AGROCLIMATOLOGIE : Du site réel au jumeau numérique Omakëya™

L’INGÉNIERIE DES ÉCOSYSTÈMES

Modéliser un écosystème

Du site réel au jumeau numérique Omakëya™

L’une des évolutions les plus importantes de l’ingénierie des écosystèmes consiste à ne plus seulement observer un jardin, une ferme ou un territoire, mais à pouvoir en construire une représentation numérique dynamique.

L’objectif est de passer progressivement de :

« Voici comment fonctionne mon écosystème aujourd’hui »

à :

« Voici comment il pourrait fonctionner demain selon différents scénarios. »

C’est le principe du jumeau numérique écologique.


I. QU’EST-CE QU’UN MODÈLE D’ÉCOSYSTÈME ?

Un modèle est une représentation simplifiée du fonctionnement réel d’un système.

Un écosystème réel possède une complexité immense :

  • milliers d’espèces ;
  • millions de relations ;
  • flux d’eau ;
  • flux d’énergie ;
  • échanges gazeux ;
  • cycles biogéochimiques ;
  • croissance ;
  • mortalité ;
  • perturbations ;
  • interactions humaines.

Il est impossible de reproduire absolument tout.

L’objectif de l’ingénieur est donc de sélectionner les phénomènes nécessaires à la décision.

On peut représenter le système ainsi :

                CLIMAT                  ↓        ┌───────────────────┐        │                   │        │    ÉCOSYSTÈME     │        │                   │        │  Sol + Eau +      │        │  Plantes +        │        │  Animaux +        │        │  Bâtiments        │        │                   │        └───────────────────┘                  ↓             RÉPONSES

Le modèle cherche à reproduire ces réponses.


II. LE PRINCIPE DU JUMEAU NUMÉRIQUE

Un simple modèle numérique est généralement une représentation calculée d’un système.

Un jumeau numérique va plus loin.

Il est alimenté par des données du système réel et peut être mis à jour dans le temps.

             ÉCOSYSTÈME RÉEL                    ↕               CAPTEURS                    ↓             BASE DE DONNÉES                    ↓             MODÈLE NUMÉRIQUE                    ↓              SIMULATIONS                    ↓                  IA                    ↓               DÉCISIONS                    ↓             ÉCOSYSTÈME RÉEL

Le système réel nourrit le modèle.

Le modèle aide à comprendre le système réel.

La décision modifie ensuite le système réel.

Un cycle de rétroaction apparaît.


III. LES ENTRÉES DU MODÈLE OMAKËYA™

Le modèle commence par décrire son environnement.

Les principales entrées sont :

1. Soleil

  • rayonnement global ;
  • rayonnement direct ;
  • rayonnement diffus ;
  • durée d’ensoleillement ;
  • hauteur solaire ;
  • azimut ;
  • saison.

Le rayonnement constitue la principale source d’énergie du système.


IV. LA PLUIE

Le modèle doit connaître :

  • précipitations ;
  • intensité ;
  • durée ;
  • fréquence ;
  • saisonnalité ;
  • événements extrêmes.

La pluie constitue une entrée fondamentale du bilan hydrologique.

On peut écrire : P=R+I+ΔS

avec :

  • P = précipitation ;
  • R = ruissellement ;
  • I = infiltration ;
  • ΔS = variation du stockage.

Pour un modèle complet, on ajoute ensuite l’évapotranspiration, la percolation profonde et les autres flux pertinents.


V. LE VENT

Le vent influence :

  • évaporation ;
  • transpiration ;
  • refroidissement ;
  • dispersion des graines ;
  • pollinisation ;
  • propagation de certains organismes ;
  • confort humain ;
  • risque de chute des arbres ;
  • propagation des incendies.

Le modèle peut intégrer : V=f(direction, vitesse, rugositeˊ, relief)

Les bâtiments et les arbres modifient eux-mêmes le champ de vent.


VI. LE SOL

Le sol constitue un réservoir et un milieu biologique.

Le modèle peut intégrer :

  • texture ;
  • structure ;
  • profondeur ;
  • densité apparente ;
  • porosité ;
  • réserve utile ;
  • matière organique ;
  • conductivité hydraulique ;
  • CEC ;
  • pH ;
  • température.

La relation entre sol et eau devient particulièrement importante.


VII. LA VÉGÉTATION

Chaque végétal peut être représenté par des paramètres spécifiques.

Par exemple :

Arbre

  • espèce ;
  • hauteur ;
  • diamètre ;
  • surface foliaire ;
  • profondeur racinaire ;
  • phénologie ;
  • croissance ;
  • résistance à la sécheresse ;
  • transpiration ;
  • production de biomasse.

Culture

  • date de semis ;
  • date de levée ;
  • indice foliaire ;
  • besoins hydriques ;
  • rendement potentiel ;
  • durée du cycle.

VIII. LES BÂTIMENTS

Dans un système Omakëya™, les bâtiments ne doivent pas être considérés comme des objets indépendants.

Ils influencent :

  • ombre ;
  • rayonnement ;
  • vent ;
  • température ;
  • ruissellement ;
  • évacuation des eaux ;
  • surfaces imperméables ;
  • consommation énergétique.

Le bâtiment devient donc une composante du modèle agroclimatique.


IX. LA TOPOGRAPHIE

La topographie influence :

  • exposition solaire ;
  • ruissellement ;
  • accumulation d’eau ;
  • drainage ;
  • circulation de l’air ;
  • gel ;
  • brouillard ;
  • température locale.

Le modèle peut utiliser un :

MNT — Modèle Numérique de Terrain

ou un modèle de surface intégrant les objets présents.


X. L’ARCHITECTURE DU MODÈLE

Un modèle Omakëya™ peut être structuré en modules.

                 ┌──────────────┐                 │    CLIMAT    │                 └──────┬───────┘                        ↓ ┌─────────┐      ┌───────────┐      ┌──────────┐ │ TOPO    │ ───→ │  MODÈLE   │ ←─── │   SOL    │ └─────────┘      │ ÉCOSYSTÈME│      └──────────┘                  └─────┬─────┘                        ↑             ┌──────────┴─────────┐             │                    │        VÉGÉTATION           BÂTIMENTS             │                    │             └──────────┬─────────┘                        ↓                     RÉSULTATS

XI. LES SOUS-MODÈLES

Un véritable jumeau numérique peut être constitué de plusieurs modèles couplés.

Modèle climatique

Température, humidité, vent, rayonnement.

Modèle hydrologique

Pluie, ruissellement, infiltration, stockage.

Modèle thermique

Rayonnement, conduction, convection, évaporation.

Modèle pédologique

Eau du sol, température, carbone, nutriments.

Modèle végétal

Croissance, transpiration, phénologie.

Modèle écologique

Biodiversité et interactions.

Modèle énergétique

Énergie solaire, stockage, consommations.

Modèle humain

Usages, fréquentation, confort.


XII. LE MODÈLE DU BILAN ÉNERGÉTIQUE

Pour un écosystème, le rayonnement solaire constitue une entrée majeure.

Une formulation simplifiée du bilan énergétique de surface peut être représentée par : Rn​=H+LE+G

où :

  • Rn​ = rayonnement net ;
  • H = flux de chaleur sensible ;
  • LE = flux de chaleur latente lié notamment à l’évapotranspiration ;
  • G = flux de chaleur vers ou depuis le sol.

Cette équation devient extrêmement intéressante pour comparer :

asphalte

VS

pelouse

VS

sol nu

VS

forêt

VS

mare.


XIII. LE MODÈLE HYDROLOGIQUE

Le système peut suivre les principaux compartiments :

                  PLUIE                    ↓            ┌──────────────┐            │   CANOPÉE    │            └──────┬───────┘                   ↓              SOL / LITIÈRE                   ↓        ┌──────────┴──────────┐        ↓                     ↓   INFILTRATION           RUISSELLEMENT        ↓                     ↓ STOCKAGE SOL              MARE / BASSIN        ↓                     ↓   PERCOLATION              ÉVAPORATION        ↓      NAPPE

Le modèle permet alors d’étudier les conséquences d’un aménagement.


XIV. MODÉLISER UNE MARE

On peut introduire :

  • surface ;
  • profondeur ;
  • volume ;
  • alimentation ;
  • pertes ;
  • infiltration ;
  • évaporation ;
  • débordement.

Le volume peut être représenté par : Vt+1​=Vt​+P+R+I−E−Q

où :

  • V = volume ;
  • P = apports directs ;
  • R = ruissellement entrant ;
  • I = autres apports ;
  • E = évaporation ;
  • Q = sorties.

Le modèle peut alors simuler une succession de jours secs et pluvieux.


XV. MODÉLISER L’OMBRE

L’ombre n’est pas constante.

Elle dépend :

  • latitude ;
  • date ;
  • heure ;
  • hauteur du soleil ;
  • orientation ;
  • hauteur des bâtiments ;
  • hauteur des arbres ;
  • forme de la canopée.

On peut donc calculer une carte d’ombre :

08 h        12 h        18 h████        ██          ██████████       ███         ███████         ████        ███

Cette information devient extrêmement utile pour :

  • positionner une terrasse ;
  • choisir une plantation ;
  • protéger un bâtiment ;
  • créer une zone fraîche ;
  • installer une culture.

XVI. MODÉLISER LA CROISSANCE DES ARBRES

Un arbre peut être représenté comme un objet dynamique.

À chaque année : Ht+1​=Ht​+ΔH Dt+1​=Dt​+ΔD

où :

  • H = hauteur ;
  • D = diamètre.

Mais la croissance dépend elle-même :

  • de l’eau ;
  • du rayonnement ;
  • de la température ;
  • du sol ;
  • de l’espèce ;
  • de l’âge ;
  • du stress.

Le modèle devient donc : Croissance=f(climat,eau,sol,a^ge,espeˋce)


XVII. PRÉVOIR L’OMBRE DANS 30 ANS

C’est l’une des applications les plus intéressantes.

Aujourd’hui :

🌱     🌳       🌱

Dans 10 ans :

🌳    🌳🌳      🌳

Dans 30 ans :

🌳🌳🌳🌳🌳🌳🌳██████████████

Le jumeau numérique permettrait de simuler l’évolution de la canopée.

On peut alors éviter une erreur fréquente :

planter aujourd’hui sans réfléchir à l’espace que l’arbre occupera dans trente ans.


XVIII. MODÉLISER LA TEMPÉRATURE

La température d’un jardin n’est pas uniforme.

On peut construire : T(x,y,z,t)

où :

  • x,y,z = position spatiale ;
  • t = temps.

On obtient alors un champ thermique dynamique.

      32° ───── 31°       │         │      29° ── 27°┘       │      25° 🌳       │      23° 💧

L’objectif est d’identifier :

  • zones chaudes ;
  • zones froides ;
  • gradients ;
  • puits de fraîcheur ;
  • zones de confort.

XIX. MODÉLISER L’ÉVAPOTRANSPIRATION

L’évapotranspiration est l’un des mécanismes essentiels de la climatisation naturelle.

Elle dépend notamment :

  • rayonnement ;
  • température ;
  • humidité ;
  • vent ;
  • disponibilité en eau ;
  • végétation.

L’équation de Penman-Monteith peut être utilisée comme référence physique pour estimer l’évapotranspiration de référence.

Le modèle peut ensuite adapter cette estimation aux caractéristiques de la végétation.


XX. MODÉLISER LE CARBONE

Le système peut suivre plusieurs stocks :

ATMOSPHÈRE    ↓VÉGÉTATION    ↓LITIÈRE    ↓SOL    ↓MATIÈRE ORGANIQUE

On peut distinguer :

  • biomasse aérienne ;
  • biomasse racinaire ;
  • bois mort ;
  • litière ;
  • carbone organique du sol.

Le bilan simplifié devient : ΔC=Entreˊes−Sorties

Mais il faut éviter de réduire la question du carbone à la seule croissance des arbres : la mortalité, la décomposition, les perturbations, la gestion et la durée de stockage sont essentielles.


XXI. MODÉLISER LA PRODUCTION

Dans un potager ou une ferme : Production=f(climat,sol,eau,varieˊteˊ,pratiques)

On peut alors comparer plusieurs scénarios :

Scénario A

Agriculture conventionnelle.

Scénario B

Paillage.

Scénario C

Sol vivant.

Scénario D

Agroforesterie.

Scénario E

Irrigation intelligente.

Le modèle peut comparer :

  • rendement ;
  • eau consommée ;
  • énergie ;
  • biomasse ;
  • carbone ;
  • risques.

XXII. LES SORTIES DU MODÈLE

Le modèle Omakëya™ peut produire plusieurs familles de résultats.

Climat

  • température ;
  • humidité ;
  • vent ;
  • rayonnement.

Eau

  • consommation ;
  • infiltration ;
  • stockage ;
  • ruissellement.

Végétation

  • croissance ;
  • biomasse ;
  • production ;
  • stress.

Carbone

  • stockage ;
  • émissions ;
  • évolution du stock.

Spatial

  • ombre ;
  • zones fraîches ;
  • zones humides ;
  • corridors.

Écologie

  • habitats ;
  • diversité potentielle ;
  • connectivité.

XXIII. LA SIMULATION PAR SCÉNARIOS

Le véritable intérêt du jumeau numérique apparaît lorsqu’on peut comparer plusieurs futurs.

Situation actuelle

S0

+ 20 arbres

S1

+ 20 arbres + mare

S2

+ arbres + mare + haies

S3

+ scénario climatique 2050

S4

+ scénario climatique 2100

S5

On peut ensuite comparer :

IndicateurS0S1S2S3S5
Température maximale
Eau disponible
Ombre
Biomasse
Carbone
Production
Biodiversité

Le modèle devient ainsi un outil d’aide à la décision.


XXIV. LE MODÈLE COMME « BANC D’ESSAI »

Traditionnellement, pour tester une conception, il faut parfois construire.

Avec un modèle :

on peut d’abord expérimenter virtuellement.

On peut tester :

  • déplacer un arbre ;
  • agrandir une mare ;
  • modifier une haie ;
  • changer une essence ;
  • modifier une orientation ;
  • ajouter une toiture végétalisée ;
  • modifier une stratégie d’irrigation.

Puis seulement construire.


XXV. UNE APPROCHE « WHAT IF ? »

Le jumeau numérique devient une machine à questions.

Et si…

la température augmentait de 3 °C ?

la pluie estivale diminuait de 20 % ?

une sécheresse durait 45 jours ?

une canicule durait 15 jours ?

un arbre mourait ?

la mare s’asséchait ?

on ajoutait 500 m² de canopée ?

on supprimait 1 000 m² d’imperméabilisation ?

Chaque hypothèse devient un scénario calculable.


XXVI. CALIBRER LE MODÈLE

Un modèle n’est pas automatiquement fiable parce qu’il est complexe.

Il doit être confronté au réel.

Le principe est :

MODÈLE  ↓PRÉDICTION  ↓MESURE RÉELLE  ↓COMPARAISON  ↓ERREUR  ↓CALIBRATION  ↓NOUVEAU MODÈLE

On peut définir une erreur : ei​=Ymesureˊ,i​−Ymodeˋle,i​

Puis utiliser différents indicateurs statistiques selon l’application :

  • biais moyen ;
  • MAE ;
  • RMSE ;
  • coefficient de détermination R2 ;
  • NSE pour certains modèles hydrologiques.

XXVII. LE MODÈLE DOIT CONSERVER SON INCERTITUDE

C’est un principe scientifique essentiel.

Une simulation ne fournit pas nécessairement :

« La température sera de 28,4 °C. »

Elle devrait parfois fournir :

« Le modèle estime une température de 28,4 °C avec une incertitude de ± X °C selon les hypothèses. »

Cette distinction devient fondamentale lorsqu’on projette :

  • 2050 ;
  • 2100 ;

Plus l’horizon augmente, plus les incertitudes et scénarios doivent être explicitement représentés.


XXVIII. L’IA ENTRE EN SCÈNE

L’IA peut intervenir à plusieurs niveaux.

1. Détection

Identifier automatiquement :

  • arbres ;
  • maladies ;
  • zones sèches ;
  • surfaces imperméables.

2. Prévision

Prédire :

  • besoins en eau ;
  • croissance ;
  • risques ;
  • températures.

3. Optimisation

Rechercher :

  • meilleur emplacement des arbres ;
  • meilleure stratégie d’irrigation ;
  • meilleure combinaison végétale.

4. Apprentissage

Comparer : Preˊvision↔Observation

puis améliorer progressivement le modèle.


XXIX. MODÈLE PHYSIQUE + IA

La Vision Omakëya™ peut privilégier une architecture hybride.

          PHYSIQUE             +            IA             ↓     MODÈLE HYBRIDE             ↓        PRÉDICTION

La physique apporte :

  • conservation de l’énergie ;
  • conservation de l’eau ;
  • lois hydrauliques ;
  • physiologie.

L’IA apporte :

  • reconnaissance de motifs ;
  • apprentissage ;
  • optimisation ;
  • prédiction statistique.

L’un ne remplace pas nécessairement l’autre.


XXX. LE JUMEAU NUMÉRIQUE OMAKËYA™

On peut finalement définir le concept ainsi :

Un jumeau numérique Omakëya™ est une représentation numérique dynamique d’un écosystème réel, alimentée par des observations et capable de simuler son fonctionnement, son évolution et différents scénarios d’aménagement ou de changement climatique.

Son architecture pourrait être :

                    🌍 CLIMAT                       ↓        ┌─────────────────────────┐        │      DONNÉES RÉELLES    │        │                          │        │ Stations • IoT • Drone   │        │ Satellite • LiDAR • SIG  │        └────────────┬────────────┘                     ↓              BASE DE DONNÉES                     ↓             MODÈLE NUMÉRIQUE                     ↓       ┌─────────────┼─────────────┐       ↓             ↓             ↓    CLIMAT         EAU          VÉGÉTATION       ↓             ↓             ↓       └─────────────┼─────────────┘                     ↓                MODÈLE GLOBAL                     ↓                    IA                     ↓              SIMULATIONS                     ↓          ┌──────────┴──────────┐          ↓                     ↓      PRÉVISION             OPTIMISATION          ↓                     ↓          └──────────┬──────────┘                     ↓                  DÉCISION                     ↓               SITE RÉEL

XXXI. VERS LE « BIM DU VIVANT »

Il existe une analogie particulièrement intéressante avec le bâtiment.

Le BIM permet de représenter numériquement :

  • géométrie ;
  • matériaux ;
  • équipements ;
  • réseaux ;
  • propriétés ;
  • maintenance.

L’ingénierie des écosystèmes pourrait développer une logique comparable :

un BIM du vivant.

Mais le vivant possède une différence fondamentale :

il grandit, se reproduit, vieillit, meurt et s’adapte.

Le modèle doit donc être temporel et biologique.


XXXII. LE JARDIN COMME SYSTÈME DYNAMIQUE

Un jardin n’est jamais terminé.

À t0​ :

terrain+jeunes plantations

À t10​ :

arbres+haies+sol vivant+biodiversité

À t30​ :

canopée+microclimats+stocks de carbone+nouveaux habitats

À t50​ :

écosystème mature

Le modèle doit donc intégrer : Eˊtatt+1​=f(Eˊtatt​,climat,gestion,perturbations)

C’est cette dimension temporelle qui distingue profondément l’ingénierie des écosystèmes d’une simple conception paysagère.


XXXIII. LE JUMEAU NUMÉRIQUE SUR 100 ANS

Une conception Omakëya™ pourrait être simulée selon plusieurs horizons :

HorizonQuestion principale
Aujourd’huifonctionnement initial
1 aninstallation
5 ansétablissement
10 ansdéveloppement
20 anstransformation du microclimat
50 ansmaturité partielle
100 anstrajectoire écologique

Le projet n’est donc plus seulement :

« Que vais-je planter cette année ? »

mais :

« Quel écosystème suis-je en train de construire pour les générations futures ? »


XXXIV. LA BOUCLE OMAKËYA™

La méthode peut finalement être prolongée :

OBSERVATION     ↓MESURE     ↓MODÈLE     ↓SIMULATION     ↓CONCEPTION     ↓RÉALISATION     ↓MESURE     ↓CALIBRATION     ↓APPRENTISSAGE     ↓OPTIMISATION     ↓ÉVOLUTION     ↺

Le système apprend de son propre fonctionnement.


XXXV. CONSTRUIRE AVANT DE CONSTRUIRE

La modélisation numérique ouvre une nouvelle étape dans l’ingénierie des écosystèmes.

Hier, on dessinait principalement un jardin.

Aujourd’hui, on peut :

le mesurer.

Puis :

le cartographier.

Puis :

le modéliser.

Puis :

le simuler.

Puis :

le construire.

Puis :

le mesurer à nouveau.

Et enfin :

faire évoluer son modèle avec les données réelles.

C’est là que le concept de jumeau numérique Omakëya™ prend tout son sens.

Le jardin physique devient le système réel.

Le modèle numérique devient son laboratoire virtuel.

Les capteurs deviennent ses organes de perception.

Les modèles physiques deviennent son moteur de simulation.

L’IA devient son outil d’apprentissage et d’optimisation.

L’objectif ultime n’est donc pas de créer une copie numérique parfaite de la nature.

Il est beaucoup plus intéressant :

comprendre suffisamment le fonctionnement d’un écosystème pour pouvoir concevoir son avenir sans avancer à l’aveugle.

Et c’est probablement l’une des évolutions majeures de l’agroclimatologie du XXIᵉ siècle :

passer du paysage que l’on dessine au paysage que l’on peut mesurer, simuler, prévoir et faire évoluer.