Comprendre l’architecture, la génétique, la physiologie et les stratégies d’adaptation des végétaux pour concevoir les écosystèmes du climat futur

BOTANIQUE FONDAMENTALE — De l’évolution des plantes aux mécanismes du vivant

Comprendre l’architecture, la génétique, la physiologie et les stratégies d’adaptation des végétaux pour concevoir les écosystèmes du climat futur

La botanique constitue l’un des fondements scientifiques de l’agroclimatologie.

Avant de choisir un arbre, une haie, une plante de couverture ou une culture, il faut comprendre ce qu’est réellement une plante, comment elle s’est construite au cours de l’évolution, comment son organisme fonctionne et surtout comment elle interagit avec son environnement.

Dans la Vision Omakëya™, une plante n’est donc jamais considérée comme un simple élément décoratif ou productif.

Elle est un organisme vivant, doté d’une architecture, d’un métabolisme, d’un système de transport interne, d’une mémoire physiologique et de remarquables capacités d’adaptation.

Elle reçoit en permanence des informations :

  • lumière ;
  • température ;
  • humidité ;
  • disponibilité en eau ;
  • concentration en CO₂ ;
  • éléments minéraux ;
  • durée du jour ;
  • vent ;
  • contraintes mécaniques ;
  • présence d’organismes voisins ;
  • attaques d’herbivores ou de pathogènes.

Elle transforme ensuite ces informations en réponses biologiques :

  • croissance ;
  • fermeture des stomates ;
  • développement racinaire ;
  • floraison ;
  • fructification ;
  • dormance ;
  • production de composés de défense ;
  • modification de l’architecture ;
  • redistribution des ressources.

C’est cette capacité de perception → décision physiologique → adaptation qui permet aux végétaux de coloniser presque tous les milieux terrestres.


I. L’ÉVOLUTION DES PLANTES

1. Une histoire vieille de plusieurs centaines de millions d’années

Les plantes terrestres actuelles sont le résultat d’une histoire évolutive extrêmement longue.

Les premières lignées végétales étaient essentiellement aquatiques. La conquête des continents a ensuite imposé des contraintes radicalement nouvelles :

  • dessiccation ;
  • rayonnement solaire ;
  • gravité ;
  • disponibilité discontinue de l’eau ;
  • nécessité d’assurer un transport interne ;
  • reproduction hors du milieu aquatique.

L’évolution végétale peut être considérée comme une succession de grandes innovations.

On peut notamment citer :

cellules photosynthétiques → plantes terrestres → tissus conducteurs → racines et feuilles spécialisées → graines → pollen → fleurs → fruits.

Chaque innovation a permis d’exploiter de nouveaux territoires écologiques.


II. LA CONQUÊTE DU MILIEU TERRESTRE

Passer de l’eau à la terre a constitué une révolution biologique.

Dans l’eau, la plante bénéficie d’un environnement humide.

Sur terre, elle doit éviter de perdre continuellement son eau.

Cette contrainte explique l’apparition et la perfectionnement de plusieurs structures :

  • cuticule ;
  • stomates ;
  • tissus conducteurs ;
  • racines ;
  • tissus de soutien ;
  • structures reproductrices résistantes.

La plante terrestre doit donc résoudre simultanément deux problèmes apparemment contradictoires :

capturer le CO₂ atmosphérique tout en limitant les pertes d’eau.

Cette contradiction est au cœur de la physiologie végétale.

Elle explique une grande partie de l’architecture des plantes.


III. CLASSIFICATION ET TAXONOMIE

2. Pourquoi classer les plantes ?

La classification botanique ne sert pas uniquement à donner des noms.

Elle permet de reconstruire les relations évolutives entre organismes.

La taxonomie cherche notamment à répondre à trois questions :

  1. Quelle est cette plante ?
  2. À quelle lignée appartient-elle ?
  3. Avec quelles autres espèces partage-t-elle une histoire évolutive ?

La nomenclature scientifique permet ensuite de disposer d’un langage commun.

Une espèce peut ainsi être identifiée indépendamment des noms vernaculaires utilisés localement.


3. Du règne aux espèces

La classification biologique utilise une hiérarchie.

On rencontre notamment :

  • domaine ;
  • règne ;
  • embranchement ou division ;
  • classe ;
  • ordre ;
  • famille ;
  • genre ;
  • espèce.

Pour l’agroclimatologie, cette classification possède une conséquence pratique majeure.

Deux espèces proches peuvent partager certaines caractéristiques physiologiques.

Mais elles peuvent également présenter des différences considérables concernant :

  • résistance au gel ;
  • résistance à la sécheresse ;
  • besoin en eau ;
  • profondeur racinaire ;
  • phénologie ;
  • tolérance au calcaire ;
  • tolérance à l’acidité ;
  • vitesse de croissance.

La parenté évolutive constitue donc une information utile, mais elle ne remplace jamais l’observation écologique de l’espèce.


IV. MORPHOLOGIE VÉGÉTALE

4. Lire une plante comme une architecture

La morphologie étudie la forme et l’organisation externe de la plante.

Une plante peut être décomposée fonctionnellement en plusieurs grandes structures :

Racines

Ancrage, exploration du sol, absorption et interactions biologiques.

Tige

Support mécanique et axe de transport.

Feuilles

Capture du rayonnement et échanges gazeux.

Fleurs

Reproduction sexuée.

Fruits

Protection et dispersion des graines.

Graines

Structures de survie et de reproduction.

Mais cette séparation est essentiellement pédagogique.

Dans le végétal réel, toutes ces structures fonctionnent comme un système intégré.


V. ANATOMIE VÉGÉTALE

L’anatomie permet d’aller plus loin.

Une feuille n’est pas simplement une surface verte.

Elle contient notamment :

  • épiderme ;
  • cuticule ;
  • stomates ;
  • tissus chlorophylliens ;
  • nervures ;
  • tissus conducteurs.

Une tige contient notamment :

  • tissus de soutien ;
  • xylème ;
  • phloème ;
  • méristèmes selon les espèces et les zones de croissance.

Une racine possède :

  • coiffe ;
  • zone méristématique ;
  • zone d’élongation ;
  • zone de différenciation ;
  • tissus conducteurs.

L’organisation microscopique permet donc d’expliquer les propriétés macroscopiques.


VI. LA CELLULE VÉGÉTALE

5. L’unité fonctionnelle du végétal

La cellule végétale possède plusieurs structures caractéristiques.

Parmi elles :

  • paroi cellulaire ;
  • membrane plasmique ;
  • cytoplasme ;
  • noyau ;
  • vacuole ;
  • chloroplastes ;
  • mitochondries ;
  • autres organites.

La paroi cellulaire apporte une résistance mécanique importante.

La vacuole joue notamment un rôle majeur dans :

  • stockage ;
  • équilibre osmotique ;
  • pression de turgescence ;
  • régulation hydrique.

Les chloroplastes sont le siège principal de la photosynthèse dans les tissus chlorophylliens.

Les mitochondries participent à la respiration cellulaire.

La plante est donc une véritable usine biochimique distribuée à l’échelle de millions, voire de milliards de cellules.


VII. ADN ET GÉNÉTIQUE

6. Le programme biologique

L’ADN contient l’information génétique.

Cette information participe à déterminer :

  • morphologie ;
  • métabolisme ;
  • développement ;
  • reproduction ;
  • réponses aux stress ;
  • caractéristiques physiologiques.

Mais le génome ne constitue pas un programme rigide comparable à un logiciel exécutant toujours les mêmes instructions.

L’expression des gènes dépend du contexte.

La plante peut modifier son fonctionnement en réponse à son environnement.

C’est l’une des raisons pour lesquelles deux individus génétiquement proches peuvent présenter des différences de croissance selon :

  • température ;
  • eau ;
  • lumière ;
  • nutrition ;
  • compétition ;
  • stress.

VIII. GÉNÉTIQUE ET ADAPTATION CLIMATIQUE

L’agroclimatologie doit distinguer plusieurs niveaux.

Adaptation génétique

Résultat de l’évolution des populations sur de nombreuses générations.

Plasticité phénotypique

Capacité d’un même génotype à produire des caractéristiques différentes selon l’environnement.

Sélection

Processus par lequel certaines caractéristiques deviennent plus fréquentes dans une population.

Sélection variétale

Utilisation humaine de différences génétiques pour rechercher certaines propriétés.

Cette distinction devient fondamentale lorsque l’on cherche à choisir les plantes adaptées au climat futur.

Une espèce peut être globalement adaptée à une région mais certaines populations ou variétés peuvent être beaucoup plus performantes dans un microclimat donné.


IX. PHOTOSYNTHÈSE

7. Le moteur énergétique du monde végétal

La photosynthèse constitue l’un des processus biologiques fondamentaux de la planète.

Elle permet aux organismes photosynthétiques de transformer l’énergie lumineuse en énergie chimique.

Les principales ressources impliquées sont :

  • lumière ;
  • CO₂ ;
  • eau.

Rayonnement solaire

CO₂

Eau

Oxygène

Glucose

Tous les apports sont au niveau faible, donc le taux de photosynthèse est faible ; aucun n’est plus disponible que les autres

LumièreFaibleMoyenÉlevé

FaibleMoyenÉlevé

CO₂FaibleMoyenÉlevé

FaibleMoyenÉlevé

EauFaibleMoyenÉlevé

FaibleMoyenÉlevé

Donner un avis

Une représentation simplifiée est :

lumière + CO₂ + eau → matière organique + O₂

Cette équation masque cependant une extraordinaire complexité biochimique.

La photosynthèse dépend notamment :

  • de l’intensité lumineuse ;
  • de la température ;
  • de la disponibilité en CO₂ ;
  • de l’état hydrique ;
  • de la nutrition minérale ;
  • de l’intégrité des tissus photosynthétiques.

X. LE PARADOXE DE LA PHOTOSYNTHÈSE

Pour absorber le CO₂, la plante doit permettre des échanges gazeux avec l’atmosphère.

Mais ces échanges favorisent également la perte d’eau.

La plante doit donc arbitrer en permanence :

gagner du carbone ou économiser de l’eau.

Cette tension entre assimilation du carbone et conservation de l’eau est fondamentale pour comprendre les végétaux soumis aux sécheresses.

Elle explique notamment le rôle stratégique des stomates.


XI. LES STOMATES

8. Les portes microscopiques de la feuille

Les stomates sont de petits pores permettant les échanges gazeux.

Ils permettent notamment :

  • entrée du CO₂ ;
  • sortie d’O₂ ;
  • diffusion de vapeur d’eau.

La plante peut réguler leur ouverture.

Lorsque l’eau est abondante et que les conditions sont favorables, l’ouverture stomatique permet une assimilation efficace du CO₂.

Lorsque le déficit hydrique augmente, la plante peut réduire l’ouverture stomatique.

Conséquence :

moins de CO₂ entre → photosynthèse réduite

mais également :

moins de vapeur d’eau sort → économie d’eau.

La fermeture stomatique est donc une stratégie de survie, mais elle possède un coût physiologique.


XII. RESPIRATION VÉGÉTALE

La plante respire également.

La respiration permet de produire de l’énergie utilisable par les cellules à partir de molécules organiques.

Elle fonctionne en permanence, de jour comme de nuit.

Il existe donc simultanément :

photosynthèse

et

respiration.

Le bilan carbone d’une plante dépend de l’équilibre entre les deux.

La croissance nécessite que l’assimilation nette de carbone permette de produire suffisamment de nouvelle biomasse après prise en compte des dépenses métaboliques.


XIII. TRANSPIRATION

La transpiration correspond principalement à la perte d’eau sous forme de vapeur par les parties aériennes, particulièrement via les stomates.

Elle représente cependant beaucoup plus qu’une simple perte.

La transpiration participe au fonctionnement hydraulique du végétal.

Elle contribue notamment au maintien d’un flux d’eau depuis le sol vers les parties aériennes.

On obtient ainsi une chaîne :

sol → racines → xylème → feuilles → atmosphère

Ce continuum hydrique est fondamental.


XIV. L’EAU COMME FLUX CONTINU

Une plante peut être considérée comme un système hydraulique biologique.

L’eau entre dans le sol.

Elle est absorbée par les racines.

Elle remonte dans le xylème.

Elle atteint les feuilles.

Elle est ensuite libérée vers l’atmosphère.

Ce système dépend simultanément :

  • du potentiel hydrique du sol ;
  • des propriétés du sol ;
  • de la conductivité hydraulique ;
  • de l’état des racines ;
  • du xylème ;
  • de la demande atmosphérique ;
  • de l’ouverture stomatique.

La plante est donc directement connectée au système hydrologique.


XV. NUTRITION MINÉRALE

La croissance nécessite également des éléments minéraux.

Parmi les éléments essentiels figurent notamment :

  • azote ;
  • phosphore ;
  • potassium ;
  • calcium ;
  • magnésium ;
  • soufre ;
  • fer ;
  • manganèse ;
  • zinc ;
  • cuivre ;
  • bore ;
  • molybdène ;
  • chlore ;
  • nickel.

Ils interviennent dans :

  • protéines ;
  • enzymes ;
  • pigments ;
  • membranes ;
  • transfert énergétique ;
  • structure cellulaire ;
  • régulation physiologique.

Mais la disponibilité d’un élément ne dépend pas seulement de sa quantité totale dans le sol.

Elle dépend aussi de :

  • pH ;
  • humidité ;
  • matière organique ;
  • activité microbienne ;
  • structure ;
  • CEC ;
  • interactions entre éléments.

C’est pourquoi la nutrition végétale doit être étudiée avec la pédologie et la biologie des sols.


XVI. FLORAISON

La floraison constitue une transition majeure du développement végétatif vers la reproduction.

Elle peut être contrôlée par différents facteurs :

  • photopériode ;
  • température ;
  • âge de la plante ;
  • disponibilité en ressources ;
  • signaux hormonaux ;
  • stress.

Certaines plantes sont particulièrement sensibles à la durée du jour.

D’autres répondent davantage à l’accumulation de températures ou à des périodes froides.

La connaissance de ces mécanismes devient essentielle lorsque le climat évolue.


XVII. POLLINISATION

La reproduction de nombreuses plantes dépend de vecteurs biologiques.

Parmi eux :

  • abeilles ;
  • bourdons ;
  • papillons ;
  • syrphes ;
  • coléoptères ;
  • oiseaux ;
  • chauves-souris selon les écosystèmes.

Certaines espèces sont principalement anémophiles : leur pollen est transporté par le vent.

La pollinisation relie donc directement :

botanique + climat + biodiversité + agriculture.

Une modification du calendrier de floraison peut entraîner des décalages avec les cycles des pollinisateurs.

Cette question constitue l’un des enjeux majeurs de l’agroécologie face au changement climatique.


XVIII. FRUCTIFICATION

Après la fécondation, la plante peut produire des graines et, chez les angiospermes, des fruits.

La fructification mobilise :

  • carbone ;
  • eau ;
  • minéraux ;
  • hormones ;
  • énergie métabolique.

Une sécheresse pendant cette phase peut donc affecter fortement :

  • nombre de fruits ;
  • taille ;
  • qualité ;
  • maturité ;
  • rendement.

La gestion de l’eau doit par conséquent être pensée selon le stade phénologique, et non simplement selon une quantité fixe d’eau par semaine.


XIX. DORMANCE

La dormance est une stratégie fondamentale.

Elle permet à certaines plantes de suspendre ou de réduire fortement leur activité pendant une période défavorable.

Elle peut être associée à :

  • froid ;
  • sécheresse ;
  • saison défavorable ;
  • manque de lumière.

La dormance constitue une adaptation majeure aux environnements saisonniers.

Elle permet d’éviter de mobiliser inutilement des ressources lorsque les conditions sont défavorables.


XX. SÉNESCENCE

La sénescence correspond au vieillissement programmé ou progressif de certains organes.

Elle ne constitue pas simplement une dégradation passive.

La plante peut réorganiser ses ressources avant la disparition d’une feuille ou d’un organe.

Elle peut notamment récupérer certains nutriments et les redistribuer vers :

  • jeunes feuilles ;
  • racines ;
  • graines ;
  • organes de réserve.

La sénescence participe donc à l’économie globale des ressources.


XXI. LES PHYTOHORMONES

Les hormones végétales sont des molécules de signalisation intervenant dans la coordination du développement et des réponses environnementales.

Elles ne fonctionnent pas comme un système de commandes isolées.

Elles interagissent continuellement.

On peut donc considérer la régulation hormonale comme un réseau de signaux.

Parmi les principales familles :

  • auxines ;
  • acide abscissique — ABA ;
  • gibbérellines ;
  • cytokinines ;
  • éthylène ;
  • brassinostéroïdes ;
  • jasmonates ;
  • acide salicylique.

XXII. AUXINES

Les auxines participent notamment :

  • à l’élongation cellulaire ;
  • à l’architecture racinaire ;
  • à la dominance apicale ;
  • à la formation de certaines racines ;
  • aux tropismes.

Elles sont donc essentielles pour comprendre l’architecture des plantes.

Un arbre n’est pas seulement une tige qui grandit verticalement.

Il construit continuellement une architecture résultant de signaux internes et environnementaux.


XXIII. CYTOKININES

Les cytokinines participent notamment :

  • à la division cellulaire ;
  • au développement des bourgeons ;
  • à certaines interactions avec les auxines ;
  • à la régulation du vieillissement des feuilles.

Le rapport entre auxines et cytokinines influence notamment l’organisation de certains tissus et organes.


XXIV. GIBBÉRELLINES

Les gibbérellines sont particulièrement associées :

  • à l’élongation ;
  • à certaines phases de germination ;
  • à la croissance des tiges ;
  • à la transition reproductive chez certaines plantes.

Elles constituent l’un des leviers majeurs de la croissance végétale.


XXV. ABA — ACIDE ABSCISSIQUE

L’ABA possède une importance exceptionnelle en agroclimatologie.

Il intervient notamment dans les réponses au déficit hydrique.

Lorsque la plante perçoit un stress hydrique, les voies de signalisation impliquant l’ABA peuvent contribuer à :

fermer les stomates → réduire les pertes d’eau.

L’ABA participe également à d’autres réponses au stress et à la régulation de la dormance des graines.

C’est donc une molécule particulièrement importante pour comprendre les stratégies d’économie de l’eau.


XXVI. ÉTHYLÈNE

L’éthylène est une hormone gazeuse.

Il intervient notamment dans :

  • maturation de certains fruits ;
  • sénescence ;
  • abscission ;
  • réponses mécaniques ;
  • réponses à différents stress.

Sa nature gazeuse lui confère une particularité remarquable dans les systèmes de communication végétale.


XXVII. BRASSINOSTÉROÏDES

Les brassinostéroïdes participent notamment à :

  • croissance cellulaire ;
  • développement ;
  • architecture ;
  • réponses aux stress.

Ils interagissent avec de nombreuses autres voies hormonales.


XXVIII. JASMONATES

Les jasmonates sont particulièrement importants dans les réponses aux agressions.

Ils participent notamment à des mécanismes de défense contre :

  • herbivores ;
  • certains agents pathogènes ;
  • blessures.

La plante n’est donc pas un organisme passif.

Elle possède un système complexe de perception et de défense.


XXIX. ACIDE SALICYLIQUE

L’acide salicylique joue notamment un rôle dans certaines réponses immunitaires et défensives des plantes.

Il participe à la coordination de réponses face à différents agents pathogènes.

On découvre ainsi progressivement que la plante possède un véritable réseau de signalisation biologique.


XXX. LES HORMONES NE TRAVAILLENT JAMAIS SEULES

Une erreur classique serait de considérer :

une hormone = une fonction.

La réalité est beaucoup plus complexe.

Les hormones interagissent.

On peut représenter très schématiquement :

                 ENVIRONNEMENT
                      ↓
        ┌─────────────┴─────────────┐
        ↓                           ↓
      EAU                         LUMIÈRE
        ↓                           ↓
       ABA                    AUXINES / AUTRES
        ↓                           ↓
  STOMATES                  CROISSANCE / ARCHITECTURE
        └─────────────┬─────────────┘
                      ↓
                  RÉPONSE
                 DE LA PLANTE
                      ↓
                  ADAPTATION

Ce fonctionnement en réseau est fondamental pour comprendre la résilience végétale.


XXXI. LA PLANTE COMME SYSTÈME DYNAMIQUE

La plante peut finalement être considérée comme un système possédant plusieurs sous-systèmes :

Système énergétique

Photosynthèse et respiration.

Système hydraulique

Racines → xylème → feuilles → atmosphère.

Système nutritif

Absorption → transport → assimilation → stockage.

Système architectural

Racines + tiges + feuilles + branches.

Système reproductif

Floraison → pollinisation → fécondation → fructification → graines.

Système de défense

Perception → signalisation → réponses chimiques et physiques.

Système adaptatif

Détection du stress → modification physiologique → acclimatation.

Cette vision systémique est précisément celle qui permet de passer de la botanique fondamentale à l’agroclimatologie.


XXXII. BOTANIQUE ET AGROCLIMATOLOGIE

La question centrale devient alors :

Quelle plante pour quel climat, quel sol, quelle disponibilité en eau et quelle fonction écologique ?

Pour y répondre, il faut dépasser la simple connaissance du nom de l’espèce.

Il faut connaître :

  • son origine ;
  • son climat d’origine ;
  • sa phénologie ;
  • sa profondeur racinaire ;
  • sa stratégie hydraulique ;
  • sa tolérance au stress ;
  • sa croissance ;
  • sa stratégie reproductive ;
  • ses associations biologiques ;
  • sa sensibilité aux maladies ;
  • sa capacité d’adaptation.

XXXIII. STRATÉGIES ÉCOLOGIQUES DES PLANTES

Les plantes ont développé différentes stratégies.

Certaines privilégient la croissance rapide lorsque les ressources sont abondantes.

D’autres investissent davantage dans :

  • racines ;
  • tissus de protection ;
  • stockage ;
  • longévité ;
  • défenses chimiques.

Une plante adaptée à un milieu sec n’est donc pas nécessairement une plante qui « aime la chaleur ».

Elle peut être adaptée grâce à :

  • un système racinaire profond ;
  • une régulation stomatique efficace ;
  • une surface foliaire réduite ;
  • une cuticule développée ;
  • des réserves hydriques ;
  • une phénologie adaptée ;
  • une forte efficacité hydraulique.

XXXIV. LE VÉGÉTAL COMME MACHINE HYDRAULIQUE

Cette approche rejoint directement le cœur de la Vision Omakëya™.

Une plante peut être analysée comme un système hydraulique biologique :

captation

→ racines

→ absorption

→ xylème

→ distribution

→ feuilles

→ transpiration.

Mais elle est également un système énergétique :

soleil

→ photosynthèse

→ carbone

→ biomasse

→ racines / bois / feuilles / fruits.

Et un système d’information :

environnement

→ perception

→ hormones

→ expression génétique

→ réponse physiologique.

Ainsi, un arbre est simultanément :

une pompe hydraulique, une usine photosynthétique, un échangeur atmosphérique, un stockage de carbone et un organisme adaptatif.


XXXV. VERS UNE BOTANIQUE D’INGÉNIERIE

C’est ici que la botanique fondamentale devient particulièrement intéressante pour l’agroclimatologie.

Si nous connaissons :

  • la consommation hydrique ;
  • l’architecture ;
  • la profondeur racinaire ;
  • la surface foliaire ;
  • l’ombrage ;
  • l’évapotranspiration ;
  • la croissance ;
  • la résistance au vent ;
  • la tolérance thermique ;

alors nous pouvons commencer à considérer une essence comme un composant fonctionnel d’un écosystème conçu.

Un arbre peut alors être sélectionné non seulement pour produire des fruits ou du bois, mais aussi pour :

  • créer de l’ombre ;
  • réduire la température ;
  • protéger du vent ;
  • stabiliser le sol ;
  • favoriser la biodiversité ;
  • capter du carbone ;
  • améliorer le cycle de l’eau.

XXXVI. VISION OMAKËYA™ — DE LA PLANTE À L’ÉCOSYSTÈME

La Vision Omakëya™ propose ainsi de changer d’échelle.

On ne choisit plus simplement :

« quel arbre planter ? »

On cherche plutôt à déterminer :

quel organisme vivant doit occuper quelle position dans quel système pour produire quelle fonction écologique, climatique, hydrologique, productive ou sociale ?

Cette question change complètement la conception d’un jardin.

Un arbre peut fournir :

ombre + transpiration + carbone + habitat + racines + biomasse + production.

Une haie peut fournir :

brise-vent + biodiversité + filtration + ombrage + corridor écologique.

Une prairie peut fournir :

infiltration + biodiversité + stockage de carbone + protection du sol.

Une mare peut fournir :

stockage d’eau + biodiversité + humidité locale + régulation thermique.

La plante n’est donc plus considérée isolément.

Elle devient une fonction dans un réseau vivant.


XXXVII. COMPRENDRE LA PLANTE POUR CONCEVOIR LE CLIMAT

La botanique fondamentale révèle finalement une évidence :

une plante n’est jamais immobile.

Même lorsqu’elle semble parfaitement silencieuse, elle :

  • échange des gaz ;
  • transporte de l’eau ;
  • produit du carbone organique ;
  • respire ;
  • communique chimiquement ;
  • ajuste ses stomates ;
  • développe ses racines ;
  • modifie son architecture ;
  • perçoit son environnement ;
  • se défend ;
  • se reproduit ;
  • stocke et redistribue des ressources.

Elle constitue donc un système biologique extrêmement sophistiqué.

Et lorsque des milliers de plantes interagissent avec :

  • le sol ;
  • l’eau ;
  • l’atmosphère ;
  • les microorganismes ;
  • les animaux ;
  • les autres végétaux ;

un niveau supérieur apparaît :

l’écosystème.

C’est précisément à cette frontière que commence l’agroclimatologie.

La botanique explique la plante.

La pédologie explique le sol.

L’hydrologie explique l’eau.

La climatologie explique l’atmosphère.

L’écologie explique les interactions.

Et l’agroclimatologie cherche à comprendre comment tous ces systèmes peuvent fonctionner ensemble dans des paysages soumis à des climats présents et futurs.

Dans la Vision Omakëya™, l’objectif ultime n’est donc pas simplement de planter davantage.

Il est de concevoir des communautés végétales capables de fonctionner, de s’adapter et d’évoluer avec leur environnement.

Comprendre la plante avant de la planter.
Comprendre le sol avant de le travailler.
Comprendre l’eau avant de l’irriguer.
Comprendre le climat avant de concevoir le paysage.
Et comprendre les interactions avant de prétendre construire un écosystème.

C’est cette démarche scientifique qui permet de passer du jardin planté au jardin conçu comme organisme vivant.