + apprentissage + technique + économie.
L’entreprise
Compétences + énergie + numérique + économie + territoire.
Le territoire
Tous les systèmes précédents.
60. L’ÉCHELLE SUPÉRIEURE : LES MÉTA-CONNEXIONS
Il existe même des connexions entre les connexions.
Par exemple :
eau → sol
et
sol → plante
et
plante → alimentation
et
alimentation → santé
et
santé → capacité d’action
et
capacité d’action → autonomie.
Nous avons donc une chaîne systémique complète.
Un sujet apparemment très technique peut finalement rejoindre une problématique humaine.
61. LA NOTION DE BOUCLE
Les systèmes les plus intéressants ne sont pas linéaires.
Ils possèdent des boucles.
Boucle de l’eau
Pluie → sol → plante → atmosphère → pluie.
Boucle de la matière
Sol → plante → animal → biomasse → compost → sol.
Boucle de l’information
Mesure → donnée → analyse → décision → action → nouvelle mesure.
Boucle de l’apprentissage
Expérience → erreur → analyse → apprentissage → nouvelle action.
Boucle économique
Compétence → valeur → revenu → investissement → nouvelle compétence.
L’autonomie cherche à comprendre ces boucles.
62. FERMER LES BOUCLES
Une grande partie de la résilience consiste à fermer certaines boucles.
Une matière qui devient déchet peut devenir ressource.
Une chaleur perdue peut devenir chaleur utile.
Une eau de pluie peut devenir eau d’irrigation.
Une donnée inutilisée peut devenir indicateur.
Une erreur peut devenir connaissance.
Une compétence inutilisée peut devenir activité économique.
Une expérience professionnelle peut devenir formation.
Une biomasse peut retourner au sol.
Une boucle fermée réduit souvent les pertes et peut réduire certaines dépendances.
63. LA DIVERSITÉ COMME STRATÉGIE
Un système composé d’un seul élément est souvent fragile.
Un système diversifié possède davantage d’alternatives.
Dans un jardin :
diversité végétale.
Dans une entreprise :
diversité de compétences.
Dans l’économie :
diversité d’activités.
Dans l’énergie :
diversité des sources et des solutions.
Dans les connaissances :
diversité des disciplines.
Dans le numérique :
diversité des sauvegardes et des outils.
La diversité n’est cependant utile que si elle reste maîtrisable.
L’objectif n’est pas la complexité maximale.
C’est la complexité utile.
64. LA MODULARITÉ
Un système autonome doit pouvoir évoluer sans être entièrement reconstruit.
La modularité permet de remplacer :
- un capteur ;
- une pompe ;
- un logiciel ;
- une source d’énergie ;
- une méthode ;
- une compétence ;
- un module d’entreprise.
sans détruire tout le système.
La modularité est donc un principe majeur de résilience.
65. LA RÉVERSIBILITÉ
Une bonne conception doit également poser une question :
Que se passe-t-il si notre hypothèse est mauvaise ?
Peut-on revenir en arrière ?
Peut-on remplacer ?
Peut-on réparer ?
Peut-on désactiver ?
Peut-on fonctionner en mode manuel ?
Peut-on changer de technologie ?
La réversibilité protège contre l’enfermement technologique.
66. LE LOW-TECH ET LE HIGH-TECH PEUVENT COEXISTER
L’autonomie systémique ne signifie pas utiliser toujours davantage de technologie.
Elle signifie utiliser la technologie là où elle apporte une valeur réelle.
Une mare peut être extrêmement simple.
Un fossé végétalisé peut fonctionner sans intelligence artificielle.
Un arbre peut produire de l’ombre sans capteur.
Mais l’IoT peut mesurer.
L’IA peut analyser.
L’humain peut comparer.
Le système peut combiner :
low-tech + high-tech + savoir-faire humain.
C’est souvent cette combinaison qui produit les architectures les plus robustes.
67. LE TEMPS LONG
Un système autonome ne doit pas être conçu uniquement pour aujourd’hui.
Il faut poser les questions :
Dans 5 ans ?
Les équipements fonctionneront-ils ?
Dans 10 ans ?
Les besoins auront-ils changé ?
Dans 30 ans ?
Le climat, les technologies et les usages seront-ils différents ?
Dans 100 ans ?
Que restera-t-il ?
Cette question est particulièrement importante pour :
- arbres ;
- bâtiments ;
- sols ;
- infrastructures ;
- territoires ;
- entreprises ;
- patrimoine documentaire.
68. CONCEVOIR POUR L’ÉVOLUTION
Concevoir pour l’avenir ne signifie pas prédire précisément ce qui va se passer.
Cela signifie créer des systèmes capables de fonctionner dans plusieurs scénarios.
Il faut donc rechercher :
- flexibilité ;
- modularité ;
- diversité ;
- capacité de réparation ;
- capacité d’apprentissage ;
- capacité d’adaptation.
Un système résilient n’est pas nécessairement celui qui prédit parfaitement l’avenir.
C’est celui qui peut continuer à fonctionner lorsque l’avenir ne ressemble pas aux prévisions.
69. DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE À L’INTELLIGENCE SYSTÉMIQUE
L’IA est souvent présentée comme une intelligence.
Mais l’enjeu Omakëya™ / DEMETER-FB est plus large.
Il s’agit de construire une intelligence systémique.
Cette intelligence combine :
intelligence humaine
expérience
mesure
modélisation
IoT
IA
connaissances scientifiques
connaissances techniques
connaissance du terrain
retour d’expérience.
L’IA devient alors un composant d’une intelligence beaucoup plus vaste.
70. L’HUMAIN RESTE LE LIEN ENTRE LES MONDES
L’humain possède une caractéristique essentielle :
il peut changer de niveau.
Il peut regarder :
- la molécule ;
- la plante ;
- le jardin ;
- la maison ;
- l’entreprise ;
- le territoire.
Il peut également passer :
- de la technique à l’économie ;
- de la science au comportement ;
- de la donnée à la décision.
Cette capacité à changer d’échelle est fondamentale pour la pensée systémique.
71. NE PLUS DEMANDER « QUEL DOMAINE ? »
Une nouvelle manière de poser les questions apparaît.
Au lieu de :
« Est-ce de l’agriculture ou de l’ingénierie ? »
demander :
« Quels systèmes sont concernés ? »
Au lieu de :
« Est-ce de l’IA ou de l’IoT ? »
demander :
« Quelle partie du système l’IoT mesure-t-il et quelle partie l’IA peut-elle analyser ? »
Au lieu de :
« Est-ce économique ou environnemental ? »
demander :
« Quels flux relient l’économie et l’environnement ? »
Cette transformation du questionnement est fondamentale.
72. UNE NOUVELLE ARCHITECTURE DE LA CONNAISSANCE
La connaissance peut être organisée selon plusieurs axes simultanément.
Axe 1 — Domaines
- ingénierie ;
- agriculture ;
- biologie ;
- économie ;
- numérique.
Axe 2 — Flux
- eau ;
- énergie ;
- matière ;
- information ;
- argent ;
- biomasse.
Axe 3 — Échelles
- individu ;
- objet ;
- jardin ;
- maison ;
- entreprise ;
- territoire.
Axe 4 — Temps
- instant ;
- jour ;
- saison ;
- décennie ;
- génération.
Axe 5 — Méthode
- observer ;
- mesurer ;
- modéliser ;
- concevoir ;
- expérimenter ;
- apprendre.
Cette architecture permet de construire un réseau beaucoup plus puissant qu’une simple arborescence de catégories.
73. LE SITE DEVIENT UNE CARTE
Imaginez que chaque article soit un point.
Chaque lien pertinent devient une connexion.
Chaque domaine devient une couleur ou une catégorie.
Chaque flux devient une relation.
Chaque échelle devient un niveau.
Chaque méthode devient une dimension.
Le site devient alors une carte.
Le lecteur peut entrer par :
l’eau
ou :
l’énergie
ou :
l’IA
ou :
le jardin
ou :
l’entreprise
ou :
l’humain.
Mais il peut progressivement découvrir les autres dimensions.
74. UNE CONNAISSANCE QUI SE CONSTRUIT PAR ASSOCIATION
L’apprentissage humain fonctionne largement par associations.
Une nouvelle idée est plus facile à comprendre lorsqu’elle peut être reliée à une connaissance existante.
C’est précisément ce que permet un réseau éditorial cohérent.
Un lecteur connaît l’hydraulique.
On lui explique l’irrigation à partir de notions hydrauliques.
Un lecteur connaît le jardin.
On lui explique le microclimat à partir de l’observation du terrain.
Un lecteur connaît l’entreprise.
On lui explique le jumeau numérique à partir de la logique de mesure et de pilotage.
La connexion devient un outil pédagogique.
75. LE RÔLE DE L’ANALOGIE
Les analogies doivent être utilisées avec prudence.
Une entreprise n’est pas biologiquement un organisme.
Un réseau informatique n’est pas littéralement un système nerveux.
Un arbre n’est pas une machine au sens strict.
Mais les analogies peuvent aider à comprendre certains principes communs :
- flux ;
- rétroactions ;
- stockage ;
- échanges ;
- adaptation ;
- régulation.
Il faut distinguer :
analogie pédagogique
et
équivalence scientifique.
Cette distinction permet de conserver la rigueur.
76. LA RIGUEUR RESTE INDISPENSABLE
Relier les domaines ne signifie pas mélanger toutes les disciplines.
C’est même l’inverse.
Plus on relie les domaines, plus il faut savoir précisément :
- ce qui est établi ;
- ce qui est mesuré ;
- ce qui est modélisé ;
- ce qui est hypothétique ;
- ce qui est une analogie ;
- ce qui est une interprétation.
L’intelligence systémique ne consiste pas à tout confondre.
Elle consiste à comprendre les relations sans perdre les spécificités de chaque domaine.
77. LE BON NIVEAU D’ABSTRACTION
C’est probablement l’un des défis majeurs.
Trop concret :
on ne voit plus les relations.
Trop abstrait :
on perd le réel.
La méthode doit donc constamment naviguer entre :
terrain ↔ concept
donnée ↔ modèle
individu ↔ système
détail ↔ ensemble
présent ↔ futur.
Cette capacité à changer de niveau d’abstraction est une compétence centrale de l’ingénieur comme du concepteur d’écosystèmes.
78. L’ARCHITECTURE DES 100 ARTICLES
Les 100 articles de l’autonomie peuvent alors être considérés comme autant de portes d’entrée.
1–10
Philosophie de l’autonomie.
11–20
Autonomie intellectuelle et développement personnel.
21–30
IA et intelligence augmentée.
31–40
IoT et mesure.
41–50
Ingénierie et maîtrise des flux.
51–60
Habitat.
61–70
Agroclimatologie.
71–80
Autonomie alimentaire.
81–90
Biologie, épigénétique et environnement.
91–100
Autonomie économique, professionnelle et territoriale.
Mais ces dix blocs ne sont pas dix livres séparés.
Ils constituent :
UN SEUL SYSTÈME DE CONNAISSANCES.
79. LE VÉRITABLE MAILLAGE
L’article sur l’eau peut renvoyer vers :
- IoT ;
- hydraulique ;
- agroclimatologie ;
- sol ;
- habitat ;
- animaux ;
- économie.
L’article sur l’énergie peut renvoyer vers :
- thermodynamique ;
- habitat ;
- solaire ;
- IoT ;
- IA ;
- économie.
L’article sur l’IA peut renvoyer vers :
- autonomie intellectuelle ;
- IoT ;
- entreprise ;
- ingénierie ;
- agroclimatologie.
L’article sur l’habitat peut renvoyer vers :
- eau ;
- énergie ;
- végétation ;
- climat ;
- IA ;
- IoT.
L’article sur l’entreprise peut renvoyer vers :
- compétences ;
- IA ;
- données ;
- énergie ;
- autonomie économique.
Le réseau devient naturellement dense.
80. LA GRANDE TRANSVERSALE : L’AUTONOMIE
L’autonomie devient alors le concept transversal.
Elle permet de relier :
intelligence
à
compétence
à
technique
à
ressources
à
économie
à
environnement
à
territoire.
Ce n’est plus une rubrique.
C’est une philosophie d’organisation des connaissances.
81. LE MODÈLE GLOBAL
On peut désormais résumer toute l’approche par une architecture simple.
OBSERVER
Comprendre le réel.
↓
COMPRENDRE
Identifier les mécanismes.
↓
MESURER
Obtenir les données nécessaires.
↓
MODÉLISER
Construire une représentation.
↓
IDENTIFIER LES FLUX
Comprendre ce qui circule.
↓
IDENTIFIER LES DÉPENDANCES
Comprendre les fragilités.
↓
IDENTIFIER LES RESSOURCES
Valoriser ce qui existe.
↓
CONCEVOIR
Créer une architecture.
↓
AUTOMATISER
Connecter le monde physique.
↓
AUGMENTER
Utiliser l’intelligence artificielle.
↓
APPRENDRE
Capitaliser l’expérience.
↓
ÉVOLUER
Adapter le système.
82. CE MODÈLE PEUT ÊTRE APPLIQUÉ À L’EAU
Observer
Quelle quantité d’eau arrive ?
Comprendre
Comment circule-t-elle ?
Mesurer
Débit, niveau, humidité, consommation.
Modéliser
Réservoirs, réseaux, sol, besoins.
Identifier les flux
Pluie, ruissellement, infiltration, évapotranspiration.
Identifier les dépendances
Réseau, énergie, pompage.
Identifier les ressources
Toitures, sols, mares, réservoirs.
Concevoir
Architecture hydraulique.
Automatiser
Capteurs et vannes.
Augmenter
Prévision et analyse.
Apprendre
Comparer prévisions et réalité.
Évoluer
Adapter le système au climat et aux besoins futurs.
83. IL PEUT ÊTRE APPLIQUÉ À L’ÉNERGIE
Observer
Consommations et productions.
Comprendre
Origine des besoins.
Mesurer
Puissance, énergie, températures.
Modéliser
Bilan énergétique.
Identifier les flux
Production, consommation, stockage.
Identifier les dépendances
Réseaux et équipements.
Identifier les ressources
Solaire, biomasse, chaleur fatale, inertie.
Concevoir
Architecture énergétique.
Automatiser
Pilotage.
Augmenter
Prévision.
Apprendre
Retour d’expérience.
Évoluer
Adapter le système.
84. IL PEUT ÊTRE APPLIQUÉ À UNE ENTREPRISE
Observer
Comment fonctionne réellement l’organisation ?
Comprendre
Pourquoi fonctionne-t-elle ainsi ?
Mesurer
Quels indicateurs manquent ?
Modéliser
Quels sont les processus ?
Identifier les flux
Argent, données, matières, compétences.
Identifier les dépendances
Clients, fournisseurs, logiciels, personnes clés.
Identifier les ressources
Expertises, données, équipements, réseau.
Concevoir
Nouvelle architecture.
Automatiser
Processus répétitifs.
Augmenter
IA et outils numériques.
Apprendre
Retour d’expérience.
Évoluer
Adapter l’entreprise.
85. IL PEUT ÊTRE APPLIQUÉ À UNE PERSONNE
Observer
Comment est organisé son quotidien ?
Comprendre
Quels mécanismes influencent ses décisions ?
Mesurer
Temps, énergie, apprentissage, ressources.
Modéliser
Organisation personnelle.
Identifier les flux
Information, temps, énergie, argent.
Identifier les dépendances
Habitudes, outils, systèmes.
Identifier les ressources
Compétences, expérience, réseau.
Concevoir
Organisation personnelle.
Automatiser
Tâches répétitives.
Augmenter
IA et outils cognitifs.
Apprendre
Retour d’expérience.
Évoluer
Adapter son système de vie.
86. IL PEUT ÊTRE APPLIQUÉ À UN TERRITOIRE
Le territoire devient la somme des systèmes précédents.
On observe :
- climat ;
- eau ;
- agriculture ;
- énergie ;
- habitat ;
- industrie ;
- mobilité ;
- population ;
- économie ;
- biodiversité.
On mesure.
On cartographie.
On modélise.
On identifie les dépendances.
On identifie les ressources.
On construit des scénarios.
On expérimente.
On apprend.
Puis on adapte.
C’est ici que l’autonomie rejoint véritablement la planification territoriale et la résilience.
87. L’OBJECTIF N’EST PAS DE TOUT CONTRÔLER
Une vision systémique pourrait être mal interprétée comme une volonté de tout contrôler.
Ce n’est pas l’objectif.
Un système vivant possède une part d’incertitude.
Un climat possède une variabilité.
Une entreprise possède une dynamique humaine.
Une économie possède des comportements difficiles à prévoir.
Un territoire possède des interactions complexes.
La bonne question n’est donc pas :
« Comment tout contrôler ? »
Mais :
« Comment comprendre suffisamment le système pour pouvoir l’accompagner et l’adapter ? »
88. CONSTRUIRE AVEC LES SYSTÈMES PLUTÔT QUE CONTRE EUX
Cette philosophie est particulièrement importante chez Omakëya™.
Le jardin n’est pas une machine à contrôler.
Le climat n’est pas une variable que l’on peut simplement supprimer.
Le sol n’est pas un matériau inerte.
La biodiversité n’est pas uniquement une contrainte.
L’autonomie consiste à comprendre les dynamiques existantes et à concevoir avec elles.
Cette logique peut ensuite être transposée à l’habitat, à l’entreprise et au territoire.
89. LE SYSTÈME AUTONOME EST UN SYSTÈME APPRENANT
Une définition intéressante de l’autonomie pourrait être :
Un système est autonome lorsqu’il possède suffisamment de ressources, de compétences, de boucles de mesure, de capacités d’action et de possibilités d’adaptation pour maintenir et faire évoluer ses fonctions essentielles.
Cette définition inclut naturellement :
- connaissance ;
- mesure ;
- ressources ;
- compétences ;
- technologie ;
- économie ;
- apprentissage.
90. L’AUTONOMIE COMME CAPACITÉ D’ÉVOLUTION
L’autonomie ne signifie donc pas :
ne plus changer.
Elle signifie :
pouvoir changer sans perdre son identité et ses fonctions essentielles.
C’est une distinction fondamentale.
Un jardin résilient évolue.
Une entreprise résiliente évolue.
Une compétence évolue.
Un territoire évolue.
Une architecture numérique évolue.
Un système autonome doit donc être conçu pour l’évolution.
91. LE FUTUR : DES SYSTÈMES DE PLUS EN PLUS CONNECTÉS
Dans les prochaines décennies, la multiplication des capteurs, des systèmes numériques, des modèles et de l’intelligence artificielle permettra probablement d’augmenter considérablement notre capacité à observer les systèmes.
Mais la question fondamentale ne sera pas :
« Combien de données pouvons-nous produire ? »
Elle sera :
« Savons-nous transformer ces données en compréhension utile ? »
C’est une différence majeure.
92. DE LA DONNÉE À LA DÉCISION
La chaîne complète devient :
CAPTER
↓
STOCKER
↓
QUALIFIER
↓
ANALYSER
↓
COMPRENDRE
↓
DÉCIDER
↓
AGIR
↓
MESURER
↓
APPRENDRE
Une donnée qui n’est jamais utilisée n’est pas nécessairement utile.
Une IA qui produit des réponses sans retour au réel n’est pas nécessairement intelligente dans le sens systémique.
L’objectif est la boucle complète.
93. LE NOUVEAU RÔLE DE L’INGÉNIEUR
Dans cette approche, l’ingénieur du futur n’est pas seulement celui qui dimensionne.
Il doit également savoir :
- observer ;
- dialoguer avec d’autres disciplines ;
- comprendre les données ;
- utiliser l’IA ;
- comprendre le vivant ;
- analyser les flux ;
- identifier les dépendances ;
- concevoir des architectures ;
- communiquer ;
- transmettre.
L’ingénieur devient progressivement un intégrateur de systèmes.
94. LE NOUVEAU RÔLE DE L’EXPERT
L’expert n’est plus seulement celui qui possède une réponse.
Il doit aussi savoir :
où sa connaissance s’arrête et où commence celle des autres.
Un hydraulicien doit comprendre quand il doit dialoguer avec :
- un agronome ;
- un climatologue ;
- un biologiste ;
- un automaticien ;
- un énergéticien.
Un spécialiste de l’IA doit comprendre quand il doit dialoguer avec :
- un ingénieur ;
- un agriculteur ;
- un biologiste ;
- un économiste ;
- un utilisateur.
L’interdisciplinarité devient donc une compétence professionnelle.
95. LA COMPÉTENCE DE RELIER
Dans un monde où l’information devient abondante, une compétence prend une importance particulière :
SAVOIR RELIER.
Relier deux connaissances.
Relier deux métiers.
Relier deux flux.
Relier deux échelles.
Relier deux temporalités.
Relier la théorie et le terrain.
Relier les données et l’expérience.
Relier l’humain et l’IA.
Relier la technique et le vivant.
Cette capacité peut devenir l’une des grandes compétences du XXIe siècle.
96. L’ÉCOSYSTÈME DE CONNAISSANCES
Un véritable écosystème de connaissances possède :
Des nœuds
Les articles, concepts, données, expériences.
Des relations
Les liens entre les concepts.
Des flux
Les informations qui circulent.
Des boucles
Les retours d’expérience.
Une mémoire
Les documents et historiques.
Une capacité d’apprentissage
Les nouvelles connaissances.
Une capacité d’évolution
La mise à jour permanente.
C’est exactement ce qui différencie une simple bibliothèque d’un système de connaissances vivant.
97. DEMETER-FB × OMAKËYA™
La philosophie peut alors être résumée par deux dimensions complémentaires.
DEMETER-FB
Comprendre les systèmes techniques, industriels, énergétiques, numériques et économiques.
OMAKËYA™
Comprendre les systèmes vivants, naturels, agroclimatiques et écologiques.
Entre les deux se trouvent :
- eau ;
- énergie ;
- habitat ;
- agriculture ;
- IoT ;
- IA ;
- économie ;
- autonomie ;
- territoire.
Le lien entre les deux n’est donc pas artificiel.
Il est constitué par les flux.
98. UNE SEULE VISION
Il ne s’agit plus de construire :
un site sur l’ingénierie
un site sur le jardin
un site sur l’IA
un site sur l’autonomie
un site sur l’environnement.
Il s’agit de construire :
UN ÉCOSYSTÈME DE CONNAISSANCES OÙ CES DOMAINES SE RENFORCENT MUTUELLEMENT.
99. LA GRANDE ARCHITECTURE
On peut finalement représenter la vision ainsi :
HUMAIN
↓
CONNAISSANCE
↓
COMPÉTENCE
↓
TECHNIQUE
↓
HABITAT
↓
EAU + ÉNERGIE
↓
SOL + PLANTES + ANIMAUX
↓
AGRICULTURE
↓
ENTREPRISE
↓
ÉCONOMIE
↓
TERRITOIRE
↓
ENVIRONNEMENT
↓
DONNÉES
↓
IoT
↓
IA
↓
INTELLIGENCE AUGMENTÉE
↓
APPRENTISSAGE
↓
AUTONOMIE
Et la boucle recommence.
100. LA GRANDE CONCLUSION
Nous pouvons maintenant revenir à l’idée de départ.
L’AUTONOMIE N’EST PAS UN DOMAINE.
Pourquoi ?
Parce que l’autonomie traverse tous les domaines.
Elle concerne :
- notre capacité à apprendre ;
- notre capacité à produire ;
- notre capacité à comprendre ;
- notre capacité à réparer ;
- notre capacité à mesurer ;
- notre capacité à décider ;
- notre capacité à coopérer ;
- notre capacité à nous adapter.
Elle traverse :
l’humain
le vivant
la technique
l’économie
le numérique
l’environnement
le territoire.
TOUS TES DOMAINES SE METTENT À COMMUNIQUER
Et c’est peut-être là que réside le véritable changement de perspective.
L’eau n’est plus seulement de l’eau.
Elle devient :
hydraulique
climat
sol
plantes
animaux
habitat
énergie
IoT
IA
économie
comportement
autonomie.
L’énergie n’est plus seulement de l’électricité.
Elle devient :
thermodynamique
bâtiment
climat
solaire
stockage
végétation
biomasse
IoT
IA
pilotage
économie
résilience.
L’humain n’est plus seulement un utilisateur.
Il devient :
information
connaissance
compréhension
compétence
expérience
erreur
apprentissage
intuition
décision
action
retour d’expérience
sagesse.
LE VÉRITABLE OBJECTIF
L’objectif n’est donc pas d’accumuler 100, 500 ou 1 000 articles.
L’objectif est de construire progressivement :
UNE CARTE INTELLIGIBLE DU MONDE.
Une carte dans laquelle chaque connaissance peut conduire à une autre.
Une carte dans laquelle les disciplines peuvent dialoguer.
Une carte dans laquelle les flux rendent visibles les connexions.
Une carte dans laquelle l’IA aide à explorer.
Une carte dans laquelle l’expérience du terrain corrige les modèles.
Une carte dans laquelle le savoir-faire humain conserve sa valeur.
Une carte dans laquelle le vivant n’est pas séparé de la technique.
Une carte dans laquelle l’économie n’est pas séparée de l’environnement.
Une carte dans laquelle l’entreprise n’est pas séparée du territoire.
Une carte dans laquelle l’habitat n’est pas séparé du climat.
Une carte dans laquelle l’eau n’est pas séparée de l’énergie.
Une carte dans laquelle l’autonomie n’est pas séparée de l’apprentissage.
LE MAÎTRE-MOT : RELIER
Relier ne signifie pas mélanger.
Relier signifie comprendre les interfaces.
Entre l’eau et le sol.
Entre le sol et la plante.
Entre la plante et le climat.
Entre le climat et l’habitat.
Entre l’habitat et l’énergie.
Entre l’énergie et l’économie.
Entre l’économie et l’entreprise.
Entre l’entreprise et les compétences.
Entre les compétences et l’apprentissage.
Entre l’apprentissage et l’IA.
Entre l’IA et les données.
Entre les données et la réalité.
Et finalement :
entre l’être humain et l’ensemble du système dans lequel il vit.
LES 12 QUESTIONS UNIVERSELLES
Pour chaque nouveau sujet, chaque nouveau projet, chaque nouvel article, chaque nouvelle entreprise, chaque nouveau jardin ou chaque nouveau territoire, il est possible de revenir aux mêmes questions :
1. OBSERVER
Que se passe-t-il ?
2. COMPRENDRE
Pourquoi ?
3. MESURER
Quelles données manquent ?
4. MODÉLISER
Comment fonctionne le système ?
5. IDENTIFIER LES FLUX
Eau ? Énergie ? Matière ? Information ? Argent ? Biomasse ?
6. IDENTIFIER LES DÉPENDANCES
De quoi dépend-il ?
7. IDENTIFIER LES RESSOURCES
Que possède-t-on déjà ?
8. CONCEVOIR
Quelle architecture ?
9. AUTOMATISER
Que peut faire l’IoT ?
10. AUGMENTER
Que peut apporter l’IA ?
11. APPRENDRE
Que dit le retour d’expérience ?
12. ÉVOLUER
Comment le système s’adaptera-t-il dans 5, 10, 30 ou 100 ans ?
LA BOUCLE FINALE
OBSERVER
↓
COMPRENDRE
↓
MESURER
↓
MODÉLISER
↓
IDENTIFIER LES FLUX
↓
IDENTIFIER LES DÉPENDANCES
↓
IDENTIFIER LES RESSOURCES
↓
CONCEVOIR
↓
AUTOMATISER
↓
AUGMENTER
↓
APPRENDRE
↓
ÉVOLUER
↓
OBSERVER À NOUVEAU
Car un système réellement autonome n’est jamais terminé.
Il apprend.
Il change.
Il s’adapte.
Il évolue.
DEMETER-FB × OMAKËYA™
COMPRENDRE LES SYSTÈMES
MAÎTRISER LES FLUX
DÉVELOPPER LES COMPÉTENCES
MESURER LE RÉEL
CONNECTER LES CONNAISSANCES
UTILISER L’IA POUR AUGMENTER L’INTELLIGENCE HUMAINE
CONCEVOIR AVEC LE VIVANT
RÉDUIRE LES DÉPENDANCES CRITIQUES
APPRENDRE DE L’EXPÉRIENCE
CONSTRUIRE POUR L’ÉVOLUTION
L’AUTONOMIE N’EST PAS UN DOMAINE.
C’EST UNE CAPACITÉ À RELIER DES DOMAINES.
Et lorsque les domaines commencent réellement à communiquer, les articles cessent d’être des articles isolés.
Ils deviennent les neurones d’un même écosystème de connaissances.
L’eau communique avec l’énergie.
L’énergie communique avec l’habitat.
L’habitat communique avec le climat.
Le climat communique avec le jardin.
Le jardin communique avec le sol.
Le sol communique avec les plantes.
Les plantes communiquent avec les animaux.
Les animaux communiquent avec l’alimentation.
L’alimentation communique avec l’humain.
L’humain communique avec l’entreprise.
L’entreprise communique avec l’économie.
L’économie communique avec le territoire.
Le territoire communique avec l’environnement.
Les capteurs observent l’ensemble.
L’IoT transporte les données.
L’IA aide à les analyser.
L’humain comprend, décide et agit.
L’expérience revient dans le système.
Le système apprend.
Puis il évolue.
DE L’ARTICLE À L’ÉCOSYSTÈME
C’est finalement cela, la vision Omakëya™ / DEMETER-FB :
ne plus simplement accumuler des connaissances,
mais apprendre à les relier ;
ne plus seulement produire des données,
mais apprendre à les comprendre ;
ne plus seulement utiliser des technologies,
mais apprendre à les intégrer dans des systèmes cohérents ;
ne plus seulement rechercher l’autonomie dans un domaine,
mais construire progressivement une capacité globale d’action, d’adaptation et d’apprentissage.
Car le monde réel n’est pas constitué de silos.
Il est constitué de relations.
Et plus nous apprenons à comprendre ces relations, plus nous pouvons concevoir des systèmes capables de fonctionner, de s’adapter et d’évoluer.